Carnet de bal

Chose promise, chose due, à mon tour de vous faire mon making-off de la séance photos pour « le bal des blogueuses« .

La « genèse » (un bien grand mot) est simple : Mry publie sur son blog la photo de l’affiche « le bal des actrices »  => Miss bla bla bla lance dans les commentaires « et pourquoi pas avec des blogueuses ? » => Emery, qui ne rate jamais une occasion de faire son intéressant de mater des filles à poil d’organiser des petits défis inutiles et GRATUITS (aaah le bon vieux temps des concours chez Mry) met tout cela en oeuvre. Dans les 15 jours, et sous la houlette de Sandrine Sauveur. Mardi, la photo est publiée.  Et HOP.


Moi je l’aime beaucoup cette photo. Parce que j’y ai participé, que je l’ai vécue, je sais le travail qu’il y a eu derrière, et qu’elle me parle. J’entends bien la critique (sont pas belles, sont trop grosses, trop petites, pas assez dévoilées), l’incompréhension (à quoi bon ?), mais pour moi elle reste une des ces expériences un peu hors du temps et hors contexte auquelles j’aime participer. Depuis toujours.

Je ne me justifie plus à chaque fois que l’envie me prend de me foutre à poil m’exhiber. Pour ceux qui me connaissent un peu, ici ou ailleurs, j’ai déjà eu l’occasion de participer à des photos NUES. Vi vi vi. Plusieurs fois. Parce que ça me plaît, ça m’évade de mon quotidien, ça me met la pression, ça me détend. Tout ça.

J’ai commencé en 2005. Lors de la venue de Spencer Tunick lors de la Biennale d’Art Contemporain de notre bonne ville de Lyon. Nous étions 3.000 pékins tous nus sur le goudron froid et poisseux du Port Edouard Herriot. Les récits épiques sont encore sur mon ancien blog (pour le récit de la journée), , et , et , et aussi pour le vernissage.

En 2006. Pour participer avec Emery (tiens tiens) à un concours photo. Qu’on avait perdu ! Mais qui m’avait apporté une « notoriété » certaine, notamment grâce à une photo polémique, seins nus dans la maison de Dieu (toute la petite histoire ici).

En 2007. J’ai fait une série de photos plus intimes, pas publiées ici pour la plupart, alors que j’étais enceinte de l’Héritier, pour avoir un souvenir de ce corps « sous influence ». Et aussi, pendant la campagne électorale, j’ai fait un pari, mais je l’ai perdu (je constate au passage que je perds souvent mes défis ….), et finalement je n’ai pas eu l’occasion d’enlever le bas (quel dommage). Et j’ai (encore) participé à un concours d’Emery, où j’ai encore eu l’opportunité de poser à poêle.

Compte tenu de ce lourd passif (qui laisserait presque à penser que j’ai passé 4 ans de blogging à me foutre à oualpé dès que quiconque battait des cils), il était bien évidemment inévitable que je participe à cette aventure là. Et je me suis portée volontaire.

C’est une chose de poser de manière anonyme au milieu de 2.999 autres personnes. L’effet masse rend l’anonymat assez confortable, contre toute attente. C’est assez facile aussi de poser toute seule, quand on a pour soit toute seule l’attention du photographe. Ca en était donc une autre de poser au milieu de 9 autres filles, auxquelles j’allais nécessairement me comparer.

Et j’ai pas pu m’empêcher. D’abord, bien entendu, j’ai maudi Emery. Car je l’avais prévenu : si je suis la caution + de 30 ans et + de 65 kilos, je viens pas ! Et comme de bien entendu, j’étais la plus âgée, ou presque, et la plus … gironde dirons nous. En fait, dans la vie je ne me rends compte que rarement de mon « encombrement ». Je ne me sens pas plus grande, pas plus grosse que n’importe qui. C’est finalement que lorsque je me confronte directement à mes pairs que je réalise ce que je suis. Une belle plante disent les (a)mateurs. Une plante grasse dit mon père (merci papa). Et la seule à pratiquer le buisson nature (hu hu hu). On retiendra donc que la blogueuse est généralement bien épilée (sauf moi).

Une fois la période d’observation réciproque passée (car peu d’entre nous se connaissaient), c’est lors de la mise en place des poses que le lien s’est (nécessairement) crée entre nous. J’avais remarqué la même chose lors de la réalisation des scènes avec Spencer Tunick. Tout va bien mieux entre tout le monde une fois mis sur un pied d’égalité (et je précise ici que je ne prône pas par ailleurs le naturisme).

Ensuite les quelques heures de pose se sont passées dans un climat de plus en plus détendu, au fur et à mesure que nous testions les positions, que les corps se cotoyaient, se frolaient et s’empilaient. Car si une seule photo a été retenue, bien d’autres ont été prises (et inch’allah resteront à jamais sur le disque dur de Sandrine Sauveur), et finalement c’est cette succession d’essais, de mises en scène, qui ont permis d’aboutir à celle qui a été retenue.

Le suivi post photo, et notamment sa mise en lumière par le Post (d’autres appellent ça du buzz) me laisse évidemment perplexe. D’un côté, la photo présentée sur nos blogs et celui d’Emery aurait fait sourire / gueuler aussi, mais aurait au moins pu être comprise pour ce qu’elle est : un petit défi entre filles, réalisé avec un peu de moyens grâce à l’intermédiaire d’Emery. On n’a rien à vendre, même pas nos culs. D’un autre côté, la diffusion via le Post permet un peu plus de visibilité (et bienvenue aux 3000 visiteurs jours qui se bousculent ici depuis la parution de la photo), et c’est assez perturbant (quand on en est) de voir la photo reprise un peu partout. Mais tout cela est un peu terni par la trollerie galopante qui sévit sur le Post. Ce qui devrait être un gros clin d’oeil à une affiche de film qui a interpellé beaucoup d’entre nous est assimilé à un tombereau d’intentions qui restent assez éloignées de l’esprit initial.

Après, je me suis fait déjà traité de catin pour avoir montré mes seins dans une église, donc là, comme dirait l’autre, ça m’en touche une (de loche ?) sans faire bouger l’autre.

Du coup, la seule question qui compte c’est à quand la prochaine …

10 réponses sur “Carnet de bal”

  1. J’aime beaucoup ta façon d’écrire (ppour ça que je te lis tous les jours, photos dénudées ou pas). Une note intelligente et concise.
    Je résume à : tu fais ce que tu veux de ton cul !
    Et je redis que je te trouve belle et pleine d’audace pour poser nue.
    Love.

  2. Merci d’avoir été une fois de plus avec moi sur ce coup là. Et non, tu n’étais pas la plus ceci ou cela, et tu le sais.

    Enfin, les photos ne sont pas sur le disque dur de Sandrine…

  3. @ L’ancêtre : tu ne fais pas tes 47 ans, je t’assure,

    @ Mry : c’est donc sur le tien, crapule.

    @ Denis, Sonia, Fred : merciiiii !

    @ Aude : c’est ça qui est trop fort !

    @ Coralie Marie : ah non, c’est pas exprès, y’avait d’autres poses où j’avais des contacts assez « chaleureux » avec mes camarades …

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