Benoîte Groult, l’anti Zemmour

Quand j’avais 12 ans, je vivais en Allemagne, pays où l’égalité hommmes / femmes est un sujet de société, autrement traité qu’en France, à coups de quotas et de concessions condescendantes à la petite semaine. Un jour, Maman m’a emmenée avec elle à une conférence qui se tenait au Consulat de France.

C’est là que j’ai rencontré Benoîte Groult, féministe engagée de longue date, qui a écrit en son temps un ouvrage qui a fait référence « Ainsi soit-elle« , sur la condition féminine. J’avais été impressionnée par son énergie et son discours. C’est ce jour que je me suis reconnue comme féministe (oui, à 12 ans, parfaitement !). Elle m’avait alors dédicacé son ouvrage, je m’en souviens comme si c’était hier, elle m’a écrit « pour que l’on dise plus jamais aux filles « ainsi soit-elle » ! ».

Libé lui a consacré sa page Portraits d’hier, à l’occasion de la sortie d’un nouvel ouvrage, consacré (question d’âge oblige) à la liberté de mourir dignement.

A propos des excès du féminisme, dans ce joli portrait, elle répond : « Quels excès ? Pour un mouvement qui représente la moitié de l’humanité oppressée, il aurait pu y avoir beaucoup de zizis coupés. »

J’applaudis des 2 seins !

4 réponses sur “Benoîte Groult, l’anti Zemmour”

  1. Je n’ai que peu séjourné en Allemagne, aussi je pose la question suivante avec toute la précaution qui s’impose. Un pays dans lequel les femmes doivent souvent choisir entre carrière et enfants (rareté des crêches, necessité de gérer la garde des enfants l’après midi) est-il si en avance en matière d’égalité hommes / femmes?

    Note: je n’ai pas dit que nous étions en avance non plus. (pas taper)

  2. Après un rapide googling et pour être un peu plus factuel, il apparait que:
    – les Allemandes ont en moyenne 23 % d’écart de rémunération avec leurs homologuent masculin (15 % en france).
    – En Allemagne le système industriel est basé sur la division complète des rôles, mais une division dans la complémentarité. Le système permet à la femme de rester à la maison et avoir accès aux droits pendant que l’homme travaille. La baisse de la fécondité en Allemagne (le taux le plus bas en Europe) peut être lu comme un échec de ce système. Ce système divise les femmes en deux catégories celles qui étudient et font une carrière professionnelle et celles qui font des enfants.

    source:
    http://www.cfdt.fr/actualite/emp...
    http://www.confrontations.org/gr...

    Savez-vous qu’il existe même un terme en Allemand "Mutter Kreuz" sans équivalent en Français. "Mère Corbeau" se dit pour une mère qui travaille (au dépend de l’éducation de ses enfants).

    J’ai l’impression à vous lire qu’être un "sujet de société" est la finalité du féminisme. J’imagine que vous devez rendre grâce au ciel d’être né dans "la moitié de l’humanité oppressée" 🙂

  3. Arthur, je ne nie pas la véracité de votre analyse. Si on veut observer de bonnes pratiques sociales dans la recherche d’équité hommes / femmes, c’est du côté des pays nordiques, et pas en Allemagne, qu’il faut regarder.
    Effectivement, le système scolaire allemand (cours de 7h à 13h) et le manque de structures d’accueil de l’enfance ne permettent pas facilement le travail des femmes.
    Par contre, ce que j’avais remarqué à l’époque (j’ai vécu 6 ans en Allemagne), c’est que le féminisme n’y était pas considéré (comme j’ai l’impression que c’est le cas en France) comme un combat d’arrière garde, mené par des vieilles réacs.
    Justement, on présente dans les médias français les combats féministes sous un angle toujours caricatural et extremiste. Etre un sujet de société, bof, être une femme, par contre effectivement, c’est une "condition" qui me convient bien, merci ! 😉

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