Pénétrations multiples et purée en sachet

Ceci étant destiné à être le 2ème post de suite concernant la publicité, faut que j’en tire les leçons qui s’imposent.

Je suis en train de devenir le prototype de la femme au foyer qui fait son ménage, sa lessive et sa popote avec la télé allumée en guise de compagnie. D’un autre côté, c’est pas de ma faut si le programme de France Inter est indigent à certaines heures de la journée (j’aime trouver des victimes expiatoires à mes propres turpitudes, c’est une remarque que me fait souvent l’Epoux).

(C’est JAMAIS de ma faute, il y a toujours des tiers responsables. Si ça se trouve je ferais un bon assureur.)

Mais je m’égare.

Je découvre, après le massacre de la flotte anti constipation, une autre pub à la mélodie entêtante.

La pub MOUSLINE, que voilà.


Nouvelle publicité TV Mousline (Maggi)

Insupportable non ?

Sauf que, si comme moi, vous êtes fan d’Elmer Food Beat (OK, on doit pas être pléthore. OK, je suis sans doute la seule), vous avez FORCEMENT reconnu l’air d’un de leur tubes INOUBLIABLE, La grosse Jocelyne.

Si, rappelez vous, la grosse Jocelyne, c’est ça.

C’est assez génial non ?

Autant vous dire que quand j’ai fait le lien MOUSLINE / JOCELYNE, je suis partie au quart de tour, emballée dans une nouvelle diatribe incendiaire contre les pubeux (diatribe qui avait lieu uniquement dans ma tête, je vous rappelle que je passe mes journées avec un nourrisson de 6 semaines, que je chéris de tout mon coeur, mais qui n’en a vraiment que foutre de mes émois anti pub) : « non mais sans déconner, ils se croient malin, ces pubards de mes deux (j’ai le monologue intérieur assez vulgaire), à reprendre des chansons d’Elmer pour illustrer leurs pubs moisies. Et t’imagines, quand tu connais les paroles d’Elmer, le plaisir pervers à mettre cette musique paillarde dans la bouche d’enfants innoncents, gna gna gna. »

J’ai donc commencé à taper deux trois mots clefs dans Gogole (l’Internet mondial m’a encore sauvé), pour préparer cette petite note, quand je suis tombée sur ça …


Pub : Purée Mousline par tartenpion333

Voilà voilà voilà.

L’antériorité n’est donc pas celle que j’avais envisagée.

Je m’excuse de mon emportement injuste (même si très intériorisé) vis à vis des commissionnaires de la pub. Elmer, canaillous va 😀

(Y’a pas à dire, rester au foyer, ça ne me réussit pas sur tous les plans.)

Woo Hoo.

Ce n’est pas une marque de flotte qui fait faire caca plus mou mais Quentin Tarantino qui nous a fait découvrir cette chanson (dans Kill Bill 1).

Je voulais juste remettre les choses à leur place.


The 5.6.7.8’s – Woo Hoo par Consommateur_74537

(Et me venger UN PEU, parce que ça fait une semaine que j’ai cette chanson vaguement répétitive dans la tête, et c’est assez pénible.)

(Woo Hoo. Wooo Hoooooo. Wooooo Hoooooooooooo.)

(Quand je pense qu’à cause d’un pubard mal inspiré, cette chouette chanson risque désormais d’être associée à celui du soulagement de l’émission d’un joli caca post constipation, je suis un peu chagrin tout de même. C’est un peu comme Femmes je vous aime de Julien Clerc et les serviettes périodiques. D’ailleurs, en parlant de serviettes périodiques et de pubs chagrines, j’ai découvert hier qu’une marque offre pour l’achat d’un paquet de serviettes … un livre. Sans déconner.)

(Oué j’ai des motifs d’émoi discutables. Le Japon son tsunami, sa centrale nucléaire, la Libye, menu fretin à côté des violations permanentes au bon goût des publicitaires de France et de Navarre.)

(Et encore, je vous épargne une diatribe sur les pubs radiophoniques de France Inter, peu nombreuses certes, mais particulièrement irritantes. On a bouffé de la noix de Grenoble pendant des mois, ça a été pénible. Après on s’est fadé la campagne sur la détection du cancer colorectal, « Le plus souvent dépisté à temps, ce cancer n’est pas méchant », rime riche n’est ce pas ? Et là, on est passé à une pub pseudo érotique sur le champignon de Paris, surréaliste à force de nullité. Mais j’ai dit que j’en ferais pas un fromage.)

(Ce qui me fait penser qu‘il y a quelques temps, une précédente campagne jouait déjà sur un humour un peu douteux.)

(C’est sympa toutes ces parenthèses non ? c’est pour souligner la futilité de mes propos.)

(Car je prépare un post plus sérieux en fait, mais bon, rien qu’en l’écrivant, je me suis plombée toute seule, alors il attendra un peu, j’ai dit.)

Un bar à vin – à Lyon – qu’il est bien : la Bouteillerie

La Bouteillerie, mes enfants, c’est un bar à vins qu’a ouvert un ami cher à mon coeur, Christophe, AKA Tonton Kiki pour l’Héritier. Après avoir eu plusieurs restaurants à Paris, et avoir exercé comme sommelier à Annecy, il a ENFIN choisi de s’installer dans notre bonne ville de Lyon il y a quelques semaines, au 9 rue de la Martinière, dans le 1er, juste à côté du mur peint des lyonnais, au pied de la Croix Rousse et en face du lycée de la Martinière.

C’est (objectivement) un très chouette endroit, chaleureux, cosy et sans prétention. Il l’a refait à neuf et l’a installé à son image.

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(Regardez pas trop les prix les parisiens, ça va encore vous faire de la peine …)

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(comment je vous ai chiadé les photos, chuis trop fière)

Le concept est simple. plein de bons vins, des pas chers et des bien moins chers, choisis avec amour et soin, et pour lesquels Christophe vous conseillera sans chichis. Vous pouvez consommer au verre ou à la bouteille sur place, ou acheter pour emporter à la maison.

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Et si vous restez déguster sur place, vous pourrez accompagner votre jaja d’une assiette de charcuterie, planche de fromages, ou autres petites tartes mitonées dans l’arrière cuisine. Accessoirement, vous pouvez m’y croiser (l’argument de vente POURRI). Vraiment, le seul point noir de l’endroit (en dehors que c’est pas facile de s’y garer), c’est que le proprio a des goûts musicaux tout aussi douteux que les miens. Genre il écoute souvent Mylène Farmer …

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Même la Dauphine y passe de temps à autres, incognito 🙂

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La Bouteillerie

9 rue de la Martinière

Lyon 1er

Y’en a vraiment qui foutent pas lourd …

… disais je en illustration de cette photo (ça vous manquait une photo de la Dauphine non ? promis je vais me calmer. Peut être.).

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Les journées passent à toute vitesse (la phrase que te sortent toutes les femmes au foyer et les retraités, ah ah). Depuis hier, la Dauphine a donc un mois. C’est passé en un clin d’oeil, et à la fois j’ai l’impression qu’elle a toujours été là.

Je commence à repenser à ma vie d’après, d’après le congé maternité plus précisement, avec notamment une décision que je mûris et que j’ai du mal à prendre, celle de réduire mon temps de travail. Travailler moins pour gagner moins (la CAF n’ayant pas la prodigalité que j’avais pu imaginer dans le cadre d’un congé parental).

C’est à la fois tentant et effrayant. Tentant bien sûr, parce que du temps en plus, pour moi, les enfants, ça devrait être chouette. Effrayant parce que je suis pas sûre de totalement assumer, le temps en plus, l’improductivité vis à vis de mon employeur (mon côté bon petit soldat, on se refait pas), le fric en moins (oui parce que je travaille pour l’argent AUSSI), la répartition entre le temps pour moi (égoïste) et pour les enfants (la mère indigne qui ne s’assume pas comme telle).

C’est compliqué, voilà. Et comme j’ai pas grand chose d’autre (à part les tâches maternelles et ménagères) pour m’occuper l’esprit, ben je cogite. Beaucoup.

Confession du lundi

Hier, fête, joie, je suis allée au cinéma ! Ouééé.

Voir « Animaux et Cie« . Hoooo. (Mais en 3D).

(Petite résonance vis à vis de la blague des carottes et des bonnes soeurs. C’est au couvent, la mère supérieure annonce le repas du soir. « Des carottes ». Hurlements de joie dans l’assistance (Ouéééé). Elle ajoute « Râpées« . Consternation de la même assemblée (Hooooo).

(De rien.)

C’est ça ma vie actuelle, vaguement mono-centrée (non rien à voir avec les carottes). Les enfants. Les enfants. Les enfants. Je râle, je peste et tempête, je déteste être monotâche, surtout quand cela s’assimile à la vie d’une femme au foyer. Mais je suis incapable de faire autrement. Parce que je suis encore (et toujours) poursuivie par ma culpabilité de mère active : le (court) congé maternité auquel j’ai droit, il est pour les enfants. Point barre. C’est le temps qui m’est imparti pour nouer des liens privilégiés avec la chair de ma chair, et il ne faudrait pas que je le gâche. Genre en allant voir des films de « grand » au cinéma.

J’ai donc tiré mon lait avec ma trayeuse de compète (la KITETT, je vous jure que c’est comme ça qu’elle s’appelle, et même qu’elle a mauvaise réputation, la vilaine), failli pleurer en découvrant la maigre production (40 ml) au bout de 20 minutes de pompage de mes nibs éreintés (je ne vais pas m’apessentir sur le déroulement laborieux de l’allaitement, mais bordel de couille, faut avoir la foi mes enfants), et emmené n°1 voir son premier film en 3D et sur grand écran (il est déjà allé avec l’école, mais ça compte pas, là c’était avec MôMAN).

(Un jour, j’apprendrais à faire des phrases courtes et mieux séquencées. Un jour.)

Le pitch d‘ »Animaux et Cie » est assez en phase avec l’actualité cataclysmique : les animaux de la savane se retrouvent dans la panade totale, privés de flotte, et donc au bord de l’agonie. Une rapide enquête révèle que c’est la faute d’une sale race, l’humain, qui a construit un monstrueux barrage pour se payer un hôtel rutilant avec piscine et golf. Un groupe d’animaux se constitue en armée révolutionnaire pour mettre fin à cette spoliation. Parmi les animaux, un suricate couillon mais attachant, un lion courageux, philosophe et végétarien (s’appelle Socrate !), un couple de tortues 7 fois centenaires (je vais y revenir), un ours polaire, un diable de Tasmanie pétomane (je vous laisse imaginer le nombre de gags à base de prouts toxiques), et un coq, Charles, arrogant et prétentieux, qui se prend pour le patron, et qui est évidemment … français (et malicieusement doublé par un imitateur de Jacques Chirac, c’est pour faire la blagounette aux parents qui subissent le film avec leur progéniture, je suppose). Autant vous dire qu’on est LOIN de « Black Swan » ….

Donc je suis tombée sur LE film pour enfants écolo de l’année, et on m’avait rien dit … Toujours est il que l’Héritier a bien aimé, même si ça lui a déclenché une bonne demi heure de questions encore bien chiantes pointues auxquelles j’ai du répondre en rafale. Et moi (attention SPOILER, et confession du lundi à la fois) j’ai même pleuré quand les tortues 7 fois centenaires meurent, après s’être fendues d’un discours écologiste poignant (c’est surtout Winifried d’ailleurs qui s’y colle), sur ce salaud d’humain qui se croit tout permis sur cette Terre qui n’est pourtant pas qu’à lui, bordel (je résume hein).

(Voici Winifried et Winston, les tortues amoureuses.)

C’est beau les hormones. Ou la fatigue. Ou les deux.

(D’ailleurs, au rang des questions de l’Héritier, est ressortie celle du « mais c’est QUAND que vous serez morts Papa et toi ?« . Alors je lui ai confié que je supporterais sans doute pas son père pendant encore 685 ans, rapport que ça fait déjà 15 ans que nous regardons ensemble dans la même direction l’horizon rougir sur une mer d’huile, enfin à peu près, mais qu’on avait encore UN PEU de temps pour s’y préparer. Inch’allah.)

Sinon, pour de vraies images qui donnent AUSSI envie de pleurer sur le sort de ce monde pourri, on peut aller sur Boston Big Picture, ici et .

Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer celle qui m’a faite pleurer (comme ça, on équilibre avec les tortues).

(Pauvre petit bonhomme.)

Sur ce, je vous laisse, j’ai les seins qui se sont remplis on dirait, je vais aller tourner autour de ma fille voir si elle a pas envie d’un casse dalle. (Putain d’allaitement à la demande.) Sinon j’irais faire du gringue à mon KITTET. Youhou.

Ambiance à l’africaine

Non, l’ambiance est pas vraiment à l’africaine à la maison.

Avec un nourrisson qui passe à dormir les heures où il n’est pas en train de manger, c’est plutôt cocon feutré au niveau de la musicalité. J’aime bien à vrai dire. Déjà je suis chez moi, après 3 mois de travaux, et même s’il reste encore (beaucoup un peu) de rangement à faire, c’est déjà cool d’être chez soi. Enfin en l’occurrence un chez soi qui a pas mal évolué (faudra que je fasse une séance photo avant après à la Valérie Damidot tiens …), et dans lequel il faut trouver ses marques. La découverte du nourrisson, si elle est totalement inintéressante d’un point de vue narratif pour qui n’est pas un minimum concerné par la chose, est un vrai régal pour moi. Je me repais de ma fille, à observer ses traits (fins), ses mimiques d’éveil et de sommeil, de plénitude (après avoir mangé) et de mécontentement (avant d’avoir mangé), à caresser ses joues rondes et lisses, à renifler son cou, ses plis, ses cheveux (abondants, comme vous l’aurez remarqué). Je retrouve les émerveillements béats et gâteux d’il y a trois ans, notamment ce plaisir de la voir chaque jour changer et grandir, être un peu plus éveillée au monde. Là, le truc TROP CHOU du moment, c’est de voir sa trombine spéciale Christophe Lambert. A savoir un air pénétré, sourcils froncés, oeil sombre, étrangement ressemblant avec les meilleures mimiques simiesques du mec à Sophie Marceau période Greystoke, et qu’elle adopte systématiquement … quand elle est en train de couler un bronze ….

(Oui j’illustre mon billet avec une photo de Lambert plutôt que de la Dauphine en situation, c’est au cas où elle me ferait un procès dans 15 / 20 ans. Par contre, si vous voulez voir de belles photos d’elle, enfin au moins une, Hélène a encore sévi récemment … :))

Le truc moins chou, c’est la gestion de l’aîné, qui a désormais quelques signes latents et bien pénibles à gérer de jalousie (caprices, crises de larmes, mauvaise humeur, insolence et désobéissance, j’en passe). Il faut que de mon côté je sois capable de faire la part des choses. Car certes il y a l’émerveillement lié au nouveau bébé, à côté duquel le « vieux » bébé perd en charme et en mignonitude, mais que je ne dois pas lui faire payer non plus. Pas évident à vrai dire de gérer au quotidien ces contrastes et contraintes, que nous soyons en période de vacances scolaires n’a pas aidé non plus. Il est plus souvent à la maison, et il voit que sa sa mère (malgré ses efforts) s’occupe moins de lui, a des regards énamourés pour une autre que lui. Ca l’énerve, ça doit sans doute le chagriner. Je suis donc partagée en permanence entre exaspération (face à ses gestes brutaux, ses colères et caprices) et l’attendrissement (avec l’envie de le prendre dans les bras et de lui murmurer tout bas qu’il sera toujours mon premier bébé, ce que je fais quand je vais le voir la nuit).

Voilà pour la note d’ambiance familiale et maternante.

Entre les gagateries à la seconde et les sanctions éducatives au premier (« tu ne verras pas de dessins animés, fallait pas enfoncer tes doigts (sales) dans les orbites (fragiles) de la petite soeur« ), tout doucement, le « reste » de la vie reprend ses droits. Je repense au boulot (enfin plus précisément aux solutions pour y retourner le plus tard possible), aux fringues (puisque dès que je n’allaiterais plus je pourrais m’habiller à peu près normalement, rapport au fait qu’il semblerait que mes 10 kilos pris pendant la grossesse se soient déjà évaporés), aux copines (j’ai réussi à faire une 1ère sortie nocturne avec la petite en écharpe), aux vacances (de printemps, d’été, j’en VEUX plein). Et quand au détour d’un zapping un peu mou je tombe sur la dernière chanson de Magic System, je me prends à rêver et me souvenir de cette (autre) vie où je bois des mojitos en secouant mon derrière (d’africaine) sur des musiques syncopées. Pour bientôt. Mais pas trop vite.

Carpe Diem.


Magic System – Ambiance à l’africaine par EMI_Music

Deux femmes

Ayé, la Journée des Droits de la Femme est derrière nous, on peut reprendre une activité médiatique, bloguesque et twitteresque normale, où cette « minorité » opprimée est mise en valeur, pour mieux rappeler sa précarité et son asservissement (parfois volontaire). Je n’ai pas apporté mon obole à cette figure imposée (oui, apporter une obole à une figure, ça paraît compliqué, c’est une licence poétique dirons nous), et pour cause. J’emmerde à peu près la Terre entière avec mes positions féministes 364 jours par an, je peux bien faire relâche un jour par an, histoire de laisser place au bal des faux culs et des biens pensants, qui viennent à se rappeler UN JOUR PAR AN qu’effectivement, la moitié (non velue) de l’humanité vit toujours dans des conditions dégradées et dégradantes par rapport à leur pendant couillu (ah ah, le pendant, couillu, c’est drôle non ?).

Alors pour en finir avec cette mascarade, on retourne lire Benoite Groult, « Ainsi soit elle« , et on s’instruit, merci.

J’ai reçu quelques photos toutes jolies d’un ami qui est passé à la maison avec sa petite famille le WE dernier rencontrer la Dauphine (coucou les Duj’). Il prend toujours de jolis clichés tous simples, c’est d’ailleurs lui qui avait été préposé aux photos de notre mariage, en « doublure » de notre photographe officiel et rémunéré, et à revoir les photos (bientôt 7 ans, bordel), on fait toute la différence entre les photos prises par un pro, donc nickel mais assez impersonnelles, et celles prises par un regard bienveillant.

Merci Louis !

(Oué, en plus il s’appelle Louis, ou presque.)

au sein

mere et fille

emmanuelle

(Fauteuil dessiné par Inga Sempé, Ligne Roset, ressemblant ON SAIT à celui d’Emmanuelle, mais en hachement plus confortable, dans lequel je trône un nombre considérable d’heures par jour – et par nuit – pour satisfaire aux exigences de l’allaitement à la demande, cette grosse arnaque.)

1 / 83

J’ai découvert via un billet de Koztoujours qu’un débat législatif, était en cours concernant les DPN (diagnostics pré nataux) et leurs conséquences. (Attention, billet hyper fun à suivre.)

Pour ceux qui ignorent les joies connexes à la fabrication d’un enfant (parce qu’il suffisait de semer la petite graine pour ensuite regarder son ventre pousser pendant 9 mois, la vie serait belle), il faut savoir qu’être enceinte en France conduit à être plus suivie médicalement que Contador pendant un Tour de France. On peut le regretter, être contre, personnellement, j’applique de longue date la stratégie dite de l’imbécile (c’est une appellation non homologuée hein). A savoir que je pars du principe que je suis incompétente en matière médicale. C’est relativement avéré comme axiome : j’ai arrêté les sciences nat en fin de 3ème, et j’aurais du mal à expliquer précisément le cycle menstruel de la femme (allez y, balancez les cailloux). En conséquence de quoi je consulte le corps médical quand le besoin s’en fait sentir (là par exemple, j’emmène la marmaille demain chez le médecin, on est tous malades, saloperie d’hiver qui n’en finit pas), et dans le cadre des suivis qui me sont proposés (grossesses, suivi pédiatrique, gynécologique, …), je me conforme à ce que les médecins me recommandent / me prescrivent. Je ne m’interdis pas quelques questionnements tout de même (imbécile certes, mais pas complètement teubée non plus), histoire parfois de savoir pourquoi tous ces vaccins par série de douze entre 3 et 36 mois, ces examens dispendieux (à quoi ça sert / comment ça marche / cékiki paie), mais globalement, je suis jamais dans des positions de refus, et moins encore de discussion doctrinaire. Je ne passe pas des heures sur des sites à comparer les vertus de tels ou tels traitements sur la base d’avis d’internautes hautement qualifiés (« pas besoin d’aller voir ton gygy, pour ton infection urinaire, arrose toi la foune de coca cola, ça assainit tout, je te jure, ma cousine le fait, ça lui sert aussi de contraception« ), je ne prends pas 12 avis médicaux (et de toutes manières, que je le demande ou non, la Reine Mère me donnera le sien, d’avis, et c’est bien connu, ELLE SAIT). Je me « contente » de choisir des praticiens suffisamment empathiques et pédagogues (c’est déjà une sacrée gageure), et roule ma poule (voir les bons conseils de La Peste et de Daria pour choisir un gynéco, le meilleur ami de la femme).

Au cours du 1er trimestre de grossesse, parmi la myriade de tests obligatoires, il y en a un qui est FACULTATIF. Il permet, sur la base d’une analyse sanguine (et de la prise en compte de facteurs poids / âge …), de calculer la probabilité que votre foetus soit porteur d’une trisomie 21. C’est le DPN le plus couramment proposé, en dehors de ceux qui pourront être déclenchés du fait de pathologies héréditaires présentes dans votre environnement familial (là on est tranquille, à part le syndrome Berthe aux grands pieds, et une tendance à l’alcoolisme mondain après 21 ans, on est en bonne santé par chez nous). Sur la base de ce résultat (qui n’est qu’une probabilité donc, et pas du tout une détermination avérée), il sera éventuellement possible de procéder à des analyses plus poussées, à savoir une amniocentèse (prélèvement de liquide amniotique, examen qui représente un risque assez significatif de fausse couche), pour établir avec certitude le caryotype du foetus, et savoir s’il est normalement doté d’un point de vue chromosomique. Ou pas. Cet examen est systématiquement proposé après 37 ans (l’âge étant un des principaux facteurs de risque), et dépend donc de votre volonté avant cet âge (canonique du point de vue gynécologique), et donc des résultats du calcul de probabilité.

En 2007, je m’étais soumise à ce test, avec « succès », puisque conformément à mon (jeune) âge, le test avait donné un risque de 1 / 2000 de donner naissance à un enfant trisomique. Je n’avais pas donc eu à subir une amniocentèse (on la pratique généralement quand le risque est supérieur à 1 / 150 ou 1 / 200). En septembre 2010, pour ma 2ème grossesse, on m’a également proposé ce test, et je m’y suis à nouveau soumis. Sauf que. Sauf que cette fois le test est revenu avec une probabilité de 1 / 83. Ce qui est très élevé. Anormalement. Et justifiait que je puisse prendre la décision de me soumettre à un examen plus approfondi. BOUM, j’ai envie de dire. C’est alors que je me suis confrontée aux limites de la pédagogie et de l’empathie de mon praticien. Qui s’est certes fendu d’un coup de fil (plutôt que d’envoyer son assistante). Mais qui a expédié l’affaire en moins de 3 minutes. Cette conversation de septembre dernier, je crois que je peux la restituer, mot pour mot.

Lui : « Mme Laloute, Votre test trisomie 21 est revenu avec un taux de probabilité fort. »

Moi : « Ah. De beaucoup ? »

L :  » 1 / 83. Vous devriez être autour de 1 / 600 maximum. »

M : « Oh. »

L : « On pratique une amniocentèse, le x/09 si vous êtes disponible au matin, vous venez à l’hôpital »

M : « Ah. Et que me recommandez vous ? »

L : « Ben si on a fait le test, autant aller jusqu’au bout maintenant. »

M : « D’accord. A vendredi alors docteur. »

L : « Au revoir. »

C’était un lundi, et ça m’a laissé sans voix.

Le vendredi, jour de la rentrée scolaire de l’Héritier, j’allais me faire prélever un peu de liquide amniotique (3 à 5% de risque de fausse couche, j’ai signé la décharge). Petit truc en plus qui a rendu la démarche encore plus glauque, le prélèvement s’est fait dans une salle de travail de la maternité. Là où d’autres étaient en train de donner la vie, j’allais faire des analyses qui me permettraient peut être de ne pas la donner. Très pénible. Très.

Il a fallu quasiment un mois pour obtenir les résultats fermes, qui ont confirmé la présence d’un « embryon sans anomalie chromosomique décelable ». Un TRES LONG mois de septembre, pendant lequel il a été bien difficile de vivre cette grossesse sereinement, suspendue par cette lourde épée de Damoclès, et alors même que je commençais à sentir la Dauphine bouger. Car pour nous, comme pour la majorité des couples dans ce cas, si j’en crois les sources de Koztoujours, la décision était prise par avance, par principe, avant même de nous soumettre aux premières analyses : nous n’aurions pas poursuivi une grossesse avec un foetus atteint de trisomie. C’est à la fois simple et compliqué comme postulat. Dans tous les cas, c’est une décision difficile à prendre, et je suis rétrospectivement très heureuse de ne pas avoir eu à la prendre.

Pour autant, quand j’ai découvert via Koztoujours les termes du débat en cours à l’Assemblée Nationale, j’ai été moi aussi choquée par cette proposition de rendre systématique l’élimination des embryons « anormaux ». Pour d’autres raisons que celles citées dans l’article, parce que je suis LOIN de partager les thèses et croyances des « pro vie », et je considère comme particulièrement sectaires les militants de structures comme la Fédération Jérôme Lejeune. Mais parce que je pense qu’il y a des limites à la stratégie de l’imbécile, et que chaque couple devrait pouvoir choisir en connaissance de cause s’il veut donner naissance, élever et assumer un enfant trisomique. Sans agiter l’épouvantail facile de l’eugénisme, il ne fait pas de doute que nous évoluons de plus en plus dans une société qui voudrait tendre au risque zéro et au zéro défaut, et appliqué aux naissances, ça fait rapidement penser à « Bienvenue à Gattaca ». Dans le cadre du suivi d’une grossesse, tout est examiné à la loupe (paraît il même que nous ferions trop subir d’échographies aux foetus au cours des grossesses), et le moindre accroc dans les courbes, les moyennes et les écarts types attendus est l’objet d’avertissements et de précautions anxiogènes. C’est souvent là que l’intermédiation (empathie / pédagogie, j’y reviens) du praticien est fondamentale. Et quand celle ci vous fait défaut, vous vous retrouvez comme une conne à pleurer toutes les larmes de votre corps devant des résultats médicaux abscons, que vous avez reçu sous enveloppe anodine et sans explications adjointes dans votre boîte aux lettres. Alors qu’en fait, avec quelques explications humaines et bienveillantes, l’épreuve aurait été franchie sans trop de pathos.

Je reste une bonne imbécile, convaincue que la médecine est un progrès dont je bénéficie (par exemple, la PERIDURALE, c’est un peu ce qui a été inventé de mieux depuis le gode-ceinture), mais tout de même, il faudrait voir à ce qu’elle ne devienne pas toute puissante et inhumaine.Donc une prochaine fois, gygy de mon coeur, ton amnio, tu prendras un peu de pincettes pour me la balancer à la tronche (j’ose pas imaginer l’accompagnement psy s’il avait fallu interrompre cette grossesse). En te remerciant.

La mémoire et l’oubli

Dans « Un roman français » (que je vous recommande, il est vraiment très bien), Frédéric Beigbeder évoque beaucoup ses pertes de mémoires, son absence de souvenirs anciens, notamment liés à son enfance. C’est un drame que je partage, et qui me navre, car j’ai moi-même très peu de souvenirs « spontanés » de mon enfance. J’ai des souvenirs évoqués, liés à des anecdotes POURRIES que ma mère a raconté 1.001 fois (et que je suppute être à peu près vraies, à 15% + ou – d’exagération maternelle toute  maghrébine), surtout dans la perspective de me foutre la honte en public, ou liés à des photos de famille, qu’à force de voir j’associe à des souvenirs. Je suis incapable de vous donner le nom de ma maîtresse de CP, la couleur de mon premier cartable, le prénom de mon premier amoureux (la Reine Mère cite volontiers un certain Pablo, dont je n’ai aucune souvenance) et mes premiers vrais souvenirs, en gros, remontent au CM1 / CM2. La misère.

Las, avec l’arrivée de la Dauphine dans nos vies, je réalise que c’est également ma mémoire à court et moyen terme qui présente quelques lacunes. Doux euphémisme. J’AI TOUT OUBLIé OUI ! en trois ans seulement, ça fout un peu les jetons pour la suite (je vais finir comme Annie Girardot, RIP, c’est couru.)

:: Comment on fait les soins du cordon (il est tombé y’a deux jours, ouf).

:: Combien un nourrisson passe d’heures au sein (ENORMEMENT, et encore plus la nuit, snif).

:: Comment il est censé grossir, se nourrir, faire caca / pipi (un peu comme il a envie en fait).

:: Etc.

Dans le cas présent, la situation est d’autant plus « complexe », que la Dauphine est à la fois (dans mes impressions) très ressemblante (par le physique, les mimiques) et très différente de son aîné (dans ses comportements, ses « habitudes »). Même si de fait je ne suis pas vraiment capable de faire la différence entre ce que je crois être les ressemblances et les différences, et … la réalité (y’en a deux qui suivent là, je le sens). Par exemple, l’Epoux a l’impression qu’elle se réveille beaucoup la nuit (ah ah, la blague). Là où j’ai l’impression que c’est exactement comme son frère (une fois vers 2 h du matin, une autre fois vers 6 h du matin, bien que cela soit à géométrie variable, elle a quinze jours hein …). Du coup, je lis les archives d’octobre 2007, et je suis confortée dans certaines de mes impressions, on dit merci le blog. Bref, on peut donc dire qu’on ne part pas de zéro, car tout de même quelques réflexes reviennent et qu’on prend vite le pli du rythme du nourrisson – à savoir être corvéable H 24, en particulier vis à vis de l’allaitement – mais que tout cela reste teinté de surprises et d’étonnements salutaires (par exemple, j’avais oublié que les bébés ADORENT redécorer leur couche, celle de 3 heures du matin, juste quand tu viens de la changer).

L’avantage du deuxième, c’est que l’on est quand même moins angoissés, moins surpris, (un peu) plus à la coule. Et de toutes manières, dans la mesure où y’a déjà un n°1 à gérer, il faut savoir relativiser, et laisser chacun prendre sa place.

frere et soeur

Quant au susmentionné n°1, il est pour l’instant plutôt chouette avec sa frangine. Evidemment, il est bien trop brusque dans ses élans fraternels, à vouloir l’embrasser à pleine bouche et la serrer bien trop fort (mais peut on le reprocher à un enfant de 3 ans ?), mais par ailleurs très mignon et attentif, l’intégrant dans sa journée, ses rituels, c’est mignon. Pour le moment, je suis assez heureusement surprise à vrai dire. Je lui donne quinze jours encore pour qu’il fasse comme une certaine Helena D. de ma connaissance, et qu’il me demande « quand est ces qu’on la ramène à l’hôpital, la p’tite soeur ? »

(Sur cette photo on ne voit pas la seule différence frappante entre les deux nains, à savoir la couleur des yeux. Ceux de l’Héritier sont très noirs, depuis sa naissance, alors que la Dauphine a des billes d’un gris bleu qui reste à confirmer. A part ça, c’est copier / coller.)