Aveu d’impuissance, mon évaluation des programmes présidentiels, suite et fin …

Il y a quelques semaines, rappellez vous, je m’étais proposée de me livrer à un exercice de style, basé sur mes modestes compétences professionnelles, à savoir l’évaluation de politiques publiques, appliquée aux programmes des 3 principaux candidats.
Ben mes enfants, je jette l’éponge. Pardon pour les espoirs que j’ai suscité, inombrables je le sais 🙂

L’idée sous-jacente était aussi de me convaincre du bien fondé de mes opinions, de mon appartenance à ma famille politique depuis 10 ans (depuis que je suis en âge de voter et d’avoir un avis à peu près cohérent dirons nous), et de pouvoir aller voter la tête haute pour la candidate socialiste (c’est dire si j’avais besoin d’être motivée). Alors au départ, j’ai un peu ramé pour reconstituer les programmes, mais avec plusieurs bons sites (pas ceux des candidats, tous plus décevants les uns que les autres), je suis arrivée à recueillir l’essentiel. Je m’étais fixée trois thématiques, aux bons accents pétainistes, histoire de ne pas trop me disperser dans mes analyses :

:: travail (politique économique, en faveur de l’emploi / des entreprises / de la lutte contre le chômage)

:: famille (éducation, scolarité, droits des femmes, interventions sociales, lutte contre les inégalités)

:: patrie (politique européenne, de défense, sécurité intérieure, politique internationale)

Puisque finalement je n’irais pas au bout de l’exercice, je vous les recommande, vous pourrez aller y faire votre marché.

:: Sitoyen

:: L’observatoire de la présidentielle

:: Débat 2007 – le WIKI

:: Votons

Trois causes de découragement pour moi :

1. Il s’est avéré que le travail était assez fastidieux, et surtout, sur bien des aspects (diagnostic de la situation actuelle, justification de la stratégie proposée en particulier), CREUX. Voire très creux. Ce qui m’a laissé songeuse sur la qualité de nos principaux partis politiques. Si les 3 plus grands partis se contentent de banalités / généralités, peu ou pas étayées, qu’en est-il du reste des représentants politiques ? Oh, je ne doute pas qu’il doit exister des think tanks, de vraies têtes pensantes derrière, qui ont élaboré ces programmes généralistes, attrape tout, en connaissance de cause, en s’appuyant sur une véritable réflexion de fond (inchallah’ comme dirait ma mère). Mais alors, où sont ces contributions ? Alors que le ouèbe permettrait une diffusion ouverte de ces éléments, sur la toile, c’est le néant, le vide intersidéral. Bien sûr, certaines analyses sont disponibles, dans des revues de sciences politiques (type Politis), mais rarement mis en ligne ou à la disposition du pékin moyen. Alors on doit se contenter de ces inventaires à la Prévert, déclarations d’intentions verbieuses.

2. Au quotidien, dans la campagne, tout nous tire vers le bas. En permanence. Petites phrases (même Simone, bordel, même Simone). Dénonciations sur la vie personnelle (NS et ses 5 enfants et leurs scooters, SR et FH séparés, FB et son tracteur). Débats stériles. Suputations sondagières (et alors si FB il est au 2d tour, keski se passe). Oui je sais, il existe des façons de faire une autre campagne, mais c’est tellement confidentiel, par rapport à ce qu’est la marée de fond (le marécage devrais je dire) de la campagne.

3. Last but not least, je n’y crois plus (mais y ais-je vraiment cru à un moment ?). On y arrivera pas, à battre la droite. Pas avec Elle, pas face à Lui. Elle s’est ameliorée, ça va mieux, on progresse, elle dépasse l’effet marketing et nouveauté de la « première femme en position d’accéder à la présidence ». Je suis le blog d’Hugues, en essayant de m’en convaincre. Mais Lui, il est meilleur. Pas meilleur sur les idées, les valeurs, le programme, car mes convictions restent ancrées à gauche, et que je n’adhére pas à son projet de société, loin s’en faut. Mais meilleur dans une élection où l’on élit avant tout un personnage, une représentation d’une fonction (le grand homme gaulliste a la peau dure), un imaginaire collectif. Et là, Elle, elle ne tient pas la barre.

Bien sûr, c’est la Vème République dévoyée depuis 1962 (élection au suffrage universel direct du Président) qui veut ce système. On est dans un régime présidentiel (ou semi-présidentiel comme dirait Duverger) et non parlementaire, comme cela aurait du être. De ce fait, on continue à élire un monarque à la tête de l’Etat. Pourquoi partout ailleurs en Europe le parlementarisme fonctionne (GB, Norvège, Danemark, Pays-Bas, Belgique, Suède, Espagne, Allemagne, Italie, Portugal, Grèce) ? Et nous, nous continuons à déifier le statut, à privéligier la stature / l’aura, le charisme, à la capacité de gestion et de gouvernement d’une équipe, avec un leader certes, mais qui n’a pas besoin d’être le papa de chacun et chacune.

En conclusion, et pour mettre un terme à la question ici, je voterais PS au 1er tour, au 2ème aussi si l’occasion m’en est donnée, et basta. Je m’en retourne à mes futilités, conversations au-dessous de la ceinture, et bavage intensif devant éphèbes. Merci de votre compréhension.

PS 1 : ce qui répond à ta question via mail Nuts ? Vi, ça me déprime !

PS 2 : et quand je vois ce type de choses, émanant du PS, dans la campagne, ça ne fait que me renforcer dans ma conviction. Campagne de merde !!

5 réponses sur “Aveu d’impuissance, mon évaluation des programmes présidentiels, suite et fin …”

  1. j’ai pas les mots pour te faire changer d’avis … merci pour l’Autre campagne .. et pour l’ananlyse de la Vème … un président-monarque, sans contre pouvoir, sans responsabilité, intouchable .. et vu les porpositions de sarko sur les institions (attention à ne pas vous étouffer en lisant les prochains mots "la république irréprochable") … analyse de cette mauvaise farce sur le blog de la C6R Paris … c6r-paris.blog.lemonde.fr…

    entre bayrou le juda et sarko le pilate .. mieux vaut marie-ségo la madeleine

  2. Mais justement : si tu veux remettre ce modèle du monarque républicains en question, vote PS sans arrière-pensée particulière sur la capacité de Ségolène à répondre à un qcm sur le nombre de nos sous-marins. Car en fait, quel est l’intérêt de construire une "stratégie électorale" en tant qu’individu, sur la base du marketing des uns et des autres, quand tu peux tout simplement exprimer ton point de vue et choisir le candidat qui porte les idées les plus proches des tiennes.

    Ségolène n’a pas besoin d’être la huitième merveille du monde ou la première de la classe. Il lui suffit de s’entourer des premiers de la classe dont le PS regorge et d’être la dynamique d’une gauche modernisée, débarrassée de son tropisme gauchiste. La campagne n’est finalement pas plus merdique que les précédentes : c’est juste une campagne avec ses hauts et ses bas. La BD chez ton copain, c’est du militantisme bébête, pas une technique de propagande digne des nazis. Mais, encore une fois, mon avis sur les hommes providentiels recoupe parfaitement le tien : hugues.blogs.com/commvat/… . Et je n’ai pourtant pas de problème avec mon choix.

  3. Denis,
    Voici un argument raisonnable, fondé, élaboré, intelligent. Bref, vraiment convainquant (et "sérieux" évidemment).

  4. Ben oui dis donc Denis c’est quoi ça ?
    C’est pas parce que le personnage SR me laisse dubitative sur certains aspects qu’elle ne représente pas pour autant de mon point de vue les valeurs dont je me sens le plus proche.
    Effectivement, je voterai SR, PS, dans l’objectif qu’un parti de gauche modérée revienne au pouvoir.
    Des alternatives, dans ma famille de pensée politique, il n’y en a pas.

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