Le maternage, nouvelle forme d’esclavage de la femme

(Messieurs Dames, si les histoires de nains vous gonflent, passez votre chemin.)

Ce congé maternité (qui touche à sa fin, bouhouuu, j’ai gratté tout ce que j’ai pu, mais va bien falloir y retourner) m’aura permis, comme le précédent, de me consacrer à mon bébé magique (pas de photo de la Dauphine, z’en avez assez bouffé non ?), et à lire pas mal de choses concernant la maternité, l’allaitement, l’élevage des nains en milieu urbain, grâce aux NOMBREUSES heures passées à l’allaiter. Pour l’Héritier, premier né oblige, j’étais une vraie néophyte, donc je passais pas mal de temps dans mon RUFFO à regarder si sa croissance était normale, si je faisais les bons gestes, s’il grossissait assez, etc. Là, ayant quand même pas mal d’automatismes et l’expérience du premier, j’ai pu avoir un peu plus de recul sur mes lectures et échanges.

Concernant l’allaitement, j’avais déjà eu l’occasion en 2007 de me rendre compte de la pression exercée sur les femmes, j’en avais un peu parlé à l’époque. J’avais poussé la curiosité intellectuelle à me rendre à une réunion sur l’allaitement (plus précisement sur l’allaitement et la reprise du travail), organisée par une branche locale de la Leache League (mais ne se présentant pas comme telle, histoire de pas effrayer le chaland). J’avais été effarée à l’époque par les discours hautement culpabilisateurs de ces femmes, notamment sur la fameuse question de l’allaitement exclusif jusqu’aux 6 mois de l’enfant (préconisation OMS, à resituer dans son contexte). Axiome à peu près intenable quand on reprend une activité salariée … aux 2 mois 1/2 de l’enfant. De cette réunion, j’attendais des conseils pragmatiques pour gérer le sevrage (un cauchemar pour la mère et pour l’enfant parfois), et éventuellement garder quelques tétées « de contact ». Au lieu de cela, les responsables présentes m’avaient surtout égréné tout un tas de solutions inconfortables et à la limite du relou pour tirer mon lait sur mon lieu de travail (moi qui bosse en open space), et surtout respecter ce mantra de l’allaitement exclusif jusque 6 mois. Sur cette question, ma pédiatre m’a toujours mise à l’aise : oui allaiter c’est bien, mais on peut tout à fait faire autrement (ou sans, ou sur un plus petite durée) sans souci, sans que ça soit MOINS BIEN pour l’enfant. Et heureusement.

En 2011, rien n’a changé, et c’est encore pire même je trouve. Elisabeth Badinter en a parlé dans Le conflit, la femme et la mère (regardez cet entretien, on y retrouve l’essentiel de son livre). A nouveau, s’agissant de l’allaitement, j’ai encore eu le droit aux discours culpabilisateurs de ces dames de la PMI, parce que je donnais des compléments de lait en poudre à la Dauphine le soir. Mon observation était pragmatique : le soir, la Dauphine avait les crocs et mes seins eux étaient vides. Moi j’étais épuisée par la journée d’allaitement (des tétées longues et à moins de 3 heures d’intervalle), et j’avais encore 2 tétées la nuit. Après des tergiversations, parce qu’elles me disaient à la PMI que c’était MAL l’allaitement mixte (alors que c’était le conseil en vogue à l’époque de ma mère), j’ai finalement été confortée par l’observation concrète de l’état de l’enfant et de sa mère (ma pomme), et confirmée ensuite par la pédiatre. Avec un biberon le soir, on passait toutes les deux une meilleure soirée et une meilleure nuit. La tétine du biberon ne l’empêche pas d’apprécier mon sein (et le papa peut s’y coller un peu), et maintenant, le sevrage se passe aisément. Na.

L’injonction de l’allaitement est toujours aussi forte donc en 2011, mais j’observe que la pression sur les parents (et en particulier les mères) s’est étendue depuis à d’autres thèmes de la petite enfance et la puériculture. En vrac : l’accouchement naturel,  le co dodo / co sleeping (c’est à dire dormir avec le nourrisson dans son lit, très corrélé à l’allaitement), le portage en écharpe (idem), les couches lavables, la diversification alimentaire, et ensuite l’éducation « sans violence ». Autant de thèses éducatives que l’on retrouve globalement sous l’appellation de maternage (tant pis pour les pères soit dit en passant). Autant de préconisations fortement engageantes pour les parents et les mères qui veulent s’y coller, et qui reposent globalement sur des solutions « naturalistes », un espèce de retour aux sources, qui font faire les yeux ronds aux femmes de la génération de ma mère et de nos grands mères, qui se demandent comment on peut revenir à l’âge de pierre, elles qui en ont bavé avec les couches lavables et l’absence de petits pots. Et effectivement, je suis aussi choquée de me confronter dans mes lectures à ces incitations culpabilisatrices : « si tu ne le fais pas pour ton enfant, il sera moins épanoui, en moins bonne santé, et se développera mal ». Sans que ces préconisations n’aient aucun fondement médical établi. Car  là dessus, il suffit d’interroger les pédiatres avec un peu de bouteille : tout ce qui concerne la puériculture est une question de mode / de tendances. Tous les 15 ans, ça change. Et que les études dont se gargarisent les « naturalistes » sur les sites internet pour se donner une légitimité sont souvent très orientées et à considérer avec méfiance.

Un exemple concret qui me vient concerne le portage des bébés. Dans le trousseau de naissance, vous prévoyez généralement une poussette (nacelle avant 4 mois, puis cosy, et poussette inclinable), et éventuellement un matériel de portage, histoire d’avoir une solution un peu moins encombrante pour vous balader avec le bébé. En 2007, on m’avait offert un porte bébé classique, à ma demande. A l’époque, j’avais demandé à ma pédiatre son avis, elle m’avait conseillé le porte bébé plutôt que l’écharpe, pour de petits trajets et petites durées de portage. En 2007 on en voyait un peu dans les rues, en 2011 de plus en plus, des bébés dans des écharpes de portage. Il y a un coût différent d’acquisition pour le portage, pas tant pour le prix de l’équipement (mais déjà très différent, au bénéfice de l’écharpe), mais pour la technique à acquérir pour faire les différents noeuds, et à adapter en fonction du poids et de l’âge du bébé. Que les pro-portage s’expriment et soient prolixes sur le bonheur du portage est une chose, mais là encore, elles vont aller sur le terrain du militantisme, en ayant un discours ENCORE culpabilisateur, voire alarmiste sur d’autres solutions moins « maternantes » que les leurs, comme par exemple dans cet article mettant en cause une marque précise. J’imagine la réaction de la jeune mère qui lit sur internet qu’elle fait du mal à son enfant en utilisant un matériel qu’elle a payé (cher) et qui est homologué. J’ai vu qu’entre temps la blogueuse a rajouté une mention « je souhaite préciser que le portage physiologique n’ayant pas été officiellement ni scientifiquement reconnu, Babybjörn est tout à fait en droit de continuer à commercialiser son porte-bébé. Mon article relève d’une conviction personnelle, partagée par un grand nombre de personnes. » Je suis contente de cette mention (sans doute destinée à se prémunir d’éventuelles poursuites par la marque incriminée), mais il reste que pour moi cet article est symptomatique de cette tendance actuelle à mettre en avant des solutions « naturalistes », sans fondement scientifique (comme si la nature était forcément bien faite), et mettant la pression à n’importe quelle jeune primipare qui se documenterait sur la question (et encore, l’article de Maman sur Terre est respectueux et relativement tempéré malgré l’alarmisme, j’ai vu des choses bien pires). Toujours est il que je serais curieuse de connaître combien de mères peuvent assumer les préceptes du maternage en travaillant à temps plein, et avec plusieurs enfants. Ce qui me rassure, c’est que des sites / blogs que j’ai pu consulter, ce sont généralement des mères avec un seul enfant et en congé parental qui s’y collent, au maternage. Et on revient donc à l’inquiétude de Badinter : cette tendance naturaliste est en train de ramener les mères au foyer.

Au-delà du Badinter, j’ai également acheté un ouvrage un peu plus aride, mais plus complet, de Sandrine Garcia « De la cause des femmes à la cause des enfants » (éditions la déccouverte / genre & sexualité), qui traite aussi de ce basculement actuel vers l’enfant tout puissant, auquel on doit sacrifier sa vie de femme (2 ou 3 ans, le temps de se déclasser professionnellement et socialement, et qu’il entre à l’école). Je suis la première à revendiquer le droit à un lien fusionnel à mon (tout petit) enfant, à trouver que le congé maternité est trop court, et que pour celles qui le veulent, il devrait être plus long et partagé avec le père, par exemple, comme c’est le cas au Canada. Chacun est libre de faire à sa manière, on est bien d’accord (et je suis la première à détester qu’on me donne des conseils que je n’ai pas sollicité), SAUF QUE, voilà, quand on est jeune mère et peu expérimentée, avec peu de référents, on se rend compte que l’on nage beaucoup dans des injonctions naturalistes, culpabilisatrices et rétrogrades, face auxquelles on dispose d’assez peu de contre poids si on a ni le temps ni le bagage académique suffisant. Car si j’ai la chance d’avoir une pédiatre très pragmatique et pédagogue, de pouvoir me renseigner et avoir des avis différents et éclairés, ne pas me démonter face à des puéricultrices désagréables en PMI, ce n’est pas le cas de tout le monde, et nombreux sont les sociologues, comme Garcia (et pas seulement Badinter), qui lancent des alarmes sur ces dérives qui sont en train de ramener doucement mais sûrement les femmes (surtout les moins diplômées) aux trois K allemands, Kinder, Kirche, Kuche (les enfants, l’église, la cuisine), l’église en moins.

Et en être là en 2011, ça me fout un peu les boules.

Edit de 23 heures : avec plus de 140 commentaires en 10 heures, autant vous dire mes chéri(e)s que je vais pas répondre individuellement, surtout qu’au regard de certains commentaires je serais tentée par quelques réponses lapidaires de type présidentiel (« casse toi … » tout ça). Mais avant de répondre sur le fond, sur la forme, précisons pour mon modeste lectorat habituel (entre 800 et 1200 visiteurs jours) peu coutumier des questions de portage, allaitement et autres joyeusetés de la parentalité : non je ne suis pas lue quotidiennement par la communauté des fort(e)s en thème du maternage / paternage.

Alors, d’où qu’elles viennent ces commentatrices parfois très peu polies ? (non mais c’est vrai, c’est pas des manières d’insulter la taulière comme ça) Hé bien il semblerait que ce soit le / la responsable de la page FB d’un site de vente de produits bio / maternage (ah ah) (nan je vais pas linker moi, faut pas déconner) qui a posté un lien vers mon article en indiquant « Un billet qui tire à vue sur le maternage et qui me semble peu renseigné. Pour celles qui ont le temps, c’est à lire et certainement à commenter (avec courtoisie, on n’est pas nés pour se tirer dans les pattes) ». Alors déjà on notera que la préconisation de courtoisie n’a pas été suivie, loin s’en faut (y’a même des coups de pied au cul qui se perdent), mais ce qui signifie sans doute que cette communauté est coutumière des emportements ouèbesques. Donc je « tire à vue » (pourtant qui me connaît trouvera l’article plutôt mesuré par rapport à mes habitudes outrancières), et je suis « peu renseignée ». OK. C’est donc une page FB / site à vocation commerciale (là je pouffe déjà un peu, puisque les commentaires des maternantes nous ont abreuvé du caractère économique et anti capitaliste de leurs solutions) qui envoie ses clientes / membres de sa communauté venir prêcher la bonne parole auprès des mauvaises mères mal renseignées comme moi. C’est ça le prosélytisme moderne (je like comme on dit sur FB) 🙂

Certains m’ont suggéré de fermer les commentaires ou de les modérer. Mais je suis pas community manager. Ce blog m’appartient, je suis responsable de mes propos et de mes avis, et je laisse les autres s’y exprimer librement, après tout je n’y suis insultée qu’une douzaine de fois, mon égo le supporte tout à fait. Surtout, je suis finalement très contente de ces commentaires, même et surtout les plus offensifs, car à leurs dépends, la communauté des maternantes / naturalistes (on choisira son étiquette, ou pas), ne font que renforcer ma modeste démonstration, basée sur mon expérience personnelle : il existe bien sur le net (et dans la vraie vie aussi) un mouvement militant, naturaliste et culpabilisateur, en faveur de solutions de puériculture, d’allaitement qui sont discutables. Je les qualifie, pour en avoir expérimenté certaines (d’ailleurs, je n’ose pas imaginer ce que j’aurais mangé dans les commentaires si j’avais été une pauvre nullipare comparant les mérites de différentes solutions) de rétrogrades et esclavagistes, en connaissance de cause. C’est mon expérience, mon vécu, et il vaut ni plus ni moins que celui de tout un chacun. Alors les « contre témoignages », de ces cadres sup épanouies à temps plein avec 4 enfants, qui allaitent jusqu’à l’école primaire, font des petits pots maison de la main gauche pendant qu’elles nettoient les couches lavables de la main droite, tout en portant en écharpe le petit dernier, et ont une vie sexuelle délirante avec le petit dernier en co-dodo, qu’est ce qu’elles m’envoient au visage ? Que je ne suis qu’une merde capitaliste et pollueuse, qui pourrait faire un effort tout de même pour tirer son lait 3 fois par jour dans les WC de son bureau, au lieu de lui envoyer des laits industriels qui filent des allergies, sans parler de ces couches qui leur grattent les fesses et engraissent le grand capital. Merci mesdames et bravo d’être tellement aguerries et à la hauteur du métier de mère. Et haro sur la vilaine Sasa (mais faudra quand même qu’on m’explique comment on fait quand on part en déplacement à 8.000 km du domicile pendant 10 jours, on part avec le tire lait en soute et on lui envoie des DHL tous les soirs ?).

Personnellement, et c’était l’objet principal de ma note, je souhaite émettre mon POINT de VUE et mon expérience de la maternité et de la parentalité. C’est un exercice difficile et épuisant, arrêtons UN PEU de vivre au pays des petites licornes ailées. Un bébé, c’est certes un accomplissement dans une vie et une source d’épanouissement (à part entre 13 et 21 ans, où ce sont d’affreux ados imbuvables), mais c’est aussi beaucoup de fatigue, de travail (surtout quand y’en a plus d’un, bordel), cela peut avoir un impact important sur la vie personnelle, professionnelle, le couple. Et n’en déplaise à celles qui disent se sentir emmerdées par les « pro Badinter » dont je suis, moi je trouve que l’on est aujourd’hui plutôt dans la logique inverse. Il suffit de voir les commentaires ci dessous. Si des futures mères ou mères peuvent se sentir un peu déculpabilisées par mon expérience, j’aurais rempli mon modeste office. Ca fera un blog sur dix.

Pour finir sur une note de mauvais esprit (on se refait pas), ce qui est divertissant, c’est que j’ai beaucoup lu dans les commentaires « chacun fait comme il veut, arrêtez de juger, si ça ne vous plait pas, on ne vous force pas ». Mais pourtant, dans le même temps, force démonstrations sont déployées pour essayer de prouver que les mères naturalistes / maternantes / bio sont dans le vrai, à commencer par la référence de la page FB vers cette note, qui visait à venir évangéliser la mécréante que je suis … la boucle est bouclée.

Edit 2 (mardi 16 h) : je poste ici un lien complémentaire à l’ouvrage de Sandrine Garcia, donné par Baptiste Coulmont, mon sociologue favori sur Twitter, c’est l’ouvrage de Séverine Gojard, Le métier de mère, qui semble effectivement dans la même veine des réflexions sociologiques actuelles sur la fonction parentale et maternelle en particulier.

Au passage, on peut s’en attrister, mais le déferlement des mamans bio-investies aux crocs remontés s’est tari, la community manager du site bio ayant supprimé (suite à mon edit d’hier soir je suppose) le lien qui (me) pointait (du doigt). Le dialogue et le débat prônée par elle s’est donc interrompu par là bas, je vous laisse poursuivre ici (ou pas). Je m’en retourne à mes couches sales (et polluantes).

Edit 3 (vendredi 9h) : encore deux liens sur des paternants que je love (coeur avec les doigts) et qui répondent à cet article avec humour et pertinence.

:: la fille aux craies (qui fait des trucs avec ses doigts pour son moustique),

:: Fred Bird (oui un père qui a un avis et qui participe).

269 réponses sur “Le maternage, nouvelle forme d’esclavage de la femme”

  1. Raymond, je n’ose même pas demander ce que tu souhaite comme prix pour cette victoire 😀

    oh ben, le temps que j’écrive mon commentaire précédent et il y a eu de nouveau du démarrage au 1/4 de tour …

    bien dit Gattino pour le coup de vent 😉

  2. Après 200, on peut commencer à troller ?
    (ah merde ç’a déjà été un peu fait…)

  3. Rhooo ça me rappelle la grande époque de Delphine et Amaury…
    Bon, allez, qui est-ce qui remet 5 balles ?

  4. En tout cas moi j y ai découvert ton blog et j adore merci enfin quelqu’un comme moi lol!! Ah bas les gens fade

  5. oh désolée GlandiMum, mes yeux, fatigués de lire ici, m’ont joué des tours
    désolée

    mais « C*******???? » … c’est pour ce que je pense? 🙂
    (je demande 2 n, et puis 2 s, et puis j’achète un o, un a et un e ?)

  6. Non non, c’est pas du tout ça !! Je ne sais pas ce que c’est, c’est une interrogation par rapport au post enflammé de GwendyMum qui nous parle de parle de C******* quelques commentaires plus haut, je lui demandais précision, voilà tout. Je ne me permettrais pas d’insulter du monde ici !

  7. euuh, moi je m’en sors plus ici 🙁 …
    DONC:
    la première partie de mon commentaire (= le commentaire N°199, je sais bien qu’il n’y a pas de N° ici, mais c’est celui avant le 200è comm, rédigé par Raymond) était pour GlandiMum

    et le reste était pour GwendyMum et pour Chris

    Sasa, ça commence à dégénérer ici … 🙁 … (moi incluse)

  8. J’explique: GwendyMum a dit plus haut: « dommage que vous n’ayez pas les c******* d’assumer » = Je demandais juste à Mme GwendyMum ce qui se cachait derrière ce « c******* ».

  9. J’ai bien compris cela 🙂 ,
    mais moi je voulais juste préciser que je me suis emmêlée avec vos 2 pseudonymes dans mon commentaire

    bonne nuit

  10. @ les Mum: C*******… Cravates? Mouahaha
    @ Marie: Rholala… T’as raison, je pars 30 mn pour suivre mimi la nouvelle chez Elizabeth et c’est un bordel ici !!… Et en plus tu m’as piqué le 210…

  11. Author: marie
    Comment:
    les rétorques de Chris à Ann sont une honte, à mon avis, car elles sont la preuve d’un maximum de non-respect du ressenti et du vécu de cette femme enceinte, puis parturiente et puis mère
    vous n’entendez absolument pas ce que Ann veut vous dire et cherchez à nier/dénigrer son vécu en présentant des arguments fort théoriques, donc pas du tout adaptés à ce que Ann a VECU, ELLE

    Quel beau procès d’intentions ! 🙂
    je ne nie pas son vécu, je lui ai même dit que j’étais désolée qu’elle ait vécu un accouchement difficile (et je le suis sincèrement !). Mais elle ne parle que d’elle – et encore : sans expliquer réellement son cas – alors que je lui réponds cas généraux, études et statistiques.
    Maintenant je suis avant tout un être humain qui a du mal à avoir de l’empathie et du respect pour quelqu’un qui commence par dégainer les insultes avant de discuter et qui, quoique vous disiez, dénie par principe.
    Quelque soit son vécu, aussi douloureux soit-il, il ne lui donne pas le droit d’insulter. Point.

  12. Chris :
    il n’y a pas à dire, plus je vous découvre a travers vos écrits et plus vous me rendez malade et je suis bien plus qu’horrifiée de savoir que vous accompagnez (pardon « assommez de certitudes » est plus juste) des futurs parents.

    Dans l’ordre : 1-tout vient du fait que je ne suis pas informée… Première nouvelle ! Je ne sais pas du tout sur quoi vous vous basez pour dire ça, mais certainement pas sur mes lectures ou sur les enquêtes que j’ai pu faire suite à ce que j’ai vécu.

    C’est ça le problème avec CERTAINES maternantes, si on n’est pas du même avis, c’est juste qu’on ne sait pas tandis qu’elles, elles savent…

    Donc si, je me suis informée avant et après mon accouchement. Je sais que la péri peut ralentir (dans certains cas, seulement) un accouchement, je sais qu’elle peut fausser les sensations au moment de pousser.
    Je sais aussi que de l’avoir demandé m’a permis d’assister à la naissance de mon fils et d’échapper à l’AG (qui soit dit en passant comporte infiniment plus de risque qu’une péri). Je sais aussi qu’une péri en soulageant la douleur peut permettre à certaines femme de moins s’épuiser et donc de mener a terme un accouchement long et douloureux.

    Enfin je sais que péri ou pas je n’aurais pas échappé à ma césarienne, vu qu’elle a été provoquée j’étais à 2cm de dilatation (après avoir marché une bonne journée). Aucune histoire de poussée, d’accouchement ralenti ou quoi que ce soit là dedans. Comme je disais, quand ça veut pas ça veut pas.

    Mais bien sûr c’est tellement plus facile de ne parler que des mauvais aspects plutôt que de faire la part des choses.

    2- Concernant l’hémorragie de la délivrance et les gestes iatrogènes (aaah j’adore le jargon scientifique, je sens que je vais balancer du « PC », du « bébé macrosome », du « prophylactique » de la « manœuvre de lovset et bracht » -googleisez vous verrez, c’est sympa-etc…). J’adooooooooooooooore il n’y a pas d’autre mot.

    Allez voir le veuf de mon amie et dites lui que c’est de sa faute (« Assumez ! ») qu’elle n’avait qu’à accoucher à domicile. Ou qu’elle est une pauvre victime de son ignorance. En dehors de sa réaction d’effroi (légitime) il vous expliquera que sa femme, ayant une grossesse on ne peut plus normale, à voulu accoucher dans la petite clinique en bas de chez elle. Elle est morte pendant le transfert vers une grosse maternité car sa clinique n’avait pas de quoi la réanimer. Si maintenant vous me dites qu’une sage-femme à domicile a avec elle le matériel de réanimation qu’une clinique n’a pas, je crois que votre ridicule n’aura plus de limite. Ce serait drôle si ce n’était pas blessant et culpabilisant pour les victimes.

    Vous rendez-vous compte du mal que vous faites aux gens que vous croisez ? Vous rendez-vous compte de la douleur que vous pouvez provoquer par des mots en l’air et des certitudes qui ne sont pas partagées par tous ?

    Parfois il faut accepter que notre chemin passe par des accidents de la nature (et c’est accident concernent quand même une femme sur cinq, je le rappelle). Il faut accepter que les médecins ne sont pas responsables de tout, de même (et là par contre je suis d’accord) qu’il ne sont pas tout puissants et qu’ils peuvent se tromper.
    Juste qu’à mon avis (partagé par deux trois personnes tout de même) il est plus facile de « réparer » un problème médical (quelque soit son origine, médicale ou « pas de bol ») quand il y a un bloc opératoire et une équipe derrière plutôt que seule dans sa chambre avec une sage-femme seule qui ne fait que ce qu’elle peut.

    mais tout est toujours de la faute des médecins ces pourri-vendu-qu’on-ne-devrait-pas écouter-mais-plutôt-lire-des-rapports.

    3- je n’ai pas la prétention d’être médecin et encore moins d’avoir la science infuse. Aux jeunes mères que je croise, je dis juste « renseignez-vous (vous voyez on a finalement UN point commun) et ne croyez pas que les accidents ça n’arrive qu’aux autres ».

    4- Les fameux geste iatrogène (désolée, ils ne passent pas ceux là). Ils existent c’est certain. Leur impact ? Relativement minime et réparable (je parle de médecine car on est bien d’accord que sur un plan psychologique c’est une autre paire de manche, sauf que parfois on parle d’abord de survie et ensuite on répare le psychologique). La preuve ? Vous remontez de quelques dizaine d’années, laissez moi remonter d’une bonne grosse centaines d’années. Le contexte ? femme accouchant chez elles souvent accompagnées par des sages-femmes. Rappelez moi les chiffres de la mortalité maternelle, qu’on rigole… Les geste iatrogènes ? Oh bien sûr ! la faute des étrillés, de la péridurale et du monitoring.

    Allez je vais être sympas et on va remonter un peu moins…
    mortalité maternelle 1947-1948 : 85.5/100 000
    1957-1958 : 56.3/100 000
    1967-1968 : 30.5/100 000
    1975-1977 : 16.3/100 000

    Mais bien sur c’est toujours la faute de la péridurale, du monitoring et de la position allongée.

    Comme je suis du genre à citer mes sources : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pop_0032-4663_1983_num_38_6_17819

    Vous ne voulez pas mourir en couche ? Vous n’avez qu’à supprimer la péridural, le monitoring et la position allongée. La souffrance fœtale ? Ça vient de là ! Mais oui bien sûre je suis bête (pardon, pas bête, juste mal informée), ça n’existait pas avant…

    5- mon problème c’est que je fais confiance aux médecins… Là je dois dire qu’effectivement rien à répliquer. J’assume. Je préfère humblement faire confiance aux médecins qui font 7 ans d’études et aux sages-femmes qui en font 5, plutôt qu’a une bonne femme qui me dit que la nature et bonne et bien faite (alors que je suis la preuve que non), qui n’a jamais fait de médecine et qui n’est pas foutue de faire un minimum de démographie mais qui ouaaaaaaaaaaaaah attention les yeux… lis des rapports.

    Oups j’ai encore été méchante ! Désolée je ne recommencerai pas. Ou alors juste à la hauteur des risques que vous faites courir en vous croyant supérieure et et à la hauteur des blessures que vous faites chez les victimes quand vous vous ramenez avec votre science toute faite, sans les connaître ni elles ni leurs histoires.

    Mais j’oubliais : tout vient du fait que je ne me suis pas renseignée…

  13. @ Ann :
    Je cesse de vous répondre : vous tournez autour de votre nombril. Poursuivez ! Vous avez visiblement un sac à vider. Quand vous en aurez fini, vous pourrez peut-être voir que votre histoire – si moche soit-elle – est loin d’être une généralité. Ouf pour l’humanité !

    Juste deux points :
    (je dis ça pour les autres qui nous lisent, vous, vous le savez, bien sûr).

    l’AAD d’il y a 100 ans n’a rien à voir avec ce qu’il est maintenant. Si vous voulez de vraies comparaisons sur la question, ce n’est pas en France qu’il faut les chercher.

    « Iatrogène » n’est pas un terme médical, c’est juste un mot de la langue française…

    Bonne continuation !

  14. Encore une fois mes insultes concernaient votre « Assumez le ! ». Je trouve que l’aplomb avec lequel vous balancez ça est extrêmement destructeur pour les personnes que vous prétendez accompagner et pour toutes les femmes qui ont eu un problème quelconque lors de leur accouchement.

    maintenant vous avez raison, parlons faits et vous verrez à quel point votre premier commentaire à mon égard (qui disait que c’était la faute du monitoring+péri+position) était extrêmement déplacé et à côté de la plaque.

    Pour les personnes peu intéressées par notre débat à Chris et à moi (ce que je comprends) sachez que je suis désolée pour le roman, le déballage et le gore.

    Attention je jargonne :

    Je suis donc une paturiente en dépassement de terme avec un oligoamnios important, un foetus estimé à 4kg donc au bord de la macrosomie. Le déclenchement est décidé (je vous entends hurler) un peu a contre cœur, mais le bébé est extrêmement vigoureux, au bord de la macrosomie et la baisse du liquide amniotique est vraiment trop dangereuse.

    Déclenchement. Une journée de marche (et de contractions). Pose de la péridurale pour un accouchement qui s’annonce long du fait d’une primipare et d’un bébé estimé à 4kg (en gros j’en ai pour la nuit on va essayer de me garder quelques forces). 20h : souffrance fœtale qui comme beaucoup passe (la souffrance fœtal est courante et en soit pas dangereuse a condition qu’elle ne s’installe pas). Tout roule on continue tranquillou.
    23h00 : souffrance fœtale aiguë bradycardie quasi instantanée à moins de 50bt/mn (au lieu des 150 habituels). Dilatation à 2cm. On essaye de la faire passer et de laisser une chance au cœur de repartir. Rien à faire l’enfant décroche irrémédiablement.
    Césarienne. 1ère extraction loupée du fait d’un PC top important. 2ème extraction à la ventouse loupée pour les mêmes raisons. Manœuvre de Lovset et Bracht (retournement du fœtus en position de siège et extraction par les pieds). Extraction réussi. Agpar à 4 réanimation légère AGPAR à 8 au bout de 5 et 10 mn. Aucune séquelle.

    Rétrospectivement : l’enfant à un PC de 38cm largement au dessus de la normale. la mère, elle, est par contre de taille normale. La dilatation à 2 indique que la bradycardie a surgi assez vite après l’engagement dans le bassin. En d’autre termes : la tête ne passait pas et l’enfant était tout bonnement écrasé par l’utérus contre le bassin. Dans ce cas sans soins immédiats, l’enfant décède rapidement et l’utérus se rompt provoquant une hémorragie massive, contrôlable principalement en suturant les artères utérines.

    J’ai vu un certains nombres de médecins des plus interventionnistes au plus « nature ». Après une histoire pareille, croyez moi, on mène sa petite enquête.

    Ils ont tous dit : 1- qu’a un moment chez certaines mères le déclenchement est nécessaire et que dans mon cas il FALLAIT prendre une décision. On ne pouvait pas laisser mon enfant avec aussi peu de liquide. Attendre risquait de compliquer encore plus la situation et faisait prendre des risques inacceptable à mon bébé.

    2- mon enfant ne POUVAIT pas sortir. On peut retourner le problème dans tout les sens à un moment c’est de la pure physique. Le périmètre crânien était trop important et mon bassin avait probablement atteint ses limites.

    3 – qu’il était hors de question de faire une césarienne prophylactique, malgré le PC important (ce que rétrospectivement j’aurais souhaiter pour avoir mon mari avec moi et vivre cette césarienne dans la douceur). Tout les médecins m’ont dit « une césarienne est une opération lourde, on a voulu laisser sa chance au bébé et à votre bassin ». Je me demande encore si on peut parler de chance (vous voyez que moi aussi j’ai parfois mes réserves sur les médecins)

    Je sais que vous allez jubiler. Oui il y avait bien un monito une péri et (cadeau royal pour vous) un déclenchement. Seulement comme vous le voyez ils n’avaient rien à voir dans l’histoire. Ils m’ont juste permis 1- de déceler RAPIDEMENT une souffrance fœtale aigüe 2 – de vivre la naissance de mon enfant, d’y participer en lui parlant et d’échapper à une AG 3- de prendre une décision autre que la césarienne d’office pour un bébé en danger (oligoamnios) qui ne veut pas sortir (large dépassement de terme).

    Bref le médical nous a sauvé mon bébé et moi.

    Désolée pour le roman. J’ai essayé d’éviter le pathos même si difficile d’éviter le gore.

  15. Nos postes se sont croisés.

    Fin des débats (mais pas de mon mépris, vous l’aurez compris).

    Merci Marie. Merci de comprendre comment ces mots et cette arrogance peuvent faire mal.

  16. sincèrement Ann, j’en ai même eu les nausées, mais vraiment

    en effet cela m’effraie de lire de telles choses, car je pense à tous ces couples qui souvent, soit par inexpérience, soit par ignorance, soit par manque de discernement, sont tellement impressionnés par tant d’assurance et de force de conviction de la part des personnes qui tiennent ce genre de discours à sens unique et finalement très moralisateur, voire très culpabilisateur, si surtout on ne va pas dans la voie du naturel, qu’ils finissent par suivre le chemin de ce discours

    le mot empathie est tombé …
    je ne vais même pas si loin, mais je parle simplement d’écoute de l’autre et d’acceptation du vécu de l’autre,
    accepter que l’autre ait un vécu différent et qu’il puisse l’exprimer avec ses mots, ses humeurs, ses coups de gueule …

    donc:
    – informer (de toutes les possibilités/variantes/avantages/désavantages), transmettre des savoirs (objectivement), éduquer, échanger, guider (sans imposer (!)),
    – afin de permettre au couple/à la parturiente/ à la mère de faire son choix, de prendre ses décisions et cela AUSSI selon son histoire propre avec tout ce que cela comporte (valeurs, histoire de la famille, du couple, grossesses antérieures, naissances antérieures, deuils, (projet de) profession/carrière, situation sociale, économique, etc etc etc …)
    – et puis, c’est au couple de faire son propre bilan/sa propre analyse/ sa propre évaluation

    mais bon, cela me semble tellement évident, que j’ai l’impression de répéter des banalités

    dans mon pays on dit parfois aussi:
    « il ne faut pas être plus catholique que le pape, non plus! » 🙂

  17. hello Sasa, je suis bien d’accord avec toi. Pour ma part, le seul conseil que je pourrrais donner c’est de prendre ce qui nous convient dans les différents « courants ». perso, j’ai une écharpe ET une poussette ; j’ai allaité 18 mois mais en mixte assez vite. les lavables, pas mon truc ; dodo avec papa-maman j’ai rien contre mais pas tous les jours please !!! et la PMI, ils me reverront plus jamais. Bon le seul point c’est la violence physique et psy sur les gosses mêmes s’ils sont infernaux, j’avoue j’ai du mal. Ou les parents qui laissent les enfants seuls à la maison ou dans la voiture pour faire une course ou autre, je supporte pas.
    la biz

  18. « Les humains… sont des mammifères parmi tant d’autres et je crois qu’on l’oublie un peu trop souventé »…?!
    ben tiens 4000 ans de civilisation, les couilles de Socrate sur un plateau et nous voilà remis à notre place au rang des primates ou de mon chat…putain où fuir cette connerie, où ? sasa dit moi…

  19. Et merde je me suis faite devancée concernant le point goodwin… mais promis je l’ai pensé très très fort !

  20. Oué je crois que je vais pas tarder à dégainer la machine à baffes …

    Mais je vais surtout prendre le temps de réexpliquer deux ou trois choses concernant l’enfantement, mais je vais essayer de me faire appuyer par des professionnels, parce que y’a un moment où faut arrêter de dire des conneries, surtout sur MON blog.

  21. Oh lalalalala !
    Je ne partage pas l’édit de Sasa et c’est pour cette raison que j’ai déjà laissé un commentaire afin de faire partager mon expérience perso et afin d’expliquer mes choix perso d’éducation de ma fille tout en restant respectueuse.
    J’allaite tjs aprés 34 mois, je cododotte, j’ai un porte-bébé physio … et des couches pamprout … et des p’tits pots industriel … et une poussette, …
    Et … je le vis bien !
    Et … je l’assume pleinement !
    J’ai choisi cette éducations pour plusieurs raisons qui me sont propore, qui sont liées a mon vécu, et principalement parce que j’aime ma fille et que j’espére lui donner une bonne éducation (enfin, une éduction aussi bonne que je puisse pour qu’elle s’épanouisse du mieux possible)… Enfin, malgré ces choix quelques fois « maternante », je ne me sens pas du tout une maman esclave ! Je SUIS une MAMAN !

    Encore une fois, comme je l’ai déjà écrit, chacun(es) ses expériences et ses choix.
    Ce que je trouve super interessant, c’est de partager nos expériences et nos choix par des témoignages et que chacun(es) en prenne ce qu’il(elles) trouve bien.
    Arrêtons les jugements !! Chacun a des vécus et des raisons pour lesquels on fait ce choix plutot qu’un autre !
    J’ai beaucoup d’amies qui n’ont pas choisi la même voie que moi et je les respecte, et elle me respecte.

    Ceci dit, comme ma boite mail a été pourrie par ces échanges de publications toutes aussi sympa les unes que les autres (merci !!), je serai curieuse de savoir comment les personnes qui réagissent vivement sur ce blog (qui ne sont donc pas chez elles), qui sont parfois insultantes, réagiraient si c’était leur enfant qui parlait de cette façon a un inconnu dans la rue ou chez quelqu’un d’autre… et ce qu’on soit une maman (ou un papa) maternante ou pas, bio ou pas, …

    PS : Sasa, même si je ne partage pas tout ce que tu as écrit ds ton édit, je le respecte. Je me suis permise d’aller faire ma curieuse sur ton blog et je le trouve trés réussi ! Et tu as de trés beaux enfants ! Vive la dauphine et l’héritier !
    Je suis arrivée sur ton blog via une publication sur le mur facebook de Brindilles et je trouve pas cool ce qu’ils ont fait.

  22. Alors perso je fais la distinction entre ce qui est ma voie (le tout médical concernant l’accouchement, l’haptonomie, la poussette etc..) .
    De cette voie je discute sans problème avec d’autres femmes (certaine allaitant des enfants de 4 ans ce qui me choque mais c’est MON problème).
    Oui une discussion libre et ouverte au sujet de la dé ou surmédicalisation, par exemple, c’est possible (j’ai un lien sous le coude).

    Par contre il y a quelques faits et je n’en citerais qu’un : la vie n’est pas toute blanche ou toute noire. Par exemple une péridurale comporte des risques (notamment nosocomiales) mais elle apporte aussi du bienfait (et je ne parle pas de confort).
    Mais je pense qu’on peut discuter des nuances de gris que l’on a vécu et qui nous font choisir telle ou telle voie. A condition de rester dans le gris car sinon ça devient d’un ridicule achevé.

    Par contre asséner « je connais mieux que vous » (votre dossier médical, entre autre) ou des « assumez » à tout va alors que parfois il y a aussi des victimes (et pas que de l’ignorance) fait parti d’un processus de CULPABILISATION qui est insupportable.

    De même on peut rappeler qu’il ne faut pas faire confiance aveuglément aux médecins et qu’il est parfois utile de consulter pour avoir plusieurs avis. Mais de là à jeter le discrédit sur eux en disant « lisez des rapports plutôt que d’écouter les médecins » cela relève d’une pratique qui peut s’avérer dangereuse.

    Quand au vocabulaire… Dire que j’étais fière de moi ! rahlala je suis déçue… J’avais trouvé le moyen d’être insultante (ben oui quand on dépasse les bornes des limites…) sans sortir les noms d’oiseaux. Bon j’ai parlé de papier toilette, mais promis si on parle de musique contemporaine je parlerai de suppositoire.

    Sasa honnêtement je pense que quelques faits médicaux appuyés par des médecins (et même des médecin « nature » ce serait le top) ne feraient pas de mal. Désolée de te refiler du boulot, mais moi je ne suis pas médecin 😉

  23. Oh là là! J’avoue que je n’ai pas tout lu les commentaires avant de poster, alors je m’excuse à l’avance si je suis redondante…

    Pour ma part, mon seul credo est: une maman heureuse et détendue = un bébé heureux et détendu. Je crois réellement aux bienfaits de l’allaitement long, au portage, à l’utilisation des couches lavables, mais il faut aussi savoir s’adapter aux modes de vie des femmes. Comment peut-on demander à une femme qui reprend le travail lorsque son bébé a 2 mois et demie d’allaiter exclusivement jusqu’à six mois? Chapeau à celles qui réussissent à gérer leur retour au travail, les nuits écourtées, les chamboulements dans leur couple, et qui trouvent l’énergie et la discipline de tirer leur lait au travail, car pour moi, c’est tout sauf « naturel ».

    Étant québécoise, j’ai eu la chance de bénéficier d’un congé de maternité d’un an, et j’en ai profité pour allaiter, porter, « couche-lavabler » mes enfants à loisir durant cette période. Par contre, il était hors de question que je me rende la vie misérable en tirant mon lait dans les toilettes au boulot, ou que je me rapporte des « doggie-bags » de couches lavables de la garderie (crèche). Je crois sincèrement aux avantages du maternage pour les bébés, mais en appliquer les principes sans discernement, sans tenir compte du contexte, c’est verser dans le dogmatisme.

    Les parents d’un enfant sont ceux qui sont le mieux placés pour déterminer ce qui est bon pour leur enfant et leur famille, et il faut cesser de les culpabiliser, et plutôt leur donner de meilleurs outils pour jongler avec leur quotidien.

    Maude

  24. Rhooo j’adore… Mais purée foutez leur la paix à vos mômes!!! Vous croyez qu’ils vont moins vous casser les yecou ados parce que vous les avez laissé mariner dans des couches réutilisables lavées à la lessive bio au lieu des les avoir laissé mariner dans du Pampers de merde? Que la trayeuse va les rendre moins boutonneux en 6e ? Mouarf.
    Et là vous me dites il reste un cratère…
    Bon d’accord…
    mais je vous rappelle pour mémoire qu’il y a des enfants qui meurent dans le monde. Que tous les jours des hommes et des femmes se battent contre la vermine communiste afin de faire régner la liberté, l’égalité, la fraternité. Et vous petits occidentaux embourgeoisés, aveuglés par votre égo vous nous faites chier une pendule pour trois boutons de merde!!! Non mais je rêve.
    Sasa, quand tu auras sorti la machine à baffes et distribué qq bourre-pifs, tu nous ferais pas un petit post sur un truc vraiment consensuel qu’on se repose ?…

    Genre l’IVG ?

  25. @ Ann :
    Bon un p’tit dernier alors, à cause du croisement de messages…

    Mon « assumez votre épisio » ne vous concernait pas. Il était adressé à Sasa uniquement qui balance « l’accouchement naturel » comme une mode bobo rétrograde et non comme quelque chose de normal, ce que c’est.

    Et sinon, le site de l’OMS contient la quasi-totalité des recommandations que j’ai citées dans mes com’ sur la naissance et l’allaitement, ça c’est pour les accusations de non-fondement scientifique.
    Par contre vos sources datent de 1983… (« La mortalité maternelle en France au XVIIIe siècle  » – Hector Gutierrez , Jacques Houdaille – Année 1983 – Volume 38 – Numéro 6 – pp. 975-994 ). il s’en est passé des choses depuis… et surtout des remises en questions dans le monde de l’obstétrique. Et en l’occurrence en 77 (dernière date de vos chiffres), on en était aux balbutiement de la péridurale, très loin de la large utilisation actuelle.

    Et sinon, j’adorerais discuter avec vous de votre accouchement. Il y a tellement à apprendre et à comprendre de vous-même.

  26. Hé Chris…

    Lâche voir Ann deux secondes… T’aurais pas un petit quelque chose pour moi à la place ?? Parce que moi aussi j’ai aussi un sac a vider…

  27. Ben moi j’ai pas de news de Diabolokiwi, ni d’un coté ni de l’autre…ramassis de bourses molles, et toc;)

  28. être parent, un défi quotidien.
    ton ouverture est une garantie de succès.
    Bon courage

  29. Bonjour. Félicitations pour ton blog très réussi, pas toujours facile d’être maman, bloggueuse et active. Ma modeste contribution, pour les férues du sujet qui ont un petit peu de temps entre une lessive de couches et une tétée (ou deux ou trois pour les plus courageuses d’entre nous). Je vous recommande chaudement la lecture de la thèse d’Anke Talina van der Weij, à l’université d’Utrecht en 2006. Intéressant dans une perspective de retour aux sources.
    http://igitur-archive.library.uu.nl/student-theses/2006-1113-200144/UNACCOUCHEMENTMEDIEVAL.doc

  30. @ Maude Lagacé : merci pour ce chouette témoignage. C’est clair que les québécois vous êtes vernis sur les conditions de congé maternité / paternité, et surtout qu’ils permettent de ne pas avoir à faire de choix cornéliens pour nos tous petits.

  31. Bon ça se tarie ici… plus de gueulante, plus de personne qui sait tout sur tout… c’est relou, c’était mon passage quotidien pour tester la joute verbale….
    C’est fini ? Chiottes…
    Juste deux remarques en passant :
    – Les recommandations de l’OMS valent pour le monde entier (M) de OMS et du coup, on peut imaginer que dans des pays pauvres le lait de la mère soit encore ce qu’il y a de mieux pour nourrir un enfant, non ? Dans des pays ou globalement les gens sont moins exposés à des risques de contamination alors cette recommandation tombe un peu.
    – L’accouchement médiéval comme retour au source.. En voilà aussi de la reco… et après l’accouchement on brule la mère ?

    Aller a dem’s

  32. Wahouuuu!!!
    Il fait parler ce billet…
    J’ai lu presque tous les commentaires et punaise, Sasa, vous ramassez!!!!

    Je suis pas maternante… Je suis pas contre hein (chacun fait comme il veut) mais y’a des choses dans cette façon de faire les choses qui ne me conviennent absolument pas…
    J’ai fait de l’haptonomie pendant ma grossesse, mon homme voulait partager la grossesse à tout prix avec moi…

    Pendant ma grossesse, je suis allée à une réunion sur l’allaitement!!! J’ai cru que j’allais en partir en courant tellement c’était extrême!!! J’ai eu le malheur de dire que je voulais faire du mixte et je me suis faite limite insulter…

    Je m’étais dit que pour l’accouchement, si je supportais la douleur, je dirai non pour la péri… Mais j’ai eu des contractions dans le dos pas cool du tout et la péri très faiblement dosée était un soulagement…
    J’ai eu une épisio (ça me faisait flipper) mais franchement, je m’en suis bien remise…
    Je voulais allaiter mais sans me mettre la pression, si ça marchait tant mieux, si ça ne marchait pas, tant pis…

    Dès le début, ça a été une véritable galère, mon fils ne voulait pas prendre le sein… Au bout de 3 jours à la mat’ où les sages-femmes et les auxiliaires de puériculture avaient presque tout essayé, il n’avait toujours quasi rien mangé… Et perdu beaucoup de poids…
    Une auxiliaire a ré-essayé de le faire téter avec un bout de sein (on avait déjà essayé mais ça n’avait pas marché) et enfin, il a mangé…
    Je n’ai pas pu faire de mixte, elles étaient toutes contre…
    Une fois à la maison, on a continué dans le mode galère, il mettait un temps fou à téter, je ne dormais pas tellement il mettait de temps la nuit… J’y passais plus de 3h d’affilée…
    Au bout de 3 semaines, j’étais tellement mal (je pleurais rien que de penser à la tétée d’après) que j’ai décidé d’arrêter d’allaiter… Ca n’a pas été facile comme décision…
    (j’avais essayé de tirer mon lait mais j’y arrivais pas bien…)
    J’ai culpabilisé… Forcément, avec tout ce qu’on lit, entre l’OMS, la LL etc etc…
    Mais ça n’allait pas…
    J’ai arrêté net avec un médicament qui n’était pas dans toutes les pharmacies (j’ai flippé jusqu’à l’avoir dans les mains) et ça a été un des plus grands soulagements de ma vie de maman…
    Mon bébé a pris son premier biberon nickel, il a ensuite dormi nickel, et pour la première fois, en 3 semaines, semblait bien en mangeant!!!!
    Moi aussi, j’étais BIEN…

    Je pense que l’essentiel pour un allaitement réussi (qu’il soit au sein ou au biberon) est que la maman soit BIEN, se sente épanouie. Point barre.

    J’ai galéré après l’arrêt de l’allaitement, j’ai eu un abcès, j’ai du être opérée…
    Mes autres enfants ne seront pas allaités, c’est comme ça. Et je ne considère pas être une mauvaise mère pour autant.

    Je porte mon bébé en écharpe mais j’ai une poussette MacLaren (pour celles qui critiquent ) qui m’a pas coûté si cher que ça.
    J’utilise des couches jetables et là dessus, je m’en tape de l’écologie, je fais attention sur le reste…

    Je ne cuisine pas bio mais agriculture raisonnée quand je peux, ce qui est aussi bien d’après mon homme qui a un diplôme d’amélioration des plantes. Je cuisinerai pour mon pti bonhomme parce que ça me plait par parce que les petits pots sont industriels!!!!

    Je lui achète parfois des fringues chères et je le revendique même s’il les met pas longtemps. Mais il a aussi plein de trucs d’occasion…
    Il a des jouets en plastique (que je n’ai pas acheté) mais aussi des jouets en bois ou pas construits en Chine. Il croule pas sous les jouets…

    Je pense que chaque parent doit faire ce qu’il pense le mieux pour son enfant, qu’il soit en couple ou parent solo, qu’on soit pour le maternage ou contre.

    Je n’ai pas trouvé que Sasa insulte les mamans maternantes. Par contre, l’inverse n’est pas totalement vrai…

    Merci pour cette belle discussion en tout cas!!! C’est bien quand ça soulève les foules!!!

  33. @ Polgara: chouette témoignage que le tien 🙂

    et quand les professionnels ou les adeptes du ultra-pro-allaitement et/ou du ultra-pro-toute-autre-chose-qui-est -du-domaine-de-la-périnatologie-cf-accouchement.sans.surtout.aucune.trace.de.médicalisation-maternage-portage-cododo-etc…- comprendront enfin que de toutes façons les mères après leur sortie de maternité feront comme elles le sentent … et cela SURTOUT si/quand elles ont commencé l’allaitement par « pression » ou par sentiment de culpabilité si elles ne le faisaient pas

    et, il n’a pas encore été abordé ici la pression que les mères ressentent (et que le personnel a lui-même, aussi) quand elles accouchent dans une institution qui a, qui veut garder (oui, parce qu’ils peuvent être retirés) ou qui veut obtenir les labels « hôpital ami des bébés » et « hôpital ami des mères » …

  34. @ marie:

    J’ai ressenti la pression dont tu parlais!!! J’ai été mise au pied du mur quand il a fallu vraiment prendre une décision entre j’allaite ou j’allaite pas vu qu’il ne mangeait pas…
    La seule solution valable était « allaitement exclusif » pour tout le personnel…

    Et comme disait je ne sais plus qui, faire un bib est très rapide, j’ai toujours donné le bib à température ambiante et ça a toujours été aussi rapide que masser le sein pour faire venir le lait et mettre le bout de sein…

  35. Purée, c’est mort ici aujourd’hui… Le gang des mamelles en folie est allé propagander ailleurs ?
    Pfff…
    Lâcheuses…

  36. pas le courage de tout lire (les comm) ! mais je suis d’accord avec toi et Elisabeth ;o)

  37. Si, si, y’a encore une allaitante-portante qui préfère sous-traiter le ménage pour faire manger maison à son petiot ! Par contre, pour les couche lavable, j’aimerais lancer une loi qui remplace la subvention de surproduction agricole par une subvention pour des couches biodégradables : je suis pas non plus responsable de toute la misère de la terre !!

    Je n’aime pas non plus le terme maternante, l’important est de trouver SON équilibre.
    Néanmoins (et cette réflexion ne va pas que pour les enfants), à mon sens, les solutions les plus « naturelles » sont à préférer : sinon, je bouffe des cachets énergisants (plutôt que de manger des saloperies pleines de produits chimiques et ensuite me goinfrer de cachets pour me soigner, autant faire en une fois, ça reviendra moins cher à la société) et je ne me pose des questions ni sur ma santé future ni l’avenir de la planète.
    Sans être extrémiste sur les sujets, on peut essayer de combiner ce qui semble le plus sain avec nos vies.

    Bonne continuation dans ta vie de maman

  38. bonjour,
    je suis très intéressée par votre point de vue. Je suis membre de la leche league et je participe avec beaucoup de joie aux discussions, je prends ce qui m’intéresse, je laisse le reste, et j’avance tranquillement.
    Je suis mère de mon 2e, 7 mois, allaité, porté, qui dort dans notre lit. Mais la grosse différence entre ce que je vis et ce que d’autres mères qui font la même chose et qui sont un peu montrées du doigt (ou qui prônent cette approche naturaliste) en France. J’habite au Sénégal, les enfants sont tous portés et allaités jusqu’à leurs 2 ans, certes beaucoup de jeunes mamans ont du mal à s’organiser pour maintenir une bonne lactation à la reprise du travail et font un allaitement mixte, alors que leurs mères, travaillant à la maison peut-être, à l’extérieur aussi, amenaient leurs enfants avec elles, mais dans la majorité la façon dont je m’occupe de mon enfant, avec mon mari, est normale et appréciée. Tout est question de culture. Je n’ai pas l’impression que mon bébé me bouffe, je lui permet d’être un bébé, de grandir tranquillement, et je prends sur moi certaines libertés. c’est un peu comme si je me disais qu’il ne m’est pas possible de faire du saut à l’elastique à 7 mois de grossesse, et bien il ne m’est pas possible de boire de l’alcool à en vomir , parce que j’allaite. C’est une formidable relation que j’ai avec mon fils, son papa est heureux et fier de cet investissement, sa grande soeur le materne énormément aussi, il a une nounou à la maison.
    Je regrette que les mamans ‘naturalistes’ doivent se battre comme des rambos (et avoir une casquettes d’extrêmistes’ en France, rien qu’en regardant ce qui se passe en allemagne, les pratiques naturelles sont acquises depuis plus longtemps et on ne se prend pas la tête sur l’allaitement exclusif par exemple.
    Je suis heureuse de vivre là où je vis justement parce qu’il n’y a pas de pression sociale allant à l’encontre de ce que je vis avec ma famille. Les questions étranges que l’on me pose viennent systématiquement des occidentaux : ah bon il ne fait pas ses nuits? ah bon il tète encore? ah bon tu ne le laisse pas pleurer pour qu’il fasse ses poumons? Un gros fossé entre les pratiques très proximales au Sénégal avec le fardeau français dont j’ai dû me débarrasser pour vivre sereinement avec mes enfants (boire à telles fréquence, diversifier comme ceci ou comme cela, s’endormir seul….)
    En espérant que mon propos aura apporté quelque chose.
    Bien à vous et bonne continuation
    célia

  39. Aaaaaaaah merci! merci d’exprimer si bien ce que je ressens face à cette mode (oui c’est une mode) du maternage. Je suis une « vieille » maman. Je n’ai pas allaité mes enfants, non par choix mais par incapacité physiologique.
    Aujourd’hui je regarde d’un oeil amusé (et agacé souvent) ces jeunes mamans qui m’expliquent que mes enfants ont manqué de tout puisque nourris au biberon, endormis dans leur berceau dans leur chambre, réprimandés par une petite fessée de temps en temps. Je suis un monstre. Et je l’assume.
    Selon moi, ce qu’il y a de pire pour un enfant c’est de grandir dans le giron d’une mère parfaite qui se sent investie d’une mission, qui a lu tous les livres educatifs et qui sait parfaitement ce qui est bon pour son enfant.
    Je revendique mes erreurs, mes tatonnements de débutante.
    Mes enfants sont en pleine santé, ils ont eu plutôt moins de maladies infantiles que ceux de mes copines.

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