La nostalgie de ce que l’on a pas connu

16 juillet 2014

Lundi aux Nuits de Fourvière j’ai vu sur scène Burt Bacharach.

(Rien que d’écrire cette seule phrase me met les poils <3)

J’adore les Nuits de Fourvière, l’endroit est magique, hors du temps et somptueux, et du coup n’importe quel concert prend une dimension particulière, un peu surréaliste, un peu mystique. Là, c’était pas n’importe quel concert, mais vraiment un événement majeur.

Je suis amoureuse de #fourviere <3

J’adore Burt Bacharach, ce qu’il fait en tous cas (je ne me suis pas trop documentée mais il semblerait que c’est un sacré lover dans sa vie perso). Je n’arrive plus à dater précisément cette passion à vrai dire, mais ça fait bien une quinzaine d’années (de plus en plus, je suis capable de dater certains souvenirs au delà de 15 à 20 ans, ça me fout UN PEU le brin). Je sais juste que l’Epoux avait ce quadruple CD de ses chansons (écrites et composées par lui mais interprétées par d’autres, de Dionne Warwick en passant par Dusty Springfield ou Tom Jones), et que je l’ai écouté en boucle, pendant des semaines entières (je suis très coutumière de ces overdoses musicales).

Ce sont des chansons d’une époque que je n’ai pas connu, entre les années 50 et 70 essentiellement, et pourtant elles me parlent. Elles sont douces et rythmées, simples et parfois simplettes, elles évoquent les jours heureux et acidulés, les peines de coeur et les désillusions sentimentales, mais avec l’élégance de la légèreté, de ceux qui restent le sourire aux lèvres parce qu’après tout, qu’est ce que la vie si on ne la traverse pas avec un minimum de hauteur. Ah c’est sans doute un peu confus, et je suis sans doute un poil à fleur de peau ces temps ci ! mais voilà ce que m’évoquent les textes et mélodies de Burt.

Je les connais toutes. Bonheur absolu. Burt Bacharach <3 #fourviere

J’ai été enchantée (et un peu surprise je l’avoue) d’apprendre qu’il était encore en vie (86 ans et toujours vaillant, même si parfois un peu tremblotant) et que j’allais qui plus est pouvoir le découvrir dans le cadre si extraordinaire de Fourvière. Hé bien je n’ai pas été décue.

Dès la première chanson, ça a été les grandes eaux, un truc inextinguible qui m’a tenue une bonne partie du concert. LA CHIALE. C’était assez dingue de voir interprétées par Burt himself au piano (et quelques unes à la voix à la fin) ces chansons que j’adore toutes. Bref, un peu compliqué pour moi de vous faire partager un « amour » aussi difficilement explicable (comment peut on être nostalgique d’une époque que l’on a pas connu !), mais je me suis rendue compte que peu de personnes de ma génération connaissaient ses chansons (en dehors de celles reprises dans le – très bon – film « Le mariage de mon meilleur ami »), du coup je vous ai fait une petite sélection (mes favorites), pour vous faire découvrir cette légende (bel et bien vivante).

Enjoy !

 

(Et merci à Romain pour cette photo assez étonnante de l’Epoux & moi, puisque je rigole dessus, ce qui arrive assez rarement – que l’on me prenne en photo quand je rigole, pas que l’Epoux me fasse rire – alors qu’il est très courant que je boive des pintes de bière blanche. Je suis contente de l’avoir car elle évoque un bien chouette moment pour moi, mais elle me confirme qu’il vaut mieux que je fasse la gueule quand on me prend en photo,on voit moins mes grosses joues et mon double menton !)

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Grandir.

4 juillet 2014

Hier avec ma sœur, on discutait, de tout et de rien, de choses importantes. De celles qui nous font grandir. C’est elle qui l’a formulé ainsi et j’ai trouvé cela très juste.

Cette année 2014 fera partie à bien des égards de celles qui nous font grandir, on s’en souviendra c’est certain, il s’en sera passé des choses dans nos vies à tous et toutes, des petites et des grandes, des anecdotiques et des bouleversantes. Je ne suis pas de tempérament nostalgique, de toutes manières je ne PEUX PAS l’être, car comme je le racontais dans cette note, j’ai pas de disque mémoire très fiable au-delà de 2 à 3 ans. Et ce blog m’aide aussi à me souvenir et laisser quelques petits cailloux derrière moi pour se tourner, de temps à autres, sur le chemin parcouru.

(Mon dieu, je vous raconte pas ce pic hormonal en voyant cette photo des deux zozos datant de 3 ans …)

En 2014 j’ai passé plusieurs moments privilégiés avec ma famille, j’en ai partagé quelques uns ici en  images. New York (OK c’était septembre 2013) pour les 30 ans de ma sœur, Marrakech pour les 30 ans de mon frère, Rome pour les 65 ans de la Reine Mère, bientôt ça sera Amsterdam pour les 40 ans de l’Epoux, avec qui nous avons franchi aussi le cap symbolique des 10 ans de mariage. La Dauphine a eu 3 ans et l’Héritier termine aujourd’hui son CP. Bref les années passent et filent, mais les années en 4 c’est pas rien chez nous. Il y a eu moins de temps partagés avec les amis, et sans être amère (car je n’ai aucune raison de l’être), je fais simplement le constat que dans certaines périodes de la vie, quand il s’agit de se recentrer sur l’essentiel, nous avons tendance à nous tourner vers la sphère familiale. C’est d’ailleurs dans ces cas là que je mesure la chance de faire partie d’une famille relativement peu dysfonctionnelle :D

(J’essaierais de me souvenir de cette dernière phrase lors de la prochaine dispute familiale !)

Alors hommage soit rendu à ceux qui grandissent et me font grandir dans ma sphère toute proche, la mifa, celle que j’ai construite avec l’Epoux et celle dont je viens, mes parents et ma dentue fratrie :B

Hauts les coeurs <3

#lafratrie c'est aussi à nous trois près de 15 ans d'orthodontie payants \o/

WE à Rome

23 juin 2014

Après New York en septembre, Londres au Nouvel An, Milan et le lac de Côme en avril, Marrakech en mai (et avant l’ouest américain cet été en famille), on a fini l’année (scolaire) en beauté en passant un WE prolongé à Rome, à l’occasion des 65 ans de la Reine Mère. On s’est retrouvé comme à l’ancien temps, mes parents et la fratrie, très régressif (c’est dingue comme chacun retrouve sa place et son rôle) mais bien chouette.

Rome en famille, c'est parti \o/ #rome

Je ne suis pas une voyageuse très originale. En général je veux :

> visiter les gros spots (c’est con mais je déteste rentrer de voyage et croiser des gens qui me disent « keuwaaaaaaa, t’as pas vu ça ??! », mon petit côté « je coche les cases »),

> voir la ville d’un point en hauteur, histoire d’en comprendre l’ensemble,

> boire des verres en terrasse quand la saison s’y prête et surtout BIEN MANGER.

Partant de ces principes, voici mes quelques recos pour Rome.

1/ les incontournables

:: Le forum et le Colisée (quoi qu’n dise le frangin qui a trouvé ça SALE)

Des vieux cailloux partout #rome

Colossal Colisée #rome

:: Autour de la fontaine de Trévi (même si c’est excessivement gavé de touristes)

On ne peut plus approcher la fontaine de Trévise, saynul #rome

:: Le Vatican et St Pierre

Place st pierre et basilique inaccessibles à la visite :-/ #rome

:: Pour un superbe panorama en hauteur, Castel San Angelo

La meilleure vue sur #rome : depuis le castel san angelo <3

:: Le quartier du Ghetto et ses petites rues

Place dans le quartier de Campo di Fiori #rome #nofilter

:: Piazza Navona

Piazza Navona #rome

:: Le Panthéon

Le panthéon #rome

:: Le quartier du Trastevere (de préférence le soir et en terrasse)

Santa Maria de Trastevere #rome

:: La villa Borghese et son splendide musée

Villa Borghese (penser à réserver à l'avance pour avoir un créneau de 2h) #rome

:: Piazza di Popolo (et la Piazza di Spagna pas loin)

Piazza di popolo #rome

:: les quartiers plus populaires, festifs et à shopping, où nous étions logés (avec Air BnB), entre la Gare Termini, l’Esquilin et Monti, moins touristiques, mais très romains.

La nuit romaine : en extérieur, chaude, bruyante et sale <3 #rome

2/ la bonne chère

Rome est très fréquentée (notamment par les français) et le Routard très acheté, en conséquence de quoi il faut penser à réserver les lieux où vous avez vraiment envie de manger, sachant que par ailleurs, pourvu que vous sortiez des grandes artères très touristiques, on mange de bonnes pâtes et de bonnes pizzas assez facilement.

Personnellement, je recommande :

:: des spritz et des spaghettis al vogonle (servis partout)

Spritz & spaghetti al vongole <3 #rome

:: des gnoccis verde dans le ghetto

Birra / gnocchi verde con bressaola #rome

:: des anti pasti di mare dans le trastevere

Anti pasti di mare dans le trastevere <3 (excellente adresse du routard, as usual) #rome

:: des glaces, partout !

La fratrie au grand complet #rome

Yahourt glacé avec des smarties maison <3 #rome

Et puis quand vous rentrez, vous regardez un film de (la merveilleuse et splendide) Valeria Bruni Tedeschi, « Un château en Italie« , et vous soupirez fort !

 

Ce post était sponsorisée par la team L. <3 (rires, engueulades et mauvaise foi garantis !).

From Rome with love, la fratrie vous salue (et on s'excuse pour le flood) <3 #rome

 

La (dé)faite des mères

26 mai 2014

Hier, c’était la Fête des Mères (merci à Padre Pio de nous rappeler que ce n’est PAS une célébration pétainiste).

Et on ne manquerait cela pour RIEN AU MONDE !

#FêteDesMeres de l'héritier > ma maman en or (et la photo en mode otage au Mali)

#fêtedesmeres de la dauphine (le rapport entre les pâtes et l'amour est encore à éclaircir)

(Ca vaut bien les réalisations 2009, quels progrès accomplis !)

Ca fait maintenant un peu plus de 6 ans que je suis mère. Comme j’ai la mémoire vive d’un poisson rouge, j’ai oublié – littéralement – ce qu’était ma vie avant d’en avoir, des enfants. Il me semble qu’ils ont toujours été là, ces vampires chers à mon cœur, la chair de ma chair. Pourtant, je ne suis pas tout le temps avec eux. J’ai un travail, des loisirs, des sorties SANS eux. C’est salvateur ces temps de vie sans enfants. Se lâcher la grappe mutuellement, leur manquer (un peu), vous languir d’eux (assez rapidement). Mais c’est un équilibre délicat, précaire.

Depuis 6 mois je ne me déplace plus outre-mer. Ca ne me manque pas en soi (j’ai suffisamment accumulé de rhum pour 3 générations), ça me repose même, mais je vois très bien comment cela a modifié mon rapport à mes enfants, et le leur. Ils sont plus exigeants vis-à-vis de moi : puisque j’en donne plus (du temps, de l’attention), ils en veulent ENCORE plus. Pas en qualité nécessairement, mais en quantité certainement. Dès que je ne suis plus dans la pièce, ils me cherchent, « elle est où maman ? » (partie pisser !). Et j’observe mieux aussi la « prime à l’absent » quand c’est le père qui part (« je veux papa ! »). Ma patience s’érode (doux euphémisme : j’ai envie de les balancer par la fenêtre), parce qu’à être beaucoup avec eux, on fait moins attention, on dégrade la relation parce qu’on sait qu’on aura du temps pour la rééquilibrer (en tous cas je fonctionne ainsi). Alors des fois j’organise l’absence de la mère, je ménage la séparation temporaire, pour retrouver cet air dont j’ai besoin et dont je considère qu’ils ont besoin aussi. Je ne me sens pas coupable de penser ainsi, mais …

Mais au delà de la gestion du lien quotidien et routinier aux enfants, il y a le lien profond, la « charge mentale » que sont les enfants dans votre vie, que vous soyez mère ou père (enfin je crois). Beaucoup d’événements (maladie, chômage, harcèlement, désillusions) peuvent vous amener à reconsidérer la place des choses dans le grand tout de nos petites vies – et notamment celle du travail. Rien ne le fait de manière aussi violente et radicale qu’avoir « charge d’enfants ». Oui ça emmerde les nullipares quand les parents émettent cette vérité universelle et douloureuse, mais qui n’est pas parent ne peut comprendre l’immense et angoissante responsabilité qu’est d’avoir charge d’âme. Y’a avant et après. Et oui, c’est vrai, on hausse un sourcil relativiste devant tout le reste (et encore, j’ai l’immense chance d’avoir des enfants en bonne santé). Dans mon cas, c’est le travail que j’ai questionné et que je questionne le plus violemment. La question étant « Est ce que ce client / ce projet mérite que je sacrifie (car oui les journées n’ont que 24h et certaines choses ne se font qu’au détriment des autres, dès lors qu’il existe des déséquilibres) : un dîner avec mes enfants / deux nuits / un WE … ? «  Quand je réponds non trop souvent, ça devient critique. Bien entendu j’ai quelques stratégies de contournement (je délègue, je temporise, je choisis, quand j’ai ce luxe). Mais je sens TRÈS BIEN, à 36 ans, 2 enfants et une carrière jusque là bien remplie, que je ne vais pas tarder à m’écraser le coin de la gueule sur le fameux plafond de verre. Parce que je suis à cette croisée des chemins un peu fatale, où d’un côté je sens que mes enfants ont besoin de moi, de mon temps et de mon attention (de la qualité ET de la quantité), et que moi j’ai envie et la responsabilité partagée avec leur père de leur donner, et que de l’autre côté mon employeur attend aussi que je lui prouve mon engagement et ma motivation à accéder au poste de grand chef, en allant au-delà d’une implication « normale » dans mes activités en sa faveur. J’ai longtemps cru que j’échapperais à cette banalité sociologique, maline que je me croyais. Hé bien pas tout à fait.

Alors je ne suis pas (encore) défaite, je cherche encore le point d’équilibre qui me permettra de conserver un travail intéressant / épanouissant / rémunérateur sans avoir le sentiment que cela se fait au détriment de mes sangsues préférées, à qui j’ai envie de consacrer du temps et de l’attention (et une bonne partie de mon argent, cela va sans dire). Mais c’est comme le point de patinage sur une voiture, des fois ça râpe un peu.

Bonne fête mes chéri(e)s !

J’aimerais que quelqu’un m’attende quelque part

17 mars 2014

Je partageais récemment avec une de mes collègues consultante les tics et tocs de nos vies de nomade.

Comment tous les matins où je dois prendre un train ou avion tôt, par exemple, je me réveille toutes les heures à partir de 1h du matin. Et 5 minutes avant le réveil.

Comment je prépare ma valise, la veille, toujours, et en consultant la météo du lieu où je me rends. Et j’adapte les tenues.

Parmi ces habitudes immuables, il y en a une un peu pathétique et que je suis la seule à développer (ahem) : celle qui me pousse, quand je descends d’un train où sors d’un hall d’aéroport, à vérifier si parmi ceux qui attendent les voyageurs, il n’y a pas quelqu’un qui m’attendrait MOI. Je repense alors toujours au film « Love actually »(*), qui s’ouvre et se termine sur une scène de ce genre, avec des gens heureux, émus, ravis, de se retrouver après une longue absence. Globalement, personne ne m’attend à l’arrivée de mon Lyon Paris, et ça me fait un pincement au cœur à la con, toujours.

(* « Love actually » qui m’avait déjà permis de commettre cette note en 2009 sur les mecs génération couille molle, décidément ce film contient tout !)

(La semaine dernière, l’époux est venu me chercher avec les deux merveilles qui nous servent d’enfants, à la sortie de mon avion, c’était délicieux.)

Au delà de l’anecdote et de la minute d’attention whorisme (sachant qu’un blog perso n’est que cela globalement, je vous propose de passer votre chemin si ça vous gonfle :), je me suis souvent interrogée sur ce qui avait bien pu déconner dans ma petite enfance pour être autant dans l’insécurité affective. J’ai été enfant unique quasiment 4 ans, ma mère s’est beaucoup occupé de nous (ascendant mère abusive), je ne vois donc pas comment j’ai chopé cette pathologie, qui me pousse toujours à douter de l’affection que l’on me porte, et à exiger en retour des preuves évidentes ET en nombre suffisant de celle ci. « Il n’est pas d’amour, il n’est que des preuves d’amour », c’est une devise que je fais mienne de longue date. Je suis dans la démonstration et l’attente de la démonstration, tout le temps, ce qui n’a pas été verbalisé / étayé, n’existe pas.

Quand j’ai rencontré l’Époux je vivais dans une maison, dont la fenêtre de ma chambre donnait sur la rue. Un matin (je crois que c’était pour mes 20 ans, ça nous rajeunit tiens), en ouvrant les volets, je découvre sur le bitume, pile en face de ma chambre et en lettres majuscules blanches « te quiero » (spéciale dédicace à Marjo qui en découvrant le graphe me demanda d’un air perplexe : mais qu’est ce que ça veut dire ? « Te culero ? » > j’en rigole encore 15 ans après). Autant vous dire que l’Époux (avant de le devenir, mon époux), avait déjà pigé comment fonctionnait l’animal insécure que je suis !

J’essaie de me persuader que nous sommes tous ainsi, animaux sociaux ayant peur de l’isolement et de la solitude, de se faire rejeter, repousser au ban des mal aimés. Pourtant sur certains aspects de ma vie, notamment professionnelle, j’ai appris à arrêter de vouloir être aimé de tous, tout le temps (doux euphémisme …), et d’en chercher les témoignages. J’ai appris à apprécier (relativement) la solitude à temps partiel de mes déplacements. J’apprends à m’aimer moi au lieu d’attendre que l’on m’aime inconditionnellement. J’admets que tout n’est pas aimable en moi ! Mais je reste cette assoiffée / affamée que l’on étanche jamais assez de démonstrations d’amuuuur.

(Je précise à toutes fins utiles que ce billet est sans rapport avec le fait que mon anniversaire soit le 12 avril prochain.)

(Aucun !)

Comment je suis féministe ?

14 février 2014

Parce qu’on me pose encore et souvent cette (étrange à mon sens) question, « mais comment tu peux être féministe, toi, là, en 2014 ? », je me suis dit que ça vaudrait le coup de faire partager mon expérience de femme « sensible » (tendance chatouilleuse) à la cause des femmes, en ces temps où cette dernière (la cause) prête souvent à la controverse (à commencer par les féministes entre elles, qui s’occupent bien entre elles de saborder leur combat à coups de luttes intestines, je sors le pop corn 3 fois par semaine en moyenne sur twitter, et encore j’ai fait du tri).

(Même si je me rends compte que j’ai répondu à peu près à la même question il y a pile 2 ans et que je reviens souvent sur ces questions ici, à croire que ça me travaille. Je radote, CERTES, mais le sujet me semble le mériter.)

Je supporte toujours assez mal les arguments m’opposant que la question de l’égalité homme femme serait dépassée (car toute revendication valide – à commencer par l’égalité des droits – aurait été conquise) ou secondaire dans nos pays civilisés (bonjour la hiérarchisation arbitraire des priorités sociales, sociétales ou simplement humaines). Je suis et reste fille de féministe (coucou maman, je sais que tu me lis EN CACHETTE), élevée et attachée à ces valeurs et essayant désormais aussi de les perpétuer et retrouver chez mes enfants (plus compliqué, j’y reviendrais).

Alors petit warning, je ne suis pas là pour dire que la manière dont j’agis est LA BONNE. Je dis juste qu’en tant que femme urbaine / active / avec des enfants / mariée / de 35 ans, c’est ce qui me paraît naturel de mettre en oeuvre. Si j’étais au foyer / célibataire / vivant en Algérie (je ne stigmatise pas ce pays, il s’avère juste que j’en suis originaire) / prostituée / femme battue ou en situation irrégulière, je ferais ou penserais très probablement autrement. Je ne vis pas le féminisme comme une doctrine universelle, mais comme un mode de faire / d’être personnel avant tout. Et si ça permet de renouveler la vision de certains / certaines, tant mieux.

  • Comment je suis féministe en France ? en milieu « urbain » ?

Rien ne m’énerve plus que les discours sur l’obsolescence du combat féministe en France. J’y reviendrai concernant le monde de travail et l’éducation des enfants en particulier, mais je vois et je vis tous les jours des exemples s’agissant de l’absence d’égalité entre les hommes et les femmes, de discrimination par le sexe, d’accès fortement inégal aux fonctions électives, et de sexisme au quotidien, dans les comportements des « dominants » (=> les hommes blancs de + de 50 ans) qui dirigent et régentent encore largement notre beau pays. J’utilise le terme de domination à dessein, sachant que ça agace souvent certains (à commencer par les hommes blancs de – de 50 ans) que l’on assimile lutte pour l’égalité et domination, ça tourne vite au pugilat sur la lutte des classes. Il reste je trouve le parallèle valide : nos sociétés modernes sont encore largement gouvernées et dominées par une catégorie de personnes (les hommes blancs de + de 50 ans). La discrimination prend ensuite bien des formes, plus ou moins graves (certes), mais elles appellent toutes à être désignées comme telles et bannies. Deux exemples très concrets et au ras du bitume.

Les blagues sexistes. Comment en 2014 peut on voir (par exemple) des pubs télés (au hasard celle de Cuir Center avec des hyènes assimilées à des femmes) sexistes ? Personne ne se permet plus (hors public averti) des blagues racistes ou antisémites, mais rire des femmes et de leurs « caractéristiques » est le lot commun et gare à toi espèce de gonzesse aigrie si tu ne fais pas preuve d’HUMOUR. Personnellement, dans mon quotidien, dès qu’il y a une blague sexiste dans mon environnement direct, la réplique est simple : je sors une blague sur les petites bites. En général ça calme bien les esprits et je me rends compte que je ne suis pas la seule à manquer d’humour parfois, dis donc.

Le harcèlement de rue. Récemment sur les réseaux sociaux il y a eu des témoignages / articles relayés concernant les situations de harcèlement au quotidien que subissent les femmes dans la rue de la part des hommes. Il y a même eu des initiatives pour renverser le paradigme (montrer ce que serait la vie d’un homme harcelé, je trouve ce clip glaçant à souhait) et faire comprendre ce que l’on vit régulièrement en tant que femme lorsque l’on se déplace isolée / le soir. D’autres initiatives (très débattues) ont essayé de donner des conseils aux hommes pour essayer de ne pas faire peur ou se rendre menaçant dans certaines situations quotidiennes. Il a été assez fou de voir les réactions des hommes outrés, genre « faut pas pousser les gonzesses, on n’est pas tous des violeurs en puissance ». Certes (et encore heureux), il n’empêche que beaucoup de femmes vivent dans cette peur. Je n’ai pas (ou rarement) peur, et je ne considère pas les hommes comme mes ennemis. Mais je mesure 1,76 m et pèse plus de 80 kg (ahem), et je suis 90% de mon temps en robe et talons. Je marche la tête haute, parce que je m’assume et que je ne pense provoquer personne de par mon comportement. MAIS je le sais, c’est au prix d’une certaine inconscience du danger, du refus de le voir me coller à la peau. Et je sais que je dirais à ma fille de se méfier de certaines situations, parce que le pire n’est pas toujours évitable. Un des combats féministe doit être le recul de la peur, de la culture du viol.

  • Comment je suis féministe au travail  ?

Pour ceux qui suivent ce blog et mon compte twitter, l’égalité hommes / femmes dans le monde du travail est mon principal cheval de bataille. Je souhaite gagner autant qu’un homme à compétence et expérience équivalente (je suis engagée socialement et collectivement dans mon entreprise à cet effet), je considère que la parentalité (des hommes et des femmes) n’est pas (ne doit pas être) un frein à une carrière accomplie, et je veux que les équipes soient gérées de la même manière qu’on soit un homme ou une femme. Je supporte mal par exemple que les femmes soient stigmatisées / signalées comme « plus empathiques » dans leur management (on est des connasses comme les autres). Le travail doit être le lieu emblématique d’une stricte égalité, c’est là que je crois que la valeur d’exemple est la plus forte (après l’école). L’exigence doit se porter tant vis à vis des hommes qui doivent proscrire comportements sexistes, paternalistes et discriminants (pas de surnoms « affectueux », pas de harcèlement moral ou sexuel évidemment), que des femmes, qui doivent éviter d’utiliser certains ressorts sexistes / sexués dans le cadre professionnel. On s’abstiendra donc de pleurer quand on est en échec, ou de minauder (montrer ses seins / coucher) pour arriver à ses fins. S’agissant des postes à responsabilité / de direction, je suis en faveur d’une politique de quotas, parce que sinon le monde de l’entreprise sera encore régenté par des hommes (blancs de + de 50 ans) pendant encore 200 ans (et de même en politique).

Je suis très à cheval sur ces sujets, et je reprends méthodiquement toutes les situations / comportements sexistes et misogynes, je ne laisse rien passer. C’est très fatigant et décourageant, surtout quand on bosse dans des milieux masculins ET malins, c’est à dire qui savent jeter un peu de poudre aux yeux sur l’égalité et la parentalité avec quelques « mesurettes ». Je décortique TOUS les plans proposés et au quotidien je ne tolère aucun comportement misogyne ou ambigu. Par exemple, le chef qui m’appelle en tout paternalisme « ma puce », je lui réponds « oui papa ». C’est dans le cadre professionnel que je me rends le plus compte du chemin restant à parcourir concernant l’égalité, et pourtant je travaille dans le tertiaire supérieur, où la situation est loin d’être la plus critique.

  • Comment je suis féministe avec des enfants ?

C’est un rôle relativement neuf (3 ans pour la fille / 6 ans pour le gars) pour moi, mais auquel je tiens évidemment particulièrement. C’est assez kiffant (et parfois hautement décéptif) d’avoir un terrain vierge sur lequel exercer ses théories en mode « travaux pratiques de l’anti sexisme ». J’ai la chance d’avoir un représentant de chaque sexe, et je m’applique à élever les deux dans le strict respect de l’égalité entre filles et garçons. Les débats actuels sur la « théorie du genre » seraient presque drôles s’ils n’étaient si délétères et révélateurs des préjugés et stéréotypes de notre société. Cette brave Simone (de Beauvoir) l’avait dit clairement (avant Judith Butler et ses travaux sur le genre) « on ne naît pas femme, on le devient » (et c’est valable pour les hommes). Nous naissons mâles et femelles (sauf autres cas plus rares) et nous construisons socialement et culturellement hommes et femmes (ou pas), dans nos sociétés « genrées ». A partir de cela, on peut juger (c’est mon cas) que les constructions / stéréotypes sur lesquels nos vies se basent sont critiquables / inégalitaires. En bref je veux que mon garçon puisse être sensible et / ou devenir coiffeur sans se faire traiter de sale pédé et que ma fille puisse être camionneuse et autoritaire sans être assimilée à une gouine aigrie. Et bien entendu qu’ils soient des homosexuels épanouis si c’est là que leurs préférences vont.

Alors oui, je refuse d’acheter PAR PRINCIPE des nippes roses / à paillettes à ma fille (mais accepte que d’autres lui en offrent) et quand je lui offre une poupée, j’en offre aussi une à son frère. J’essaie de leur lire des histoires non stéréotypées, de même pour les dessins animés que nous filtrons sérieusement. J’insiste aussi pour inviter autant de filles que de gars aux anniversaires (même si j’ai été mise en échec pour les 6 ans). Au quotidien je reprends toute discussion où l’un dirait « ça c’est pour les filles … », et je donne toujours des contre exemples à des situations sexistes. Ca n’empêche pas à ma fille d’adorer le rose et les princesses, tout en jouant sans se poser de questions avec son frère à des jeux de construction et des voitures.

  • Comment je suis féministe avec mon conjoint ?

C’est évidemment central, la question de mon intimité et de ma vie conjugale / amoureuse / parentale avec un homme sur ces sujets de féminisme. C’est toutefois difficile d’en parler ici dans la mesure où j’ai un gentleman’s agreement avec l’Epoux qui ne souhaite se voir exposer d’aucune manière ici. Disons qu’être en couple avec un homme non féministe ne serait pas possible pour moi, car tu construis pas ta vie avec un gusse avec lequel tu ne partages pas un socle de valeurs minimal (encore plus quand tu te reproduis avec) (ou alors c’est l’échec garanti). Car j’attends que dans mon couple on partage les tâches parentales, domestiques et quotidiennes en égaux, d’abord parce que je travaille et lui aussi, mais fondamentalement parce que nous sommes deux et que les choses doivent s’équilibrer. L’un emmène les enfants à l’école le matin, l’autre le soir. Tout le monde est susceptible de faire des courses et de préparer les repas. Certaines tâches sont réparties, c’est inévitable, et bien entendu on a des zones de frottement (je ne parle pas là de notre vie sexuelle, bande de quiches :p), car fondamentalement, homme ou femme, PERSONNE n’aime descendre les poubelles.

Au-delà du partage d’un quotidien, je crois aussi qu’on partage une vision commune des choses (à commencer par vivre dans une société où les hommes et les femmes sont égaux) et qu’on entrecroise pas mal les regards de par nos caractères respectif. Il a une sensibilité féminine (= comprendre c’est un métrosexuel) et travaille dans des environnements très féminisés, tout en restant un viril – et poilu – descendant d’ibères. Alors que je travaille avec 80% d’hommes et reste aussi attachée à des marqueurs féminins (jupes / talons / maquillage). Mon mari n’est pas une serpillière sur laquelle je passe mes aspirations féministes (ce que pensent beaucoup de mecs des féministes en couples). On s’engueule rarement sur ces sujets parce que nous sommes d’accord (alors qu’on arrive que rarement à se mettre d’accord pour voir un film au ciné).

Donc voilà comment je suis féministe. Ca ne me prend pas la tête en permanence (c’est plutôt une tâche de fond), mais c’est tout de même une attention régulière, car je suis intimement persuadée que ça rend la société, les hommes et les femmes, MEILLEURS.

Instants(gram) moi fort !

3 février 2014
par Sasa

Tiens ! un petit questionnaire de feignasse que j’ai découvert en lisant l’article de Paingout(où  j’ai vu que j’étais citée par Violette sur l’utilisation d’IG, coucou la belle) (je suis une grande likeuse sur IG) (fin du name dropping, j’ai le droit entre vieux blogueurs et twittos).

1) Ton compte Instagram ?

@sasatouitte comme sur Twitter

2. Tu as Instagram depuis quand ?

Depuis environ la naissance de la Dauphine, soit bientôt 3 ans …

3. Quelle a été ta première photo postée ?

Une photo de la Dauphine :)

1ère photo sur IG poke @superbulles (il y a 146 semaines), je passe le mistigri à mes 2 premiers likeurs @coulmont et @slicesoflife

4. Vas-tu souvent sur Instagram ?

Moins que sur Twitter, une ou deux fois par jour en « passif » (pour voir et liker les photos de mes camarades) et parfois plus les périodes où je suis très active, c’est à dire en déplacement ou en vacances. Dans ces cas là je poste en moyenne 4 ou 5 photos par jour, une sorte de version moderne et 2.0 de la séance diapo reloue et en léger différé des jolis endroits que je vois.

5. Quelle est ta pire photo sur Instagram ?

Ah je vais me la péter un peu, mais j’essaie de soigner mes photos sur IG, de prendre que des paysages chouettes ou insolites, mes jambes en collants ou mes enfants (et par essence y’a pas de photo moche de mes enfants, soyons lucides). Si je ne les aime pas je les publie pas.

Bon y’a bien celle de mon arrivée après une course de 10 bornes, qui a bien cassé mon sex appeal ….

La gueule de la fatigue à l'arrivée, merci les photos officielles  #runinlyon :]

6. Quelle est la photo qui a eu le + de succès ?

Ni ma gueule, ni mes jambes, ni mes gosses. Un ARC en CIEL.

(Mais un beau.)

7. Combien as-tu d’abonnés / Combien suis-tu de personnes ?

J’ai 625 abonnés (dont 1/4 de fétichistes de collants !) et je suis 236 personnes.

8. Qui est la dernière personne a avoir aimé une de tes photos ?

C’est Hervé Resse, @herveresse, camarade bloggueur & twittos sur la photo de mes Louboutin.

Ma vie en louboutins (à 2km/h dans les couloirs en roulant du cul) #instagambettes

9. Une personnalité ou une marque que tu suis.

Pas grand monde en dehors de François Sagat, @francoissagat, acteur gay au fessier rebondi et grand poseur sur IG.

C’est pas toujours très SFW (Safe For Work) mais je me rince bien l’oeil !

10. Montre nous une à trois de tes photos préférées sur ton compte Instagram.

Alors si on suit mes 3 axes éditoriaux et dans les photos récentes  :

1 – mes enfants

Les poseurs <3 (oui les enfants de leur mèrel, aussi) #lush #bain #pingouin

2 – mes collants

Plus près des étoiles  #aglagla #instagambettes

3 – mes voyages

La Tamise #londonchildfree

11. Quelle est la dernière photo qui apparaît sur la page d’accueil de ton Instagram actuellement ?

Une photo du Musée des Confluences en construction, devant lequel je passe régulièrement pendant mes séances de #running et dont je suis avec grand intérêt l’avancement.

Ça pousse #confluence #running #8km

Bon, il paraît que c’est has been les chaînes dont prend qui veut !

Je vais bien, ne t’en fais pas(2)

24 janvier 2014
par Sasa

C’est en vérifiant dans mes archives de blog (autant te dire qu’avec 9 ans de conneries, je remonte vite loin) si j’avais déjà utilisé ce bien beau titre (et il s’avère que oui), que j’ai aussi éprouvé que parfois (souvent ?) je me contentais de petites notes décousues ici. Maintenant ma vie décousue est tricotée sur Twitter (qui a dit là bas au fond qu’on voyait mes fonds de culotte, du coup ? je te vois), et j’essaie de trouver une vocation nouvelle à mon bon vieux blog. J’ai bien tenté les récaps photos hebdo, mais c’est Instagram les photos, du coup re impression de doublon par ici. Alors pourquoi pas une petite note décousue ici encore ?

Bref, ça va ça vient. Mais je vais bien, globalement et en masse, malgré l’inventaire râleur et désabusé que je faisais encore de mes maux et malheurs lors de ma séance de thérapie bi mensuelle.

Un an que ça dure cette affaire désormais.

J’ai longtemps conspué les thérapies et les thérapeutes (à ma décharge, je conspue pas mal de choses, ça me tient éveillée). Encore ce matin, après avoir déposé l’Héritier à l’école, devant un cappuccino avant ma séance, je me demandais à quoi celle ci allait servir. Je n’avais rien à dire, je n’avais avancé sur aucun sujet. Angoisse de la page blanche appliquée à la thérapie. Et pourtant assise devant ce monsieur banal, tout se déroule, défile et s’organise, en un cheminement logique et clair. Il ne me juge jamais, est toujours bienveillant, ne rebondissant jamais sur ces envolées où je me déprécie facilement, sous couvert de mon grand sens de l’auto dérision. Quand je lui dis « je sais, je sais que je suis mauvaise / nulle sur telle ou telle chose« , il me ramène à mon humanité, et à la normalité de réactions / sentiments / comportements que je juge pathologiques chez moi. Il ne légitime pas mes colères, mais il me les explique, les détricote avec moi.

Alors voilà, je vais bien.

Comme il n’est pas encore trop tard pour vous le souhaiter (vous les 3 lecteurs encore égarés ici), je vous souhaite en 2014 d’aller bien. C’est le plus important les vilains.

(Et réécoutez Véronique Sanson aussi, elle a dit toutes les choses importantes qu’il y a à dire sur cette Terre. Sisisi.)

L’esprit de Noël (à peu près)

20 décembre 2013
par Sasa

Passez de bonnes fêtes de fin d’année les jeunes, en vous souhaitant un joli cadeau enluminé sous le sapin (au choix …..)

Piqué sur ce très bon Tumblr.

Et avec une bande son adaptée (qui donne envie de revoir « Love actually »).

« Pour un jeu de dupes … »

2 décembre 2013

Je me lasse parfois de défendre mes positions et convictions féministes.

D’abord parce qu’elles sont de plus en plus relayées dans le débat public, et ça, c’est (théoriquement) une bonne nouvelle. Partout, et désormais régulièrement, « on » (la presse, les femmes – même non déclarées féministes – et certains hommes de tous bords, les politiques, les professionnels, …) dénonce largement les situations sexistes au quotidien, les violences faites aux femmes, la misogynie dans le monde du travail et en politique, etc. Pour autant, je me sens encore obligée de remonter au créneau régulièrement (doux euphémisme, car étant très 1er degré je monte au créneau en moins de 2), parce que si le message (du traitement non discriminant des femmes par rapport aux hommes) semble mieux passer, il y a parfois des situations qui me hérissent le poil au quotidien. Deux exemples dans les 15 derniers jours pour illustrer ….

Cas pratique 1 / Au boulot

J’étais avec une jeune collaboratrice (enfin elle doit avoir 30 ans environ, c’est encore jeune non ?) pour soutenir un dossier chez un potentiel client. Dans le train, alors que notre chef comatait sur l’Equipe, on parlait chiffons toutes les deux (j’assume donc le caractère tout à fait genré d’une partie de ma vie vous voyez, le chef est un homme et lit l’Equipe, ses équipes féminines discutent modes & travaux), elle me lâche au cours de la conversation « ah mais c’est bien, toi tu assumes de porter des jupes courtes chez les clients, moi j’ose pas, j’ai trop peur que ça ne fasse pas très crédible ».

Ahem.

#ootd la robe trop courte qui nuirait à ma crédibilité pro :B #sexiiiiisme

(Voici la tenue que je portais le jour en question.)

Alors bon, je lui ai (gentiment) expliqué que la crédibilité professionnelle ne se mesurait pas à l’aune de la longueur des jupes. Enfin je crois pas. Je ne porte pas à la base de jupes (et elles ne sont PAS SI courtes que ça, bordel) comme un étendard de ma féminité (il s’avère accessoirement que j’ai un gros cul et que je trouve peu de pantalons où glisser le mien) ou pour mettre en avant des atours sexués et sexuels, et donc assez peu professionnels. Ce sont des vêtements dans lesquels je suis à l’aise (comme je suis plus confortable en talons que sur du plat) et qui me vont bien (et oui, on peut être féministe et attachée à son apparence). Je n’attends pas ni n’espère qu’on me juge professionnellement sur mon apparence et ma vêture (n’étant ni mannequin mode ni vendeuse chez A&F), et je ne vois pas en quoi une tenue féminine serait un indicateur de ma (non) compétence.

J’entends l’argument selon lequel des professionnelles peu expérimentées se réfugient dans des codes vestimentaires stricts (tailleur pantalon / chignon) pour sembler plus âgées qu’elles ne le sont et se « dé-sexualiser » en quelque sorte (et sans doute de même chez certains hommes, j’ai des collaborateurs qui se laissent pousser la barbe !). Mais penser de soi-même qu’être (relativement) jeune ET femme est un  handicap pour un cadre supérieur est bien déprimant je trouve en  2013. Bien sûr, j’ai aussi témoigné ici des situations sexistes et misogyne auxquelles j’ai été confrontée maintes fois dans ma vie professionnelle, et il est indéniable que mes 13 ans de boutique me donnent une assurance et un sens de la répartie que je n’avais pas il y a quelques années. Mais je me désespère (un peu) quand même qu’avec le temps, les mentalités n’évoluent pas, à commencer par celles des jeunes femmes. Si on part perdantes / discriminées d’avance, on est pas sorties de l’ornière mesdames.

Cas pratique 2 / Avec les enfants

Comme vous le savez, j’ai deux enfants, un gars / une fille (le choix du roi, ahahah). Comme tout 2ème enfant, la Dauphine hérite des nanars de son aîné. Fringues (un peu), jouets et bouquins (beaucoup). Elle me demande de plus en plus de livres « de princesse » (et des déguisements de princesse, et un lit rose pour son bébé, et du maquillage, etc.). Bref, je comprends bien qu’elle a envie de « trucs de fille ». D’ailleurs, le matin je la « maquille » avec moi (= je fais semblant de lui mettre du blush, puisque c’est la seule touche de maquillage que j’aie moi même le temps de m’appliquer 9 fois sur 10) et je la mets en jupe (« comme maman ») quand elle me le demande (environ tous les jours, puisqu’elle me voit en robe tous les jours ou presque en semaine).

Ne voulant pas non plus créer trop de frustration autour de mon refus du rose /des princesses et des paillettes (au secours), je me suis donc mise en chasse de livres avec des personnages féminins héroïques. Donc des princesses éventuellement mais pas des gourdasses. Autant te dire camarade que je m’étais lancée en slip mousseline dans la quête de l’edelweiss en plein hiver … Je suis donc allée dans des magasins d’enfants, et voilà sur quoi je suis tombée ….

A tout moment je hurle #sexiiiiisme !! (Putain de magasins pour enfants)

(Franchement, ça donne pas envie de pousser des cris de loup au fond des bois ?)

A la FNAC ensuite j’ai croisé une charmante vendeuse qui avait l’air d’avoir envie de me faire plaisir.

Pauvre femme, je l’ai rendue chèvre.

Pourtant mon cahier des charges était simple :

- pas de rose / pas de paillettes dans l’iconographie

- pas de niaiserie dans l’histoire et le style de narration

- un personnage principal féminin dégourdi (j’ai pas osé dire « émancipé »)

Hé bien camarades : ON A FAIT CHOU BLANC ! Je crois que le *pire* a été quand elle m’a sorti un très beau livre fait à l’aquarelle, certes sans rose et paillettes, mais ….. racontant l’histoire de « la belle au bois dormant« . Raaaaaah très dégourdi et émancipé comme personnage, parfait oui. Je l’ai regardé en mode « mais t’es con ou t’as rien compris ? » Elle m’a regardée en mode « mais tu es hystérique ou juste cruelle ? » BREF, on s’est pas comprises, et j’ai du gagner la palme de la cliente la plus reloue de sa journée.

J’ai quand même pris deux petits livres (avec des personnages de fillettes qui …. font de la danse en tutu), juste parce que je culpabilisais de l’avoir fait tourner en bourrique dans ses rayons pendant 20 minutes.

Bref, si à l’instar de Sophie, qui publie sa liste de cadeaux à faire pour une féministe vous pouviez me trouver des livres pour fille de féministe, j’en aurais l’usage. Merci <3

PS : le titre est évidemment piqué à Souchon qui a tout dit sur les jupes des filles ….

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