Dans la peau d’une vieille peau

Y’a des jours comme ça où tu te prends des méchants coups de vieux. Entre les 30 ans qui se profilent dans moins de deux mois, et le fait d’être passé du statut glam’ de « executive woman dans la fleur de sa jeunesse » à celui beaucoup moins glam’ de « femme active avec enfant en bas âge qui court de 6 h à 22 h pour essayer de tout assumer », je sens que je vais de plus en plus souvent vivre cette douloureuse expérience.

Là j’étais entre midi et deux aux Galeries Lafayette pour renouveller ma trousse à maquillage. Parce que paraît-il que les produits de maquillage, ça se garde maxi un an. Roooh, vous m’en direz tant. Sachant que je mettais encore il y a peu du gloss que je m’étais acheté lors d’un voyage au Québec … en 2005 … (oué, je devrais lire plus de blogs de fille finalement). J’avais donc décidé de faire un tir groupé chez MAC, dont le stand m’avait l’air fort avenant, histoire d’avoir du bon matos pour le ravalement de facade quotidien. Pauvre de moi.

Déjà, la vendeuse-maquilleuse (elle-même très maquillée) s’est fait fort de me faire une petite démonstration de la qualité de ses produits, sur moi. Elle m’a bien humiliée la garce. Parce que quand je suis rentrée au bureau, plusieurs personnes m’ont fait remarqué que j’avais un beau teint. Forcément. Ca lui pris presque 1/4 d’heure. La base fixante (parce que peeeersonne ne met du fond de teint directement sur sa crème de jour, c’est connu). Le fond de teint, appliqué au pinceau (c’est mieux que les doigts pour l’homogenéité, et plus hygiènique). L’anti cernes, en stick (parce que tout de même, j’ai des cernes, qu’elle me dit, sans blague). Le blush, enfin. « Ah oui ça prend un peu plus de temps le matin, mais le résultat n’a rien à voir ». Ben oui ma grande, je veux bien te croire, mais moi le matin je dois déjà gérer l’Héritier, lui donner le sein, le laver, l’habiller, puis me laver, m’habiller, essayer de déjeuner aussi. Donc passer 20 minutes à me tartiner la face, c’est exclu.

Mais je ne voulais pas perdre la face justement. Surtout qu’ont débarqué sur le stand deux minettes (14 ans maxi), qui me regardaient d’un air mi dédaigneux (qu’est ce qu’elle fout là la vioque) mi envieux (t’ain, elle doit avoir la thune, elle, pour se payer tous ces eye-liners à 22 euros pièce). Ce qu’elles ignoraient, les pintades, c’est que j’étais là pour dépenser un chèque cadeau qu’on m’avait offert pour l’Héritier. Je sais c’est mal. Mais c’est aussi important que mon fils trouve sa maman belle nan ? Toutes les deux portaient des tenues de tecktonikeuses (jean slim, veste à capuche, baskets de toutes les couleurs), et de vilaines bagues en métal sur leurs dents (bien fait tiens). L’une d’elles avait un tic étrange, dès qu’elle croisait son reflet dans un miroir, elle exécutait de manière saccadée des mouvements de danse, au dessus de sa tête. Je vous jure, on aurait cru qu’elle était atteinte du syndrome de Gilles de la Tourette. La jeunesse de ce pays est malade !

Conclusion : je suis repartie avec ma cargaison de fond de teint, eye liner, gloss et crayons, persuadée de n’être plus qu’une vieille peau, prêtre à passer les castings pour la campagne de MAC ci-dessous illustrée …. Histoire de narguer les teckno-pouffes avec mon pouvoir d’achat de cadre sup’ arrogante. J’ai juste résisté à l’acquisition d’une crème base pour mettre sous le fard à paupière. Faut pas déconner, ça prend déjà trois plombes de se maquiller les yeux, si en plus faut mettre une crème DIFFERENTE sous le fard, on s’en sort plus là mes chéries.

Lundi, nous ferons un bilan de mon état de déliquescence en matière d’activités noctures, rapport au fait que j’ai ce soir une soirée de fiiiiilles, l’Héritier est entre les mains de l’Epoux, la nuit est à moi, on va voir ce que j’arrive à en faire. Déjà, je compte assez peu sur mes capacités ondulatoires, rapport au fait que je me suis gamellée hier soir dans les escaliers menant au métro (un grand moment de solitude), je suis pleine d’echymoses, et fourbue comme si j’avais couru un marathon. Quand je vous dis que je vieillis …

7 réponses sur “Dans la peau d’une vieille peau”

  1. ah mais pour onduler, j’ai la solution : tu mets tes bottes de pouffe, celles avec les talons aiguille achetées en soldes… pas de problème tu vas voir, tu vas onduler toute seule.
    (et ptêt’ même te casser la margoulette encore une fois tiens)

  2. La dernière fois que je me suis faite avoir par une nana de chez mac, j’en ai eu pour 100€ et je ne me suis servie que de la moitié des produits… parce que le pinceau c’est peut etre mieux pour étaler le fond de teint, mais les doigts, c’est plus efficace et plus rapide.
    Elles oublient souvent un truc, les nanas de chez mac : je n’ai pas 15 minutes pour me maquiller le matin, je préfère garder ces 15 minutes pour roupiller…

  3. @ Dodinette : mais tu ne crois pas si bien dire, je les ai mises mes bottes de pupute ! Tant qu’à sortir, autant faire la totale.

    @ Chondre : ça n’a rien à voir, tu es un homme. A 37 ans, tu dois avoir par comparaison le sex appeal d’une minette de 26 ans. La nature est injuste et sexiste, mais elle est en ta faveur. ALORS TU NE TE PLAINS PAS 😀

    @ Audrey : ben c’est simple. J’ai raté une marche, et me suis étalée de tout mon long, sur le côté. La classe.

    @ Marie-Net : aaah elle t’a aussi fait le coup du pinceau ? Mais moi je me suis pas fait eu, je l’ai pas acheté ! Fingers rules …

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