La quille. ENFIN.

Mes petits camarades, mes lecteurs bien aimés.

La trêve estivale a enfin sonné. Je vais pouvoir m’effondrer comme une grosse bouse pour les 3 semaines qui viennent, regarder mes ongles pousser, poursuivre l’apprentissage poussif (c’est le cas de le dire) à la propreté de l’Héritier (faut que je vous raconte Monsieur Caca et Madame Pipi), vivre au jour le jour, sans planning, au soleil, entre amis, en famille, ces journées qui s’écoulent au ralenti, où l’on se félicite qu’il ne se soit pas passé grand chose. Je peux vous le dire, cette année, je ne les ai pas volé, mes congés payés. Surtout quand on sait par ailleurs que mon employeur m’a honteusement peu augmenté compte tenu des se(r)vices rendus (je l’ai un peu encore en travers de la gorge, le minuscule chiffre qui ne couvre pas même l’inflation).

Comme chaque année, vous en avez l’habitude maintenant, la connectivité sera à la hauteur de la tolérance de l’Epoux à la chose, et de l’accès qu’il me laissera (ou pas) au Mac Book.

Profitez vous aussi, de l’été, du temps qui passe, des vôtres, de la vie.

(Et puis y’a touitteur, si vous êtes vraiment en manque de Sasa.)

Considérations capillaires et photographiques

Je continue de tester grandeur nature l’appareil photo réflexe que j’ai eu en cadeau d’anniversaire de la part de l’Epoux. Sûrement que je ne me sers pas encore correctement de la bestiole (et pour cause, j’attends les vacances d’été pour lire le mode d’emploi de 180 pages). Toutefois, s’il est indéniable que la qualité des photos est bien meilleure, je reste encore sur ma faim concernant certains usages.

Pour un groupe d’enfants, hop, nickel (même s’ils bougent beaucoup), les photos sont réussies.

gnomes

(Refuge la Miage, atteint après 1 h 30 de marche avec une « légère ascension » (dixit Fabien notre hôte-guide), comprendre 55 minutes de raidillon pour mériter de baffrer des spécialités savoyardes à 300 calories la bouchée.)

(L’Héritier forme actuellement un harem de plus en plus fourni, grâce à l’incapacité crasse de nos amis à engendrer autre chose que des pisseuses. Enfin, là je me marre, sans doute moins d’ici 12 / 13 ans, quand il entreprendra de les trousser, pour de vrai. Actuellement, leurs interactions se limitent à se piquer les cailloux entre eux.)

Par contre, s’agissant des paysages, tout va bien, tant que la luminosité est moyenne. Si c’est grand beau, tout de suite l’image est écrasée, voire légèrement floue. Ca m’énerve !

paysage

paysage soleil

Les portraits, pourvu que la lumière, là encore, soit favorable, c’est plutôt pas mal. Mais le flash, quand il doit être utilisé, reste assez écrasant / blanc pour les visages.

long

Là typiquement,  l’Héritier pris au flash (alors qu’il était en train de prendre le pouls de ma cuisse gauche, de son point de vue gravement malade) est tout blanc (même si je vous l’accorde, il reste splendide, surtout avant que l’on passe à la coupe d’été).

court

Là, la photo est prise en intérieur également mais sans flash. C’est mieux pour le teint, mais du coup c’est un poil flou. (Au passage, on pleurera sa belle chevelure ondulante remplacée par la coupe de jeune délinquant russe, qui me plaît beaucoup moins, mais canicule oblige).

Je vous vois venir, vous allez me dire que si les photos sont ratées, rien ne sert d’incriminer la technologie, et plutôt interroger celui qui l’utilise. Certes, je suis sans doute une photographe du dimanche (comme me l’ont fait comprendre ces arrogants vendeurs conseil de la FNAC Bellecour que j’en profite pour conchier au passage, puisque du coup, j’ai pas acheté chez eux, nanananère). Mais je constate que quand je prête mon appareil a de tierces personnes (qui s’en servent pour me photographier moi, les fourbes), je constate que ce n’est guère mieux.

Par contre, grâce à celle ci-dessous, j’ai au moins pu me rendre compte que ma coiffeuse m’avait menti, la vilaine ! Elle m’avait GARANTI que le « ton sur ton » qu’elle m’avait fait (3/4 h à poireauter sous de l’alu, autant dire qu’il a fallu me faire violence) s’estomperait au fur et à mesure des shampoings, et que JAMAIS au grand JAMAIS je n’aurais de racines. Et là, en plein soleil, qu’est ce qui est révélé au monde : d’ENHAURMES racines. Je suis colère.

racines

(Sur la photo,  j’ai l’air pas très colère, voire à la limite de la gâterie, c’est que je tenais un chni bébé de 9 mois tout mignon, à qui j’essayais de faire boire un peu de mon crémant rosé. C’était son baptême après tout, il avait le droit.)

Donc du coup, à la rentrée, j’envisage sérieusement de me payer quelques cours de photographie, histoire d’améliorer un peu tout cela. Si vous avez des idées sur la région lyonnaises, faites passer …

« Les filles de rien et les hommes entre eux »

Certes, j’ai un peu la main lourde ces jours ci, avec le féminisme. Tant pis.

Mais ce texte publié dans Libération hier, écrit par Lola Lafon et Peggy Sastre est remarquable, concernant l’affaire Roman Polanski.

J’ai la chance de n’avoir connu à ce jour que des relations sexuelles consentantes (même mineure), et je suppose que toute femme ne peut être qu’effectivement glacée par les propos qui ont pu être rendus publics par les supports de Polanski.

Je crois qu’en la matière, il faut lire (et relire) Benoîte Groult, Ainsi soit-elle (je pense que j’en ai déjà parlé ici), et Virginie Despentes, King Kong Theory, ça ferait de bien saines lectures pour l’été.

Lola Lafon a un blog.

Peggy Sastre aussi.

VDM, V point meuf

Après l’inégal VDM (je lui préfère presque Mon pire coup, sans parler de notre blog collectif de La Looze), voici venu un petit nouveau, lancé par le collectif Osez le féminisme, Vie de Meuf.

Le principe est simple. Je cite :

27 ans après la première loi sur l’égalité professionnelle, les femmes touchent toujours des salaires inférieurs de 27% à ceux des hommes et constituent 80% des travailleurs précaires. Ce blog a été ouvert par Osez le féminisme pour mettre en lumière ces inégalités flagrantes entre les femmes et les hommes dans le monde du travail et exiger des mesures de la part des pouvoirs publics. Discriminations, sexisme, inégalités de salaires, entretiens d’embauche, montant des retraites, congé maternité ou prise de responsabilité : cliquez ici pour raconter votre « vie de meuf ».

Alors comme toujours, les plans looze des autres, ça console pas, mais un peu quand même, surtout quand on est une femme et qu’on a l’affront de vouloir occuper un emploi (et même parfois, autre chose que du secrétariat). Je trouve intelligent de la part d’Osez le féminisme de prendre le parti de l’humour (même qui grince), pour dénoncer ces tracas de ce que j’appelle la misogynie ordinaire. Mes expériences personnelles en la matière sont légion, et j’aime à les raconter ici.

Comme ce client qui m’offre des fleurs pour me « consoler » d’une réunion très difficile.

Comme cet animateur dans le cadre d’un débat, où je suis la seule femme à intervenir, et la seule oratrice dont il « oublie » le nom.

Même si en la matière, le souvenir le plus mémorable reste cet élu local, au tout début de ma « carrière », qui est venu me voir en fin de présentation avec les yeux qui brillaient et la langue pendante, me déclarer, sans honte aucune « le meilleur moment de la réunion, mademoiselle, c’est quand vous avez fait tomber la veste ».

Garanti 100% authentique.

A vous de jouer mesdames, sur VDM.

Blues du lundi …

Vendredi soir, c’était le pot de départ de deux de mes plus vieux collègues de boulot. L’une est devenue une amie, l’autre est maintenant un très bon camarade, qui m’a supporté comme co-bureau pendant 3 ans (autant dire qu’il mérite une médaille, rien que pour cela, oui Ma Brisse). Tous les deux avaient comme moi 10 ans de maison (putain 10 ans, je sais je sais).

Les uns partent, les autres restent, et je crois qu’être parmi ceux qui restent (surtout quand on devient le dernier des Mohicans, à 32 piges), c’est un peu (beaucoup) la looze.

Notre longévité dans l’entreprise était assez exceptionnelle,  mais on était bien, au quotidien, cette bande de vieux lascars. Piliers de bar à la machine à café (LA pause de 9 h 30 et LA pause de 16 h, de vrais fonctionnaires de l' »espace détente » et son affreux café à 30 centimes), organisateurs de déjeuners stratégiques (non, pas le mexicain, sinon je vais boire une bière / non pas une pizza, je suis ENCORE au régime / non pas le japonais, j’aime pas les sushis / non pas là c’est moche – le service est long – la bouffe dégeu / ouiiiiiii un mac do j’en ai trop trop envie / pas le subway pitié / … vous pouvez nous demander pour n’importe quel restau dans un environnement de 10 minutes à pieds de la Part Dieu, on est incollables), et surtout instigateurs d’interminables séances de daubing et autre colportage de rumeurs via messageries instantanées et mails.

J’aime beaucoup mon métier, malgré ses contraintes (vis ma vie de VRP, dans les trains, les avions, les hôtels), malgré mes clients, plus ou moins gratifiants (dans une prochaine vie, je ne serais plus prestataire de service, c’est juré), et beaucoup beaucoup grâce aux conditions dans lesquelles je l’exerce. Conditions matérielles naturellement (salaire, locaux, moyens logistiques confortables …) et humaines surtout. Avoir une bande de potes au boulot, pas forcément ceux avec qui tu travailles en direct (c’est d’ailleurs sans doute mieux comme ça), mais qui sont là, toujours une oreille compatissante quand le ras-le-bol se fait un peu trop fort, prêts à nous soutenir dans nos croisades anti-patrons, à conspuer en coeur telle assistante imbuvable, à recadrer tel stagiaire déjà « flashouillé » (càd relayant de manière inquiète le discours de la feurme), ou à mater le cul du petit nouveau, ben c’est tout con, mais ça t’aide à aller le coeur léger au boulot le matin, parce que même si tu sais que la pile de dossiers à abattre est immonde, tu auras forcément deux ou trois respirations dans la journée.

Depuis ce matin, mes petites bonbonnes à oxygène ne sont plus là. Il y en a quelques autres, des camarades de machine à café et pause déjeuner, mais c’est pas pareil, ils sont plus jeunes, pas de la même « promo », ceux arrivés en 2000 (les dinosaures, dans une entreprise où l’ancienneté dépasse rarement les 3 / 4 ans). Je me sens comme une orpheline, l’espace détente, les pauses déjeuner, ne seront plus jamais les mêmes. Snif. Heureusement, un déménagement est programmé en septembre, on échange notre tour contre une autre, à 200 m d’ici. Au moins, je n’aurais plus à supporter ces bureaux vides qui étaient ceux de mes compagnons d’armes.

Vous me manquez les gars ….

Joies de la parentalité (épisode 2.451)

Avertissement : je déconseille fortement à tous les « no-child » et autres allergiques aux nains (ceusses que l’on enfante dans la douleur, pas les personnes de petite taille) la lecture de ce post, essentiellement basé sur l’exposition fort peu ragoûtante de sombres histoires parentales de pipi / caca / popo.

Samedi dernier, nous avons (enfin) vu le dernier spectacle de Florence Foresti (initialement prévu au mois de février, et reprogrammé suite à une angine de l’artiste le 10 juillet, dans une Bourse du Travail NON CLIMATISEE), Mother Fucker.

(La chouette Margaux Motin a d’ailleurs bien bossé sur les illustrations de la tournée.)

C’était fort drôle. Déjà, Mother Fucker, c’est le petit nom privatif dont on affuble régulièrement la Reine Mère, avec mon frère et ma soeur. Ensuite, Florence Foresti et moi avons enfanté à peu près à la même période, fin 2007 (mais sa gamine est carrément moins belle que mon nain, c’est indéniable, ah ah). Elle en a fait un spectacle, moi non, certes, mais forcément, y’a comme qui dirait un vécu partagé. Les joies du parc, de la poussette qui ne se replie jamais, les lendemains de cuite devant ses enfants (Tata Kronenbourg, la jumelle maléfique de Maman, c’est moi !), les non-dits sur la grossesse et l’accouchement, autant de sketches qui font forcément écho, tout comme ceux moins orientés sur les gnomes, mais tout aussi drôles, sur les rapports hommes / femmes, la séduction, la difficulté de vieillir (et de rester digne en boîte de nuit).

De mon côté, étant donné que maintenant son spectacle est rodé depuis plus d’un an, je pense que j’aurais de la matière (et c’est le cas de le dire) à lui fournir pour un Mother Fucker saison 2 s’agissant des joies de l’enfant de 2 à 3 ans.

Les anglo-saxons appellent cela les « terrible twos », ou la 1ère adolescence (et Tonton Aldo a les recettes qui claquent), cet âge où les nains testent la solidité de leurs parents par une mise à l’épreuve permanente. Autant vous dire qu’on se marre, l’Héritier essayant de voir jusqu’où il peut aller trop loin (tiens je vais taper Maman, tiens je vais lui tirer les cheveux, tiens je vais tirer sur les couilles à Papa, tiens je vais gueuler comme un putois pour ne pas aller dormir, tiens je vais refuser de manger autre chose que des frites et du pain), et ses parents se retenant de toutes représailles puériles ou non constructives (type une bonne fessée, une grosse gueulante, une humiliation punitive).

A ce combat quotidien pour essayer de lui montrer où sont les bornes de l’acceptable (autant dire un mouchoir de poche, tellement je suis tolérante comme gonzesse), se superpose la lutte acharnée pour gagner la propreté. Car même si JE SAIS qu’il ne faut pas focaliser sur le caca et le pipi, que c’est le meilleur moyen de le bloquer au stade anal, il y a cette échéance fatale du 2 septembre, la rentrée des classes. Et le corps enseignant te l’a bien fait passer le message : ton nain, il doit être propre. Et propre ça veut pas dire que quand il voit un pot il daigne pisser dedans (ça c’est acquis), trop facile Achille. Ca veut dire :

1. qu’il identifie quand il a envie de le faire et qu’il l’exprime (pas comme hier, où il a fait la totale dans son falzar, trop occupé qu’il était à jouer dans un jardin avec d’autres nains),

2. qu’il sait se dépoiler et s’asseoir sur le pot, en insérant son tuyau DANS le pot (plutôt que d’arroser généreusement ses sandales, ton tapis en poil de yak, tes propres orteils qui traînaient pas loin de là),

3. qu’il est capable de se relever, rajuste le matériel dans le slip et le pantalon, et aller se laver les mains (plutôt que de repartir de rechef, la démarche en canard, entravé par le ben, le pouce au bec, en faisant valser au passage le pot et son contenu, bon appétit).

Et là, autant dire, comme dirait l’autre, on a de la marge de progrès bordel. Je suis donc preneuse de toutes les bonnes idées pour passer tout l’été à psychoter. Sinon, si on pouvait me filer un modèle de gosse auto nettoyant une prochaine fois, ça serait bien urbain 🙂

Arriba España !

Hier soir, j’ai regardé, comme tout le monde (enfin, comme 14 autres millions de français), la finale de la Coupe du Monde; Espagne / Pays-Bas, en compagnie de mon ibère de proximité, l’Epoux. Enfin d’un oeil, rapport au fait que la chaleur m’assommant, j’avais un peu tendance à m’assoupir, collée contre le ventilateur. Heureusement que les joueurs néerlandais étaient particulièrement putes (ou l’arbitre un poil zélé), les cartons jaunes me faisaient régulièrement lever un sourcil (outré le sourcil).

L’avantage, c’est que y’avait quand même quelques messieurs charmants à mater, notamment côté espagnol (côté néerlandais, y’en a un bien mignon, Van Persie, mais comme c’est le sosie de mon frère, ça développerait un petit côté incestueux qui ne me plaît pas).

Je ne parle pas de Pujol, n° 5, et son plat de spaghettis sur la tête (en bas à droite). (Nous jetterons un voile pudique sur le n° 15, qui pour le coup fait un peu peur.)

Ni du n° 7, Villa, qui certes est pas mal dans son genre, mais un peu lisse.

Non, moi mon kiff du match, c’était le n° 3, le défenseur Gerard Piqué. TOUTAFé MON GENRE, le Gégé, viril / poilu / yeux clairs. Passons sur le prénom fort vilain, c’est pas lui qui l’a choisi. Piqué a l’air immense à côté de ses camarades Las, quand tu vois voir les fiches joueurs, tu te rends compte qu’il plafonne à 1 m 85, ce qui est pas mal dans le foot, mais bon, c’est pas Chabal non plus. Après, le 2ème choc, c’est que sous cette barbe affolante de virilité, se cache en fait un minot de 23 balais. Bonjour la cougar sur ce coup là ….

(et la bouche lippue, elle donne envie de mordre la lèvre inférieure)

(Jolies mains en plus, très important ça, on en oublierait presque la tenue de gigolo.)

L’image forte de la soirée, ce fut tout de même le roulage de pelle intense du capitaine de l’équipe à la journaliste qui l’interrogeait. Moi naïve je me suis dit qu’il s’était bien emballé le gars, genre l’ivresse de la victoire, on ose tout (c’est pas demain qu’Anelka roulera une pelle à Jean-Michel Larqué dans l’ivresse de la victoire, et pas seulement parce que la France est trop médiocre). Mais en fait, il s’avère que la journaliste en question est aussi sa copine, ce qui rend l’exploit moins méritoire, mais j’aime beaucoup la manière dont elle se passe la langue sur les lèvres juste après.

Après, la bonne nouvelle, c’est que désormais, on a la paix pour 4 ans (pero Gégé, hombre, la bañera es tuya, cuando lo deseas !).