Quelques instants(gram) de ma semaine #4

Semaine hors norme, semaine sans AUCUN déplacement (hormis ce petit point de détail > un avion pour Fort de France dimanche).

Lundi, en recevant les très chouettes voeux d’Hélène (oui, c’est la Dauphine, il y a presque un an), je me rends compte que je n’ai toujours pas fait les miens …. Je sens que ça va passer à la trappe cette affaire. D’un autre côté, j’ai moins de scrupules, en 2011 j’ai déjà envoyé moult cartes pour la naissance de la demoiselle sus mentionnée, et accessoirement je ne reçois pas de voeux ou presque. Ca commence à me fatiguer ces hommages à sens unique, je donne des nouvelles à tous, indirectement, involontairement et partiellement via ce blog et twitter, j’aimerais bien avoir un peu de réciprocité parfois. (Ceux qui doivent se sentir visés se sentiront visés.)

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Par contre, j’ai éclusé mon courrier administratif en retard, avec de très jolis timbres MissTic. J’espère que la dame de la CAF appréciera.

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Du coup, qui dit moins de déplacements, dit :

1. Plus de temps dans ma tanière, au boulot. Un an que nous sommes dans cette tour ultra moderne, et je suis toujours aussi fan de ma baie vitrée.

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2. Plus de picole (vous voyez pas la différence ? moi non plus, en fait).

Notamment le traditionnel petit blanc du soir, servi par mon papa <3

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Ou le petit rouge du soir en regardant François Hollande se justifier sur son régime et son tour de taille (un grand moment de journalisme politique).

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Bref, je passe ma vie à picoler, même seule. D’ailleurs, pas plus tard que ce dimanche matin, j’en faisais de même au lounge Air France. C' »était pour me consoler de la tristesse de laisser ma famille un dimanche matin pour passer 8 heures dans un avion (heureusement, j’ai encore eu une embrouille avec l’agence de voyages et Air France, ça m’a fait grimpé aux rideaux occupé.)

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Toujours est il que j’ai une bonne astuce d’alcoolique, en l’occurrence un rouge à lèvres Mac, offert par ma soeur à Noel, et qui présente l’avantage non négligeable d’être increvable. Je peux passer des heures à boire, sans que cela se voie ….. en tous cas au niveau du rouges à lèvres. C’est bien non ?

Non ?

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Last but not least, j’ai récupéré mon orthèse de repos, petit bidule de plastique fait sur mesure et très seyant, que je vais porter toutes les nuits, pour essayer de reposer ma main droite, qui est donc toujours à moitié crispée / en tension, et qui résiste toujours à toutes les analyses médicales. La prothésiste, qui m’a concocté ce bel appendice en plastique, a aussi examiné ma main d’un air intrigué, pour conclure, comme tous les autres spécialistes depuis 6 mois, « c’est étrange, vraiment étrange ».

(Docteur House, si tu passes par ici … je suis toute à toi.)

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C’était ma semaine 4.

PS : cette semaine, il y a eu une polémique sur twitter / les blogs, faisant suite à un article lamentable mis en ligne par le Plus (Nouvel Obs) et Marie Gaelle Zimmermann, concernant une pub mettant en scène une « grosse » (d’un autre côté, c’est pour vendre des vêtements pour les dites grosses). Vous pouvez lire des extraits du dit article ici (car depuis le site l’a retiré, sous les lazzis), et des réponses intelligentes ici (et ici un décryptage des méthodes douteuses et faciles des sites d’infos pour faire du contenu et du buzz … avec de la merde). Je trouve en tous cas que cela fait un écho intéressant à mon article sur Cendrillon.

Les escarpins, vous les avez en 41 ?

Ce soir, quand je suis allée chercher l’Héritier chez ses grands-parents, il m’a demandé de lui lire Cendrillon, dans un de ses livres d’histoires. Comme ça, au débotté, dérogeant à toutes ses règles de préséance. Car j’ai un enfant, comme tous les enfants semble t il, extrêmement routinier, dont les journées sont balisées par des rituels IMMUABLES, auxquels nous ne saurions déroger sans nous confronter à une crise gravissime (genre les missiles de Cuba, à coté, c’était roupie de sansonnet). Normalement, le soir, c’est bain, puis repas, puis dessin animé, puis brossage des dents, puis histoire, puis bouillotte, puis dodo. Mais là, non, à 19h, ce gueudin voulait une histoire. Celle de Cendrillon donc. Soit.

Comme je suis une vraie connasse amie des enfants, je crois que ça fait bien 25 ans que je n’avais pas lu en entier cette histoire. Elle m’est remontée à la gorge, comme une madeleine un poil amère. Ca m’a d’autant plus surpris que comme vous le savez, j’ai une mémoire de poisson rouge.

Pourtant, j’ai un souvenir, datant de 2004, plutôt réjouissant de ce conte, grâce à notre joyeuse (et néanmoins barrée) bande d’amis, qui a filmé pour notre mariage une parodie de Cendrillon, en mode film de boules des années 70. Dans cette version librement inspirée, cette souillon de Cendrillon perd à la fin du bal non pas son soulier de vair / verre, mais son gode, que le prince Braquemard (magnifique interprétation de Pierrot) récupère pour le tester auprès de toutes les filles du royaume (je vous laisse deviner comment, mes amis sont magiques). Pour la petite histoire, le gode qui a servi au tournage (assez imposant ma foi) m’a été offert, et traîne toujours dans ma boîte à malices (mais il a plus de piles).

Bref, ce qui est remonté tout à l’heure, cette bulle de mémoire un peu douloureuse, c’est le souvenir amer de ce conte moral, tel que je l’ai interprété dans mon enfance et adolescence. Car à l’époque, j’avais fait du Bettelheim avant l’heure, mais avec une explication un peu plus proche de mes préoccupations prosaïques de petite fille un peu trop replète, un peu trop grande, un peu trop large, un peu TROP quoi. Il paraît que les contes sont souvent faits pour permettre l’identification de l’enfant à l’héroïne. Personnellement, je ne me suis jamais identifiée à Cendrillon. Mais plutôt à une de ses deux demi-soeurs, en l’occurrence la petite boulote telle qu’elle apparaît dans l’illustration Disney. Et qui se fait méchamment humilier quand elle essaye le soulier, bien trop petit et fin pour son pied large et grand.

Voilà. Cendrillon pour moi est une allégorie de mon rapport au poids, à mon corps et aux autres. J’ai toujours été grande, large, plus que la moyenne, ça m’a poursuivi. Résultat je faisais 1 m 70 à 13 ans, et chaussais du 39. J’ai toujours été un peu trop grosse, grasse, en tous cas en haut de courbe. Hors de la « norme ». Celle qui vous permet de rentrer dans les souliers classiques. Ce sentiment d’être un peu hors norme me poursuit. Aujourd’hui, à l’âge adulte, je reste en haut de la courbe de l’acceptabilité. Je chausse du 41, la dernière pointure « grand public », et il suffit de pas grand chose (un modèle un peu petit, trop fin) pour que je ne trouve pas chaussure à mon pied, quand le modèle existe (message personnel : Minelli, qui fait des modèles dont beaucoup s’arrêtent au 40, je t’emmerde). Pour les vêtements même punition, je m’habille en 42 / 44, et il suffit là aussi d’une coupe un peu étroite, près du corps, pour que l’accès au dit vêtement me soit interdit. Et là je repense au 1er billet de Caroline, qui le remettait en lien à l’occasion de l’anniversaire de son blog. Combien de fois moi aussi j’ai acheté un vêtement, une paire de chaussures, seulement parce que j’étais rentrée dedans ? Le soulier étroit, réservé à la parfaite (et blonde) (et filiforme) Cendrillon, sur lequel on commet un hold up inespéré, est un bonheur rare. (Sans doute le même réflexe bravache et provocateur qui me pousse à m’acheter des chaussures avec 8 cm de talon, alors que je mesure déjà 1 m 76.)

(Voyez messieurs, quand on vous dit que les chaussures, chez les femmes, signifient beaucoup.)

Alors non, je t’en veux pas, cher ange, de m’avoir fait replonger dans l’histoire de cette connasse de Cendrillon, avec son pied fin et sa gentillesse insipide. Par contre je te regarde toi, et ta soeur, cette merveille qui n’a pas un an, et à peine deux dents (feignasse), et j’espère qu’à vous deux, je ne communiquerais pas toutes mes névroses. Enfin pas celle là. Si possible.

Quelques instants(gram) de ma semaine #3

Semaine 3 en deux temps.

1. Le temps de la looze familiale

Ca faisait longtemps, la plaie de tout parent (et de tout parent qui bosse qui plus est) : l’enfant malade. Et des enfants malades quand tu en as plusieurs, car c’est une règle qui ne souffre pas d’exception : quand tu as un enfant malade, il contamine son frère ou sa soeur en assez peu de temps (compter 12 à 24 heures). (Les parents pouvant généralement suivre le mouvement, dans les 48 heures suivantes.)

(Petit Jésus, je prie très fort, l’épidémie de gastro nous a épargné pour l’instant.)

L’enfant malade, c’est un être maléfique, savant mélange de sensations parentales contradictoires qui vous partage entre apitoiement (il est brûlant, il est mal, il a mal, vous avez une folle envie de le serrer contre votre coeur toute la journée, malgré les miasmes et les microbes qui se répandent sur vous à vitesse grand V, c’est votre bébé) et agacement (il abuse éhontément de son état et de votre gentillesse, et vous fait relire 20 fois les mêmes histoires reloues de dinosaures et de pirates, et n’aide même pas à éponger le vomi quand il a rendu les 3 cuillères de riz que vous lui aviez fait avaler un peu de force il est vrai).

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(Mais au moins j’ai pu en profiter pour le sensibiliser au sort des femmes au Moyen Age, si si.)

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C’est à cette occasion que j’ai pu constater la différence des effets de la fièvre sur un enfant de 4 ans et un autre de 11 mois. Le 1er est amorphe, geignard et pénible, la 2de est survoltée, excitée ….. et pénible (en plus de tenter le maraboutage du pommeau de douche).

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2. Le temps de la looze des transports

Beaucoup moins exotique que la Martinique et moins brûlant que les 40 degrés de ma progéniture, la Vendée m’attendait (youhou), avec un petit crochet logistique par le pays des petits Lu.

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(Dans le train, vous avez échappé à la paparazzade de Laurent Joffrin ronflant sur son iPad, j’ai pas osé. Et comme moi même je m’étais autorisée un petit somme postprandial, encore moins.)

En parlant logistique, j’ai encore réussi à me plomber plus encore le déplacement (déjà bien bien pénible, à base de TGV, puis de RER, puis encore de TGV, puis de voiture, puis hop un avion à 6 heures du matin, pour finir par un tram, allégé de quelques taxis), en commettant l’erreur de base : déterrer du fond du placard à chaussures la « petite paire d’escarpins que l’on ne souvient plus pourquoi qu’on la met pas alors qu’elle est tellement belle, et toute neuve ». Pour se rappeler amèrement, à peine entrée dans le métro la raison de la placardisation de la dite paire : elles font mal. Très mal. Et font rouler du cul (cambrure trop haute, talon trop aiguille). Bref une calamité londonienne.

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(Tout cela m’a donné une folle envie de m’acheter de nouvelles paires de pompes, mais j’ai pas trouvé mon bonheur. Soldes de malheur et maudits pieds taille 41.)

(J’ai découvert chez Caroline – qui fête son 6ème anniversaire de blog – la marque Ash. Depuis mes 3 jours en talons aiguilles, j’ai évidemment envie de chaussures compensées, mais j’ai rien trouvé. Ca va finir en crise compulsionnelle au centre commercial, je le sens je le sens.)

Épilogue

Le week-end, comme de juste, les enfants étant les jedi infatigables que chacun sait, se régénérant sans cesse, notre progéniture était en PLEINE FORME. Leurs géniteurs, UN PEU MOINS.

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Show must go on,  il a bien fallu ranger les courses faites par internet pendant la semaine, récupérer la banane, lancer les machines en retard, fumer la pipe, et écumer le marché du dimanche. La course au poulet grillé du dimanche m’ayant permis de constater non seulement les prix prohibitifs du plateau de fromages savoyards au marché de la place Saint Louis, mais aussi l’avancée de la boboisation de mon 7ème arrondissement lyonnais, incarnée à un pâté de maison de chez moi en l’érection d’un Mama Shelter.

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C’était ma semaine 3.

Un peu de poésie le mardi

Maia Mazaurette a déménagé son blog sur un site pour eux les mâles, c’est bien dommage (notamment pour lire les articles qu’elle fait sans se cogner tous les autres du mag dans le flux RSS). Pourtant elle continue à trouver des perles.

En partage, cette chanson fort intéressante, sobrement intitulée « Ma bite ».

Je vous préviens, il en parle beaucoup, de sa bite, Miclo Black, mais il nous la montre pas. Oui je sais, vous êtes un peu déçus. Moi aussi.

En tous cas, de Kinshasa à Dieppe, y’a eu du mal de fait.

(Ma biiiiiiite.)

(Ma biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiite.)

(J’ai du mal à m’en remettre.)

(Faut écouter attentivement les paroles. Vraiment.)

Quelques instants(gram) de ma semaine #2

Après la semaine #1, on poursuit donc cette idée de petite revue en images de ma semaine (oui je sais, en même temps, tenir 2 semaines de suite ne relève pas ENCORE de l’exploit.)

Les deux premières années de vie d’un enfant sont géniales. A 11 mois, la Dauphine n’a toujours que deux dents, mais progresse par ailleurs à pas de géants. Désormais elle peut tenir debout sans appui, mais à vrai dire ça ne la passionne guère. Ce qu’elle aime, c’est arpenter l’appartement de long en large à quatre pattes, et porter à la bouche toute chose. Surtout ce qui ne devrait pas traîner. (Ici, un verre de vin, vide, posé par terre dans sa chambre. Appelez moi Sue Helen. Mère & fille.)

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Pour mon retour aux affaires, et mon premier déplacement 2012 (à Fort de France), j’ai encore été gâtée par Air France. Cette fois, ils m’ont interdit l’accès à mon vol Lyon / Orly, car l’avion était trop chargé (trop de bagages sur un petit vol et sans doute du surbooking). Mes 11 kg de bagage (oui pour les Antilles, je voyage léger) avons donc été re-routés sur Roissy, où j’ai attendu mon bagage UNE HEURE, pris la navette pour Orly (et hop, encore UNE HEURE de perdue), avant de récupérer le vol de 16 h pour Fort de France (alors que j’étais prévue sur le 13 h avec un collaborateur). HOP 3 HEURES dans la vue, à l’insu de mon plein gré.

Autant dire que malgré la compensation accordée par AF et les DM de son community manager (DM = messages privés sur Twitter), j’ai été UN PEU fumasse. Car il s’est avéré que j’ai eu la preuve sous mes yeux de la « prime au râleur ». Alors que je suis restée zen et (relativement) souriante face au personnel AF, un monsieur a largement braillé son mécontentement, se jugeant prioritaire parce qu’il était fidélisé « silver ». J’ai fait un grand sourire, espérant de fait que mon statut « gold » et d’abonnée AF me permettraient d’accéder au vol (que j’avais payé à prix fort) sans trop de difficulté. Las, alors même que j’étais prioritaire pour accéder aux deux places qui se sont finalement libérées (j’ai entendu même mon nom au talkie walkie), c’est bien le braillard qui a pris le vol, et moi non.

(Vive la France, comme dirait l’autre.)

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Autant dire, la prochaine fois, je ferais moi aussi des moulinets avec les bras.

Sur place, m’attendaient mon hôtel à Schoelcher, et sa vue depuis ma piaule. Que j’admirais dès 6 heures du matin grâce au décalage horaire …

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Sur place, beaucoup de travail (parce que oui, je suis payée pour bosser, c’est foufou hein), mais une pause midi a quand même pu se faire les pieds dans l’eau, aux Anses d’Arlet, ma plage martiniquaise favorite.

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Un petit tour au marché aussi à l’heure du déjeuner, pour honorer les commandes de rhum, épices et vanille (j’y retourne le 29/01 pour ceux qui ont râté le coche).

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Et hop, retour dès jeudi soir, avec un petit rhum 15 ans d’âge au lounge avant le décollage, du JM, le meilleur.

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Au retour à la civilisation, j’ai été joie, je suis tombée par hasard sur un nouveau David Lodge, qui aparamment cause féminisme et amours libres, c’est prometteur en tous cas.

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Et surtout, de retour au bureau, dès vendredi midi, m’attendait sagement Monsieur le Pompier de New York du mois de Janvier, AKA James.

Bonjour James.

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(Oui, je fais aux gars comme aux animaux de compagnie poilus, je leur gratouille le ventre, comme ça ils se roulent à mes pieds en poussant des petits grognements, j’aime beaucoup.)

Le féminisme de l’étoile de mer (le mien)

S’affirmer en tant que féministe comporte quelques inconvénients (remarquez, je cherche toujours les avantages ….), parmi lesquels, SE JUSTIFIER. Parce que souvent, les gens (et en particulier les gourdes de moins de 30 ans) sont persuadés que les combats féministes sont derrière nous, l’égalité est conquise, si si, arrêtez de nous emmerder, allez brûler les sous-tifs et faire pousser vos poils sous les aisselles ailleurs.

(Perso je crains rien, mes aisselles sont nickel.)

Deux types de justifications me sont souvent demandées.

La première est d’ordre générique : pourquoi lutter pour des combats qui sont acquis ? Oui, on vote, on a le droit d’avoir un compte en banque, de se faire élire, de porter des pantalons, d’avorter et prendre la pilule. Mais il reste des pans entiers de ces soit-disant acquis qui restent peu appliqués ou mis à mal (les exemples sont légion : avorter aujourd’hui relève du parcours du combattant en France, les femmes sont plus présentes au Parlement en Tunisie qu’en France, ne parlons pas des salaires, etc.) Il y a donc un effet de rattrapage qui reste encore à accomplir d’une part, et une attention à porter au maintien et la progression de ces acquis. Ca me paraît l’évidence, et je n’ai souvent pas de mal à étayer cette partie de l’argumentaire.

La seconde justification est sur un plan plus personnel : très souvent, on croit me mettre face à mes soit-disant contradictions, en me demandant comment je peux être féministe d’une part, tout en acceptant ou participant à des situations sexistes dans mon quotidien ? C’est à dire que je me maquille, je porte des vêtements sexués, j’apprécies les hommes exposant des signes externes forts de virilité (des poils, une barbe, une grosse b), je ne refuse pas qu’un homme me tienne la porte ou aie des gestes galants à mon égard, je joue sur des rapports de séduction dans mon quotidien (et donc sur mon sexe) personnel et ou professionnel. L’argumentation est plus subtile, mais elle est simple. L’égalité dans les rapports entre les hommes et les femmes, je l’exige dans des situations socialement normées (la vie politique, le monde de l’entreprise, les droits familiaux, la santé, etc.). Parce que je pense que nous avons besoin que la société offre un cadre univoque aux hommes et aux femmes, qui leur permettent d’avancer sur un pied d’égalité dans la société. Ensuite, dans les rapports humains, les relations inter personnelles, chacun fait bien comme il l’entend. Certaines femmes peuvent adorer les gros machos (au hasard), voire en épouser un, tout en étant féministes. De même qu’elles peuvent revendiquer leur égalité sexuelle vis à vis des hommes tout en se comportant en étoile de mer docile et soumise au pieu. Pourvu qu’elle aie aussi la liberté de reprendre la main (ou le gode ceinture) à d’autres occasions. Je ne considère pas que le maquillage soit une aliénation de la femme par l’homme. Je me maquille pour moi, et secondairement pour mon entourage, masculin et féminin d’ailleurs.

Une fois qu’on comprend cela, et qu’on arrête d’assimiler féminisme et dogmatisme, on a fait la moitié du chemin, non ?

Quelques instants(gram) de ma semaine #1

En 2012, vous ne le saviez pas, mais vous l’avez échappé belle. J’ai pensé fermer mon blog.

Si.

Mais j’en suis incapable (z’avez eu peur ?).

C’est mon 1er bébé virtuel, et je me sentirais trop ingrate de l’abandonner parce que le second, mon compte Twitter, est plus interactif. Si vous voulez une métaphore sexuelle (au hasard), la différence entre le blog et twitter est similaire à celle qui existe entre la masturbation et la partouze. Le blog est une activité assez onaniste. Vous écrivez, pondez votre étron et l’exposez à la terre entière, on vient le commenter, ou pas, mais comme je ne peux passer mon temps à interagir sur tout (et surtout n’importe quoi) dans les commentaires, ça peut vite tourner à vide. Vous vous exhibez, vous êtes regardée, mais finalement, on ne sait ni par qui ni ce que cela inspire. Twitter, s’il a l’inconvénient de la condensation et du temps réel, présente l’avantage de l’interaction permanente. Vous posez une question, 10 personnes répondent dans la foulée, vous faites une blague vaseuse, 15 personnes la reprennent, vous demandez un avis, même ceux à qui vous ne l’avez pas demandé le donnent, vous montrez votre cul 150 personnes le matent dans les 5 minutes.

Bref, ça n’a rien à voir, ce qui m’a résolu à conserver les deux (la bonne excuse). Avec cette dichotomie, je sais qu’ici, mes lecteurs (encore 800 / j, je sais pas trop comment, vu que je publie de moins en moins) ne sont pas nécessairement mes followers (qui sont eux le double ou presque). Alors j’ai réflechi à une manière de partager sur le blog une partie de Twitter, puisque par ailleurs je poste souvent sur Twitter des liens vers mes posts (quand j’en écris un dont je n’ai pas trop honte).

Voilà, tout ça pour annoncer que je vais essaye de publier régulièrement (on va dire à un rythme hebdomadaire) un petit résumé de ma semaine, via les photos que je poste sur Twitter, généralement via Instagram, cette appli iPhone géniale qui permet d’appliquer des filtres qui rendent vos plus vilaines photos presque mignonnes. Je kiffe.

#1 Pour fêter le passage à 2012, on fait une soirée déguisée sur le thème du burlesque avec les copains. Sous le bustier noir que vous voyez là, je portais une paire de nipples délicatement assortie (des coeurs rouges pailletés). Las, je n’ai pas eu l’autorisation conjugale de les tester en public. D’un autre côté, soyons honnêtes, je n’avais pas vraiment eu le temps de m’exercer suffisamment pour une démonstration crédible (comme elle par exemple, impressionnant isn’t it).

L’année 2012 ne sera peut être pas une année à nénés. Pas les miens en tous cas.

(Un mouchoir ?)

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#2 La Dauphine pète la forme. Maîtrisant le quatre pattes, la station debout aidée, et surtout, la position dite du suricate (assise sur les genoux, le museau en l’air, flairant une connerie à faire), elle vide tout ce qui peut l’être. Mon sac à main. La caisse à jouets pour le bain. Son activité favorite restant l’arrachage des yeux de son frère. C’est beau une fratrie soudée …

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#3 J’ai fait les soldes privées (chez Monoprix) pour elle. Je lui ai pris des pantalons. (Parce que j’ai décidé que les robes roses, ça serait uniquement quand elle me demandera. Mes copines me prédisent que cela coïncidera avec l’entrée en maternelle. Société sexiste.)

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#4 Personnellement, j’assume encore ma part féminine avec des collants <3

(Par contre, en conf call, je pose les boots sur le bural, tel Jojo les grosses burnes. On se refait pas.)

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#5 et #6 J’ai eu la fève ! Deux fois. La première fois, je me suis dit que ce crocodile ressemblait quand même pas mal à une biroute.

La 2ème fois, au travail, j’étais justement en train de partager cette réflexion de haute volée, quand j’ai croqué la fève Léon le cornichon. Pile au moment où ma collègue était en train de me recommander, je cite, « d’arrêter de tout ramener au sexe ». C’est pas de ma faute si je ne fais que sucer des fèves douteuse. Merde.

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#7 Bref, la reine, c’est bien moi. (Parce que je le vaux bien.)

(La Reine a des valises sous les yeux, je sais.)

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Voilà. La semaine prochaine, je serais sous les tropiques. Sûr que je pourrais narguer les uns et les autres avec des photos les pieds dans l’eau.

(Ce qui sera pure cruauté, puisqu’en vrai, je passe 10 h par jour dans des salles de réunions aveugles et trop climatisées. Plaignez moi en fait.)

Effort et (ré)confort, par Max Weber*

(* Pour Weber, je déconne hein. Juste une petite référence.)

Il y a presque un an, je lisais cette note de Caroline, qui expliquait quelques-unes des raisons qui l’avaient à l’époque poussé à démissionner de son emploi salarié pour se lancer dans l’aventure de l’indépendance (la gueudine). Dans cette note, elle y parle d’un « concept » que je maîtrise mal (je goûte assez peu les méthodes de coaching et de management, et j’ai sans doute tort), mais qui m’a interpellé à l’époque, la zone de confort et la zone d’effort, appliquées à la vie professionnelle. Ca fait donc un an ou presque que cette note me fait réfléchir …. Certes pas en continu et au quotidien (je suis pas une flèche, certes), puisque 2011 a été une année « moignon » en termes professionnels, ayant été absente 6 mois pour accoucher et accompagner les premiers mois de mon deuxième enfant.

Maintenant que la Dauphine est à peu près tirée de la phase « nourrisson exigeant et dévorant » (malgré le fait qu’elle n’aie que DEUX DENTS à 10 mois, ce n’est définitivement plus un nourrisson, mais un bien joli poupon), j’ai à nouveau un peu de temps à me consacrer à l’observation de mon nombril à l’examen, forcément critique (car toute daubeuse l’est au premier chef avec sa pomme), de mon parcours professionnel.

Déjà, j’ai mis du temps à comprendre que je faisais un contre-sens complet, assimilant la zone de confort au mal (on pantoufle, on s’encroûte dans son travail, parce qu’on en maîtrise les rouages et l’exerçons dans un confort opérationnel) et la zone d’effort au bien (on se remet en question, on se sort les doigts, pour se dépasser, mieux faire, etc.). Je m’explique assez facilement cette assimilation, en tant que fille de prof, j’ai toujours assimilé l’apprentissage / les études / le travail à quelque chose de laborieux, difficile, auquel on doit consacrer énergie et abnégation, dans la douleur. Je sais, c’est très weber-ien comme raisonnement, et pourtant, pas l’ombre de la queue d’un protestant dans la famille. Juste une constellation de profs et instits, ça doit être suffisant.

La zone de confort, comme l’explique d’ailleurs Caroline dans sa note, c’est « le cadre dans lequel vous vous sentez au maximum de vos capacités en éprouvant cette émotion tellement mais tellement sacrifiée par le monde du travail alors qu’elle est fondamentale : le plaisir. » Et c’est celle qu’elle a voulu regagner en changeant de cap professionnel il y a un an. Pour ma part, je me reproche, depuis quelques temps déjà, d’être dans une « fausse » zone de confort. J’exerce un métier qui me plait, malgré ses exigences (nomadisme, pluralité des clients et des missions) et ses limites (chronophagie, position « stratosphérique » par rapport aux projets, peu en réalisation / concrétisation), et dans des conditions matérielles confortables (environnement de travail, salaire).

Pourtant, je sais que la manière dont je l’exerce est beaucoup moins satisfaisante (contexte économique tendu, potes qui sont partis, clients qui ont changé, etc.), me procure moins de PLAISIR, même si je suis confortée par ma capacité à réaliser ce que l’on attend de moi sans trop de difficulté (on appelle cela l’expérience, encore heureux, 12 ans que j’y suis). Et finalement cela me demande plus d’efforts. Mais des efforts peu gratifiants.

Le serpent se mord la queue, mais je finis par l’énoncer : j’exerce confortablement un métier qui me demande de plus en plus d’efforts, et me procure de moins en moins de plaisir (j’ai mis quasi un an à pondre cette phrase, bonjour la gestation éléphantesque, j’espère que vous appréciez l’effort). Née en 1978, à deux ans près, je faisais partie de la génération Y. Mais de fait, j’ai intégré le monde du travail avant eux (puisque j’ai fini mes études avant eux, contrepartie d’avoir son bac à juste 17 ans) : je travaille donc avec des X, et recrute /manage des Y. Génération sur laquelle on casse du sucre sur le dos à longueur de réunion managériale, leur reprochant mille et un travers.

Génération Y from adesias. on Vimeo.

(Chouette vidéo explicative sur cette fameuse génération.)

Pour en recruter tous les ans des charrettes (je vous passe cette année mes coups de mou habituels, sur les CV de gugusses nés en 1987 et qui cherchent du travail, dont j’imagine qu’ils sont lycéens, alors que non ils ont 24 ans, c’est pas la peine de se miner dès le lundi), c’est vrai que c’est vraiment rien que des feignasses qu’ils ont un rapport au travail que je trouve globalement … plus sain que le notre (les vieux cons de X). Moi aussi je voudrais parfois être plus détachée vis à vis de la « valeur travail », lui accorder la place qu’elle mérite dans ma vie (moindre), savoir en changer quand je pense que c’est nécessaire et sans avoir besoin de penser que je tue mon papa en le faisant, et considérer que je me structure autrement que par l’emploi que j’occupe. Heureusement, le fait d’être désormais mère a déjà remis pas mal de pendules à l’heure en termes de priorités (non, il est exclu que je reste à la maison pour élever mes enfants, merci). Mais il reste que j’accorde (beaucoup) d’importance à mon travail. J’attends qu’il m’apporte rémunération, mais aussi reconnaissance et épanouissement. (J’ai des problèmes de riche.)

Toujours est il qu’en 2012, j’aspire donc (entre autres) à regagner du PLAISIR ailleurs qu’au fond d’un lit (même si c’est toujours ça de pris, on est d’accord), et donc au travail (la possibilité de coucher avec mes collègues et / ou collaborateurs étant bien entendue exclue pour regagner le dit plaisir, je vous vois venir, j’applique strictement le « no zob in job« ).

Et j’en profite donc pour vous en souhaiter de même. Du plaisir.

Et la santé, bordel.

La santé.