Mes seins sont polyvalents. Si si.

(Je m’excuse – un peu – par avance pour la recrudescence de billets concernant la grossesse / les gnomes / la maternité … en même temps, c’est à peu près 90% de mon actu – avec les travaux / aléluia les carrelages sont presque tous posés – je vais pas vous inventer des soirées frous frous et mojtos. Et c’est pas l’envie qui me manque pourtant, de boire des mojitos, bordel).

Je suis tombée hier sur un post d’Agnès Giard, qui tient habituellement un très bon blog orienté fesse que je le lis avec grand plaisir, les 400 culs. Je dis habituellement parce que là, j’ai trouvé le post particulièrement discutable (mais peut être que c’était intentionnel, en tous cas y’a eu du monde pour réagir dans les commentaires, dont moi). Dans ce post, produit à l’occasion d’un documentaire consacré aux seins qui doit bientôt passer sur Arte (Le culte des seins, le 10 février prochain, pour une fois y’aura du monde au balcon d’Arte, à n’en pas douter), elle revient sur un témoignage qu’elle semble partager dans son contenu, celui d’Hélène Bruller, co-auteur du Guide du zizi sexuel (avec Zep), que vous pouvez voir ci dessous.

Alors déjà, c’est de la pure discrimination, mais Hélène Bruller, rien que de la voir s’exprimer avec ce petit air condescendant vis à vis des « mamelles » exhibées des mères allaitantes, j’ai envie de lui claquer le beignet. Au-delà de la réaction épidermique (que l’on mettra aussi à bon compte sur le dos de mes hormones forts zélées en ce 9ème mois de grossesse), plusieurs choses me font grimper aux rideaux dans ce témoignage.

(Précisons que tout comme Hélène Bruller, j’ai un avis personnel sur la question, influencé bien sûr par ma propre expérience et pratiques, puisque j’ai allaité mon premier enfant, et compte bien en faire de même avec le second, pour autant que cela se déroule dans des conditions supportables pour le nourrisson et moi.)

:: Les femmes qui allaitent en public « se mettent à exhiber leurs pis en public comme si elles étaient totalement asexuées…« .

Alors déjà, ce ne sont pas des pis, mais des seins, et ils le restent, même avec du lait à l’intérieur. J’ai (par exemple) une bouche, figurez vous que c’est la même qui me sert à tailler des pipes à mon mari, et que l’on peut voir en public, maquillée parfois, se poser délicatement sur un verre de vin d’eau gazeuse (ouiiin), ou suçoter des olives aux anchois. Dingue non ? Hé bien pourquoi en serait-il différemment pour mes seins ? Ils sont polyvalents ces bougres (et je les en remercie). Agnès Giard rappelle à la fin de son post que cette ambivalence dans les fonctions de certains organes (la bouche en particulier) nourrissent de nombreux fantasmes. Je ne vois pas en quoi cette ambivalence serait plus lourde, délicate à gérer pour les seins que pour la bouche. Même si je me doute que l’explication psychanalytique a un fondement important (les hommes doivent avoir du mal à gérer la percussion de la représentation mammaire entre leurs fantasmes égrillards – paf paf* – et le souvenir primaire lié au temps heureux et à jamais perdu où ils tétaient eux mêmes le sein de leur vénéré maman. La maman et la putain, toussa ….).

(* Pour les béotiens, « paf paf » était le jeu favori de Tortue Géniale, pervers pépère dans Dragon Ball Z, qui secouait joyeusement sa tête entre les seins des jeunes filles qui croisaient sa route. L’expression « faire paf-paf » est resté dans le vocabulaire des trentenaires nostalgiques, qui continuent de dire « que celle là, ils joueraient bien à paf-paf avec« . De rien.)

Par ailleurs, et comme je le le faisais remarquer (à l’instar de la Fille aux Craies) en commentaire sur le blog d’Agnès Giard, l’allaitement n’est pas nécessairement un acte exhibant et militant (pour info, je goûte peu les dogmes de la Leche League, que je tiens pour un groupuscule d’extrémistes un bas de plafond, trop souvent désireuses à mon sens de vouloir éjecter le père au bénéfice du couple mère / enfant. Je caricature hein.). On peut allaiter discrètement en public, sans avoir à dégainer ses « mamelles » en nu intégral, et surtout, en demandant la permission à l’entourage proche. Les plus pudiques mettent un foulard sur la zone (car oui, les femmes voilées, par exemple, allaitent aussi), celles qui sont prêtes à sacrifier leur vie sociale pendant toute la durée de l’allaitement s’isolent dans une pièce. Pour ma part, je n’ajoute pas la contrainte à la contrainte, je ne vois pas pourquoi il faudrait s’exclure de la société (une tétée peut durer de 40 à 50 minutes pour les plus morfalous / lents) si on peut y prendre part sans gêner le voisin. La liberté des uns commence ….

:: « Montrer ses seins, pourquoi pas. Mais les montrer uniquement parce qu’on les a désérotisés, voilà qui choque Hélène. Et pour cause. Une femme devrait toujours rester un objet érotique, pense-t-elle, qu’elle soit mère ou pas. »

Non mais sans déconner. Une femme devrait toujours rester un objet érotique. UN OBJET ? peut-on poser la femme sur la commode pour qu’elle soit décorative et agréable à l’oeil ? Je suis bien persuadée (enfin je l’ESPERE) que l’on peut être mère et exercer un POUVOIR érotique (à part sans doute pendant l’accouchement, et disons les 4 à 6 semaines qui suivent, ça dépend de la capacité de récupération de chacune). Et je ne parle pas (que) des MILF. C’est la tâche (et la volonté) de chacune de conserver, à l’instar du sein, sa polyvalence. Celles qui s’effacent en tant que femmes, désirantes, sexuées, dans l’exercice plénier de la maternité le veulent bien parfois (souvent) ou le subissent, parce que victimes d’un entourage (conjoint, famille, amis …) monolithique. Là encore, tout est une question de polyvalence. Je sais quand est ce que je peux compter sur mon conjoint en tant que père (pour changer une couche par exemple) et quand est ce que je peux le considérer comme un partenaire sexuel (après avoir changé la couche et couché le petit, merci chéri). Je ne dis pas que l’exercice est aisé (mais je pense que l’Epoux m’en voudrait à mort si je racontais ici combien je le trouve à chier sur certaines tâches paternelles et éducatives), et c’est au contraire un des principaux écueils de la vie des jeunes parents. Mais arrêtons de mélanger les genres. On ne doit pas voir de l’érotisme partout, par contre il est essentiel qu’il soit présent au bon moment (avant le coït me paraît judicieux, au hasard).

Je crois que ces quelques phrases me chagrinent d’autant plus qu’elles sont énoncées par des femmes. Le combat féministe, dans la conception toute personnelle (et sans doute discutable) qui est la mienne, est notammment dans le droit à l’indifférence pour les femmes. Bien entendu que nous sommes des êtres à capacité / à pouvoir érotique. SI on veut. Et QUAND on veut. Quel est ce diktat qui nous obligerait, au prétexte que nous sommes des femmes, à RESTER un objet érotique en toute circonstance ? Je revendique mon droit à n’exercer AUCUN attrait érotique dans un certain nombre de situations. Quand je m’occupe de mon enfant, effectivement. Mais aussi dans le cadre de mon travail, des relations amicales que je souhaite entretenir avec des hommes sans qu’ils me sautent pour autant, etc. Et oui, bien sûr, je peux m’autoriser à érotiser mes relations humaines, dans certaines circonstances et occasions relevant des cas que je viens de citer. Parce que j’en aurais l’envie, le pouvoir, l’intérêt. Ca s’appelle la séduction, et c’est à géométrie variable. Ce n’est pas une gesticulation permanente à laquelle je serais soumise parce que j’ai une paire de seins. Que l’injonction de séduction, d’érotisation soit faite par des femmes aux femmes, comme cela est sous tendu par Hélène Bruller dans son témoignage et Agnès Giard dans son post, me laissent d’autant plus songeuse (ceci étant un euphémisme).

2 précisions (pour le reste, je vous laisse discuter tranquillement hein)
1. Effectivement, il ne faut pas entendre ma métaphore concernant la fellation comme une exigence de ma part à vouloir tailler des pipes en public ! Je dis juste que ça ne choque personne que je MANGE en public, alors que c’est ce même organe qui me sert à accomplir les fellations sus mentionnées 🙂
2. Concernant la Leche League, je me doutais que ce billet attirerait ses promotrices, puisqu’il est question ici d’allaitement. Je le regrette un peu quand même à vrai dire. Pour moi, les militantes de la LL, c’est un peu les Témoins de Jéhova de l’allaitement, des thèses très discutables sous un vernis de théorie bien entretenu, et un prosélytisme bien entretenu.
Mon expérience n’est que la mienne, et je ne dis pas tout connaître de la LL et de son mode de fonctionnement. Toujours est il que je me suis bcp documentée sur l’allaitement, rendue à des réunions, consulté des PMI, sages femmes, réunions d’allaitement organisées par diverses associations, dont la LL, et je maintiens mon avis, à savoir que la LL entretient une doctrine concernant l’allaitement qui ne me convient pas, car à mon sens bien trop orientée et à la limite du sectarisme. Elle fait partie de ces organisations qui entretiennent un discours culpabilisateur à l’égard des femmes et des mères en particulier. J’y reviendrais, car je suis en train de lire un essai de Sandrine Garcia sur cette dérive, « Mères sous influence ».

Edit du lundi matin 31 / 01 : deux précisions (pour le reste, je vous laisse discuter tranquillement hein)

1. Effectivement, il ne faut pas entendre ma métaphore concernant la fellation comme une exigence de ma part à vouloir tailler des pipes en public ! Je dis juste que ça ne choque personne que je MANGE en public, alors que c’est ce même organe qui me sert à accomplir les fellations sus mentionnées 🙂

2. Concernant la Leche League, je me doutais que ce billet attirerait ses promotrices, puisqu’il est question ici d’allaitement. Je le regrette un peu quand même à vrai dire. Pour moi, les militantes de la LL, c’est un peu les Témoins de Jéhova de l’allaitement, des thèses très discutables sous un vernis théorique bien entretenu et un prosélytisme bonhomme (bonne femme, ah ah).

Mon expérience n’est que la mienne, et je ne dis pas tout connaître de la LL et de son fonctionnement. Toujours est il que je me suis beaucoup documentée sur l’allaitement, rendue à des réunions, consulté des PMI, sages femmes, pédiatres, réunions d’allaitement organisées par diverses associations, dont la LL, et je maintiens mon avis, à savoir que la LL entretient une doctrine concernant l’allaitement qui ne me convient pas, car à mon sens bien trop orientée et à la limite du sectarisme sur un certain nombre d’accès. Elle fait partie de ces organisations qui entretiennent à mon sens un discours culpabilisateur à l’égard des femmes et des mères en particulier. J’y reviendrais, car je suis en train de lire un essai de Sandrine Garcia sur cette dérive, « Mères sous influence ». (CE TEASING DE MALADE !)

Publié par

SABRINA

Lecteur égaré (ou pas), je te souhaite la bienvenue chez Sabrina, blogueuse lyonnaise assidue depuis 10 mars 2005 (oui, tout ça). Ici point d'ambition éditoriale majeure (comment ça, on s'en était rendu compte ?), pas de recherche de monétisation de mes modestes et insignifiants écrits, ou de gloire wharolienne ... Juste un modeste journal de bord, tenue par une honorable mère de famille (oui, parfaitement, honorable), qui apprécie (dans le désordre) les jolis garçons (surtout s'ils pratiquent le rugby), l'auto-dérision, l'Epoux et ses taz, la mauvaise foi féminine (qu'elle pratique assidûment), la télé réalité, et la légèreté en toute chose, autant que faire se peut. Bonne lecture.

35 réflexions au sujet de « Mes seins sont polyvalents. Si si. »

  1. « une tétée peut durer de 40 à 50 minutes pour les plus morfalous / lents »
    OMG
    (et on se demande – version n°251 – pourquoi je ne veux pas d’enfant ! 🙂 )

    sinon rien à rajouter à ton texte, il est parfait.
    « est notammment dans le droit à l’indifférence pour les femmes. »
    c’est ma vision également. le monde regorge d’interdits, culpabilisations diverses et variées concernant les femmes. le féminisme doit faire attention à ne pas devenir dogmatique et c’est sa tendance parfois).

  2. J’ai bien mal habitué mon lectorat moi 😉 (cc Denis et Littled.)
    (baaaah, attendez que j’accouche, là ils seront VRAIMENT balèzes)

    @ valerie : merci, j’attends de lire le tien 🙂

    (Pour les tétées c’est 20 min par sein en moyenne oui, donc facilement 40 minutes, autant te dire que si tu peux pas allaiter au restau par exemple, tu n’y vas pas).

  3. Je découvre ton blog avec cet article et MERCI de l’avoir écrit !! (ton article, pas ton blog, enfin j’ai pas encore eu le temps de lire le reste 😉
    Je n’ai pas pu lire jusqu’au bout l’article en question tellement j’en vomissais.
    Je n’ai pas allaité ma fille mais j’aurais peut-être aimé le faire en public, ou pas, mais dans tous les cas ce genre de pensée me révolte.
    Réduire la femme à un objet sexuel, pis (!), à un animal qui exhibe ses mamelles, c’est anormal, et rien que de l’écrire j’ai envie de lui faire bouffer les siennes.

    Bon allez, on ne s’énerve pas, c’est mauvais pour le bébé, tout ça…

    Violette.

  4. Bonjour,
    je me demande (mais attention je n’ai pas lu l’article original donc je dis peut être des bêtises) si ce n’est pas le fait d’allaiter devant tout le monde qui pose problème à l’auteur de l’article. Comme tu le dis toi même notre bouche qui nous sert à nous nourrir, à boire, à parler, nous sert aussi à tailler des pipes….mais sauf erreur de ma part cette fonction là (tailler des pipes) tu ne te permettras pas de le faire devant tout le monde ^^
    Alors pourquoi devrait-on accepter qu’il en soit différemment pour les seins ?
    Le vocabulaire de l’auteur (parler de seins comme de pis est effectivement lamentable) me paru plus choquant que le fait qu’elle ne trouve pas ça normal de voir des femmes allaiter devant tout le monde

  5. Je suis tout a fait d’accord avec toi… 1-depuis qd est on des objets??? Et nous reduire a une fonction erotique !!!! Des décennies de combat féministe pour entendre ca !! Et d’une femme de surcroit ! Bonjour la régression !!
    2/laissez nous vivre notre maternité et allaitement comme on le desire
    3/et les meres qui donnent le Bib en public???!!! C pas indécent ?? Tant qu’on y est on pourrait y voir un objet phallique aussi !!!
    Et 4/ je ne sais pas comment font les autres meres mais moi je n’ai jamais sorti et exhibé mes nibards en allaitent… On peut tout a fait rester discrète. Et ceux que ca dérange ne sont pas obligé de mater !!!
    En tt cas bravo pr cet article tres bien Ecrit et pour ce blog que lis régulièrement.

  6. Bon, tu connais mon avis, mais quand même, cette Hélène Bruller, elle m’a l’air d’avoir un sacré passif par rapport à l’allaitement. Toute cette bile, c’est pas possible. Son allaitement a foiré, ou son mec a reluqué la tétée des copines, chais pas, y’a un truc.

    En plus c’est marrant qu’elle dise que ses copines abandonnent toute pudeur, parce que les miennes, elles étaient plutôt du genre à avoir envie d’allaiter cachées dans leur chambre. Ce qui leur a passé quand elles ont compris, à l’usage, l’évidence : on peut très bien le faire dans la plus grande discrétion. Oui, j’ai donné le sein devant 50 personnes en train de bouffer. Au bout de 20 minutes, quelqu’un m’a dit : « ha, mais elle mange la petite ?? » – personne n’avait rien vu.

    En petit comité, j’ai souvent demandé aux gens que je ne connaissais pas très bien si ça les gênait que j’allaite ici et maintenant. On m’a toujours répondu non. Cela dit, je demandais par politesse, mais j’aurais été bien embêtée qu’on me dise oui et de laisser tomber un apéro pour aller cacher comme une lépreuse, ce sein qu’on ne saurait voir.

  7. Une réaction en temps qu’homme, mari et père :
    1. Je trouvais ma femme aussi séduisante le jour de l’accouchement et dans les jours qui ont suivi qu’avant
    2. J’ai trouvé mignon les femmes qui allaitaient – discrètement et non de façon ostentatoire – en public restreint
    3. Je ne vois pas en quoi elles doivent demander la permission si elles le font discrètement, quand tant de fumeurs n’ont toujours pas compris que même en extérieur ça pue la clope bordel
    4. Enfin il m’est arrivé par accident de poser mes yeux sur un sein légèrement découvert pour un allaitement et même si je m’empressais évidemment de détourner le regard je ne pouvais m’empêcher d’y voir un des plus beaux actes humains et en aucun cas une provocation sexuelle gratuite (un sein qui se vide en quelques minutes peut quand même difficilement être un « objet érotisant » …)

  8. Très bon billet.

    (j’ai pas trouver meilleur commentaire parce que les gens m’ont piqué mes idées dans les autres com’ 😀 )

  9. J’avais été commenter sur l’article en question qui m’a aussi un poil interpellé, en gros non je ne trouve pas que le sein se réduise à une mamelle à ce moment là, mais la fonction vitale prend le pas sur une moins vitale et que ceux que ça gênent détournent le regard.

    Sur une note plus personnelle les périodes d’allaitement n’étaient pas celles où les seins de Mme m’étaient le plus accessibles, entre mon dégout du lait, leur monopolisation par le petit monstre et le souhait compréhensible que le reste du temps on leur foute la paix mais bon, je partageais volontiers avec mes petites princesses 🙂

    Je trouve ton article très juste et très bien tourné; je n’avais pas prêté garde à l’aspect « devoir rester un objet érotique » mais après t’avoir lue ça semble pourtant assez évident.

  10. La phrase « Une femme devrait toujours rester un objet érotique » me fait vomir.
    J’ai allaité 13 mois mon numéro 2, en public, mais sans jamais déballer le matos… en passant la tête sous le tee-shirt on voyait rien du tout… et je dis que si une tétée de bébé fait fantasmer un mec, c’est qu’il a peut-être besoin de se faire soigner…

  11. Merci, je ne suis pas un objet, dommage pour elles, qu’elles s’y collent si ça les amusent.
    Par contre, à la première réunion la leche league où je suis allée, on m’a spontanément donné un papier sur « les pères et l’allaitement », ils ne sont pas exclus du tout… D’ailleurs mon mari m’a accompagné à des réunions, il a bien aimé (toutes ces femmes objets, ah oui, non, pardon, c’est vrai). On parle des pères, du couple, de la reprise du travail, du sevrage… Enfin elles sont très normales, si si, je vous jure 🙂
    Merci pour cet article !

  12. Bravo pour ce poste!
    Une petite réponse à nrv, si je peux me permettre, à propos du fait qu’on ne taille pas des pipes en public donc parallèle avec l’allaitement (?).
    => il s’agit bien de donner à manger à un bébé qui a faim, pas de se faire lécher les seins en public par son partenaire sexuel.

  13. putain, comment que j’là retrouve sur ce post ma sasa…y avait longtemps que tu en avais pas écris un comme çà….et dac avec Denis.

  14. j’ai allaité mes deux enfants pendant 6 mois et je partage pourtant l’avis d’Agnès Giard, ça me saoule aussi ces nanas qui allaitent toutes « mamelles » dehors.
    Effectivement je tourne la tête, comme quand qq un crache un mollard dans la rue (la comparaison n’est pas ragoutante mais pour moi c’est pareil, un manque de civisme mais rien ne l’interdit).
    Pour moi ces allaitantes se complaisent dans ce rôle, elles existent enfin vraiment, à croire qu’elle découvre enfin à quoi servaient ces deux rondeurs sur leur poitrine. Alors il n’est pas question de leur ôter cette sacro sainte liberté de montrer ses seins à qui veut les voir, car je doute que tous les regards qui se posent dessus à ces moments là n’ont en tête que la mère nourricière.
    Enfin l’argument de la pipe ne tient pas la route à mon sens, car tu ne le fais pas en public ? C’est du domaine du perso, et bien c’est pareil pour l’allaitement. C’est un moment privilégié entre la mère et l’enfant un moment de calme. Maintenant comme tu le soulignes où on peut tjrs trouver des subtilités quand on est en société pour allaiter discrètement.
    Dernière chose, j’ai l’intime conviction que ces femmes allaitantes qui manquent de « pudeur » ont simplement fait le choix dans ces périodes de leur vie de n’être que des nourricière et ont temporairement ou non abandonné leur statut de femmes, d’amantes et pensent que tout le monde pose ce regard sur elles. Ce qui est évidemment faux, les autres que j’appellerai les discrètes allaitantes ou les biberonneuses n’ont pas fait fi de leur vie sexuelle pendant cette période. Mais là ce n’est juste que mon avis.

  15. Pour Mme B.
    Je vais essayer d’expliquer ma façon de voir les choses parce que je ne pense pas avoir été clair. Ceci n’est pas par rapport à l’article (que je n’ai toujours pas lu).
    Lorsque je vais faire des lignes à la piscine j’y vais pour nager et pourtant on m’interdit en tant que femme d’y aller poitrine nue alors qu’on l’accepte pour les hommes.
    De même les hommes peuvent se ballader poitrine à l’air dans certains endroits l’été, les femmes non.
    La question est pourquoi sous prétexte d’allaitement, accepteront-on quelque chose de la femme qu’on n’accepte pas quand elle n’est pas dans le rôle de mère.
    A vrai dire j’aurais tendance à militer comme certaine non pas pour qu’on cache les seins des femmes quand elles allaitent, mais qu’on accepte que la femme
    même quand elle n’est pas mère soit autre chose qu’un objet sexuel et qu’on accepte par exemple les poitrines nues aussi bien pour les hommes que pour les femmes à la piscine !
    Là il y aurait vraiment du progrès de fait sur l’image de la femme : le femme qui n’est pas mère n’est pas pour autant un objet sexuel !!!
    D’ailleurs comme beaucoup l’ont dit ici, elles allaitent en public, mais discrètement, c’est donc qu’elles sentent que cela ne se fait pas d’allaiter tout sein dehors devant tout le monde non ?
    Pour moi ce n’est pas une question d’érotisation, c’est une question de cohérence.
    Pourquoi accepterait-on qu’une femme au prétexte d’être mère et d’allaiter montre ses seins, alors qu’on l’interdit à la femme qui n’est pas mère, n’est-ce pas une sorte de discrimination ?
    Soit on l’accepte pour toutes, soit pour aucune : finalement c’est le 2 poids, 2 mesures qui n’est pas acceptable

  16. Pour nrv : Ok je comprends mieux.
    Par contre, je suis peut-être bigleuse, mais je crois n’avoir jamais vu des mères allaiter « toutes mamelles dehors ».

  17. J’aime beaucoup le billet, et je suis particulièrement fan de la comparaison de la pipe ! voilà qui est parlant !!! Celle-là je vais la ressortir, plus d’une fois si tu m’accordes les droits de copie lol

    Je suis par contre un peu interpellée par ta définition de la LLL, que je ne comprends pas, les membres que j’y connais étant des mamans comme les autres qui ne donnent des conseils QUE a qui le demandent, et étrangement, dont le conjoint est plus impliqué dans la parentalité que la moyenne. Enfin, nous n’avons peut-être pas les mêmes expériences LLL, mais j’ai tendance à tiquer sur toute formulation d’extrémisme non justifiée.

    @gretel: je crois justement que tu comprends la comparaison de la pipe totalement à l’envers, en effet, ce qui est du domaine du sexuel est ce qui se passe dans l’intimité (pipe – tripotage sexuel de seins) et cela s’oppose au non sexuel (manger, parler – donner la tétée). Je ne saisis pas tout ton discours sur la sexualité des « femmes nourricières » comme tu dis, ici, j’allaite mon dernier depuis 2 ans et demi (oh-my god, la perverse que je suis) et j’ai plein de rapports sexuels (et vas-y que j’utilise mes seins, mes fesses et ma bouche ! lol), j’ai même une vie sociale, un travail, des amis… j’ai l’air de quelqu’un de tout à fait normal ! quand à la pudeur, je suppose que chacun situe la sienne selon son vécu, son passé, son éducation, je trouve cela bien difficile de déterminer à quel moment on en manque, tout comme je ne me permettrais jamais de dire à quelqu’un qu’il est trop pudique ! un petit peu d’ouverture d’esprit et de tolérance feraient du bien à tout le monde !

    @nrv: 100% d’ac ! (si tu te présentes à la présidentielle passe moi un mail que je n’oublie pas de voter pour toi lol)

    En tout cas, merci pour ce billet drôlement interressant !!! (et merci à mentalo d’avoir partagé)

  18. Je suis très pudique et ça me gêne quand des femmes se mettent à allaiter devant moi, même si ça peut se faire très discrètement. Ça passe quand ce sont des gens proches. Je trouve que c’est un geste très intime. Moi ce qui me fait flipper, c’est comment je gèrerais ça si un jour j’allaite un enfant! Pas envie de le faire devant tout le monde!!! Mais alors le risque est de se faire encore plus remarquer (ce qui arrive souvent aux gens qui veulent se la jouer discret!). Ça m’est aussi arrivé d’entendre des remarques lubriques de vieux messieurs style « j’en mangerais bien moi aussi »! Beurk. Ça n’encourage pas!!!
    Je crois que pdt qques dizaines d’années, les médecins ont découragé l’allaitement au sein, et maintenant chacun voit cet acte de son propre point de vue (selon sa pudeur, son histoire familiale…) et qu’il n’y a pas de règle de société pour gérer cette période (en public, en présence de certaines personnes, en privé…?), et donc chacun (la mère et l’assistance) gère comme il peut.

  19. En tout point d’accord avec le fond et la forme du billet.
    Sauf au sujet des réunions et des animatrices LLL qui, ici, sont des femmes comme les autres qui aident si on en a besoin. Pour moi aussi mon compagnon m’a suivi souvent dans les réunions. Et mes enfants ont gagné à ces rencontres d’aimer les bébés et de s’y intéresser. J’y ai trouvé souvent des femmes avec qui partager, à la fois des points de vue, des manières de faire et d’être, dans un réel respect de la vie de chacune.
    Sinon, ben je totalise, pour 2 enfants, 5 ans d’allaitement. Ce qui fait une petite expérience de la vie quotidienne avec seins pouvant sortir des vêtements. Jamais je n’ai eu une réflexion ni un regard déplacé, j’ai toujours allaité de manière décontractée et tout en continuant la discussion avec mon interlocuteur si c’était le cas. De la même manière que je peux manger en compagnie de plusieurs personnes, c’est à dire mettre dans ma bouche de la nourriture et continuer à parler (enfin : quand ma bouche est vide). Et si, au début, les vêtements d’allaitement n’étaient pas encore fréquents, on peut trouver maintenant des tee shirts et autres robes très bien faits qui sont à la fois seyants, pratiques, et permettent de ne pas trop se découvrir. C’est que l’hiver il vaut mieux avoir un bon pashmina pour éviter les vents coulis…..

  20. J’ai fait un petit edit pour répondre à 2 points.

    La fellation et la Leche League (la seconde doit être flattée de côtoyer la première).

  21. Jamais vu d’endoctrinement dans les réunions LLL mais toujours je plus grand respect, y compris pour les mères qui voulaient arrêter d’allaiter. Une association qui permet de sauver un allaitement en comprenant pourquoi ça ne fonctionne plus, avec des référentes médicales qui sont disponibles. Des médecins (rares mais ils existent) compétents qui ne travaillent pas « pour la LLL » mais pour des PMI.
    Et je n’ai jamais milité pour la LLL. Juste utilisé leurs services, que je peux comparer à ceux d’autres spécialistes en allaitement, qui étaient si démunis face à mon pb, ou me proposaient des solutions inadaptables à mon cas….
    Nulle doctrine ni sectarisme. J’ai vu aux réunions des papas, des grand-mères qui n’avaient pas allaité, des mamans avec biberon. Dans le partage et le respect le plus grand.
    Taper sur une association alors que l’allaitement est encore une grosse minorité dans la pratique de nourrissage des bb, et dans un article qui défend les seins, ça me semble un peu contre productif, non ?

  22. @ Raquel : je disais simplement que l’argument peut être justement pris à l’envers, mais m’expliquer que je n’ai rien compris et ensuite inviter à l’ouverture d’esprit et à la tolérance, voila qui est une preuve de la grande intelligence dont tu sembles te targuer. Maintenant les détails sur ta vie sociale et sexuelle (grand bien te fasse) sont une marque d’une certaine vantardise, tout comme faire de ton expérience une règle.

  23. @lyjazz : ton expérience de la LL peut être diffèrente de la mienne, ce qui me semble être le cas. Et si je les ai trouvés doctrinaires, c’est justement en comparaison d’autres interlocuteurs que j’ai pu avoir.
    Par contre dire que l’allaitement est une pratique minoritaire me semble exagéré. Je retrouverais les chiffres, mais on est au moins à 50% je crois.

  24. @gretel: oui, j’ai bien compris que tu prenais l’argument à l’envers, et à mon sens, il n’a plus de logique pris de cette forme là. Cela dit je ne t’ai pas « expliqué », j’ai dit ce que je « croyais », et j’ai essayé d’argumenter mon point de vue. Et je ne pense pas que dire à quelqu’un qu’il me semble que son raisonnement soit erroné soit contraire à la tolérance 🙂

    Quand à mes « détails » sur la vie sexuelle, il n’avaient pour but que de servir de contre-exemple à la vision que tu semblais avoir sur les femmes allaitantes, et je ne me permets d’affirmer que ce que je connais vraiment, c’est à dire mon cas, loin d’en faire une règle (jamais je n’ai affirmé ni suggéré telle chose) je n’avais pour ambition que d’infirmer une règle que tu avais toi-même établie. Quand à la vantardise, je peux comprendre que tu ais lu mon message sur ce ton, difficile de ne pas interpréter la tonalité de l’écrit selon ses propres sentiments, mon but était plutôt de jouer la carte de l’humour, comme défense aux idées reçues (que tu es loin d’être la seule à avoir).

    Bref, ce que je veux faire passer comme message, plus ou moins adroitement, est que non, les femmes allaitantes ne sommes ni exibitionnistes, ni perverses, ni temporairement assexuées, et très sincèrement, je ne me permettrais pas de faire des déductions sur l’intimité de quelqu’un ou sur tout autre aspect de sa personne, en ne me basant que sur le fait qu’elle allaite ou non son bébé (je ne l’ai d’ailleurs jamais fait).

    Cela dit, je te remercie d’avoir pris la peine de réagir à mon message, c’est toujours plus interessant d’échanger lorsque les points de vue sont différents, j’espère simplement que si cet échange doit continuer (chose qui me ravirait) nous serons capables de le faire sans étiqueter l’autre (ni de vantarde, ni de quoi que ce soit) 🙂

  25. @la fille aux yeux couleur menthe à l’eau : Me v’là ! Les ménagères ont donné le lien, elle !
    Pardon Sasa, je discutais avec ma copine, enchantée.

    Excellent billet !
    Je ne vois toutefois pas pourquoi il faudrait surtout demander la permission à son entourage proche pour allaiter. (???)

  26. @ La Mère Joie : ouèlcome, mi casa es tu casa.

    Concernant « l’autorisation » d’allaiter en public, je suppose que c’est une méthode pour désamorcer les regards en biais et les soupirs exaspérés.

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