Pour l’interdiction d’Eric Zemmour sous toutes ses formes

En mars 2006, j’ai découvert Zemmour au travers de « Premier Sexe », dont j’avais parlé en des termes peu élogieux ici. Depuis j’ai réussi à éviter de croiser le personnage et surtout ses diatribes, dans la mesure où je ne lis pas le Figaro, ni ne regarde Laurent Ruquier (ses deux lieux d’expression favoris). Je regrette toutefois toujours de lui avoir acheté son ouvrage 10 euros, payés de ma poche.

Je ne vais pas pousser le nombrilisme à me citer, mais en gros, j’ai semble-t-il de bonnes raisons de penser ce que je pense, et d’être assez d’accord avec moi-même. A savoir que le petit père Zemmour, sous prétexte de se vouloir un éditorialiste / polémiste libre (libre de dire des conneries énhaurmes notamment), est un réactionnaire nauséabond.

Pour preuve sa dernière sortie télévisuelle sur les races (lors d’une émission sur Arte, animée par Isabelle Giordano, qui est beaucoup moins à l’aise pour animer des débats que critiquer le cinéma), pas vue en direct mais relayée par le Zapping de Canal Plus et d’orres et déjà dénoncée par l’ACRIMED (entre autres).

Je reproduis ici la retranscription faite par l’ACRIMED (les gras, c’est moi => pas de mauvais esprit hein sur le gras).

– Éric Zemmour : – « Il y a le métissage racial, c’est-à-dire le mélange des races, physiquement. »
– Rokhaya Diallo : – « C’est, quoi, qu’est-ce que c’est les races ? Qu’est-ce que vous entendez par « races » ? »
– Éric Zemmour : – « Si y a pas de races, y a pas de métissage ! »
– Rokhaya Diallo : – « Ben non, parce que peut-être que le deuxième dont vous avez parlé… » [Allusion au métissage des cultures]
– Éric Zemmour : – « …donc y a pas de question dans ce cas là ! »
– Rokhaya Diallo : – « Non, parce que vous parlez de deux métissages, donc peut-être que le deuxième existe. »
– Éric Zemmour : – « Oui, le deux… »
– Isabelle Giordano et Éric Zemmour, de concert : – « Parce que pour vous Rokhaya, les races n’existent pas ? »
– Rokhaya Diallo : – « Ben non. Enfin je… »
– Vincent Cespedes : – « Pas pour les scientifiques non plus… »
– Isabelle Giordano : – « On écoute la deuxième… la deuxième… »
– Éric Zemmour : – « Non, mais moi ce qui m’intéresse dans cette histoire – je vais très vite – j’ai le sentiment qu’à la sacralisation des races de la période nazie et précédente a succédé la négation des races. Et c’est d’après moi aussi ridicule l’une que l’autre. Qu’est-ce que ça veut dire que ça n’existe pas ? On voit bien que ça existe ! »
– Rokhaya Diallo : – « Mais comment on le voit ? Je ne comprends pas ce que vous voyez… »
– Éric Zemmour : – « Ben à la couleur de peau tout bêtement. »
– Rokhaya Diallo : « Et donc la couleur de peau selon vous fait que moi j’appartiens à une race différente de la vôtre. »
– Éric Zemmour : – « Mais évidemment ! Non mais… que vous redécouvriez… »
– Rokhaya Diallo : – « Bon ben alors… C’est intéressant… »
– Éric Zemmour : – « Ben évidemment, j’appartiens à la race blanche, vous appartenez à la race noire ! »
– Rokhaya Diallo : – « Non, j’appartiens à la communauté française et… »
– Vincent Cespedes : – « Peut-être que ça vous rassure, Éric : ça vous rassure d’appartenir à la race blanche ! »

Comme l’a déjà signalé le site Arrêt sur Images, la « fachosphère » (comme ils l’appellent) en a déjà profité pour reprendre l’extrait de l’émission et gloser « aaah ben vous voyez, tout de même, CA EXISTE, les races, y’a même un journaliste du Figaro qui le dit« . Ce qui constitue pour moi une raison suffisante pour ne pas laisser des zozos comme Zemmour prendre la parole dans la sphère publique.

Je sais, je sais, on ne répond pas au fachisme par le fachisme, mais avouez que parfois c’est tentant ….

34 réponses sur “Pour l’interdiction d’Eric Zemmour sous toutes ses formes”

  1. Tu vois si j’avais lu ça avant t’aurais gagné la balance ! (non c’est horrible ce que je dis)

    Je te jure sur la tête de ma tata que j’ai pas triché !!

  2. Hallucinant 🙁 mais il y en a tellement comme lui…

    Admettons que l’on interdise d’évoquer la notion-même de race au sein de l’espèce humaine : ça pourrait se faire, et ce ne serait pas dénué de logique puisque les prétendues « races » ne sont qu’une construction de l’esprit. Mais le public de Zemmour en deviendrait-il plus intelligent pour autant, et arrêterait-il de consommer du Zemmour ? j’en doute fort : la verrue Zemmour réapparaîtrait d’une façon ou d’une autre, dans un autre interstice non encore verrouillé par la réglementation, etc.

    Pour moi, le seul moyen de s’extraire par le haut de ce cercle vicieux, c’est de tarir la source de ce phénomène en raisonnant à l’échelle d’une génération : c’est en grande partie à l’école que l’on devient un Zemmour, ou un de ses fans. L’école développe trop l’esprit de concurrence, pas assez l’esprit critique, et pas du tout l’art du dialogue.

  3. Hem… j’ai écrit un peu vite. Dans la première phrase, je voulais dire : « d’évoquer l’existence de races au sein de l’espèce humaine ».

  4. Bah Zemmour, on peut difficilement faire plus nauséabond, non ? Je suis toujours effarée du crédit qu’on lui apporte sous prétexte qu’il est franc et irrévérencieux, alors qu’il n’est qu’un gros réac, sexiste et raciste donc.

  5. Ben oui, mais c’est ça le problème avec la télé-poubelle, prise au sens large et incluant Zemmour et ses copains : il n’y aurait pas de Zemmour sans public de Zemmour, pas de Bigard sans public de Bigard, pas de Star Academy sans public de la Star Academy, etc.

    C’est donc là-dessus qu’il faut travailler. Et comme on ne change pas des adultes, il faut voir un peu plus loin dans le temps. Le public beauf a passé, dans son écrasante majorité, toute son enfance sur les bancs de l’école française. Quand on pense au nombre d’années que cela représente, aux sommes astronomiques dépensées par la collectivité pour payer les profs, entretenir les écoles, chauffer les salles, tout ça pour retrouver les mêmes enfants, devenus « adultes », transformés en consommateurs de télé-poubelle, ça donne le vertige.

    Faison en sorte que l’école remplisse sa mission principale, tout simplement : former des ctoyens, pas des bovins. C’est un travail titanesque, mais on a bien réussi à marcher sur la lune.

  6. Je ne suis pas d’accord avec ce que je lis ici!! Aie aie aie, non ne me tapez pas!!!
    Et ne venez pas me dire que je fais partie du « public de Zemmour » et je ne suis pas non plus « une de ses fans »!!

    D’abord, par rapport à ma propre expérience, je ne me reconnais pas du tout dans ce qu’écrit Yann LeBihan:

    « c’est en grande partie à l’école que l’on devient un Zemmour, ou un de ses fans. L’école développe trop l’esprit de concurrence, pas assez l’esprit critique, et pas du tout l’art du dialogue. »

    Personnellement, j’ai été marquée par le fait que mes profs d’histoire-géo de collège/lycée m’ont constamment incitée à faire preuve d’esprit critique par rapport à toutes les infos qui nous arrivent de partout. Ca m’a aussi marquée tout le travail fait autour des 2 guerres mondiales… Si il y a une institution qui fait tout pour que l’on ne « devienne pas des Zemmour »(1), c’est bien l’école!!

    ((1) ceci est une expression de Yann LeBihan que je ne cautionne pas du tout!!!)

    D’ailleurs, ce serait sympa de m’aider à comprendre la notion de « Zemmour » ???! C’est vrai qu’à l’époque où il a sorti son bouquin sur les femmes, je le trouvais assez imbuvable. Maintenant, je le vois comme un mec de droite (trop pour moi, ça c’est sûr!!!) et avec des idées pas politiquement correctes. Mais j’aime bien les gens qui lancent des débats. Je ne vois pas comment on peut avancer si on est tous d’accord: « t’es de mon avis? Bon, ben, ya plus qu’à rentrer à la maison alors… »

    Pour revenir à la notion de races humaines: encore une fois au collège/lycée, je ne compte pas le nombre de fois où j’ai entendu des profs d’histoire-géo dire que la notion de race humaine n’était pas fondée, qu’il n’y avait pas de races humaines… J’ai accepté ce discours à l’époque. C’etait la réponse que j’avais trouvé contre le racisme: « quoi, tu es raciste? Mais t’es trop con: les races, ça n’existe pas! » Efficace non?!! 😉

    Depuis, je suis revenue sur ça: oui, je l’avoue haut et fort: pour moi, il y a des races humaines. Et alors? En quoi est-ce un problème? Je dis vive la diversité, vive le métissage, vive la tolérance!!
    Et ce n’est pas parce que la fachosphère dit aussi qu’il y a des races que je vais changer d’avis!!
    Il me semble que ce n’est pas la notion de race humaine qui pose problème, mais ce que l’on fait de cette notion.

    (Sasa, il faudrait que tu m’expliques les phrases que tu as mis en gras: en quoi ces passages te choquent?)

    Au fait: je n’ai jamais autant entendu parler de races humaines ces derniers temps et ça ne venait pas de la fachosphère : ça vous dit qqchose l’histoire d’un certain monsieur Obama ?? Les journaux en ont un un peu parlé… :-p

  7. @Pequela : les couleurs de peau forment un continuum, tout comme les variations dans la forme du nez, de oreilles, etc.

    La classification par « races », comme ont tenté vainement de te le faire comprendre des profs dont je fais justement remarquer qu’ils n’ont pas été assez convaincants – ce qui montre bien que l’école ne fait pas son travail correctement – relève du pur arbitraire, n’a pas la moindre justification scientifique et a pour effet non seulement de tracer une frontière artificielle entre les gens, mais aussi de placer toute une partie de la population humaine « hors classification ».

    Ayant vécu 14 ans à la Réunion, je sais très bien de quoi je parle : va donc faire un tour là-bas et tenter d’expliquer à un Réunionnais de quelle « race » il est, et tu vas voir comment il te regardera : avec pitié.

    Les « débats » à la Zemmour relèvent du fumigène à la Sarkozy : de faux débats, pour occuper le troupeau.

  8. Beuuurkk !
    je ne peux pas supporter ce gonz..

    Premièrement car il ressemble un peu physiquement à un mec du bureau qui me gave, et tout particulièrement ses petites mains et ses petits doigts longs et visqueux..bouh …

    et puis parce qu’il est un profond mysogine et que je suis une nenette… (il doit avoir des comptes à régler avec les femmes, l’a peut être pas eu une adolescence facile en terme de gonzesses…)

    et enfin parce que ce mec a TOUJOURS raison..et donc fini par être agressif dès qu’il a tort.

    beuurk..

  9. La notion de race (au sens biologique) ne s’applique pas aux humains car il y a eu bien trop de brassages génétiques qui ont eu lieu.

    En revanche, on peut parler de race au sens social, comme on peut parler de sexe. A partir du moment où des personnes raisonnent en races, il va y avoir réellement une expérience / un vécu différencié.

  10. @Tania : vu de chez « nous », il est tout aussi beurk.

    Je note un truc dans ton commentaire : contrairement à moi, tu ne dis pas son nom, tu l’appelles juste « ce gonz ». Et je pense que tu as raison : les glauques sont innommables…

  11. Merci Yann, tu m’ouvres les yeux: je n’avais jamais remarqué le continuum des couleurs… En plus, j’avais même lu le roman de Philip Roth « La tâche », mais j’avais pas tout compris… C’est ballot non?

    Les profs, les profs! En tout cas, tu partages leurs idées : j’avais eu droit à cet argument aussi. (Et pour leur défense: à l’époque j’avais été convaincue: un petit come-back au lycée me ferait peut-être du bien finalement?!)

    Du continuum, on en voit partout :
    les couleurs de l’arc en ciel qui ne sont pas seulement 7, de la droite à la gauche en politique, de l’est vers l’ouest, du liquide au solide, des riches aux pauvres, des « fous » aux…. « moins fous »(?)!!!

    Et tout en reconnaissant cette notion de continuité, ça ne m’empêche pas d’accepter la discrétisation aussi.
    Et il ne viendrait à l’idée d’aucun matheux/physicien de renoncer à l’une ou l’autre des approches dans ses calculs. Parce que ces 2 approches permettent de mieux se représenter le monde, de mieux comprendre comment il fonctionne. (Et d’ailleurs, on peut dire que ces 2 approches sont dans la continuité l’une de l’autre!!! ;p)

    Je le vois de la même façon pour les races humaines: eh oui, j’ai toujours eu sous les yeux la continuité des races. Ca n’entraine en rien que je vais renoncer à une vision « discrète » (au sens matheux) des races. Le problème reste ce que l’on fait de cette notion… comme par exemple indiquer sur la carte d’identité l’appartenance à une race, ce qui, au sens de ce que tu écris, est impossible (et je suis d’accord!!!!! et d’un point de vue humain, c’est tant mieux). Mais d’un autre point de vue, sociologique par exemple, c’est une notion qui reste d’actualité, parce qu’on a hérité d’un monde qui s’est bâti comme ça: sur les oppositions. Et qu’on se retrouve avec des stats telles que :

    Les statistiques sont particulièrement frappantes parmi les minorités : alors qu’un adulte américain blanc sur 106 est incarcéré, c’est un Hispanique sur 36 et un Afro-Américain sur 15 qui sont en prison.

    (vu sur: http://www.wadeukeubi.com/international/un-afro-americain-sur-15-en-prison.html)

    Ces stats, elles servent à quoi? Pour qui? un facho? un sociologue, un historien, un économiste? un responsable politique? A tous peut-être…
    Moi, je trouve que ça met en avant les problèmes que continuent à rencontrer les afro-américains d’un point de vue socio-économique. Est-ce que ça ne peut pas aider à faire avancer les choses? Est-ce que le pire ne serait pas d’ignorer les problèmes que rencontrent plus particulièrement certaines communautés en conséquence de la façon dont s’est construit le monde? (tiens, je ne parle plus de races, mais de communauté!! ;-))

    Il y a encore beaucoup à dire sur le sujet : la discrimination positive par exemple… D’ailleurs, j’avais lu un article dans Courrier international sur les tests génétiques permettant d’accéder à des bourses universitaires (aux Etats-Unis encore). Ces tests permettent de prouver que l’on a une ascendance dans un groupe minoritaire et de profiter des bourses alloués aux étudiants issus de ces minorités. Ce qui a permis a beaucoup de « blancs » de profiter de ces bourses! Une espèce de « tâche » à l’envers!!!!

  12. @Léna : il faut s’évader de ce discours sociologique, qui ne fait de toute façon que confirmer que les races sont un concept arbitraire, ne pouvant être étudié qu’en tant que tel : une illusion de vérité scientifique autour de laquelle se forment des groupes.

    Ce n’est pas parce que certaines personnes raisonnent d’une manière tronquée que la communauté humaine dans sa totalité doit se plier à leur vision. Ou alors, il faudrait admettre par exemple que les nazis, puisqu’ils se disaient de la race des seigneurs, étaient la race des seigneurs.

  13. Ce n’est pas parce que certaines personnes raisonnent d’une manière tronquée que la communauté humaine dans sa totalité doit se plier à leur vision. Ou alors, il faudrait admettre par exemple que les nazis, puisqu’ils se disaient de la race des seigneurs, étaient la race des seigneurs.

    Ca, c’est du raisonnement….

  14. « Ce n’est pas parce que certaines personnes raisonnent d’une manière tronquée que la communauté humaine dans sa totalité doit se plier à leur vision. »
    —> évidemment. Ca a déjà été le cas?

    « Ou alors, il faudrait admettre par exemple que les nazis, puisqu’ils se disaient de la race des seigneurs, étaient la race des seigneurs. »
    —> tu connais la loi de Godwin? http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Godwin

  15. @Paquela : oh, que oui, je connais : argument « d’autorité » pour ceux qui n’ont rien à dire. Classique.

    On voit que tu as tendance à prendre les autres pour plus naïfs qu’ils ne sont, mais cela ne te dispense en aucune manière de développer une argumentation. On attend toujours de ta part une seule phrase susceptible de convaincre.

  16. PS : Paquela, je crois qu’il vaut mieux qu’on en reste là tous les deux parce que ça risque de lasser tout le monde.

  17. Les enfants, je peux pas vous laisser sans surveillance pendant la récré ? 😀

    Pour répondre à tes questions Pequella :

    Sur ce qui me choque dans les phrases en gras : tout simplement qu’on revienne une fois de plus sur la question de l’existence de différentes races humaines. Il n’existe qu’une chose : l’espèce humaine, point, quelque soit la teinte de la couleur. Ceci d’un strict point de vue scientifique / biologique.

    Ensuite sur cet argument éculé « 80% des prisonniers américains sont noirs et / ou hispanos ». Jusqu’à preuve du contraire, ce n’est pas la couleur de leur peau qui est à l’orgine des déviances qui les ont conduit en prison. Mais bien le milieu dans lequel ils ont vécu, l’éducation qu’ils ont reçu. Pour ma part, à la différence de Yann, je ne rejetterai pas trop vite l’explication sociologique, elle est assez valable dans bien des cas, et notamment aux Etats Unis, où justement ce fameux metissage (qui était le sujet du débat auquel était convié Zemmour) se fait peu : ce sont des communautés qui cohabitent, se cotoient, mais se mélangent pas ou peu. Et une communauté est un ensemble autrement plus complexe et riche qu’une « race ». Ce qui permet de continuer à isoler et se faire confronter des populations.
    En France, toute statistique sur des bases raciales est interdite strictement par la CNIL. C’est de mon point de vue une bonne chose, car rien n’est plus simplificateur (et insultant) que ces catégorisations.

    La discrimination positive est une politique publique datée qui a été développée aux Etats Unis pour sortir d’une situation particulièrement aigue, l’ostracisme vis à vis des populations noires. En France, elle apparaît peu, sauf pour ce qui est des femmes (notamment pour leur permettre d’atteindre des postes électifs). Les initiatives isolées comme celle de Sciences Po Paris pour l’accès des jeunes de banlieues a été très discutée, critiquée, et a fait long feu.
    Si je prends mon seul exemple (je le connais bien), je suis femme ET d’origine maghrébine (ce qui fait que je suis plus basanée qu’un breton, et d’éducation plutôt mixte à tendance musulmane, mais ne me différencie en rien d’un bon breton. D’ailleurs mon papa est breton).
    Moi la première j’aurai détesté bénéficier d’un statut dérogatoire pour accéder à certains postes / études. Le modèle intégratif français est celui de l’assimilation (ce qui ne veut pas dire acculturation. Faut lire « la France et ses étrangers », un très bon essai, de Weil je crois). C’est à dire que l’on doit vivre en France comme vit l’ensemble de la communauté. C’est l’effort auquel se plient la majorité des personnes issues de l’immigration. Parce que l’on ne souhaite pas pouvoir faire la différence entre les uns et les autres. Le « modèle » américain est inverse, puisqu’il pousse les uns et les autres à conserver, voire à affirmer leurs particularismes.

    Enfin, de mon modeste point de vue, l’école est la base de ce modèle d’intégration. Mais je suis fille de prof et d’instit, et je n’ai vraiment une vision très objective de cette institution.

    Dernier point, je plussoie Yann quand il dit que « Les “débats” à la Zemmour relèvent du fumigène à la Sarkozy : de faux débats, pour occuper le troupeau. »
    C’est exactement ça. Sortir une bonne grosse énormité, histoire de noyer le poisson, choquer les masses, et se permettre ainsi de ne pas fournir une réflexion plus nuancée.

    Heureusement que y’a mon blog comme haut lieu d’échanges intellectuels 😀

  18. Sasa, je te plusplussoie et j’aime ta manière d’écrire… merci à Romain Blachier d’avoir pointé sur ton blog.

    Pour info, je suis aussi fils de prof et je comprends ce que tu dis, même si les deux choses ne sont (heureusement) pas nécessairement liées. Je ne reproche pas, bien entendu, à l’école de pratiquer la discrimination sur des critères « raciaux », mais de favoriser l’esprit de concurrence au détriment de l’esprit d’équipe, la manie des classifications (par sections, par niveau de performances) au détriment de la créativité, et le bourrage de crâne au lieu de l’esprit critique. C’est rarement la faute des profs, mais à mon sens c’est clairement celle du système éducatif français.

    Exemple parmi d’autres : on fait de la philo à la fin du lycée, au moment où chaque élève ne pense plus qu’aux points qu’il va pouvoir amasser pour le bac – ce qui réduit cette matière essentielle à un rôle assez minable dans le film des années collège-lycée. Sans parler de tous ceux qui se font éjecter et n’ont pas la chance de parvenir jusqu’aux « grandes classes ».

    Je pense que ça va te parler : j’ai une fille de 5 ans, et sans la traiter le moins du monde comme un petit Einstein, je constate qu’elle fait déjà de la philo comme beaucoup d’enfants de son âge, qui posent des questions fondamentales sur la vie mais ne reçoivent bien souvent pour toute « réponse » que des miettes de ce que nous pourrions leur apporter. Pour notre part, nous avons choisi de ne rien éluder – et (sans entrer dans les détails parce que j’ai quand même un travail qui m’attend derrière la fenêtre de mon navigateur…) je peux dire que le résultat est réjouissant : il suffit de parler cinq minutes avec elle pour comprendre que plus tard, elle ne pourra jamais encaisser le « gonze » susnommé… 🙂

    Bises

  19. « Ensuite sur cet argument éculé “80% des prisonniers américains sont noirs et / ou hispanos”. Jusqu’à preuve du contraire, ce n’est pas la couleur de leur peau qui est à l’orgine des déviances qui les ont conduit en prison. »

    C’est tout à fait ce que je voulais dire. Loin de moi l’idée que ça a un rapport avec la couleur de la peau!!!

    Eculé : peut-être. C’était juste un exemple (et surement pas un argument) pour montrer que pour comprendre le monde, on utilise des classifications.

  20. Bonsoir,

    Tout à fait d’accord avec Yann Le Bihan, il est nécessaire de rééduquer les masses, et ce dès le berceau… ainsi s’évitera-t-on les déviances intellectuelles et culturelles que constituent ces émissions regardées par les beaufs, et les déviants (ceux qui les regardent : les masses ou les beaufs, c’est selon…je veux parler de ceux qui regardent ou lisent Zemmour, aiment Bigard et regardent la Star’Ac*). Mais je m’emballe, peut-être est-il encore préférable de ne pas nommer « l’innommable »…

    Après le continuum de la peau, développer l’idée de continuum de la pensée…

    J’ai aussi une petite fille… de 4 ans et demi, je discute avec elle, le plus possible, sans interdits, elle me pose des questions, je lui en pose, et quelque part en effet, elle philosophe… mais je ne suis pas en mesure (et je m’en réjouis) de vous dire si elle pourra dans 5, 10 ou 15 ans encaisser le gonze susnommé (mais innommable) ou qui que ce soit d’autre… je lui souhaite d’être libre. Critique et libre.

    * dois-je préciser que je n’affectionne aucun de ces divertissements…

  21. Non, c’est vous qui avez raison, Gabriel Fouquet : laissons faire, ça marche tellement bien comme ça.

  22. Sur France Ô, Luc Laventure le dg en charge des antennes a souhaité ouvrir le débat sans tabous… et l’Hebdo le fait en présence d’Eric Zemmour… enfin face à des contradicteurs ! http://franceo.rfo.fr/… très bon débat sur la race : les mots et la chose, race et racisme…(une belle riposte face à l’omniprésent médiatico éditorialiste)

  23. Oula… ça discute chez toi Sasa…
    Je retiens de cette file, la loi de Godwin.. j’adore ce concept.. Merci Pequella…
    Ce que j’adore moins, c’est les leçons de bon goût… ça donne une impression de self-supériorité un peu spé…

    Cela étant dit : j’aime pas le gonz, pour les mêmes raisons (sexisme, simplisme, mauvaise-fois-isme)
    PS, je sais pas si vous avez vu l’émission de ruquier dans laquelle ils (avec son autre pote) s’en prennaient à Rama Yade. C’était juste immonde.

  24. J’ai écouté l’émission dans son intégralité.
    http://www.arte.tv/fr/accueil/Comprendre-le-monde/paris-berlin/2321286.html

    C’est clair : Cespedes a eu raison de protester, ses propos coupés au montage final rentrent vraiment dans le lard des propos de Zemmour, à cinq endroits, au moins.

    1. Dès l’intro, en face à face avec Isabelle Giordano, il explique bien que l’être humain est apparu en Afrique, que sa peau est donc noire à l’origine pour survivre sous ces latitudes, et que la différence de couleurs de peau (de taux de mélanine) n’est qu’une adaptation aux conditions climatiques, et n’a donc absolument rien à voir avec des « races » différentes, comme l’affirme stupidement Zemmour.

    2. Le « consensus blanc », pour moi l’analyse la plus instructive de l’émission, est aussi développé par Cespedes et coupé au montage final. Il explique l’origine du racisme et de la théorie racialiste par la colonisation du continent américain par les Européens, qui n’avait que la blancheur de leur peau pour se distinguer à la fois des indigènes et des esclaves noirs. À maintes reprises, Cespedes dit que le racialisme que Zemmour agite est une théorie « dangereuse » parce qu’elle réactive nos démons, ce « consensus blanc » qui fut si funeste pour les peuples non-Blancs.

    3. Cespedes précise aussi que ce que dit Zemmour n’est rien d’autre que les poncifs de la 3ème république, archaïques et inaptés à la société d’aujourd’hui. L’idée vieille comme la colonisation qu’il existerait UNE culture française unique, et que toute autre culture devrait s’effacer devant elle, se cantonner à la vie privée.

    4. Cespedes relie ce consensus à l’hitlérisme (analyse coupée au montage itou). Le vrai scandale des théories nazies ne consiste pas dans la hiérarchisation des races, Cespedes explique qu’elle était largement répandue à l’époque (expositions coloniales…), mais le scandale consiste dans le fait qu’Hitler va diviser le « consensus blanc » en mettant les Aryens au-dessus, et les Juifs en dessous.

    5. Enfin, Cespedes rembarre frontalement Zemmour, « guignol de service » (chez Ruquier notamment…) qui remue des idées lepénistes et ne fait que provoquer de façon hystérique pour ramener le débat à sa petite personne. À maintes reprises, Cespedes dénonce en Zemmour un faux intellectuel, un « bouffon » qui joue avec les allumettes.

    J’ai aimé entendre aussi le public de l’émission, invité par la présentatrice à réagir aux « provocations » de Zemmour (qu’elle a bcp trop sollicité, à mon goût !). L’absurdité du racialisme de Zemmour est dénoncée en direct par un spectateur, ça m’a fait plaisir de voir cette réaction saine et sur le vif. Rien au montage final, encore une fois, où le public écoute passivement et muettement.

    Bravo à Arte d’avoir accéder à la demande du philosophe. C’est fait-play de leur part, et ça va dissuader les autres émissions de débat d’inviter Zemmour, lepéniste impénitent et sponsorisé par nos impôts !

  25. @La Brisse : aimer ou pas ce genre de spectacle relèverait donc du « bon » ou du « mauvais » goût ? exprimer avec conviction son aversion quelque chose, en expliquant pourquoi, ce serait donner une leçon ?

  26. Je n’ai jamais entendu parler de Zemmour et n’ai pas vu l’émmission. Sans vouloir polémiquer, je trouve que l’extrait n’a rien de choquant. Oui nous venons tous d’Afrique et le concept de race est peu clair et fourre-tout, ce qui fait que dès qu’on parle de race, ça devient le boxon car chaque personne en possède sa propre définition. Ceci dit je déplore aussi que le terme de race est devenu tabou et que dès qu’on l’emploie on doit avoir à se défendre de racisme. Il est clair, d’un point de vue physique tout du moins, que blancs, noirs et asiatiques sont des variantes différentes de l’homo sapiens, qui peut dire le contraire? Alors peut être il faudrait se débarrasser du terme race, pourquoi pas, et labéller les divers phénotypes humains d’un autre terme, moins « chargé ». Tout ceci ne serait-ce pas un problème de langage? Bon comme j’ai dit je ne connais pas Zemmour et il se peut très bien qu’il y ait de la malice dans ses propos.

  27. Galilée, l’Inquisition : vous, l’anonyme, vous avez manifestement un très gros problème de sens des proportions.

  28. Oh, rassurez-vous : votre discours caricatural n’a besoin de personne pour se disqualifier tout seul.

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