C’est lundi, c’est Thérapie (du sourire)

La thérapie du sourire (TdS), rappelez vous, était pratiquée par le « biscuit » (John Cage) dans « Ally Mac Beal ».

Je m’en sers très régulièrement (sans blague hein) dans un cadre professionnel et personnel. Plus ça chie dans la colle, plus je suis souriante. Mais genre méga souriante.

Comme hier, au marché, où j’attendais pour commander un poulet grillé, quand une connasse m’a tout simplement grillée (c’est le cas de le dire), moi, mon ventre (pour ça les gonzesses, c’est bien les pires putes, elles en ont rien à cogner que tu te trimbales 4 kilos de placenta et 2 de bébé), ma commande, et mon nain de 3 ans (qui est à peu près aussi patient que moi). Je me tourne alors avers elle, avec un grand sourire (TdS), et lui demande aimablement « ça va ? ça vous pose pas de souci de passer votre commande avant la mienne ? » Elle prend un air surpris (je DETESTE les mauvaises comédiennes) « ah me je croyais que vous aviez déjà commandé« . Et moi de répondre, du même ton doucereux « hé bien non, si vous m’aviez posé la question en arrivant, je vous l’aurait dit« . C’est à ce moment là que le marchand vietnamien (oui place St Louis à Lyon, ce sont des viets qui tiennent le stand poulets grillés) a diligenté son commis pour me servir avant que j’arrache la carotide avec les dents à la connasse qui se confondait en excuses vasouillardes. Les vietnamiens pratiquant eux mêmes comme des bêtes la TdS, autant dire qu’il avait vu clair dans l’échange.

(Note pour plus tard : arrêter d’aller au marché, ça ne me réussit pas. La semaine dernière, j’ai déjà failli cogner allègrement sur un vieux qui a fait mine de trébucher … en se rattrapant habilement à mon postérieur. Non mais sans blague, pervers pépère.)

Comme je suis mesquine (un peu), quand l’Héritier m’a demandé « et pourquoi la dame elle est devant nous ? » (cet enfant est très subtil) j’ai pas pu m’empêcher, je lui ai répondu, onctueuse mais à voix haute « mais parce qu’elle est pas très polie mon chéri ».

ET TOC.

Donc aujourd’hui, 1er jour d’une semaine qui s’annonce ENCORE longue (de toutes manières, quand la SNCF + la neige sont de la partie, la semaine est PAR ESSENCE longue), j’ai décidé qu’il me fallait un bon remontant.

Et comme je peux plus boire, ça serait genre un beau gars, qui serait roux ET qui porterait une belle moustache.

Voilààà. Comme lui.

Merci My parents were awesome, ce tumblr est extra.

Bonne semaine les vilains.

Forever young

Ce matin, j’étais à la fac pour donner de ma personne quelques heures de cours aux élèves de mon ancien Master. Ça m’épuise ces séances (3 heures à tenir le crachoir, face à un public généralement très passif, ça use), mais ça te permet de faire oeuvre de pédagogie et de remettre un peu ton travail en perspective, prendre du recul, de la hauteur, de la distance, toussa.

A 9 h moins 2 minutes précisément, j’arrive devant la salle de cours. J’hésite devant, la salle est éteinte, personne dedans. Je me tourne vers la demi-douzaine d’étudiants qui végètent devant, et avant que je ne puisse ouvrir la bouche, l’un d’entre eux me dit : « oui y’a un cours de Master 2 ici » (genre toi t’as l’air un peu jeunette pour avoir déjà atteint ce niveau de compétence) « mais la prof n’est pas arrivée ».

Je souris.

Jusqu’aux oreilles.

« En fait, la prof, c’est moi ».

Gros blanc dans l’assemblée. « Ah pardon, c’est qu’on a pas l’habitude que les profs arrivent à l’heure ».

Et j’ai pas pu m’empêcher, je l’ai rassuré, « ah mais c’est normal, je ne suis pas enseignante, j’interviens à titre professionnel ». (Si mon prof de père m’avait entendu alors insinuer que le corps professoral était fâché avec la ponctualité, je pense que j’aurais eu le droit à une bonne fessée.)

youhou

(Photo illustrant ma jeunesse intérieure et extérieure.)

Alors on tire des motifs de satisfaction de bien peu de choses parfois, mais force est de constater qu’à 32 ans, je passe encore TRES facilement pour une étudiante, ce que je ne suis plus … depuis 10 ans. Il y a quelques années, j’aurais été grave blasée de la méprise de ce jeune homme. Quand j’ai commencé à travailler, j’avais un gros complexe d’infériorité et de légitimité, j’avais toujours peur de passer pour la bleusaille que j’étais.

Maintenant je me dis juste qu’avec un peu de chance, je pourrais reculer jusqu’à 45 ans le temps de mon premier lifting 😀

25 novembre, journée de la jupe peut être, mais surtout de lutte contre les violences faites aux femmes

J’en ai d’abord entendu parler chez Anais, puis chez Romain.

Ni putes ni soumises appelle à une « journée de la jupe », pas plus tard que demain, jeudi 25 novembre 2010, selon le principe suivant.

Lorsque je suis en jupe, je remarque, oui, que les hommes me regardent. Lorsque je suis en jupe, je me sens femme, oui, aussi dans mon propre regard. Lorsque mes sœurs, à Vitry ou ailleurs, tentent d’en faire de même, elles se font traiter de putes. Elles bravent l’interdit en arborant trop de liberté et de féminité.

C’est de là qu’est venue l’idée de se servir des jupes comme un symbole de notre mouvement. Le 25 novembre donc, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, j’appelle toutes les françaises à porter une jupe, qu’elle soit crayon, porte feuille, mini, bouffante, plissée…comme un acte de soutien à toutes celles qui subissent le fait d’être née femme.

Aussi, ce même jour, Ni Putes Ni Soumises organisera « Toutes en Jupes », une vente aux enchères de jupes de femmes célèbres, qui ont décidé de soutenir notre combat pour les femmes. Les fonds récoltés à l’occasion de cette vente serviront à financer des « appartements-relais », projet de Ni Putes Ni Soumises et de l’association Aurore, un acteur social reconnu. Dans la continuité, des photos de filles des quartiers portant les dites jupes seront exposées et mises en vente.

J’attends que les valeurs de Ni Putes Ni Soumises de métissage et de mixité empreignent le Palais de Tokyo le soir du 25 novembre, et que cette soirée soit un bel hommage à toutes celles qui se battent, en France et ailleurs, contre les pressions de toutes sortes.

Je suis un peu dubitative.

Certes, je comprends bien que notre époque est au « buzz », aux actions un peu ludiques qui peuvent marquer les esprits, et là dessus, je vois avec bienveillance les initiatives comme celle de La Barbe, ou Osez le Féminisme. Les féministes passent trop souvent pour de vieilles réacs sans sous-tifs (non pas de lien de cause à effet, enfin je ne crois pas, je porte des sous-tifs perso et je suis assez réac), et autant essayer de jouer la carte de l’auto dérision et de l’humour de temps en temps pour sensibiliser nos contemporain(e)s que la juste cause des femmes rebute.

Mais bon, associer la féminité à une jupe … n’est ce pas un peu passéiste tout de même ? Tout d’abord, un des premiers combats des femmes a été celui du droit à l’indifférenciation ou à l’indifférence, et donc à porter … des pantalons. Revenir donc (lourdement) sur cet attribut sexué me paraît déjà peu pertitent.

Ensuite, la cause du 25 novembre, la lutte contre les violences faites aux femmes, me paraît mériter mieux que cet amalgame douteux violence / jupe / féminité. Certes, nul de l’ignore, comme le dit Ni putes ni soumises, dans les « quartiers », des femmes ne sont pas respectées, agressées ou violées parce qu’elles font affichage de leur féminité, en portant des jupes (ou des décolletés, ou du maquillage, ou juste en laissant leurs cheveux lâchés).

Mais de mon point de vue cela tend à amalgamer ce qui ne doit pas l’être. Des femmes sont encore (beaucoup) (trop) non respectées, agressées ou violées PAS parce qu’elles se sont montrées féminines, ou en mettant en avant en leurs atours sexuels / sexués (ce qui pour autant est déjà inadmissible), mais au seul motif qu’elle SONT des femmes. Qu’elles soient en jupe ou en pantalon. Cette journée a le mérite de le rappeler, 80% des femmes violées connaissaient leur agresseur. Les violences faites aux femmes ne sont pas le fait de mâles en rut irresponsables, qui n’ont pas su résister à l’attrait d’une femme en jupe. Pas seulement, et loin s’en faut. Les violences faites aux femmes ne sont pas qu’un problème de sexe / de rapports de séduction, c’est avant tout une question de respect fondamental du sexe dit faible, quand il soumis à des rapports de domination, dans le cadre du couple, du travail, des relations sociales.

Donc demain, je porterais une jupe (honteusement courte, de plus en plus courte, mais je fais pas exprès, c’est mon ventre qui la soulève chaque jour un peu plus en grossissant, le vilain). Mais comme 90% du temps.

En attendant, vous pouvez toujours signer cette pétition, les messieurs aussi bien naturellement, faute d’arborer un joli kilt demain.

(Avis aux amateurs, je SURKIFFE les hommes en kilt.)

Coeur d’artichaut

Ceux qui me connaissent le savent, je ne suis pas une grande romantique (doux euphémisme). Par exemple, je suis du genre à trouver les préliminaire chiants (au-delà du 1/4 d’heure syndical de papouilles pré coïtales). Allez y, balancez les pierres, je les donnerais en offrande à l’Epoux, il vous remerciera.

Et pourtant, j’adooore Coeur de Pirate, même que je l’ai vue en concert et que c’était chouette. Je la suis sur son Twitter, sur son Tumblr. Fan de quoi. Pour autant, lors du concert, j’étais tout de même restée un poil dubitative devant l’émoi collectif (et majoritairement féminin et pré-pubère) lors de la chanson Francis, dont le clip vient juste de sortir.

Hop.

Alors vous pouvez ressortir vos cailloux et m’en re-balancer quelques uns, mais en ce qui me concerne, les profils « romantiques tourmentés« , ça représente à peu près tout ce qui me fait fuir chez un homme, et cela depuis mes 7 ans je pense. Je n’ai jamais réussi à comprendre l’attrait que pouvaient exercer sur la gente féminine les artistes (maudits), poètes, chanteurs et autres troubadours à l’égo sur-dimensionné, à la libido à géométrie variable, et au moral souvent dans les chaussettes (sales).

Bon, je vous vois venir, vous pensez que je n’aime que les bourrins (poilus et tous musclés) qui m’attrapent par les cheveux pour me tirer au fond de la grotte avant de me prendre en levrette. Certes oui (Chabaaaal, youhou, je suis là). Mais pas que. C’est juste que pour moi, dans les rapports de séduction, il faut qu’il y ai un minimum d’interaction, de frottement (intellectuel, relationnel, bande de cochons). Je veux bien séduire, faire la roue et la danse des sept voiles (et autant dire que j’exécute vachement la dite danse), mais j’en attend un minimum en retour. Du coup, l’attentisme, l’hésitation et surtout le manque de confiance en soi, sont autant de traits de caractère (que j’assimile au profil du romantique) que je considère comme rédhibitoires et complètement débandants dans des rapports de séduction.

Tout ça pour dire que Francis, il a l’air bien mignon et sympathique, mais je vous le laisse 🙂

(Javieeeeer, youhou, je suis là.)

Pourquoi le chiraquien Baroin a-t-il été choisi comme porte-parole ?

… est une des questions que pose Rue 89 suite au (mini) remaniement d’hier.

Remaniement qui soit dit en passant, a failli provoquer un drame majeur entre l’Héritier et moi. En effet, j’avais branché la télé entre 20 h 15 et 20 h 20, heure à laquelle il a l’habitude de regarder son dessin animé du soir, et je peux vous dire qu’un enfant de  3 ans, c’est comme un papy de 80 ans, faut pas lui changer ses habitudes sans motif valable. Je l’avais tranquillisé en lui disant « ne t’inquiète pas mon chéri, le Président nous a promis que ça serait un gouvernement resserré, 15 ministres maxi, y’en a pour 3 minutes à lire la liste des heureux élus ». Autant vous que quand il a fallu écouter égrener la liste des 30 zozos, je sentais monter une certaine circonspection du côté de l’Héritier, pour ne pas dire une franche hostilité à l’égard de Claude Guéant, et ce dès la 8ème ligne environ (6 minutes 36 au total !).

Je ne peux donc d’entrée de jeu que conspuer ce nouveau gouvernement, qui 1. m’a fait mentir à mon gosse et 2. me prive à titre sexuel professionnel de mon Lolo Wauquiez, pour le voir « remplacé » … par Xavier Bertrand (maxi VDM sur ce coup là).

Mais revenons en à Baroin. A la question titre, Rue 89 apporte la réponse suivante :

On ne peut pas parler véritablement de sanction à l’égard de Luc Chatel (…)

Mais en conservant François Fillon à Matignon, Nicolas Sarkozy se devait de changer quelques têtes visibles, et en premier lieu le porte-parole. Son choix s’est donc porté sur François Baroin, le ministre du Budget qui a l’avantage de très bien passer dans les médias et de continuer à incarner la carte « jeune génération », comme avant lui Luc Chatel et Laurent Wauquiez.

Il a aussi pour lui l’expérience de la fonction : il a été porte-parole de la campagne présidentielle de Jacques Chirac en 1995, puis du gouvernement d’Alain Juppé la même année. Une étiquette chiraquienne qui aurait pu lui faire du tort. Mais Luc Chatel est bien le numéro deux de Génération France, le micro-parti de Jean-François Copé. Nicolas Sarkozy ne paraît pas s’en offusquer tant qu’ils l’assurent également de leur fidélité.

Certes.

Moi j’ai une autre explication, bien plus simple.

Baroin, il fait mouiller les culottes des filles (ce que sous-tend, mais de manière bien trop évasive la phrase « ... à l’avantage de très bien passer dans les médias« ).

Pour deux raisons,

1. il porte beau (oui, même avec une mèche un peu convenue sur le côté).

(Autant dire, rien à voir avec la tête de premier de la classe qu’il se coltinait en 1995.)

(Ou le look caleçon / mèche de ses 15 ans, vidéo mythique de l’INA.)

2. il a surtout une voix chaude et profonde, très très prometteuse (quand on pense qu’en 1995, les Guignols se gaussaient de lui là dessus, singeant un ado dont la voix n’aurait pas complètement mué …). Et ça pour un porte parole, ce n’est pas un atout négligeable. En tous cas vous pouvez faire un mini sondage autour de vous, nous sommes TRES sensibles aux voix, et le Baroin il a un organe … qui donne envie d’en connaître plus.

3. et il est fan d’IAM …

Non je déconne.

Honnêtement, le gros point noir qui ternit quelque peu son sex appeal (en dehors du fait d’être de droite, mais bon, avouons le – tout bas – les beaux mecs existent aussi à droite), c’est qu’il couche avec Michèle Laroque, et ça, c’est pas aussi anti glamour que le couple MAM / Ollier, mais tout de même …
(J’espère que vous appréciez le niveau de mes contributions comme commentatrice de la vie politique française, j’ai pas fait Sciences Po pour rien hein !)

Le spleen de la cabine téléphonique

L’autre soir, coincée dans un bouchon, je laissais mon regard errer le long des façades de l’avenue. ll était encore tôt, je ne pouvais donc pas m’adonner à mon vice favori : épier la vie des gens chez eux, par leurs fenêtres éclairées. Devant un lycée, il y avait deux cabines téléphoniques, visiblement hors d’âge. Elles m’ont fait l’effet d’une madeleine de Proust. Avant d’avoir mon premier téléphone portable (offert par l’Epoux en 1999 si mes souvenirs sont bons), j’utilisais très régulièrement des cabines téléphoniques dans les rues de Lyon, pour appeler mon petit ami de l’époque (en l’occurrence, c’était l’Epoux, hé oui, le 13 novembre cela fait désormais 14 ans que l’on partage le pire et le meilleur, soit 2 fois 7 ans de réflexion …), à l’abri des oreilles indiscrètes.

Autant le dire, j’en ai bouffé de la  cabine téléphonique.

Car depuis 14 ans, il n’y a pas UN jour où je n’aie pas eu l’Epoux au bout du fil. Pas un. Ca on en a filé de la thune aux opérateurs téléphoniques de France et d’ailleurs. Mais ce cordon entre nous a longtemps été nécessaire, nous qui avons vécu à au moins 500 km de distance pendant les cinq premières années de notre histoire. Nous en avons eu, des conversations téléphoniques, moi le plus souvent coincée dans une bulle vitrée, au vu et au su des passants. Des chouettes, des insignifiantes, des terribles. Des courtes, des longues. Des houleuses, des amoureuses. Naturellement, je me souviens très bien de certaines, homériques. Notamment celle où je suis restée 25 minutes dans la cabine en face du Mac Do rue Victor Hugo, à pleurer à gros bouillons, pendant une dispute dont je ne me souviens plus le motif. J’ai eu longtemps un côté « queen drama » dans mes conversations téléphoniques avec mon cher et tendre. Quoi de plus facile que de laisser monter le ton, de se laisser bouleverser par ses propres émotions (c’est-à-dire se monter le bourrichon, on est bien d’accord), en ayant le sentiment que l’autre ne te comprend pas, ne partage pas ta douleur. De ces années pendue au téléphone avec l’aimé, j’ai conservé une certaine aversion pour la chose (le téléphone hein, pas l’Epoux). Aujourd’hui, je préfère largement des mails, des vraies conversations, au pire une petite séance Skype. Mais voilà, en attendant, les cabines téléphoniques restent un symbole fort de mes 20 ans. Et en les voyant là, vaguement mal entretenues, visiblement peu utilisées, je me suis prise à avoir un pincement au coeur en me disant qu’aujourd’hui, ils devaient être rares les jeunes amoureux à squatter les cabines téléphoniques. (Même s’ils ne ratent de fait pas grand chose, en dehors de se coller tous seuls la honte en pleine rue, et accessoirement de se cailler les miches.)

photocabine

(Photos prises avec l’appli Photo Cabine. Réminiscence d’une autre vieillerie quasiment disparue également, le Photomaton. Là ça se voit pas, mais j’ai sacrifié mon ondulante crinière. Le verdict quand je les aurais lavés, là ça compte pas, je suis encore sous l’effet du brushing spécial « Potiche » de mon satané coiffeur.)

Les cabines téléphoniques, c’est un marqueur de mon « vieillissement » somme toute. Elles deviennent obsolètes, elles sont remplacées, par d’autres usages, d’autres produits de consommation courante. Et je me rends compte que si un jour j’ai des petits enfants (parce que l’Héritier, il pourra tout de même en croiser quelques unes je pense), il faudra que je leur explique ce qu’étaient les cabines téléphoniques et à quoi elles servaient. Je suppose qu’ils trouveront cela délicieusement suranné (ou incroyablement has been) que dans des temps anciens et reculés (les années 90, autant dire le Moyen Age quand on sera en 2040 …), leur mémé devait s’enfermer dans une boite en verre pour pouvoir communiquer avec son amoureux qui vivait loin d’elle.

Oué.

Je sais

Autant dire qu’il faut que j’arrête la bagnole, si je me prends un coup de bourdon pareil à chaque fois que je reste coincée dans un bouchon, je passe pas les quarante ans. Et je pourrais pas emmerder ma progéniture avec mes souvenirs de jeunesse. Et ça, ça serait dommage.

PS : ce soir l’Héritier est tombé sur la page ouèbe ouverte sur ce blog. Il a vu la bannière, il a dit « Oooh regarde, on dirait Maman dans son bain« .

DECONNE !!

Je suis démasquée.

De bien jolies chaussettes

Il fut un temps (que les bloggueurs de moins de 30 ans ne peuvent pas connaître …) où Patrice Cassard éditait de bien jolis tee-shirts, chez La Fraise. J’ai arrêté d’en acheter quand Patrice a vendu La Fraise (ce qui est un peu couillon, je l’admets, mais pour moi, La Fraise lui étaient associés, je partais du principe que l’un sans l’autre, ça ne m’intéressait plus).

mechante 1

mechante 2

(Sasa en 2006, avec un tee shirt La Fraise donc, ça nous rajeunit pas bordel.)

(J’aimais bien en fait cette coupe de cheveux tiens …)

Depuis lors Patrice est parti vivre en Guadeloupe (s’il m’avait consulté, je lui aurais plutôt conseillé la Martinique, parole d’experte es DOM TOM), s’est emmerdé, avant de rentrer à St Etienne, où il s’est relancé dans un nouveau projet, Archiduchesse.

Il vend donc des chaussettes. Ce qui m’intéresse bien moins soyons clairs.

En bonne fille, je porte déjà peu de tee-shirts, et encore moins de chaussettes. Déjà parce que je porte rarement de pantalons (féminine, oui, mais surtout, détentrice d’un postérieur qui m’interdit l’accès à la plupart du prêt à porter en la matière). Je porte donc des bas, des collants, oui, mais des chaussettes donc, peu … Par contre j’ai mis l’Epoux sur le coup, qui a bien apprécié, et en achète régulièrement.

Depuis que je suis à nouveau en cloques, je porte un peu plus de pantalons (parce que les collants / jupes de grossesse, c’est bof bof), et l’Epoux m’a donc fait gentiment à partir de son compte une commande chez Archiduchesse …

J’ai reçu la commande ce matin.

archi 1

Bon, rassurez vous, c’est pas tout pour moi hein ….

Y’en a une paire à la pointe de l’actu, le rouge Maison Close (j’ai réussi à charger les deux premiers épisodes, je suis joie).

archi 2

Et même que y’avait un kadal à base de chocolat (j’ai des scrupules à en faire mon goûter, c’est un peu la commande à l’Epoux en même temps …).

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Et porté, ça donne quoi, me demanderez vous ?

C’est pas mal du tout. Et très confortable.

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Modèle Bettle Jus.

De mon influence (énhaurme) en littérature

Funaise, pas plus tard que samedi soir, je disais ici (je m’auto-cite sur mon propre blog, je crois que le tour du nombril est bouclé. En même temps un nombril posé sur un ventre de 6 mois de grossesse, ça en impose, vous pouvez me croire) :

[Vincent Cespedes] vient de commettre un essai, “L’homme expliqué aux femmes” (comme je viens de terminer “La carte et le territoire“, et “Apocalypse bébé“, je pense que je vais l’acquérir de ce pas) …

Hé bien qu’apprends-je ce midi, le Renaudot va à Virginie Despentes pour “Apocalypse bébé“ et le Goncout à Michel Houellebecq pour “La carte et le territoire“.

Est ce que vous mesurez le niveau de ma grosse influence ?

Faites péter les bouquins les gens, je vous dirais à coup sûr si c’est du bankable ou pas.

Dans la mesure où il semblerait que ma copine Roselyne – Piggy – Bachelot vise le Ministère de la Culture, on peut rêver nan ?

Parce qu’à vrai dire, pour l’instant, en matière d’influence, les seules propositions que j’ai reçu c’était :

:: pour tester des jeux vidéos (sans manche, donc aucun intérêt),

:: pour participer à une campagne virale pour l’Eurostar (alors que je passe facilement 25% de mes tweets à conchier la SNCF, ça me ferait mal au derrière de faire la femme sandwich pour eux),

:: pour organiser des concours sur mon blog (déjà trop la flemme) pour des trucs érotiques / coquins (comme si j’étais du genre à oindre mon conjoint de chocolat avant nos ébats, sur notre couche entourée de bougies odorantes au bois de santal, non mais ça va pas ou bien ?).

Par contre, à titre complètement gracieux, je peux vous donner mon avis sur les deux opus vainqueurs sus-nommés.

De rien.

Donc s’agissant du Despentes, soyons honnêtes, ce n’est pas son meilleur à mon sens, surtout arrivant après ce que je considère être comme un des 10 bouquins les plus importants des dix dernières années. Le style est toujours enlevé, mordant, et réjouissant : une gonzesse qui crache un peu / beaucoup à la gueule de la phallocratie ambiante, ça n’est jamais du luxe, même dans l’outrance (et moi l’outrance, je suis globalement pour, car comme disait Desproges, « j’exagère oui, mais pas assez« ). Les personnages sont bien brossés, attachants (la Hyène, c’est tout de même un sacré personnage de fiction), et les dialogues toujours aussi bien troussés, un régal à lire. Le sujet est très contemporain (en vrac : les errements d’une jeunesse désenchantée et désoeuvrée, les dérives sectaires et totalitaires des religions dans la vieille Europe, le rance du milieu littéraire actuel, les banlieues, le machisme, …), plutôt bien traité, sauf la fin (la dite apocalypse) qui part un peu en cacahuète.

En tous cas, je pense qu’il aurait été plus judicieux de lui accorder ce prix pour le précédent, « King Kong Théorie« , qui certes n’était pas un roman à proprement parler, mais qui a posé des jalons autrement plus intéressants pour les féministes contemporaines.

Le Houellebecq (sachant que je n’ai pas lu le précédent, « La possibilité d’une île« ) est à mon sens aussi très bon (sans doute meilleur que le Despentes, puisqu’ils étaient concurrents, on peut faire la balance), même si le roman est construit en deux parties, dont une (la seconde) manque à mon sens un peu de souffle. En effet, j’ai trouvé un espèce de côté « sous Fred Vargas » (il serait content tiens, le Goncourt de se faire traiter de sous Vargas) dans la volonté de donner dans l’intrigue policière. Mais bon, la littérature policière et noire, c’est au moins un secteur de la littérature où je me sens presque légitime de ramener ma fraise, au regard du nombre de romans que j’ai lu depuis mes 12 ans dans cette catégorie.

Il reste que comme d’habitude l’écriture est précise, fine, c’est très agréable à lire, et sa vision du monde (en particulier des rapports humains, de la misère affective et sexuelle de l’homme du XXIème siècle) toujours aussi délicieusement sombre (et juste). J’ai été un peu déstabilisée au départ par le parti pris d’auto-fiction (les mauvaises langues parlent de name-dropping, mais c’est tout de même un peu plus que cela), puisque parmi les personnages principaux on retrouve lui-même (faut le faire, écrire un roman où on parle de soi, et dans des propos assez peu amènes, à la 3ème personne), Beigbeder, son éditrice je crois. Toujours est-il qu’il est un des meilleurs auteurs contemporains que j’aie eu l’occasion de lire, et à ce titre, ce n’est sans doute que justice qu’il obtienne une reconnaissance de la part de la profession. Surtout que si j’ai bien suivi les débats, il semblerait que Houellebecq soit largement connu et reconnu dans le monde entier, enseigné dans les facs, et régulièrement conchié en France … mais comme nul n’est prophète en son pays …

Tout ça pour dire qu’après avoir lu par anticipation les deux principaux romans primés de la rentrée, et une fois que j’aurais torché le Cespedes, je me demande bien ce que je vais pouvoir lire ….

Des idées ?