Une année dans la peau d’une blonde

Il y a pile un an, j’assouvissais un de mes plus vieux fantasmes capillaires : devenir blonde. A 40 piges donc, il était temps (ou pas). L’aboutissement laborieux de longues années de tergiversations personnelles (ça t’ira pas), familiales (ça t’ira pas), et conjugales (ça t’ira pas), couplées à des refus d’obtempérer de la part de la corporation des artisans coiffeurs (ça vous ira pas, ça va vous bousiller les cheveux, et ça va vous coûter un œil, parce que ça va nous prendre des plombes à faire).

(J’ai retrouvé une de mes dernières photos en brune, que j’ai confronté à une photo « réaliste » de ma blonditude : avé les racines et le frisottis facile quand je ne prends pas le temps de faire un brushing)

Sur le 1er point, je n’épiloguerais pas, moi je trouve que ça me va, ou tout au moins ça me change de 40 années de brun, et pourquoi se priver de cette capacité à changer (même si ce n’est qu’en surface, en apparence) quand on peut le faire. Finalement la difficulté est d’ordre technique : quel type de blond choisir et comment l’entretenir dans la durée ? Parce que finalement, il n’y a pas un blond, mais plein d’options et variantes possibles, même si toutes ne te sont pas ouvertes quand tu es très brune.
Enfin petit changement, c’est un euphémisme. Entrer du côté de la blondeur, même en mode faussaire comme moi, c’est basculer dans un autre monde, où les relations sociales, le rapport à l’autre, qu’il soit mâle ou femelle, est profondément altéré. Si si si, je vous assure.

(Mes blonds favoris, à peu près)
(finalement j’aime bien les racines, j’avoue)

La vie d’une blonde n’est pas celle d’une brune, je vous le promets. Je ne suis pas érotomane (enfin pas tout le temps), et je n’ai pas la croyance que les hommes préfèrent les blondes (et il est fort probable que je sois mieux en brune). Mais c’est un fait, être blonde, c’est attirer plus de regards (parce que simplement les blondes sont plus rares dans l’espace public), et essuyer des comportements stéréotypés. Parce que c’est ainsi, une blonde, ça paraît plus doux, plus fragile, et on s’adresse à vous avec bien plus de précautions, quand ce n’est pas de la condescendance. Je l’ai observé 100 fois sur une année complète, dans plein d’environnements différents.

Pour ma part, j’ai surtout du adapter ma garde robe et la cosmétique. Avec mon gabarit, mes heures de vol et la décoloration par-dessus, l’effet « Styfler’s mom » (la mère de Styfler dans « American Pie ») est vite là, et ce fut clairement ma ligne de flottaison, mon point Godwin : éviter de basculer dans le vulgaire. Blonde oui, mais pas trop tapée si possible.

Il reste que si parfois mon propre reflet me fait encore sursauter dans le miroir, j’ai sensiblement modifié ma garde robe (fini le rose, les motifs et en particulier ceux fleuris, et tous les ornements un peu bling bling) et renouvelé le maquillage. En bref, le blond exige une certaine sophistication et finalement sobriété, ce qui n’est pas forcément mon penchant naturel … A titre d’illustration, moi qui adore les imprimés panthère, je n’y ai pas renoncé, mais j’y vais mollo quand même, parce que la parenté avec Amanda Lear est vite atteinte ^^

Last but not least, et là-dessus c’est la partie qui fait mal (mais les coiffeurs m’avaient largement avertie) : être blonde (et pas trop moche), c’est une putain de rente. Ça te coûte du temps ET de l’argent. Je donne quelques fourchettes (temps et prix), à ne pas prendre au pied de la lettre, parce que je privilégie et me permets de bons produits (donc onéreux) et de bons professionnels (donc très onéreux) mais je ne pense pas être loin de la vérité.

  1. La première fois, tu comptes 4 à 5 heures de taff, entre les deux décolorations (deux quand tu es très brune), les patines, et soins divers. Compter autour de 200 euros en moyenne (et ce à renouveler tous les deux ou trois mois, partant du principe que j’ai renoncé au blond parfait et intégral, qui me demanderait d’être chez le coiffeur toutes les 3 semaines).
  2. L’entretien quotidien est assez contraignant aussi. Un shampoing bleu une fois par semaine (pour éviter de jaunir), des masques pour hydrater, des soins après shampoing, un spray protecteur avant d’utiliser un sèche cheveux, une huile quand tu les exposes au soleil …. Comme ta crinière a bien ramassé avec les décolorations, il faut éviter l’effet paille, et y’a pas de miracle. Du temps pour les soins, et environ 80 euros de produits (de qualité) pour les dits soins.

Au final, je ne sais pas combien de temps je resterais blonde, mais je suis contente de l’avoir fait. Sur le chemin du retour au brun, il est fort possible que je me laisse tenter par une phase transitionnelle rouquine, dont je me réjouis par avance (oui j’ai des joies simples).

PS : je fournis toutes mes adresses (lyonnaises et parisiennes) et marques sur demande.

Looking 4(nite) Manuel

(Si tu comprends le titre de ce post avant même d’avoir lu la suite, fais moi signe, je te fais une place au chaud.)

S’il y a une chose que je n’avais pas prévu dans le parcours de la parentalité c’est bien l’apparition de Fortnite dans nos vies.
Gros soupir.
Si tu ne sais pas ce qu’est Fornite, je te laisse regarder cette vidéo. Tu vas rire (ou pas).

L’invasion des jeux vidéos dans notre vie ne s’est évidemment pas faite en un jour. Ce fut un processus progressif, je dirais même pernicieux. Quand j’en parle avec avec certains d’entre vous qui n’ont pas d’enfants (heureux et sereins les nullipares), ils me regardent avec des grands yeux ronds, avec une pointe d’apitoiement sur nos atermoiements de (mauvais) parents soumis à la dictature vidéaste.
Je me souviens de cette planche de Mafalda (ma bédé de jeunesse favorite), où cette dernière était scrutée comme un « bicho curioso » parce qu’elle n’avait pas la télé chez elle. L’équivalent de la télé dans les années 80, c’est la tablette ou la ps4. Si dans la cour d’école tu n’as pas accès à ces loisirs collaboratifs (puisqu’ils jouent en ligne), tu perds un gros pan de socialisation. Et clairement pour un animal social comme le fiston il est impossible de le priver d’un tel vecteur. En tous cas, on n’a pas su l’éviter à 100%, et on s’en mord les couilles tous les jours.
Tout ça pour dire que nous avons perdu la bataille Fortnite depuis quelques temps déjà. Ne nous juge pas.

Pour autant, ne perdant jamais une occasion de me coller dans une situation merdique, je me retrouve désormais engluée avec une blague toute pourrie, qui va me retomber sur le coin du nez à tout moment (comprendre, sous 6 mois à 2 ans, je pense). Je vous fais le pitch.
Lors d’une soirée où les enfants traînaient leurs guêtres autour de la table d’apéro (pire erreur, avoir des conversations entre adultes quand des oreilles innocentes ET curieuses traînent autour), nous dissertons à bâtons rompus des jeux vidéos. C’est alors que l’héritier et ses potes se mèlent à la conversation et nous demandent d’un ton badin si quand même on connaît pas des « vieux comme vous » qui jouent à Fortnite. Et là mon cerveau ne filtre pas les réponses comme il aurait dû, et je sors très naturellement : « Si ! je connais une personne qui joue à Fortnite et qui a mon âge, il s’appelle Manuel Ferrara.

[Petite pause Wikipédia si tu es une personne innocente. Manuel Ferrara a effectivement mon âge, il exerce la douce profession d’acteur dans le monde du cinéma pornographique. En dehors de visionner de temps en temps des extraits de ses meilleures performances, je le suis sur son compte Instagram tout à fait propret, sur lequel il diffuse notamment des petites stories, où on voit qu’il joue au basket et à Fortnite.]

Bien évidemment l’Héritier s’est engouffré dans la brèche et a insisté pour savoir qui est cette Merveilleuse personne qui partage sa passion. Prise de court et dans l’hilarité générale, je n’ai rien trouvé de mieux à dire que c’était un copain de lycée. Bien évidemment l’héritier a une mémoire d’éléphant, il me demande environ tous les 15 jours quand est-ce qu’il pourra écrire à mon pote Emmanuel Ferrara.
J’attends donc, tremblante le jour où il va faire une requête dans Google et connaître la vraie profession de mon pote de lycée.

Allez y, rigolez.


Bien entendu, j’en profite, si sur un malentendu, le bon et beau (et TTBM) Manuel F. venait à s’égarer ici, il serait bien urbain de me couvrir au cas où. Bisous.

Ecrire, jour 1

De toutes les choses auxquelles j’ai renoncé au fil des années, s’il y en a une clairement que je regrette, c’est l’écriture. J’ai 40 ans et j’ai longtemps une diariste régulière, une pisse copie laborieuse, une correspondante prolifique, bref, une assidue de l’écrit.
Concours de circonstances, quelques qu’elles soient, je vois bien que l’écriture me manque. Et la trace qu’elle me permet de laisser, sur le temps et le récit intime. Alors on va décrasser la machine et s’y remettre.

Jour 1, les bonnes résolutions de la nouvelle année, suite au bilan de l’année qui meurt. Fut un temps, j’adorais ces périodes à la fois bilantielles & prospectivistes.

Aujourd’hui, ma foi, je me dis que vivre, c’est déjà un bon début <3

Longtemps, je me suis réveillée de bonne heure

Je ne sais combien de fois j’ai fait renaître ce blog de ses quasi cendres, mais clairement, en termes de résilience, l’animal se pose un peu là. 

J’ai toujours plein d’excuses plus ou moins valides pour justifier ma désertion.

Trop de travail.

Trop de micro-blogging.

Trop d’enfants.

Et d’obligations diverses et variées.

Et puis pas assez d’envie, de désir,  le sentiment de se répéter, de radoter, et de finalement rien avoir à raconter de vraiment palpitant. Et qui plus est dans un style d’écriture …. totalement quelconque.

Etant d’un conformisme sociologique assez épatant sur bien des items, et même si la vie est taquine / pute / pleine de surprises (ne rayez aucune mention), je me trouve, déjà, à l’aube de cette décennie nouvelle  : les quarantièmes rugissants. Décennie dont tout le monde s’attache à me répéter que ça sera le CLIMAX de ma vie adulte. Simple assertion déjà source d’angoisse majeure. Car que va t il se passer si cela ne se passe pas comme promis ? Ou qu’il ne se passe rien de notable ….

En attendant de trouver réponses à ces questions majeures, je profite juste de la dernière séance narcissique photographique que je me suis offerte avec une photographe dont je suis et j’apprécie le travail de longue date, Laurence Guenoun, pour recustomiser  ma page d’extimité. Et me jurer, qu’une fois de plus, je reprendrais la plume, pour de vrai cette fois (tu parles). 

(Tavu, comme j’ai changé pour mes 40 ans ?
je suis blonde, triste et pensive. A peu près.)

Dans une prochaine note, je m’expliquerais sur les raisons profondes de cette métamorphose capillaire (le hold up du siècle en matière financière par contre). Ou le cas échéant, on prétextera, az usual, de la crise de la quarantaine, qui ma foi, c’est fort pratique, a les épaules presque aussi larges que les miennes. C’est dire.

Un homme entier

J’ai découvert Gael Faye par le prisme de son 1er roman, « Petit Pays », conte émouvant d’une enfance rwandaise aux ailes coupées par la guerre et le génocide. Avec ma comparse de lettres, nous avions couru le voir en conférence, et faire signer un exemplaire de son roman. Je n’ai jamais été friande des rencontres de chair et d’os avec mes idoles. Les écouter parler passe encore, mais leur parler, à quoi bon ? Car finalement, une fois face à eux, que bafouiller de vraiment sensible, à quelqu’un qui en voit défiler des comme vous, toute la journée, par paquet de douze ?

« J’aime beaucoup ce que vous faites »

Rideau.

Dans le cas de Gael Faye, la rencontre avait été autrement plus riche, et ce grâce à lui, grande sauterelle souriante & chaleureuse. Nous étions parmi les dernières de la file, et il avait pris le temps de nous demander qui nous étions, d’où nous venions, et si on avait apprécié son intervention. Sur ce dernier point, j’étais hélas dans l’incapacité de répondre, puisque la clôture d’un dossier urgent m’avait mis en retard. Nous avions tout de même échangé quelques mots, et après avoir signé nos livres, il avait eu ce geste, spontané et sincère, de se lever pour nous serrer la main et faire une accolade, souriant de toutes ses dents.

Sous le charme, j’avais dévoré son roman, et commencé à écouter ses textes, mi chansons, mi prose scandée, moitié Stromae moitié Fauve. Dans ses chansons, globalement les mêmes thèmes de prédilection que dans ses textes. L’enfance, le métissage, l’amour, la violence, et Paris.

C’est à Paris, salle Pleyel, que je l’ai découvert en live, la semaine dernière.

Il est inchangé et entier, le rythme et le collectif en plus. Assez étonnante cette cohérence entre le romancier et le chanteur. C’était la 1ère fois que je me rendais dans cette salle, et sa configuration rendait à priori la convivialité complexe (beaucoup de places assises, des balcons), et pourtant, il irradiait et dégageait une énergie bienfaisante,  de celle qui te fait danser et chavirer.

(enfin moi)?? Gaël Faye ?? @gaelfaye sans aucune fausse note

Même si je n’ai pas pu m’empêcher de sourire quand il a parlé de Paris métissée, devant ce parterre WASP à 80%, Faye a fait onduler notre humanité, et c’était beau & bon.

Hâte de le retrouver cette été à Fourvière <3

L’épaule qui sort de la baignoire

Ce weekend se tenait le salon mondial du tatouage, alors que je recevais les photos réalisées avec Laurence Bosc pour immortaliser mon épaule avant évolution.

Merci encore à elle pour le (bon) boulot !

Comme toujours souvent dans ma vie je suis d’une grande conformité sociologique et statistique, j’ai commencé à me tatouer ou plutôt me faire tatouer assez tardivement, mais au moment où c’est devenu une banalité en France ou presque.
La première idée concrète de tatouage et à la symbolique forte est le lettrage du titre de l’essai de Benoite Groult, qui me permet de faire « un peu » de prosélytisme féministe. Ensuite, comme il est ordinaire mais réel de le dire, le pli est pris et l’addiction effective, avec des idées à la minute ou  presque) pour les 25 prochaines années.

Je ne sais pas où je je m’arrêterai, mais j’aime l’idée de ce bras gauche qui se couvre progressivement d’une espèce d’estampe japonaise.

Team geishas #apeuprès #7ans
(On est très japonisantes ces temps ci …)
C’est cette progression que j’ai voulu immortaliser avec Laurence, et qui me donne du coup l’opportunité de nettoyer un petit peu ce blog, et de le rendre plus conforme à mon image  (et en même temps déjà obsolète, puisque le bras a bien évolué). Celle qui me tatoue est toujours Alison, qui a désormais sa propre boutique boulevard des Brotteaux, l’Atelier Tattoo.

On m’a souvent demandé comment j’assumais d’être tatouée dans une profession où je suis prestataire de services, avec des clients qui peuvent apprécier diversement ce type d’ornement. Très pragmatiquement, je suis toujours en capacité de soustraire à la vue l’ensemble de mes tatouages. Si aucun ne doit être vu c’est possible, et je conseille aux collaborateurs qui me posent la question d’en faire de même : ce n’est pas seulement par bien-pensance ou peur du jugement, il s’agit simplement d’éviter de donner prise à des considérations qui sortent du cadre professionnel. Ensuite, une fois que le rapport de confiance est établi, il est alors possible de les dévoiler (de mon point de vue).

Mais la vérité, c’est que finalement assez peu de personnes vous questionnent frontalement sur le sujet, à croire que les gens sont plus respectueux et pudiques qu’on ne le pense.

Heureusement que j’ai un blog du coup, comme ça je réponds aux questions que l’on ne me pose pas : )

De Jean à Johnny, a curling mother

En début de semaine, je m’émerveillais sur la célèbre plateforme de microblogging twitter (celle là même que j’ai ralliée il y a dix ans maintenant, et qui a largement participé à l’érosion du présent blog), de cette drôle de coïncidence, ma renaissance à l’écriture, alors même que s’éteignait Jean d’Ormesson.

Las, le pauvre vieux s’est vite fait évincer de son quart d’heure de gloire posthume par la disparition toute aussi tragique, même si prévisible, d’un autre mythe, franco belge celui ci, Jean-Philippe Smet Aka Djeuni. Car comme l’a rappelé fort à propos mon cher papa (lui-même rockeur à ses heures, et approximativement du même âge que feu Hallyday), « avec tout ce qu’il s’était mis dans le cornet, ma foi, c’est déjà un score fort honorable, 74 balais ». Certes. Tu apprendras mon petit, qu’au fur & à mesure que tu vieillis, ton rapport au temps se distord vaguement. Oui, vaguement d’abord. Jusqu’au jour où tu trouves que 74 ans, c’est jeune pour casser sa pipe.

Bref, telle Tonton, tontaine, je crois aux forces de l’esprit, et un peu, au karma & la réincarnation. Pourquoi ce dernier ? sur une base rhétorique assez pragmatique somme toute : après tout, si on y réfléchit bien, quel serait l’intérêt profond qu’une âme aussi sensible et profonde que la mienne ne soit éclose au monde que pour (au mieux), une petite centaine d’années ? Non ? Non. Bon.

Toujours est il que par précaution, je suis toujours attentive aux décès qui surviennent dans la sphère médiatico publique proche, alors même qu’un événement sensible se produit dans ma propre sphère d’influence. Par exemple, alors qu’en septembre 2007 s’éteignait Raymond Barre, illustre lyonnais, politicien de droite, grosse peluche à bedaine et économiste quasi crédible, naissait l’Héritier, mon premier né, aujourd’hui âgé de 10 ans.

PUTAIN 10 ANS. On y revient.

La pente est  là camarade, et elle est glisse sévère.

Tu as grandi ? hé bien vieillis maintenant ma couille. Et regarde ceux que tu as engendré & enfanté dans la douleur (= comprendre t’exploser la teuch au passage de leur tête de golgot) non seulement ils vont grandir mais te dépasser gentiment. Si si si, on y est presque, il est des signes qui ne trompent pas : l’Héritier chausse du 39 / 40 (à 10 ans) et est devenu myope. Comme sa mère.

Tout ça pour faire observer et je suis navrée de l’affirmer ainsi à la face des nullipares (tout du moins ceux qui le sont à l’insu de leur plein gré), mais la parentalité est une des expériences les plus folles de ta vie adulte.

Quelque part entre le sexe anal et le coma éthylique (ceci ne sont que des licences poétiques, je rassure ma mère qui fait semblant de ne pas lire ce blog car je le lui ai interdit à l’ouverture d’icelui, je tiens très bien l’alcool). Folle au sens premier du terme.

Car ta progéniture te rend littéralement dingo.

Dingo de fierté à la moindre réussite pourtant bien ordinaire (oui, c’est vrai, TOUS les enfants ont appris à marcher, mais quand c’est le tien, c’est bien plus émouvant que le premier pas de l’homme sur la lune.)

Dingo d’angoisse à la première fièvre un peu violente (celle où tu as cru que tu allais pouvoir faire griller 6 merguez tunisiennes sur son front luisant et bouillant).

Dingo tout court quand il passe cette affreuse et interminable période des « pourquoiiiiiiiiiiii », où la chair de ta chair tient à tout prix à comprendre le monde, comment il tourne, et pourquoi la terre est plate alors (c’est comme un frisbee tuwa). Là tu as deux écoles :

  • les vrais parents modèles, qui y vont A FOND, cherchent des explications, de belles histoires et argumentations, pour assouvir la soif d’apprendre et comprendre de leurs chères têtes blondes,
  • les cossards et les feignasses, qui au bout de 10 questions, 3 sans réponses et 7 avec des démonstrations vaseuses (tu te souviens bien toi, de comment se forment les nuages, et pourquoi dedans y’a de la pluie, ou pas ?), coupent court et disent « ça y est mon chéri, tu as épuisé ton quota de questions à la con pour aujourd’hui, on reprend demain ? » (moi).

C’est au cours d’un goûter de darons, entourés (voire cernés) par notre marmaille, alors que nous nous lamentions sur les joies diverses de la parentalité (= comprendre on buvait pour oublier le niveau sonore), et que j’évoquais la phase de questionnite reloue des enfants, que j’ai eu vent de ce concept qui m’était jusqu’alors inconnu : les parents « curling », victimes du syndrome d’hyperparentalité.

Alors clairement, j’ai beaucoup de tares, mais celle ci, j’y ai échappé, et je m’en félicite. Parce que faire un burn-out parental, très peu pour moi. Par contre, comme j’ai une imagination visuelle, j’ai bien aimé l’image du parent curling, celui qui s’efforce de passer frénétiquement un balais devant les pieds de sa descendance, pour lui éviter toute difficulté, obstacle, glissade de la vie. Me concernant, les taz, je les prends par la main encore, et les fais j’espère avancer progressivement vers l’autonomie.

(Même si  le matin je leur sers encore des biberons. Même.)

 

Renaître

Ca fait plusieurs fois que le « destin » me fait des petits clins d’oeil, en faveur de la reprise des hostilités des activités de ce blog :

  • un concert d’anthologie avec un vieux bloggueur (je parle de ta vieillerie numérique Hervé, pas de ton âge), qu’il a lui même narré … dans un post FB. L’occasion de se souvenir qu’au delà des quelques clichés sur Instagram, il faisait bon parfois marquer de mots les souvenirs, doux et durs, qui affleurent parfois,
100 ans de vieux twittos vous jugent ???? @herveresse ????
  • une rencontre IRL avec un lecteur de longue date, et qui m’a flattée dans le sens du poil (genre mon blog il le kiffait),
  • un commentaire, ici, demandant si mon nouvel appartement est bien équipé, baignoirement parlant (spoiler, la réponse est CARRÉMENT),
La nuit m’appartient #teaminsomniaque #apeuprès
  • des nuits d’insomnies, ou plutôt mes petites nuits napoléoniennes, comme je les appelle, me figurant que tout cela est tout à fait tenable et normal, de dormir entre 4 et 6 heures par nuit. Et si Napoléon, pourquoi pas moi.

Surtout et enfin, comme souvent, les déménagements sont l’occasion de petits bilans ou de grands changements, de ceux qui te permettent de renouveler les meubles, recycler les vieilles pièces et te se dire qu’on RESPIRE mieux avec moins (de gadgets / de bibelots / de livres, etc.).

Alors l’envie d’écrire est à nouveau là, je suis contente que le « réceptacle » existe encore (depuis bientôt 13 ans, ça devrait nous porter bonheur.

un bisou dans le cou <3

PS : est ce que les photos d’illustrations sont visibles ici ?

Voilà c’est fini

Difficile de tirer un trait sur ce qui a abrité 14 ans de vie dans le 7eme arrondissement sans un petit pincement au cœur.

Je ne suis pas attachée aux objets et aux meubles mais je chéris les souvenirs de ces années passées à deux, puis trois et quatre … sans compter ceux qui sont passés par la rue G.

Rendez vous 4km + loin \o/

Double (ration) de penne s’il vous plait (avec Kheiron)

Dernièrement, j’étais invitée par ma franginette, pour voir Kheiron, qui donnait son spectacle – 60 minutes avec Kheiron – au Radiant. J’y allais sans rien connaître du spectacle, et ne connaissant pas grand chose du gars depuis sa prestation monomaniaque et vaguement monosourcilesque dans « Bref » (si rappelez vous, c’est le personnage secondaire qui interroge tout le temps le héros pour savoir s’il la baaaaaaaaaaaise).

En sortant des dites (et trop courtes) 60 minutes, c’est assez difficile de résumer ou de partage l’heure passée, mais  le « concept » déployé est clairement bluffant : Kheiron s’appuie sur la salle et ses spectateurs, qu’il interpelle et questionne à tout bout de champ, et tricote un one man show interactif, drôle, plutôt caustique, mais très « tendre » j’ai trouvé. Techniquement, j’imagine que ça se travaille entre impro et quelques idées de base, mais dans l’exécution, c’était vraiment impressionnant : très rythmé, pas de baisse de régime, gros sens de la répartie et de la reprise, vraiment fou à voir.

Parmi les interactions, celles avec  les + jeunes et les + vieux du public m’ont fait hurler de rire. Entre parenthèses, j’ai envie de dire – quand même – quelle idée d’amener des enfants de 10 ans à ce type de spectacle (clairement, c’est pas de leur âge DU TOUT). Toujours est il que j’ai eu une pensée compatissante pour les géniteurs du petit gars à qui Kheiron a expliqué qu’une double péné, ça n’avait rien à voir avec reprendre des pâtes à la cantoche le midi ….

Il est vrai que j’adore l’humour orienté fesse (en dehors d’aimer la fesse elle même), mais surtout, je suis friande, de manière générale, de ces (rares) moment de vérité, quand les masques et les conventions tombent, et la vérité nue, crue et légèrement malaisante, tombe avec un grand plouf en plein milieu de l’assemblée. Ca me rappelle, il y a quelques mois,  cette histoire absolument géniale, d’une passe d’armes entre Gégé Depardiou & Rocco – 25 cm – Siffredi, et qui parle aussi d’une histoire de double peine ^^

Pour qui n’aime pas Sophia Aram (et aurait bien tort), l’histoire a été narrée, entre autres, par les Inrocks à l’époque, et en quelques mots, c’est une bête histoire de mépris, de jalousie et de lutte des classes. Depardiou, sans vergogne, se moque de Rocco qui monte les marches à Cannes, et « entache » le prestige de la manifestation par sa présence vulgaire. Rocco, sous le coup de l’humiliation, se fend d’une petite vengeance comme on les aime, bien placée (sous la ceinture), et qui remet de suite en place le vieux Gégé à sa place. Certes, il contrevient à toutes les conventions sociales (= rester discret sur l’identité des personnes avec qui l’on partouze, discrétion bourgeoisie oblige), en agitant sous le nez (certes fameux) de Depardiou sa marque de gloire, son fameux gourdin (en bon état de marche).

Bref, de double péné en double peine, j’en reviens à Kheiron, pour vous le recommander chaudement, et ci dessous vous pouvez même me chercher avec l’Epoux, 3ème rangée à droite, avé la  moustache.

(et je découvre qu’il est nommé pour un Molière, big up !)