Interview de moi-même dans "Interdit aux hommes"

J’ai répondu aux questions posées par Emmanuelle Gagliardi du site « Interdit aux hommes« , le « cercle des femmes qui en ont » (c’est bon comme sous-titre je trouve). Vous y trouverez tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la création du blog de La Loute, mon avis sur les réseaux féminins, tout ça quoi …

PS : je m’excuse pour le « linkage » des blogs que j’ai cité, ce n’est pas moi qui l’ai fait, ou en l’occurrence pas fait systématiquement.

La nounou

J’ai rendez-vous avec elle à 14 h 30. Elle habite juste en face de chez nous, sur la place. Paraît-il que c’est une aubaine, une telle proximité pour laisser son enfant chez une assistante maternelle, vazy fonce m’a dit le coeur des parents expérimentés. J’y vais, même si je me suis faite à l’idée de la garde à domicile, partagée avec une autre famille.

Quand la porte s’ouvre, c’est une petite femme menue, blonde et pâle qui m’ouvre, s’efface devant moi et mon encombrant chargement (l’Héritier ronflant dans sa nacelle). L’appartement est surchauffé, il y fait presque moite. Ce qui convient tout à fait à l’énorme tortue de Floride, qui flotte tristement dans son aquarium, au milieu du salon. Il flotte encore l’odeur du repas de midi, indéfinissable. Ca me saute tout de suite aux yeux, ça imprègne les murs, ça se sent. Pas la misère, pas le dénuement complet, mais une certaine modestie, une petitesse qui essaie de se cacher, de donner le change au visiteur. Pourtant je ne vois que ça. Les meubles, épars et rares, faits de bric et de broc, qui ont l’air de vouloir prendre la tangente. La toile cirée appliquée sur la table, mille et une fois scotchée. Une télé, antédéluvienne, posée dans un coin. Le papier peint, déchiré ça et là. Un des petits qu’elle gardait, qu’elle m’explique. Dans le salon, un parc pour enfants, remplis de jouets un peu défraîchis. Elle me montre sa chambre, où dorment les enfants. L’air y est plus respirable, elle maintient la température à 18° pour les enfants, m’explique-t-elle. Les petits lits rangés contre les murs. Avec une turbulette toute élimée, mais propre et bien pliée au fond. Je supporte mal ce voyeurisme forcé, forcée que je suis de jauger non seulement de sa capacité à s’occuper d’un nourrisson (et pour cela, je suis encore moi-même novice), mais aussi les moyens matériels qu’elle met à disposition pour l’accueillir, la prunelle de mes yeux. Et je le vois bien, ils sont modestes ces moyens, soignés mais étriqués.

Je fournis tout le matériel me dit-elle. Sauf les couches et le lait. Ca coûte tellement cher le lait. Je hoche la tête, en signe d’assentiment (en fait je l’ignore, j’en ai jamais acheté). Et je fais les repas moi-même, avec des produits frais du marché. 3 euros le repas (1,5 euros quand l’enfant à moins d’un an), 1 euro le goûter (50 centimes avant un an). Elle continue sa litanie des tarifs, l’air contrit. Le taux horaire (2 euros 90). Je prends pas d’heures supplémentaires, je suis souple garantit-elle. Le forfait d’entretien (2 euros 50 par jour). Elle m’explique, me justifie toute dépense, dans les moindres détails, en se tordant nerveusement les mains. Elle ne veut pas laisser croire qu’elle abuse. Parce qu’elle sait que les nounous abusent, me dit-elle, mais qu’elle sait combien ce qui est important, c’est de bien prendre soin des enfants des autres. Oui, vous avez raison. Mille fois raison.

Je lui demande pourquoi elle n’avait plus d’enfants ces derniers mois. C’est alors qu’elle ouvre les vannes, me raconte tout. Les petits qu’elle gardait, qui ont grandi, qui sont partis à l’école, c’est normal mais ça fait de la peine. Les derniers mois difficiles, sans travail en attendant de retrouver des enfants. Et y’a eu le divorce, prononcé en mars 2007 précise-t-elle. Son fils, qui a 7 ans, et qui va à l’école, juste derrière chez nous. C’est elle qui a la garde, lui ne peut pas, il fait les trois huit l’excuse-t-elle. D’ailleurs, si ça me dérange pas, elle voudrait que la garde du petit se finisse plus tôt le vendredi, parce que le vendredi, elle aide au foyer des sans-abris. Je la vois faire défiler sa vie sous mes yeux. Elle ne se plaint pas, elle ne larmoie pas, elle expose juste comme ça, ce qui constitue son lot quotidien, cet ensemble de contraintes, de petits malheurs et de grandes difficultés qui font qu’au final, pour elle, la vie, ce n’est pas une partie de plaisir tous les jours. Pas souvent d’ailleurs. Et pourtant elle consacre de son temps à encore plus nécessiteux. Quand elle prend Gaspard dans ses bras, elle respire la douceur et la gentillesse. Mais ses yeux restent tristes, ailleurs.

Un mélange de honte et de soulagement s’empare de moi quand je quitte finalement le petit appartement. Honte de la pitié que m’inspire cette dame, courageuse, travailleuse mais tellement triste et résignée. Honte de vouloir viscéralement éviter à mon enfant cet environnement, lui qui est né sous une meilleure étoile, ou du moins dans un foyer plus cosu. Soulagée de l’alternative qu’elle m’a laissée, en me disant que si je ne voulais pas de la place pour mon petit, deux autres familles étaient en attente.

Chienne de vie …

"Tout n’est pas rose" au Boui-Boui

Le Boui-Boui, les lyonnais connaissent, c’est un des rares endroits de cette ville où peuvent se produire des artistes comiques sur une scène à taille humaine (tellement humaine que tu peux compter les points noirs des gars sur scène sans souci). Il y a quelques temps, grâce à Stéphanie, j’avais découvert trois garçons dans le vent, dans « Des soucis et des hommes« . Leur succès lyonnais leur avait permis d’aller ensuite jouer et faire vivre leur pièce à la capitale.

Là, je vais faire du copinage, bicoz je n’ai pas eu l’occasion de le voir (rapport à la bête que je nourris toutes les trois heures). Mais comme ça m’est chaudement recommandé, foncez voir cette jolie nénétte, Charlotte des Georges, qui nous parle des filles d’aujourd’hui. Ca commence ce soir !

Le pitche comme ils disent : Une galerie de personnages contemporains vue par le prisme d’un seul : Angéla. Le jour de son anniversaire, elle tente de s’affranchir de son éducation, de sa famille, de ses complexes et de ses idées reçues. Ce jour là, les rencontres s’enchaînent dans un tourbillon incontrôlable. D’une grand-mère folle de chasse à courre à Chris, rencontre dommageable issue d’un speed-dating, en passant par la directrice d’un centre de remise en forme. Sans oublier une fonctionnaire de la fourrière tatillonne et une démonstratrice de « sex toys » qui la met face à ses blocages …

« Tout n’est pas rose » dresse avec humour et efficacité un portrait acide et pertinent de la vie d’une jeune femme d’aujourd’hui. Dans une mise en scène rythmée où chaque personnage paraît plus vrai que nature, Charlotte des Georges vous surprendra par la singularité de ses textes et l’originalité de ses personnages.

La vie est (parfois) mal faite … le retour

Non, point d’aventures nichonesques cette fois, ne vous agitez pas derrière votre siège messieurs. Juste un simple constat un peu chagrin.

Pourquoi, mais alors vraiment, qu’on m’explique pourquoi, le jour (ou plutôt la nuit) où l’Héritier ronque du sommeil du juste de 21 heures à 6 heures du matin, puis de 6 h 30 à 10 h 50, soit des plages de sommeil d’une longueur jusque là inégalée, pourquoi c’est ce jour là que ma Tata bien aimée m’appelle, sur la ligne fixe, à 8 h 30, pour me demander ce que je veux pour la Noyelle ?

Hein pourquoi ?

Comment Nico Demorand a perdu 10 points

Comme le signalait Isidora en commentaire, le beau gros Nico a refait une apparition dans le ELLE de cette semaine, dans le cadre d’un article sur les pères, « Les nouveaux codes de la paternité / Les pères, ces héros« . En l’occurrence, pour Nico, c’est plutôt zéro. Soit dit en passant, ça commence un peu à bien faire, la sérénade sur les nouveaux papas, qui sont trop forts, impliqués et compétents dans leurs tâches de père, et en même temps tellement plus détendus et zens que les mères, ces hystériques qui n’arrivent pas à couper le cordon. Comment souvent dans ELLE, à vouloir se situer à rebrousse-poil des clichés, les journalistes en construisent d’autres.

Donc, dans un encadré, on a le droit au témoignage « tout en pudeur » (vous allez comprendre les guillemets) de notre Nico national, papa tout neuf, comme nous l’avons appris récemment. Il se plaint de la « publicité » trop grande de la grossesse, du corps de la femme, qui en gros (si je puis dire), le prive de son intimité, le gène dans sa pudeur naturelle. Mmmm, d’accord. Il précise encore que les modes qui se transforment en obligations genre l’haptonomie, assister à l’accouchement, très peu pour lui, il préfère faire selon son instinct. Là encore, pourquoi pas. Il a l’honnêteté de dire que certains rites de passage ne l’intéressent pas, et on est bien d’accord, forcer son mec à l’haptonomie est par essence une bourde, et pis encore lui imposer d’être présent lors de son accouchement une erreur majeure pour la suite de la vie de couple. Mais alors la dernière phrase de son témoignage m’a fait grimper au plafond. Je vous la cite.

« (…) pour l’accouchement, intuitivement et de façon presque animale, je ne voulais pas y assister (ce que, encore une fois, je comprends). Et puis on s’est retrouvé en salle d’accouchement avec ma femme (tiens tiens, c’est sa femme, il serait donc marié ? ou alors il est comme tous ces mecs qui une fois qu’ils ont eu un enfant avec leur conjointe l’appellent « ma femme », comme s’il était honteux d’avoir un enfant sans être mariés), à discuter, à vanner, et je ne suis pas sorti de la pièce. »

AAAAARGH !!! Ce qui veut donc dire, par extrapolation, que si « Mme » Demorand, comme 90% d’entre nous, femelles primipares (oui c’est joli non ? c’est comme ça qu’on dit quand on accouche d’un premier enfant) s’était mis à beaucoup souffrir, et / ou à gueuler comme un putois (non, pas du tout, je ne prends pas mon cas pour une généralité …), ben là il serait sorti ? Pour la laisser brailler tout son saoul, seule ?

Carton rouge Nico, carton rouge.

Par contre, sur la même page, vous trouverez le témoignage de Jul, jeune papa également et dessinateur, dont on m’a offert « Le guide du moutard », journal de bord de la grossesse de sa femme. Je vous le recommande, c’est tout juste sorti, et c’est vraiment très bien vu, fait avec beaucoup d’humour. Je suis certaine que Jul il a gentillement soutenu sa femme, même si pendant les contractions, elle était incapable de commenter l’actualité géopolitique avec lui tel un Bernard Guetta avec étriers (voir d’ailleurs la théorie de Jul sur l’éclosion massive de « Bernard » qui ont aujourd’hui entre 40 et 50 ans, c’est édifiant) …

Les bonnes idées de cadeaux de Noel de Tata Sasa (1) – Le Border Bed

Vu que j’ai plein de temps libre en ce moment* que j’aime rendre service, je vous ai dégotté quelques idées cadeaux sympathiques. Par là j’entends que je serais capable de les offrir (enfin, pour certains, je me demande bien à qui), ou que j’apprécierai qu’on me les offre. Pour ces derniers, j’appliquerai un petit panneau spécial pour l’Epoux, rapport que mon dernier message subliminal est complètement passé à l’as (séance de rattrapage par ici).

Je précise pour les âmes chagrines qu’en ce qui me concerne, je ne fais pas de publi-reportage pour des agences de buzz (d’ailleurs, quand vous allez voir mes idées cadeaux, z’allez comprendre). Donc je ne suis pas payée, ni en nature, ni en numéraire, pour causer de quoi que ce soit. Par contre, je suis bien évidemment facilement soudoyable. Surtout si ça concerne le zizi sexuel. Ou de gros caillous qui brillent bbien sûr.

Idée 1. Le jeu Border Bed. Très bon, très drôle, bon produit, toi acheter (prendre ici la voix de votre traiteur vietnamien, sinon ça tombe à plat). A offrir à son conjoint. Ou à un couple d’amis, à ses propres parents si on est un peu retors, pour mettre de l’ambiance (« ouiiii, maman m’a toujours dit que tu prenais toute la place dans le lit »). En plus ça fait un cadeau pour deux, hop économie de temps et d’argent.

Le principe : un jeu de société pour deux (petite société). Le but : se battre pour conquérir sa place dans le lit conjugal (le centimètre est fourni), en répondant à des questions (qu’est ce que le petting ? qui chante « I love America »), ou en réalisant des actions (un massage des pieds de 3 minutes, avouer son fantasme sexuel avec accessoire). Tout cela étant bien entendu porté sur la chose.

J’ai beaucoup aimé l’accroche « Marre de dormir en équilibre sur la tranche du lit …  » Ca sent le vécu.

Ca vaut 40 euros et ça s’achète en ligne là. Hop.

* (Pour l’anecdote, j’ai cru l’autre jour que j’allais étrangler la bonne âme, et néanmoins amie, qui m’a dit « Oh la la moi aussi j’aimerais avoir du temps comme toi, pour lire …. » Sans déc’, c’est quoi ce mythe de la jeune maman vacancière ? Dans congé maternité, y’a maternité. Et on aurait tort de croire que les blobs de moins de 60 cm de haut sont auto-nettoyants, se nourrissent seuls, et aiment à rester seuls les yeux grands ouverts ET silencieux pendant des heures dans leur lit. Bon j’avoue, le mien, je lui mets un p’tit coup de mobile, et j’ai la paix pendant 10 minutes. Et 4 fois sur 5, à force de fixer les vaches jaunes, roses et turquoises qui s’agittent au-dessus de sa tête, il s’endort comme une masse. Cet enfant est formidable. Mais je m’égare).

De la revendication et de la grève au pays des bisounours

C’est comme ça que l’Epoux appelle le foyer conjugal depuis quelques semaines. Le pays des bisounours. C’est vrai que ça y ressemble … Ambiance cocoon. La musique y est douce, une odeur de lait hydratant pour nourisson flotte un dans l’air. Ca gazouille dans le berceau et autour. A cet âge là, même les cris paraissent ouatés (bon, là, j’embellis un peu le tableau, parce que si je laisse vraiment mariner un peu l’Héritier quand il a la dalle, y’a tout de même moyen de bien s’exploser les tympans).

Le bruit du monde m’arrive bien pour autant. Je lis la presse, les blogs, j’écoute les infos. J’entends la colère, les incompréhensions, les énervements et les exaspérations. Mais tout ça en sourdine, en mode étouffé. Comme ce matin, où de ma fenêtre je voyais le cortège des fonctionnaires se former pour la manifestation (avec des délégations de lycées, dont on se demande bien ce qu’ils venaient foutre là. A part sécher les cours s’entend). La principale gène occasionnée par ces grèves en ce qui me concerne, c’était qu’il n’y avait pas d’infos ce matin sur France Inter après 9 heures … D’un autre côté, quand j’apprends incidemment que celui qui était notre maître à penser au moment des mouvements de 1995 s’achète de l’ananas mange-graisses en pharmacie, ça bouleverse un peu mes croyances les mieux ancrées ….

Enfin, moi aussi j’assume des mouvements revendicatifs …. Si si si.