Génération couille molle ?

Cette semaine, la tévé nous a gratifié d’une énième re-diffusion de Love Actually.

Bavons, bavons en choeur, nous étions encore toutes scotchées devant Hugh Grant et Colin Firth. Mais pas seulement (même si un petit coup de Hugh qui ondule du bassin, ça mange pas de pain hein). Car Love Actually est sous estimé d’un point de vue sociologique. Ce film est un génial condensé des rapports amoureux contemporains. Et il représente, aux yeux de beaucoup de dames et demoiselles, le saint Graal de nos vies modernes : l’initiative et l’engagement amoureux.

Vous noterez le terme choisi, on ne parle pas de romantisme. On n’en est plus là (tant mieux, tant pis, moi j’ai jamais été fan de). Mais la démonstration de la capacité d’initiative amoureuse.

Même maladroite, même à côté de la plaque, c’est touchant : l’écrivain et sa déclaration lusophone approximative, le briton obnubilé par ses cousines venues d’Amérique, le pré ado transi qui apprend méthodiquement la batterie, le mari tenté par l’infidélité, celui qui est amoureux secrètement de la femme de son meilleur ami, la secrétaire qui est croque love du premie ministre …. => ce qui touche, c’est l’inventivité, la capacité de transcender le quotidien, les préjugés, les contraintes, pour aller vers l’autre, et lui montrer combien il est important à nos yeux.

(Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour. What else ?)  

D’ailleurs, le seul contre exemple du film (les collègues de travail, lui geek complètement introverti, elle monopolisée par son frère dérangé) nous apparaît particulièrement pathétique, symptomatique de l’incapacité de faire des efforts pour l’autre, de s’extraire de son quotidien pour inventer / recréer l’échange.

Dans nos discussions avec mes amies célibataires c’est souvent autour de cette problématique que tournent les difficultés à créer des relations amoureuses “enrichissantes” (à ce stade, on parle même pas de constructives, et qui amènent à la reproduction en vue de pérpétuer la race humaine, on n’est est pas là, juste au delà d’un coup d’un soir).

Ce que l’on pourrait appeller pudiquement la nonchalence masculine. Elles ont plutôt tendance à les appeller de manière plus abrupte “la génération couille molle“.

La couille molle, c’est qui ?

C’est la majorité de ces mecs, sympas, modernes, accessibles, prêts à faire des rencontres, mais réfractaires à tout engagement qui impliquerait une mobilisation excessive, qui leur demanderait du travail, de l’inventivité, ou un quelconque renoncement à leur train de vie, leurs habitudes, leur confort. Une gonzesse oui, mais faudrait voir à ce qu’elle prenne pas trop de place dans le paysage.

Combien de fois j’ai entendu cette phrase dans la bouche de copines désabusées “j’ai jetté l’éponge, on avançait vraiment pas au même rythme“.

Là encore, on va me dire que ce sont aussi les filles qui sont attentistes, passives, à attendre que tout leur tombe tout cuit dans le bec sans effort. Mais bon, mes statistiques personnelles me font tout de même dire que c’est du 80 / 20 dans cette affaire.

80 % de couilles molles, de garçons fort sympathiques au demeurant, mais dans l’incapacité chronique de s’investir en minimum dans une relation. Par flemme et par goût de leur confort principalement. Et pire, parfois, par principe, au son de “ah elles ont voulu l’égalité les femmes, la voilà, fini la danse de la séduction, on va les laisser venir”.

Mais bordel, comme si on avait attendu ? Et ça serait donc cela le prix à payer de l’égalité hommes / femmes ? quelques années de revanche sur des siècles de séduction à initiative majoritairement masculine, genre, allez les filles, faitez nous donc rêver, on en a bouffé des siècles de danse des sept voiles, d’amour courtois, à compter fleurette tout en se la mettant derrière l’oreille. A vous de nous charmer.

Ben voyons j’ai envie de dire.

Et voilà comment on se retrouve à soupirer devant Love Actually. En espérant que dans nos misérables petites vies, l’autre fasse aussi preuve d’un poil de fantaisie, d’imagination, réponde à nos sollicitations amoureuses avec juste un peu plus d’entrain.

(Bon, j’ai encore chargé la barque du même côté, je sens que ça va encore gueuler côté lectorat velu.)

pour finir en musique, rien à voir. J’aime beaucoup ce clip. Exactement ce dont j’ai envie, là maintenant.

18 réponses sur “Génération couille molle ?”

  1. En guise de voyage, il me suffit, là tout de suite, de regarder par la fenêtre, tant que les rues parisiennes sont encore blanches de neige et pas encore marronnasses de gadoue salée…
    (ptin faut que je prenne la voiture ! Ca va être la fête…)

  2. pas d’accord, les mecs du 21e siécle n’ont pas à payer les siécles précédent. Nous sommes dans une génération où le mec a encore presque tous les efforts à faire, même si il y a progrès…la séduction reste quand même souvent initiative masculine et les filles ont justement très souvent le beurre du choix et l’argent du beurre de laisser venir. Le lieu symbolique de la boite de nuit est révélateur.

    Et puis couilles molles, ok y’en a (mes copines plus jeunes me racontent parfois des trucs surprenants) mais une relation implicante à 30 et quelques ça amène pas juste des choses purement relationnelles sur le long terme…t’es dans une période où les filles pensent très fort à la maternité.

  3. Le débat quand il commence comme ça est un peu perdu d’avance. Procès à charge.
    pas bien sasa, mais je te connais, je sais que t’aime bien gueuler sur les mecs 😉

    Aller A+ Patrone 🙂

  4. meuuuh nonnnnnnnnnnnnnnn
    mon chéri, t’es pas une couille molle, sasa ne disais pas ça pour toi….;)

  5. @ romain blachier: y’a si peu de femmes qui prennent l’initiative de draguer, ou de faire comprendre au mec qu’elles voudraient aller plus loin ?

    à part ça… l’absence d’engagement, je ne saurais trop que dire sur cette génération de couilles molles, j’ai du mal à me trouver un mec tout court (voire une femme aussi), pas que je sois moche, juste que j’arrive pas à trouver de célibataire qui me plaise un peu !!!
    et à qui je ne fais pas peur !

  6. elizabeth: ça dépend: une fois que vous nous connaissez non, mais ca reste de façon à te faire croire que c’est toi qui y va, qui choisit…du coup on passe parfois à côté sans voir. Quand on connait pas, dans un lieu public, c’est quand même bien plsu sovuent non qui y allons.

  7. J’ai cru lire quelque part “sociologie de comptoir”…
    Dommage que ce soit comme écrit plus haut une tribune exclusivement à charge car c’est, as usual, bien écrit et le ton primesautier sied bien au propos.
    Néanmoins, en cette période de voeux et autres bonnes résolutions, je vous souhaite à toutes (et à tous) de trouver le bonheur dans les bras d’un homme attentif, responsable, tendre et blabla blabla…
    Et, au risque de paraître parfaitement outrecuidant, non ; je n’ai pas de frère… 😉

  8. comment dire…
    j’oserai pas (plus) en dire autant sur mon blog tient.
    Même si ça semble vilainement clicher, ça reste une réalité.
    80% / 20%
    (j’aurai dit sensiblement plus) (côté masculin)

    (et non je ne suis pas aigrie et frustrée) 😉

  9. Alors, non seulement il faut qu’on fasse le premier pas, mais il faut aussi qu’on fasse preuve de fantaisie et d’imagination et qu’on réponde à vos sollicitations avec entrain ! Enfin surtout, il faut qu’on fasse preuve d’engagement !

    Et pourquoi pas 100 balles et un Mars ?

    Si on ne vous l’a pas déjà dit, je vous informe que le prince charmant n’existe pas et que les comédies romantique, c’est du cinéma. Désolé pour la désillusion.

    Essayer d’assimiler que on a notre propre rythme, nos doutes et nos priorités. C’est pas parce que vous voulez vous engager qu’on a le devoir d’avoir le même objectif.

    Arrêter d’attendre et d’exiger ! Arrêtez de mettre la pression (avec moi, vous obtiendrez le résultat inverse à celui espéré : c’est un réflexe défensif).

    Si c’est si systématique, c’est peut être que c’est de votre coté que ça cloche (et +1 pour l’obsession maternité (pas forcément consciente et explicite)de certaines). Pourquoi c’est forcément de la faute des mecs ?

    (et non, je ne gueule pas et je ne suis que modérément velu 😉

  10. quand on ne veux pas “s’engager” c’est qu’on n’est pas vraiment amoureux (et ça marche dans les deux sens d’aileurs)

    Mon meilleur pote a tout plaqué (son taf, son pays, y compris la fille avec qui il était depuis trois ans) pour la fille dont il est justement tombé éperdument amoureux…

    Alors je confirme, les princes charmants (ceux qui ont des couilles) existent (mais il n’y en a pas des masses c’est tout)

  11. Pas de procès à charge ou à décharge. Et embrayer tout de suite sur l’obsession d’enfantement me paraît pour le coup un sacré raccourci.

    Bien souvent c’est bien en amont que cette question de la mollesse des rapports se pose. Les hommes ne font plus rêver voilà tout! Mais sans doute que bcp de filles non plus visiblement puisque tout de suite vous retournez l’argument comme un gant ….

  12. L’expression “Ce que femme veut, Dieu le veut.” est-elle issue de siècles de séduction à initiative majoritairement masculine? J’ai de sérieux doutes sur la réalité de ces statistiques “au doigt mouillé”. La démonstration de l’initiative amoureuse n’a de sens qu’au yeux d’une personne qui juge l’autre. Elle n’est déjà plus dans l’état amoureux, elle évalue, intellectualise et cherche s’il n’y pas plus performant ailleurs. Ensuite, il y a aussi de nombreuses personnes qui veulent que ça avance en ne communiquant pas tout en rejetant les projets et besoin de l’autre. Elles ne voient plus que les avancées qui les intéressent mais pas celles qui intéressent l’autre. Au final, comme la compagne ou le compagnon n’est pas télépathe, pour chaque “j’ai jeté l’éponge, on avançait vraiment pas au même rythme“ il y a souvent un “je croyais que notre couple se construisait et qu’on se parlait sur tout en adultes“.
    😉 Je ne gueule pas. En général, les femmes parlent à leurs copines de leurs problèmes et les hommes à leurs potes. Alors les plus souvent chaque sexe voit midi à sa porte en matière de statistiques.

  13. Ce n’est pas une question de drague et de premier pas, enfin ce n’est pas comme ça que j’ai compris ce post. Je suis d’accord avec Sasa, les hommes sont mous. Ils se laissent porter, et bien sûr c’est bien aussi de se laisser vivre, de ne pas toujours devancer la vie. Mais quand même, ce serait pas mal de sentir qu’ils s’impliquent, qu’ils font des efforts ou simplement qu’ils y réfléchissent. Juste pour montrer à la personne qui est en face qu’elle est importante…

  14. C’est juste que les mecs ne sont en général pas très passionnés par ces trucs très fleurs bleues gnangnan, engagement de fidélité et autres contes pseudo-rassurants et voient tout de suite à quel point c’est creux.

    Enjoliver la forme ça ne change rien au fond, et quand en plus c’est évident au premier coup d’oeil que c’est juste une manière de se rassurer ou une volonté de se croire à une pseudo-vie enrobée des flonflons en dentelle d’un “romantisme” de magazine féminin (eurk) c’est sur que la plupart des mecs déclarent forfait.

  15. Moi surtout je pense que forcément les filles disent “j’ai laissé tomber car le mec il voulait pas s’engager”…
    C’est marant mais moi j’ai un paquet de potes célibataires qui cherchent une gonzesse qui me disent “je me suis fait alors qu’on commencait juste parce qu’elle trouvait que je voulais trop tout de suite et que je m’intégrais pas avec ses amis”
    comme quoi le point de vu change selon qu’on entend la version masculine et la versino féminine…
    (là ou ca deviendrai intéréssant c’est que je présente mes spécimens males à tes specimens femelles pour faire une analyse concertée)

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