La grande tétée – dans le cadre de la semaine mondiale de l’allaitement

Aujourd’hui démarre la Semaine mondiale de l’allaitement, du 15 au 19 octobre. J’adore les journées et les semaines mondiales. Ces espèces de happening géants, histoire de se rappeler au bon souvenir de telle ou telle grande cause. Une journée pour la Fâaamme, c’était un peu court. Du coup, hop, une autre pour les femmes battues, et tiens, en voilà une autre pour les mères allaitantes. Nan, on se sent pas du tout instrumentalisées, réduites à nos fonctions primaires (se faire battre et élever ses enfants). M’en fous, moi, c’est happening allaitant tous les jours dans mon salon, avec mon Blond Ambition Tour. J’ai tout de même réussi à choper la crève à domicile, à force de me trimballer les tétons à l’air, c’est dire si je sacrifie beaucoup à la grande cause de l’allaitement …

Sans compter que c’est pas pour me vanter, mais je suis déjà Ministre de la Santé, des Solidarités et des Nichons (si si si, rappelez vous). Et j’avais déjà déclaré l’allaitement Grande Cause Nationale 2007.

Alors autant vous dire que je n’étais pas ce midi sur la Pelouse des ébats (la bien nommée), au Parc de la Tête d’Or, pour la Grand Tétée lyonnaise. Mais si certaines d’entre vous y étaient (à Lyon ou ailleurs), n’hésitez pas à raconter aux copines. Même si connaissant les lyonnais(es), je doute qu’il y ai beaucoup de volontaires pour exhiber ses attributs mammaires en plein 6ème arrondissement. Même s’il fait un soleil magnifique en ce dimanche.

Blague à part, c’est assez incroyable le battage qu’on peut vous faire autour de l’allaitement quand vous êtes enceinte. L’opprobe s’abat sur vous si jamais vous osez dire que ça vous botte pas des masses, de devenir l’esclave mammaire de votre chiard, au serin culpabilisateur de « mais enfin, c’est tellement meilleur pour la santé / la croissance / l’épanouissement de votre enfant« . Et une surveillance inquisitoire (oui, c’est un peu redondant) s’installe dans le cas où vous vous êtes bien engagée dans le droit chemin : « Et vous le laissez prendre combien de temps ? Vous lui proposez bien les deux seins ? Et vous alternez les positions (la madone, le ballon de rugby, …) ? Et vous soignez bien vos crevasses ? parce que sinon fini hein, vous pourrez plus l’allaitez ! Oui six mois c’est l’idéal. La reprise du travail ? Ben vous tirez votre lait (et comment qu’on fait quand on bosse dans des bureaux vitrés ? on crée une émeute tous les midis ? on s’enferme dans les toilettes pendant 40 minutes ?) » Ad nauseam ….

Je ne dispose pas d’un grand recul pour en parler (15 jours ce soir que Gaspard est né !), mais l’allaitement, ce n’est (pour moi) ni un chemin de croix arrasant, ni un enchantement total. C’est très mobilisateur, en temps (j’ai calculé, j’y passe en moyenne 7 heures par 24 heures), en énergie (combien de fois je dodeline de la tête avec lui accroché au sein, surtout entre 3 et 4 heures du matin …), et ça peut faire assez mal (sa mère les crevasses !). C’est assez réconfortant et plaisant de créer un lien privilégié avec son enfant, mais ça crée une dépendance et une exclusivité qu’il faut savoir compenser (notamment pour réintégrer le papa dans l’affaire). Bref, comme disait France Gall, c’est une question d’équilibre.

Mais j’ai du mal à comprendre les procès en culpabilisation qu’on fait aux mères qui font le choix de ne pas allaiter. Le jour où ça devient pénible, compliqué, pour moi ou / et pour lui, que ça comporte plus d’avantages que d’inconvénients, je n’aurais aucun scrupule à passer au lait « artificiel ». Mon seul vrai problème avec l’allaitement, c’est l’habillement. Impossible de mettre des robes, des tuniques, forcément. Et j’aime pas soulever le tee-shirt sur le sein en découvrant mon ventre, je préfère découvrir le sein. Du coup je ne peux porter que des chemises ou des hauts cache-coeur / ouverts. Un vrai problème je disais 😀

5 réponses sur “La grande tétée – dans le cadre de la semaine mondiale de l’allaitement”

  1. Bah voilà je poste pour dire que je n’ai pas allaiter et c’est un choix du je ne voulais pas …
    je n’ai pas culpabiliser, et je ne me cache pas derrière des phrases du style je ne peux pas ou ça fait mal …
    j’ai décidé de ne pas donner le seins et c’est comme ça, et donc je te remercie pour ton ptit mot chaleureux pour les non allaitantes, ça fait plaisir un peu de sympathie à l’heure des faut sortir les nichons

    Bonne bouffe au fillou
    kiss

  2. et moi je poste pour dire que j’allaite ma fille de 2 mois 1/2, avec le plus grand bonheur. Elle et moi n’avons pas du tout envie que ça s’arrête et pourtant comme tu dis , tirer le lait sur le lieu de travail non merci!
    Ce qui semble évident c’est que c’est une question d’envie et qu’il ne faut pas céder à la pression extérieure ni dans un sens( " allaite c’est ce qu’il faut faire") ou dans l’autre ( "t’es sûre que ton lait est assez nourrisant") pfff
    C’est tellement personnel que personne n’a le droit de juger le choix de la mère
    *En tout cas bon courage pour la suite, plus l’intimité s’installe et plus les tétées sont agréables( et espacées!).. Pour les nocturnes pourquoi tu ne mets pas ton ptit Gaspard dans votre lit et comme ça tu te rendors tranquillement?

  3. J’ai tenu un mois et demi 🙂
    J’avais voulu allaiter ma puce, elle prenait mal le sein. Du coup je passais mon temps à donner le sein ou à tirer mon lait puis à donner le lait au doit ou au biberon. J’ai craqué au bout d’un mois et demi, crevée, culpabilisant de ne pas y arriver, aucun soutien de la PMI.

    Si il y a un jour bb2 je recommencerai mais je ne m’acharnerai pas comme je l’ai fait pour la puce 😉

    Tant que ça reste un plaisir il faut le faire et je t’en souhaite tout plein.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.