Mon Parrain chez les Mexicains, épisode 4

Voir les épisodes précédents (1, 2 et 3).

Hola todos !!

Quelques nouvelles après ce  long silence (note de l’Editeur : oui c’est vrai ça, on s’est inquiétés nous). Il faut dire que l’école ne m’a pas facilité la tâche. Et ouais, une fois de plus (après le pseudo succès du français au Mexique), je me suis fait rouler. Et dire que chez le coiffeur à Lyon me demandait : « Alors, tu pars en vacances…..au Mexique … Génial, combien de temps…un an ?????? »

Et oui, crédule El Padrino, je me vantais, convaincu que je n’allais vraiment pas en foutre une à Leon. Queudal, 12 heures de cours (note de l’Editeur : on suppute que c’est 12 h par semaine, mais on se demande bien dans ce cas pourquoi il trouve ça aussi énorme …), auxquels s’ajoutent deux cours en ligne (les joies du web) qui me prennent autant de temps !!!  Et  pour me faciliter la tâche, en espagnol. Bref, c’est la merde. Deux heures pour comprendre un texte de quatre pages, je retombe au CP, sans même pouvoir écrire une phrase correctement.
Heureusement, je peux compter sur Nacho (généreux et gentil comme je vous le présentais), on me traduit, m’assiste, bref, un(e) amour. Je suis aussi un peu rassuré pas les réactions de mes compatriotes,  tout le monde se plaint du rythme, on en peut plus, Mathieu et Kevin, deux jeunes gars de l’ESC XXX se lèvent chaque matin avec  l’envie de prendre leur sac y adios, vamos a la playa .
Enfin, heureusement qu’il y a les « super week end », je finis les cours jeudi à 13 heures et reprend lundi à 10 heures (note de l’Editeur : ah oué d’accord, et ça trouve le moyen de se plaindre).

J’ai entamé ma première excursion le 16 août 2008 : Guanajuato, ville état à 100km à l’est de Léon, ancienne productrice au 19ème siècle  de plus de 20% de l’or extrait sur terre, considérée par « Lonely Planet » comme une « des plus belles villes du pays ».  Construite à même  la roche, à plus de 2.100 mètres d’altitude, ses toits et  les façades des maisons  multicolores ne vous font pas regretter le bus tape cul rempli de poules et d’indiens. Enfin, une très belle ville, je vous laisse découvrir les photos ci-jointes (note de l’Editeur : y’avait point de pièces amigo !).
Ensuite, retour à Leon pour 4 jours de boulot, d’aller retour à l’immigration pour nous enregistrer et hop, re-super week end : direction cette foi-ci la côte sauvage du Michoacan.

« Michoacan m’avez vous dit ? » un chauffeur de taxi nous met en garde : c’est la saison des pluies… Ignare, j’ai mon Lonely Planet et mon Routard qui m’informent bien mieux que ce rustre, ben en août, la pluie, c’est fini. Bref, je ne l’écoute pas plus que cela.
Jeudi, après avoir copieusement fêté l’anniversaire d’une de mes colocataires, Pulchery (oui  oui, c’est son vrai prénom), on a tous pris le bus direction un petit port du Michoacan, Lazaro Caldenas (nom d’un ancien président ). Arrivée au petit matin, l’aventure commence maintenant…. Un vieux village (pourri) typique, aux couleurs (dégueulasses) surprenantes, peuplé d’habitants (pas tibulaires mais presque) très accueillant. Ouf, le prochain bus direction le paradis part dans une heure, nous prenons notre mal en patience, quelques tacos SIN chile pour moi, et petite balade dans ce bled. On décolle,  et c’est quelques minutes plus tard qu’on me réveille «  El Padrino, Le Pacifique », géant ! Le tout entouré d’une végétation tropicale, le temps est lourd et le ciel menaçant, et merde…il Pleut, oui oui, avec un grand P, cet abruti de taxi avait donc raison, nous sommes en pleine saison des pluies.  A coté de nous, toujours dans le bus qui longe cette splendide côte ouest du Pacifique (une première pour moi, c’est vraiment impressionnant), dort un jeune homme qui ne ressemble pour pas un pesos à un Nacho. Le contact se fait, ce monsieur rédige une thèse sur la littérature mexicaine à Trinity College. Il nous parle d’un endroit sur le chemin  vers Majuata, une plage peu connue, spot de surf caché où il va passer la nuit, c’est un peu le « Zipolite » d’il y a trente ans. Qu’a cela ne tienne, on le suit, vamos a Nexpa, et là, l’aventure commence vraiment.

C’est Koh Lanta. Des huttes en paille le long d’une plage avec des rouleaux énormes, pas d’électricité, la douche ? un tuyau. Forcément, je râle, putain mais où est l’hôtel, le distributeur, c’est quoi cette jungle ? (Note de l’Editeur : vous constatez donc que le gène de l’embourgeoisement est bien présent au sein de la fratrie.) C’est une blague Fiacre (oui, c’est bien le nom de  cet irlandais qui  nous a trainés au bout du monde) bref, j’attends de voir …
Deux heures après avoir évité les crocs des chiens errants du village, et les attaques répétées des coqs et poules qui zonent partout, me voilà dans un hamac que je viens d’acheter 100 pesos (t’inquiète pas la Reine Mère j’ai négocié sec, pas se la jouer avec moi nacho, j’ai fait diviser le prix par trois), une bière à la main, face au Pacifique…On se baigne, l’eau est chaude, vraiment, un bain ! Le tout sous une pluie torrentielle, un vrai remake de la pub Sprite (avec la chanson de Chico Buarque, les bombasses en moins, évidemment), quand, discrètement, un invité sort de l’eau, et se dirige vers nous, pas à pas, ou plutôt palme à palme, una tortuga de mar !! Elle vient se poser sur la plage, creuse et pond, sur nos yeux de touristes, et dire que je réclamais une chambre, un bain et un lit, me voilà, content, au bord du Pacifique !!

La nuit fut fraiche, il faut le dire, heureusement que les moustiques me chauffaient les jambes et les chiens errants me léchaient le cul. C’est au petit matin que je fus réveillé par le soleil levant (bon c’est pas vrai, ces crétins de coqs ont bien fait leur taff…avant même le lever du soleil), après avoir passé une bonne nuit (oui oui, j’ai bien dormi)  hop, on dit au revoir aux surfer californiens qui nous avaient accueillis, on s’en va attendre le bus… Hey hey , pas de bol, on a raté el ultimo bus de la journée… Et merde. Là,  me vient une idée de génie (motivés par l’envie de plus me faire attaquer par le zoo local), je dois le dire, je vais voir un Nacho local et lui demande de nous conduire a Majuata … en pick up !! A 12, quatre dedans (note de l’Editeur : je comprends donc qu’ils sont partis à douze en WE, c’est beau le sens du collectif), et les autres à l’arrière, cheveux au vent. Nacho, après quelques négo (note pour la Reine Mère, 100 pesos par pax pour  deux heures et demi de voitures, c’est bonheur). Et la, je dois avouer que j’ai rarement été aussi content, petite route le long des côtes, à l’arrière d’un Pick up, tous ensemble, contre vent, soleil et pluie, c’était géant.
A oui, j’oubliais de vous dire, j’avais rapidement prévenu Vincent et Romain, mes deux potes qui sont a Mexico DF, de venir avec nous a Maruata (sans leur préciser qu’il s’agissait d’une des plus belle baies du Mexique mais aussi de la plus sauvage), je les ai eus un peu avant notre départ pour la plage au téléphone, «  Mehdi Merde t’es ou ? C’est le trou du cul du monde ici, on est bloqués, pas de distributeur, on peut même pas prendre une bière ou seulement repartir ! ». Peu de temps après, je n’avais plus de réseau, pas moyen de les rappeler, ni de les trouver sur place,  je ne les ai toujours pas vus depuis.

Bref, on arrive après ce putain de voyage en voiture, a Maruata…c’est encore pire que Nexpa, les même poules et chiens (c’est une habitude ici) avec des indien en plus, lieu d’habitation de la tribu des nahualts, avec par contre, une plage merveilleuse,  une baie géante, entourée de montagne verte : el paraiso ! (paradis pour les boulets qui no hablan la langue de Cervantés). Le soir, on mange chez des habitants, dans leur propre hutte (papas), oui oui, à 12, crevettes, pescados, langoustes géantes, le tout pour 6 euros par personne !! Bonheur !! Puis, en guise de digestif, un pti bain de minuit, encore une première pour moi ! On retourne se coucher, toujours chez l’habitant, enfin sous espèce de toit en paille pour attacher notre hamac. Dormir devant le Pacifique, le pied !

Le lendemain, on part avec Mathieu à 9h (encore un coup des coqs) faire une petite randonnée sur le sentier côtier, on prend un peu d’altitude, la vue est merveilleuse, entre ciel, océan et sierra verde, le tout sous le soleil (une première pour nous tous depuis notre arrivée), on découvre trois autres plages après une bonne marche, le pied, encore, l’eau est chaude, je trouve un nacho chiquito à qui je gratte sa board (body board bien sur, j’allais pas faire le kéké avec une vraie planche). Mauvais idée, je m’éclate méchamment sur le sable avec une vague sympa qui s’est dérobée sous mes pieds, on appelle cela « je sais plus comment », mais en tout cas le bilan est le même. J’ai pris très cher, épaule démontée et zizi circoncis écrasé (je précise circoncis pour la fragilité de l’objet fac à la grosseur des grains de sables locaux) et surtout, rempli de sable et de cailloux … (Note de l’Editeur : je ne peux que déplorer cette contre-publicité à l’égard de la circoncision, encore un argument de plus qui va braquer l’Epoux. Surtout si l’Héritier est aussi mauvais surfeur que son géniteur, hé hé hé.)
C’est donc l’âme en peine, marchant en canard, que je me dirige vers le bus, 9 heures en tout et on rentre a casa, un peu triste, mais on reviendra !

Par ailleurs,  la maison prend forme, je suis de mieux en mieux installé, machine à laver etc.. Toujours autant entouré de femmes, ça me change pas beaucoup de la famille ! Aussi, j’ai organisé ma première boum à la casa. J’ai repris mes bonnes habitudes strasbourgeoises avec l’organisation du premier trophée de la bière : Montpellier VS Strasbourg et Strasbourg VS Leon. Tout naturellement, l’Alsace a vaincu et autre bonne habitude, les flics sont venus à 5h du matin, j’ai envoyé un Nacho discuter, pas d’amende.

La rubrique à brac :

Météo : pluie, pluie et repluie. Ce jusqu’à fin septembre
Ce qui me manque : ma famille et notamment mon neveu et fillot !! Je regarde tous les jours une jolie photo de lui et de sa maman sur les plages des Landes, sur mon fond d’écran ; Kho Lanta ; l’Ile de la tentation (note de l’Editeur : t’inquiète frérot, c’est fini, et c’était naze cette année) ; Secret story, dur de toujours devoir se tenir au courant sur you tube ( «  C’est la maison de l’amour mais c’est pas la fête à la maison »…avis aux connaisseurs) ;la Ligue 1 de foot ; (note de l’Editeur : des fois je me demande si on fait le bon choix en matière de parrain) ( et oui Sasa ! Ca me manque, tout comme une bonne lecture du Figaro !) (note de l’Editeur : en fait je crois que ce garçon ne peut pas avoir été élevé dans le même foyer que moi) ; la gastronomie ; et un transit intestinal normal (je vais pas rentrer dans les détails).
Transit intestinal (et ben si, je rentre dans les détails) (note de l’Editeur : je m’en serais doutée, cette timidité passagère sur la vie de la flore intestinale d’El Padrino me surprenait au plus au haut point) :  anticyclone violent et  grosse pression sur hémisphère sud après gros festin de coquillages et crustacés au bord du Pacifique,  tempête se calme, retour du beau temps (enfin, si on peut encore considérer cela comme du beau temps).
Les insectes : je prends du grade, je côtoie papillon, cucaracha sans même broncher, je deviens grand les sœurs, encore que, il m’est arrivé un truc de fou. Je viens pour  prendre mon linge qui séchait dans le jardin, et là PAF, le drame, une armée de papillon  s’était installée dans mes poches et t-shirt, un vrai scandale. Mais c’est pas tout, alors que le lendemain, j’ouvre mon tiroir pour sortir un caleçon, c’est le drame…un gros papillon, sûrement la reine (Note de l’Editeur : je crois qu’El Padrino confuse légèrement avec les abeilles, toussa, mais face à l’émoi de cette rencontre, c’est ma foi bien compréhensible), me saute dessus pour me blesser (Note de l’Editeur : vi, c’est vrai, on a toujours sous estimé le potentiel d’agression des papillons, c’est vraiment des enculés), je me barre en courant dégouté, j’ai en fin de compte, trois gros papillons dans ma chambre…. Pas grave, même plus peur, je les laisse tranquille et cohabite gentillement avec ces insectes poilus (Note de l’Editeur : frérot, dorénavant, tu es notre Dieu. Amen).
La colocation : « incompatibilité d’humeur », ce sont les termes utilisés par Pulchery ce matin, réveillée cette nuit à 5h alors que nous rentrions de boite. Elle nous a même menacés de quitter la maison, mais l’histoire s’est arrangée, d’autant qu’en plus c’est ma préférée. Quant aux deux autres « Elsa » (oui oui, elles s’appellent toutes les deux Elsa) sont un peu relou. Elles vivent dans la même chambre (Note de l’Editeur : as tu pensé au fait que si ça se trouve, se sont des lesbiennes, comme dans Secret Story ?), partagent le même étage de frigo, sont toutes les deux aussi radines (affolant, j’ai jamais vu ça, des vraies névrosées du portefeuille), et toutes les deux lunatiques, deux chieuses pour le prix d’un, bien envie de foutre des baffes dans le tas des fois, mais sinon, quand elles sont bien lunées, grosses fêtardes et on rigole bien.
Niveau d’espagnol : pas facile, je suis entouré de français et c’est vrai que ça rentre doucement cette langue. Par contre, Lolita, une gentille Nacho m’a dit que le peu de choses que je savais dire ben j’étais le seul à avoir un accent mexicain ! Et toc ! la forme sans le fond, c’est déjà un début. Ah oui aussi, j’oubliais, cette morue m’a aussi dit que je ressemblais à un mexicain… Comment voulez vous que je fasse effet si je ressemble à un Nacho, je perds toute ma valeur ajoutée, la tchatche en moins, alors sur la plage, c’est crème protectrice indice max, pas moyen que je bronze.
Actualisation du bilan relationnel concernant les mexicains. L’autochtone …

  • est un coquin, et nous propose toujours de nous emmener rencontrer des filles de joie dans des grandes « boites » prévues pour. Pour qui ils prennent les français, on mange pas de ce pain  nous autres.
  • est joueur, m’a foutu deux petits (mais alors costauds) piments dans mes tacos pendant que je pissais, l’enc*****, j’en ai chié, mon transit a pris cher et j’ai bu du lait toute la nuit. Humour local …
  • conduit  vraiment comme un Fangio, je voulais m’acheter un scooter (pas cher) mais j’ai abandonné le projet.
  • m’invite partout tout le temps dans toutes les soirées. Je suis trop sociable et on m’adore ? Non, j’ai plein de françaises avec moi !
  • fout du sel dans sa bière, des michaladas qu’ils appellent ça, dé-gueux ! Faire ça à un alsacien d’adoption, pffff, n’importe quoi.
  • consacre les trois de quart de sa vie à bouffer, faire à bouffer, rebouffer, repréparer à bouffer, le pied !

Au programme pour les prochains épisodes : première « soirée Stiffler » dans une grosse maison avec piscine vendredi, week end peinard à Leon, semaine de partiels et après, Mexico City pour la crémaillère de mes deux potes de DF.

A suivre ….

Publié par

Epaule Tattoo

Lecteur égaré (ou pas), bienvenue chez Sabrina, blogueuse lyonnaise depuis 2005 et twittas depuis 2007.

4 réflexions au sujet de « Mon Parrain chez les Mexicains, épisode 4 »

  1. Mec tu déchires, je t’envie et t’envoie 10000 bisous, elda.miss uuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu

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