A l’année prochaine *

(* Bon mot de circonstance de tout VRP qui se mérite.)

Je pars donc fêter la fin de 2010 et le démarrage de 2011 en Helvétie.

On attendra donc quelques jours pour se souhaiter le meilleur (suis superstitieuse).

Soyez sage ce soir. Ou pas.

En tous cas ayez une pensée pour l’alcoolique qui entame son 8ème mois d’abstinence (et de grossesse accessoirement), entourée de flûtes à champagne pendant qu’elle sirote un jus de fraise (bouuuh).

Petite musique du matin

L’Epoux m’a offert un maaagnifique coffret Biolay pour la Noel (un lot de consolation sans doute pour avoir raté sa prestation live il y a peu), j’attends encore un vrai moment de calme pour visionner le film tourné par Laetitia Masson qui est dedans.

En attendant, je m’en lasse pas (à la différence de mon cher frère qui l’appelle Le Boulet. Tsss).

La superbe.

Lyon Presqu’île, sur ma bonne ville d’adoption. Clip calamiteux à mon sens, qui ne rend hommage ni à la ville ni à la chanson, mais bon, qu’importe le flacon hein ….

Brandt Rhapsodie. Terrible terrible terrible chanson.

Joyeux Noël !

Dans son habit de lumière, Romain Duris se joint à moi (oui Romain & moi sommes assez proches, avouons le, enfin moi, je ne serais pas contre, me rapprocher de lui) pour vous souhaiter de très bonnes fêtes de Noël.

Buvez à ma santé, moi qui aurait comme seules bulles autorisées celles d’une Buckler ou d’un Perrier (bouuuuh).

(Mangez aussi des huîtres pour mon compte, ça aussi j’en suis privée et ça va me manquer fort fort fort.)

Et HOP !

(Si tu as compris de quoi j’allais parler dès le titre de ce post, c’est que toi aussi tu es né avant 1980, et je t’en félicite chaudement. Dans mes bras, brother / sister.)

Je regarde aujourd’hui assez peu la télévision (en vrai c’est l’Epoux qui se pose en grand régulateur, quand il n’est pas là ou quand je suis à l’hôtel, je me GAVE), mais j’ai longtemps été, avec mes frères et soeurs, une sacrée fille de pub. Oué. On faisait des concours entre nous pendant les pages de pub, c’était à celui qui devinerait le plus vite quelle était la marque. Comme j’ai 4 ans de plus que ma soeur et 6 de plus que mon frère, le combat était quelque peu inégal, puisque pendant quelques années j’ai pu LIRE avant eux les dites marques.

Las, je n’ai donc plus l’occasion de regarder autant la petite lucarne (je perds déjà assez de temps comme cela sur les blogs), et surtout je trouve les pubs vachement moins créatives et rigolotes que celles qui passaient dans les années 80′. C’est ce dont je me suis souvenu samedi dernier, alors que j’étais égarée dans les allées de Leroy Merlin, poussant mon chariot et l’Héritier à l’intérieur, à la recherche de dalles en PVC pour garnir mon futur dressing de 9 m².

C’est fou le choix que tu as en matière de dalles PVC (AKA du « lino »). De 2 € / m² à 27 € / m², imitation bois, grands ou petits carreaux, de 10 à 30 mm d’épaisseur, autoadhésives ou pas, coloris à l’infini, tout un monde merveilleux s’offrait à moi.

Une poule devant une poêle Tefal.

Mon salut face à ces choix cornéliens (je sentais le chargé de clientèle que j’avais réquisitionné pour m’aider à mettre les 9 m² de dalles dans mon chariot – manquerait plus que j’accouche à Leroy Merlin parce que je porte des charges trop lourdes –  légèrement impatient face à mon air hagard), je l’ai alors du à une réminiscence pubesque, une grosse madeleine de Proust en tête de gondole : les dalles GERFLOR.

Et HOP !

Si comme moi vous aviez 8 ans en 1986 (quand je pense que ce matin encore, j’ai reçu des CV de jeunes blancs becs NéS en 1986, j’en ai encore des frissons d’angoisse) et que votre domicile était équipé du tube cathodique, vous vous souvenez nécessairement de cette pub mythique, pour les dalles auto-adhésives Gerflor.

Dans celle-ci, celui qui allait devenir le Président de Groland, Christophe Salengro, testait l’adhérence des dalles Gerflor, sur sa bite, et c’était très très rigolo (oui, à 8 ans ça m’a fait rire, et à 32 ans AUSSI). D’autres s’y sont collés (ah ah) après lui, mais c’est bien lui que j’avais gardé en mémoire.

Toujours est-il qu’une fois que j’ai découvert ces dalles là (les plus chères, of course), je n’en ai pas voulu d’autres. On peut dire que pour une campagne de pub qui a l’époque (si j’ai bien compris) était faite avec des bouts de chandelle, le ROI est maximum. En tous cas, je pense que désormais, à chaque fois que j’entrerais dans mon dressing de reine, je m’écrierais forcément « Et HOP ! »

(Ceci est donc une dalle de dressing, Moka, de chez Gerflor, 27 € le m², parce qu’elle le vaut bien, en format 60 x 60 cm. Je sais, ma vie est PASSIONNANTE actuellement.)

(Reste à savoir QUAND le dit dressing, et les quelques autres pièces LEGEREMENT impactées par les travaux, seront accessibles et vivables. Je prie pour fin janvier, mais l’espoir est mince.)

A mettre sous le sapin : Margaux Motin, David Abiker, Hugues Serraf

A J – 9, je me disais qu’il était temps de me fendre d’un petit billet pour vous recommander 3 lectures / cadeaux de Noël potentiels issus des productions de nos meilleurs blogueurs, en tous cas parmi mes préférés.

Oui c’est un peu du copinage, mais je présente l’avantage (considérable) d’avoir LU et AIMé ce que je recommande.

Honneur aux dames, et puis ensuite deux messieurs que j’aime beaucoup.

1. La théorie de la contorsion

C’est le dernier opus de Margaux Motin, il suit « J’aurais aimé être ethnologue« , qui était déjà très bien.

margaux

C’est un livre qui parlera beaucoup à toute fille active, trentenaire, avec un gnome (oh tiens …), mais pas seulement, car c’est surtout bien vu et caustique, je suis fan. Par contre, souci de fan, si vous lisez le blog, en fait, vous y découvrirez assez peu de « nouveautés ». Mais c’est pas grave, c’est pour le plaisir de l’objet aussi.

Chez Marabout, moins de 13 €.

2. Zizi the Kid

C’est la dernière production de David Abiker, pour qui, mes lecteurs assidus le savent, j’ai une flamme secrète et néanmoins vivace depuis ses années de chroniqueur dans feu Arrêt sur Images. Il a une plume fine et qui fait souvent mouche, tant quand il parle des rapports homme / femme (Le musée de l’homme), que des travers de notre société contemporaine (Le mur des lamentations).

abiker

(C’est bien David triomphant en slip kangourou dans le jardin familial, oui oui.)

Zizi the Kid parlera plus sans doute à un gars qu’à une fille c’est vrai, car il détaille, aux différents âges de la maturation sexuelle (c’est à dire quasiment dès le berceau), l’éveil aux choses de la vie (et essentiellement du sexe donc) d’un homme qui a grandi dans les années 70 et suivantes. Il reste qu’il évoque beaucoup de souvenirs proustiens qui nous parlent à tous (même si je suis pour ma part née un peu plus tard).

C’est parfois assez nostalgique, souvent très rigolo, il a très bien traduit ce côté doux amer des rapports amoureux et charnels. Au départ, j’ai été un peu déstabilisée par le côté un peu impudique (même si sans doute romancé) de ses courts récits, mais j’ai été touchée par cette petite musique très personnelle et qui me chante doucement aux oreilles ces années d’émois sensuels, petits et grands, honteux et heureux, trop vite passés.

Chez Robert Laffon, 15 €.

3. L’anti manuel du cycliste urbain

Last but not least, dirait sans doute Hugues. J’ai une affection un peu particulière pour Hugues, car non content d’arborer un crâne chauve tout à fait sexy, il est le PREMIER blog que j’ai commencé à lire et puis à suivre assidûment, il y a maintenant 6 ans de cela. Hugues est blogueur, journaliste, et accessoirement libéral de gauche et circoncis, ce qui me paraît en faire un être tout à fait recommandable (plutôt grâce aux deux derniers attributs qu’aux deux premiers).

hugues

J’avais acheté et lu « Petites exceptions françaises« , qui m’avait déjà beaucoup fait rire, on y retrouvait là aussi comme Margaux Motin pas mal de ses notes de blogs, améliorées, ce qui est également le cas de son anti-manuel. Hugues est quand même, à ma connaissance, le seul (ancien) journaliste auto à circuler … en vélo, et cela, en dépit de tous les obstacles qui se dressent sur sa route, qu’elle soit de montagne ou parisienne. Parfois, les menus combats quotidiens que mène le narrateur pour exercer son droit à pédaler me rappellent étrangement ceux que je vis pour défendre quelques positions féministes : cruel sentiment d’être un Don Quichotte (du cyclisme libre ou du féminisme assumé) en milieu hostile, ou tout du moins tout à fait indifférent.

« L’anti manuel du cycliste urbain », comme le blog et ses autres chroniques, présente aussi l’avantage non négligeable d’être très bien écrit et plein d’humour.

Chez Berg International, moins de 16 €.

Voilà pour mes petites recos du soir.

C’est pas tout, mais il me reste encore une demi douzaine de cadeaux à faire, et pas la queue d’une idée pour certains d’entre eux …

PS : cet article n’est évidemment PAS sponsorisé, vous connaissez les pratiques de la maison, par contre, je signale que le Serraf et l’Abiker m’ont été offerts. Sans contrepartie (j’ai pas couché quoi).

Télétravail & progéniture (malade), la FBI* de la semaine

(* FBI : fausse bonne idée, révisons notre Youn.)

Conséquemment à la maladie de l’Héritier (on est retournés voir le doc’ hier, rapport à la fièvre qu’était toujours pas tombée malgré forts dosages Advil / Doliprane / antibios et la nuque toujours super raide), il est toujours interdit d’école et de collectivité (à savoir la nounou et ses autres ouailles). C’est très très pratique. Conclusion : faut le garder à domicile jusqu’aux vacances.

YOUHOU j’ai envie de dire.

Lundi j’ai bien essayé de le confier à son Pépère, ça a été la cata. L’enfant malade (en tous cas le mien) ne veut qu’une chose : MOI, si possible confinée dans un périmètre de 5 ou 6 m autour de son nombril. C’est flatteur mais légèrement handicapant. Il a couiné toute l’après midi, a refusé de faire la sieste, et de se nourrir. J’ai donc déplacé mes réunions urgentes, et pris mon PC sous le bras, avec dans l’idée de faire un peu de télétravail.

La riche idée.

Mon retour d’expérience est un peu faible pour l’instant, mais je peux déjà vous dire que le télétravail avec le gnome à domicile présente quelques avantages, mais surtout beaucoup d’inconvénients.

De MENUS avantages :

:: tu n’as plus de temps de transports, voire tu peux vraiment passer plusieurs jours d’affilée sans sortir de chez toi, ce qui est fort agréable en période de gros frimas,

:: tu peux avoir un oeil sur ce que fait ton môme de ses journées (et vice versa),

:: tu n’as pas besoin de te maquiller et tu peux t’habiller comme un sac, de toutes manières tu ne vois personne, en dehors du facteur,

:: … heu, c’est tout.

De GROS inconvénients :

:: ton entourage est persuadé que si tu es chez toi, c’est que somme toute tu n’as rien à branler, et tout au moins suffisamment de temps pour te charger des tâches ingrates que eux n’ont pas le temps de prendre en charge, puisque eux sont « au bureau » (aller faire la queue dans un bureau de poste gavé de vieilles, aller faire des courses alimentaires, faire à manger à tout le mode), bref, un peu le même genre de réflexes relous que lorsque tu es en congé maternité,

:: ton enfant en particulier croit qu’il peut t’utiliser comme polochon géant pour sa sieste du matin, en position panda baveux. Ce qui est très très pratique pour taper sur le PC.

Illustration :

teletravail

:: ton frigo et les placards pleins de bouffe sont à portée de main / bouche / ventre, et ça, c’est un GROS souci,

:: la télé et ses programmes honteux d’après midi (genre au hassar le feuilleton fleuve de 3 h de M6) te tendent les bras, et ça, c’est assez tentant aussi (surtout si on le corrèle au point précédent),

:: tu es sollicitée par le sus-cité enfant pour participer à tous les « temps forts » de sa journée (faire des épées en pâte à modeler, réparer des constructions lego, faire la sieste avec lui), et c’est pas facile non plus de résister (Non chéri, maman peut pas jouer aux legos, elle travaille / Tu fais quoi ? / Un mail à des clients / C’est pas intéressant / Oui c’est pas faux, mais c’est mon travail / Viens jouer aux legos …)

:: tu risques à tout moment de te taper la honte au téléphone avec les dits clients / des collègues, pour peu que ton gamin se mette à hurler / chanter / t’appeler de plein de mots doux pendant ta conversation téléphonique.

Autant dire, le télétravail avec gnome, en un mot comme en cent, c’est la looze.

Le repos de la guerrière helvète

Je vis des moments UN POIL difficiles depuis quelques jours.

L’Héritier, comme tout enfant qui se respecte et qui se rend compte que l’attention parentale se déporte légèrement de sa personne (en l’état, la frangine arrive à grand pas ET les travaux qui ont démarré dans l’appart nous mobilisent pas mal), fait le nécessaire pour rétablir l’équilibre en sa faveur, à savoir qu’il tombe malade.

(Faites des gosses.)

Bien entendu, pas une petite gripounette. Non, une angine bien relou, à streptocoque, avec un ganglion tellement énhaurme que la tête penche de côté, que la fièvre le réveille toutes les nuits de 3 à 5 heures du matin (Mamaaan, soiiif, maaaaal), juste les nuits où tu es seule avec lui parce que le géniteur est parti en Amérique du Sud.

Sgnurf.

Cet enfant, le prochain, ou les deux réunis, auront ma peau.

Ils ont déjà eu la peau de ma soirée avec Benjamin Biolay, qui passait samedi à Villefranche, et qui paraît il était bien entendu très bien. Mais moi, j’étais incapable de laisser la chair de ma chair, brûlante et gémissante, pour aller baver devant Biolay. La fibre maternelle qui s’est développée à l’insu de mon plein gré vibre très fort au moindre pic de fièvre.

(Faites des gosses.)

Alors j’ai décidé qu’il était temps de m’accorder une petite pause salvatrice.

A base de mecs à poil. (Et tout en restant dans une zone de 10 m de l’Héritier, qui est plus accroché à moi que Jean-Luc Delarue à son rail de coco.)

(Ouate else ?)

Comme je vais peut être passer le réveillon chez nos amis les helvètes (si Dieu me donne vie jusqu’à cette lointaine échéance), j’ai trouvé ce calendrier « Paysans suisses 2011 » fort à propos (même si pas exactement dans mes standards de beauté).

Sinon, si on préfère le look et la carrure montagnard à celle des paysans, on a aussi le « Calendrier des Alpes« . Not bad du tout.

(Tatie Janine n’en perd pas une miette, la cochonne, c’est bien la première fois qu’une simple tartiflette lui apporte de tels visiteurs en caleçon …)

Mate la bête !!

Les enfants, je vous l’ai dit, les temps sont difficiles, notre appartement ne ressemble plus à rien, le temps de réaménager les pièces pour l’arrivée de la Dauphine, parce qu’on part du principe qu’un schtroumpf = une piaule (c’est notre prodigalité de bobos). Mais quelques jours à peine après le lancement des hostilités travaux, il est des configurations à venir qui permettent d’envisager quelques raisons de se réjouir.

Non, pas la nouvelle chambre rose bonbon de la Dauphine.

(Qui ne sera pas rose.)

Mais, au hasard, la constitution d’un nouveau dressing.

dressing 1

dressing 3

dressing 2

(Les artistes – plaquistes à l’oeuvre, Marco & Seb, j’ai les autorisations sur le droit à l’image.)

Bon, vu comme ça, ça n’évoque pas grand chose je suppose, mais si je vous dis que MON dressing (je dis mon, mais il est vaguement partagé avec l’Epoux) fait une surface au sol de 9 m², soit la taille médiane d’un living parisien (hi hi, un peu de cruauté ne nuit pas), là qu’est ce qu’on dit ?

Que Sasa a le cul bordé de nouilles, oué, c’est ça.

Jamais sans mon nom (de jeune fille)

Ca faisait longtemps qu’on (entendre par ON l’administration sous différentes formes, toutes nuisibles) ne m’avait pas gonflé avec ça. Mon nom de jeune de fille.

(Et je ne suis pas la seule.)

Il est établi que je suis née La Loute. Et je vais mourir La Loute (comme me l’a gentiment fait rappeler l’Héritier hier soir « tu sais Maman quand je serais grand, j’aurais plus de papa ni de maman » / « mais pourquoi mon chéri ? » / « mais parce que vous serez morts« . Merci mon grand !).

En attendant, pour un tas de bonnes raisons sur lesquelles je ne m’épancherais pas ici (un peu de pudeur ne nuit pas parfois), je suis devenue la femme de L’Epoux. En 2004. Avec donc la POSSIBILITÉ de porter son nom. Mais en ce qui me concerne, en ayant deux choses en tête : je garde mon nom de jeune fille ET nos enfants porteront nos deux noms de famille. Je tiens bon depuis 6 ans. Auprès de la banque, de la CAF, de mon employeur, et autres gratte-papiers je reste La Loute. L’Hériter s’appelle L’Epoux-La Loute, et il en sera de même pour la Dauphine (inch’allah) dans quelques semaines. C’est long mais on s’en fout. Ils ont / auront des prénoms courts.

Las, à chaque fois que je dois me frotter d’un peu (trop) près à l’administration, le bras de fer s’enclenche, je dois ramer comme un galérien pour justifier de ce nom. En ce moment, double bras de fer :

:: auprès de l’administration de l’hôpital où je vais accoucher, qui ne veut pas entendre autre chose que mon nom de femme mariée, alors que TOUTE ma paperasse est à mon nom de jeune fille (Carte Vitale, carte de groupe sanguin, etc.) Il semblerait même que l’anesthésiste me demande très bientôt de refaire ma carte de groupe sanguin (et donc les prélèvements qui vont avec), car la carte (que j’avais déjà en 2007 pour la naissance de l’Héritier soit dit en passant) est sous La Loute.

(Peut être même qu’il me privera de péridurale si je fais trop la vilaine avec ça, qui sait …)

:: auprès de l’administration bancaire, auprès de laquelle je souscris un prêt (sous mon seul nom, et pas du tout celui de mon mari), qui considère que tout doit être à mon nom de femme mariée aussi. « Parce que c’est comme ça » qu’elle m’a dit ma copine la banquière.

Je ne sais pas quelle pièce / texte de loi / argument leur opposer. Même si j’ai trouvé quelques références légales (je me vois bien me pointer avec des articles du code civil, ou un article de Maître Eolas à la banque ou le jour de mon accouchement à l’hosto). Car il semblerait que j’ai commis au moins une erreur : celle de refaire ma carte d’identité avec mon nom de femme mariée, alors qu’on peut faire sans, comme Olympe. Difficile effectivement d’en faire fi (ce qui n’est pas dans mon intention, je suis tout à fait RAVIE d’être Mme L’Epoux AUSSI. Mais pas que.)

En attendant, des fois, la tentation est grande de baisser les bras, à se dire que l’on dépense beaucoup (trop) d’énergie pour des combats d’arrière garde. Il reste que je trouve ça tellement inepte de devoir renoncer à un nom qui reste mon patronyme, de ma naissance à ma mort, que je ne vois pas pourquoi ça serait à moi de céder.

Bordel.

(Quoi je suis pusillanime ?)

« Qu’on arrête de me ramener à ma condition de femme. Bordel. »

Telle fut la dernière phrase que j’ai balancé à l’Epoux avant de me rendre compte que décidément, je ne suis pas faite pour vivre en dehors d’une activité salariée structurante. Oui, je sais, ça promet pour les 20 semaines de congé maternité à venir (oui, 20 semaines, parfaitement, je passe à l’heure européenne avant tout le monde, mon petit secret s’appelle congé patho, il démarre le 27 décembre, youhou). Mais en même temps, je le savais.

Lors de la naissance de l’Héritier, j’ai été évidemment très malheureuse de devoir le laisser à des bras inconnus alors qu’il avait à peine 3 mois. Gros spleen pendant une bonne semaine. Mais en fait, je savais qu’il en était mieux ainsi. Notamment (et principalement) pour ma santé et mon équilibre mental, et par ricochet, le sien. Car soyons clairs, au foyer, je me transforme à vitesse supersonique en dragon domestique. Sans doute parce que je maîtrise assez mal le commun des tâches ménagères. Et qu’elles me gonflent royalement, ces journées qui filent à toute vitesse, remplies de tâches peu valorisantes (mais néanmoins nécessaires à la bonne marche du foyer), et pour autant très chronophages.

Emmener le nain à l’école. Aller le chercher chez sa nounou. Y aller plus tôt (le chercher chez sa nounou) parce qu’on culpabilise, après tout, on ne bosse pas, autant essayer d’en profiter un peu pour passer du temps avec lui.

Se cogner les RDV dans les banques, administrations, leurs ronds de cuir obséquieux, obtus à toute explication rationnelle (quand on a mensualisé ses principales charges et choisi les relevés numériques, nan, on pas souvent des justificatifs de domicile de moins de 3 mois) ou à tout choix qui sorte des cases (non, je ne porte pas mon nom de femme mariée, c’est normal qu’il n’apparaisse dans aucun document officiel, et j’en veux pas dans les votres). Et qui te font ATTENDRE. Au téléphone. Dans les salles d’attente.

Aller à la SNCF. A la Poste. Attendre. Faire la queue. Sachant qu’il ne faut absolument pas compter sur qui que ce soit pour avoir un acte de compassion (ou de courtoisie) pour toi & ton encombrant chargement (un foetus de 1,6kg selon les dernières mesures prises ce matin). Nan, pareil dans les transports. Je pense qu’environ 1 personne sur 10 se lève spontanément à mon approche chaloupée (oui chaloupée, c’est grâce à la sciatique).  Et non, je réclame pas. Manquerait plus que ça tiens.

Se retrouver cantonnée à des tâches subalternes parce que tu es enceinte et incompétente sur un chantier, je crois que c’est ça ma plus grande frustration. Actuellement, le salon, les chambres sont couverts de poussière, le dressing est éventré, les WC donnent DIRECTEMENT sur l’entrée, y’a des plaques de placo partout, et des poils en bleu de travail qui s’égayent là dedans. Dans ce ballet poussiéreux, la seule contribution qui est attendue de moi : remplir le frigo, si possible fournir les ouvriers en repas roboratifs, remplir le frigo, faire la vaisselle, et les écouter causer VMC.

Bouh.

Accessoirement, pendant ce temps, on crèche chez ma mère. Sans doute pour plusieurs semaines.

Du coup, je suis presque contente de reprendre à travailler, même pour les quelques semaines qui restent. Parce qu’il est indéniable, au foyer, tu te reposes pas. Pas moi. Je bouillonne, je tempête, je donquichottise à tout crin. Vais donc retourner un peu en milieu professionnel histoire de reprendre forme humaine (au lieu de rêver d’énucléer un préposé à La Poste ou aux impôts par jour. Ou de me demander quoi faire à manger à 4 manards affamés, mis à part des pâtes et du riz.)