Je boufferais bien du scout

J’ai appris ce matin que c’était le centenaire du mouvement scout. Comme dirait l’autre, ça pourrait m’en toucher une sans bouger l’autre (c’est élégant, non ?). Mais c’est plus fort que moi, je HAIS les scouts, c’est viscéral. L’enrôlement semi militaire, la marche au pas des enfants, le port de l’uniforme pour conformer la pensée, ark. C’est odieux. Et je passe sur le côté catho bien pensant de 50% du mouvement (Scouts de France et d’Europe versus Eclaireurs, qui sont laïcs). A Noël, je prends un plaisir non dissimulé à refuser qu’il fasse mes paquets cadeaux ou à acheter leur calendrier (manquerait plus que je leur lâche de la thune tiens). Non parce qu’en plus vous avez vu à quoi ça ressemble un scout ?

A ça : un jeune couillon avec un yorkshire. Farpaitement. Trouvé sur Wikipédia. Et que ces messieurs ne viennent pas me parler du charme de la Jeannette en goguette (sac au dos, poils sous les aiselles, bermuda au dessus du genou et virginité en bandoulière), je trouve que c’est une prise sexuelle fort peu attractive.

Au-delà des préjugés hâtifs (comme si c’était dans mes habitudes de juger hâtivement des choses ….) et de l’imagerie d’Epinal du scout de base (mais qui a tout de même la vie dure, suffit de les voir dans leur milieu naturel), je fonde mon aversion sur deux évènement bien concrets.

D’une part, j’ai eu à fréquenter « professionnellement » des scouts, du temps de ma vie d’animatrice en colonies de vacances. Alors que nous passions tous sous les fourches caudines du BAFA, il était assez effarant de constater le peu de sens pratique et des réalités de la vie de la part de nos amis animateurs issus du mouvement scout. Parce que pour chanter « Nagaaaawika » au coin du feu et à la gratte, là y’avait du monde, pas de problème. Par contre, quand il fallait gérer des ados à problèmes, issus de familles défavorisées, désocialisés et violents, ben là ça devenait sensiblement plus difficile. Parce que dans ces cas de figure, l’esprit du scoutisme, tu peux te le carrer quelque part, et bien profond encore (« v’t’faire encuuuuler sale mono » aurait plus simplement dit une de ces adorables têtes blondes, en t’exhibant avec assez peu de pudeur ses organes génitaux hors de son jean baggy).

Je me rappelle en particulier d’un scout devenu animateur, pour qui l’immersion hors de son milieu habituel avait été assez traumatisante. Il croyait, pour l’avoir pratiqué au sein des Scouts d’Europe, que tous les enfants en vacances aimaient à marcher au pas en rang par deux, en chantant de jolies ritournelles de notre douce France ; qu’ils se couchaient sans difficulté à heures fixes (et avant 22 heures) après avoir récité deux pater et trois ave (ou le contraire) ; et que plier leurs vêtements, se laver tous les jours et faire leur lit (au carré) relevait d’une seconde nature. Le pauvre …. A la fin de la colo, il était complètement azimuté, tellement que lors de la dernière soirée entre monos, on l’a retrouvé dans la piscine, fin cuité, tout nu, se collant à toutes les animatrices qui pouvaient passer dans son champ de vision. Il est parti courir dans les champs (sans doute pour s’éclaircir les idées), on l’a perdu de vue, pour le retrouver au petit matin, ronflant sous un arbre du sommeil du juste. Toujours nu comme au premier jour où le seigneur nous a donné la vie. Amen.

D’autre part, j’ai gardé un souvenir particulièrement choqué de ce fait divers, datant de 1998, lorsque quatre scouts (membres de l’Association Française de Scouts et Guides Catholiques, non reconnue par la Fédération du Scoutisme Français, ni agréée du ministère de la Jeunesse et des sports) qui voguaient au large des Côtes-d’Armor, ainsi qu’un plaisancier qui tentait de leur porter secours, ont péri noyés, victimes de l’inconscience de l’abbé Cottard. En gros, ils étaient partis en mer sans respecter aucune des conditions élémentaires de sécurité ….

A l’époque j’étais encore moi-même animatrice et responsable d’enfants (et malgré les quotas de perte admis, comme dans l’armée, aucun n’est mort par ma faute hein !), et je m’étais mise à la place de cet abbé. J’étais entrée dans une rage folle quand nous avions appris que les familles, cathos intégristes jusqu’à la moëlle, avaient refusé de porter plainte contre l’abbé, invoquant la fatalité comme cause de la perte de leurs enfants. Heureusement, d’un strict point de vue légal, la mère du plaisancier qui était mort en essayant de sauver les enfants, avait permis que l’abbé soit poursuivi en justice, et condamné. Mais pour moi, c’était vraiment symptomatique d’une partie de ce mouvement (mais sans doute pas représentatif de l’ensemble, j’ose l’espérer), et de ses dérives sectaires et extrémistes.

Tout ça pour dire que je leur déconseille de croiser ma route aux scouts en ballade pour leur centenaire. Finalement, le seul qui me fait rire, c’est Hamster Jovial, de Gotlib …. A relire ça, tiens !

Publié par

SABRINA

Lecteur égaré (ou pas), je te souhaite la bienvenue chez Sabrina, blogueuse lyonnaise assidue depuis 10 mars 2005 (oui, tout ça). Ici point d'ambition éditoriale majeure (comment ça, on s'en était rendu compte ?), pas de recherche de monétisation de mes modestes et insignifiants écrits, ou de gloire wharolienne ... Juste un modeste journal de bord, tenue par une honorable mère de famille (oui, parfaitement, honorable), qui apprécie (dans le désordre) les jolis garçons (surtout s'ils pratiquent le rugby), l'auto-dérision, l'Epoux et ses taz, la mauvaise foi féminine (qu'elle pratique assidûment), la télé réalité, et la légèreté en toute chose, autant que faire se peut. Bonne lecture.

54 réflexions au sujet de « Je boufferais bien du scout »

  1. @LLCFRL: mince j’ai perdu le fil… On parlait de quoi déjà?

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