« Sur-utilisation du membre supérieur droit »

Pour ceux qui suivent ce blog / mon fil twitter / ma vie / mon oeuvre (bande de petits veinards), j’ai subi quelques déconvenues médicales (hu hu) ces derniers mois, dont une partie m’ont bien mis sur le carreau. En quelques mots, depuis UN AN, j’ai une forme de paralysie de la main droite. Ca a commencé par le petit doigt (qui est raide comme un bout de bois), avant de s’étendre doucement (c’est toute une partie de la main qui bouge pas ou presque, sous tension permanente). Comme c’était pendant mon congé maternité, je m’en suis pas rendue compte (ça me fait absolument pas mal, ça me gène juste pour des gestes mécaniques, comme écrire, taper au clavier).

Quand je me suis lancée dans des explorations médicales (quelle bonne idée j’ai eu là), ça a commencé par des radios, échographies, des séances de kiné, avant d’enchaîner sur des examens neurologiques (puisqu’il n’y avait rien de mécanique détecté). Ca s’est poursuivi en beauté avec deux IRM, puis cette magnifique ponction lombaire du mois d’octobre dernier, qui a été ratée (brèche dans la colonne). Mais qui s’est avérée normale. De fait, c’était un mal pour un bien, puisque cela a permis d’écarter les hypothèses bien reloues du neuro, dont la sclérose en plaques, ce qui était évidemment une perspective moyennement réjouissante. Depuis janvier, je dors avec une espèce d’atèle,  pour reposer ma main droite au moins pendant mon sommeil, qui est donc en permanence tendue, sous tension. Diagnostic final : « sur-utilisation du membre supérieur droit ». Effet de mes longues heures avec les mains au clavier semble t il (et je t’entends ajouter « et de la masturbation », toi là bas au fond). Ca arrive il paraît (aux joueurs de tennis, aux violonistes, aux motards) (et aux petits tacherons du tertiaire comme moi).

Au delà des riches heures d’angoisse que je me suis infligée grâce aux auto pronostics et diagnostics calamiteux que je me suis concoctée pendant quelques mois (et pour cela, le ouèbe, c’est le mal), j’ai appris à mieux écouter mon corps, cette machine mystérieuse (je suis nulle en anatomie, j’ai arrêté la biologie en 2de). Pendant longtemps, j’ai essayé de forcer ma main droite à travailler, à fonctionner malgré le blocage, la paralysie. Au bout de quelques mois, je me suis rendue compte que la nature étant bien faite, j’avais DEUX mains, et que la gauche commençait à prendre le relais. Aujourd’hui, je suis quasiment ambidextre (c’est la classe). Ma main droite récupérera peut être son habilité (j’ai de nouvelles séances kiné, je vais me faire masser par Maurice, mon kiné d’amour, 67 ans et des doigts de fée), mais j’ai vu tout doucement mon corps s’adapter à ces nouvelles données. C’est à la fois chouette et déstabilisant. En tous cas ça m’a fait un bon avant goût (amer) de la vieillerie, voir ton corps t’échapper, se dérober, résister, et te laisser sur le bord de la route sans raison bien précise. Parce que tout de même, avoir « sur utiliser » sa main à 34 ans, pardon, mais c’est un peu tôt non ?

Pendant les vacances, j’ai lu le dernier roman de Daniel Pennac « Journal d’un corps« , qui justement parle de cela, du corps, du rapport qu’on a à lui, comment il est central, parfois malmené, oublié, et comment il se rappelle à nous, périodiquement, et puis définitivement. Le narrateur, qui tient le journal intime de son corps, de 13 ans à sa mort (à près de 90 ans), nous rappelle que souvent, on met son corps de côté, on le bâillonne, et alors, il reprend ses droits, sa voix. Un formidable bouquin, pas gai gai, mais je vous le recommande.

Désormais, j’essaie d’écouter un peu plus la voix de mon corps. Là tout de suite il me dit « tu aurais pas pris encore du cul toi, avec ce voyage aux US ?« , cet enfoiré.

Prenez soin du vôtre, les vilains.

Trip to Florida – nos premières vacances en famille

Ayé les vacances sont bel et bien finies, je suis reviendue les vilains ! J’espère que je vous ai (un peu) manqué ? Et fait baver d’envie avec mes honteuses photos de mon bonheur ensoleillé (là, à droite de l’écran) ? Tant mieux, tant mieux. (Je vais en réutiliser quelques unes ici, ça servira de remplacements aux 2 semaines de ratées pour mes Instants(gram) aussi.)

A la demande de la foule en folie de quelques uns d’entre vous sur touitteur, un petit retour sur nos premières vraies vacances en famille, le Papa, la Maman, le petit de 4 ans 1/2 et la petite de 14 mois, réunis sous le soleil de Floride, et le déroulé de notre road trip américain, car certains d’entre vous (d’autres parvenus chanceux) vont le faire bientôt.

Tout d’abord, quelques propos introductifs et généralistes à destination des parents de (jeunes) enfants, et de ceux qui vont / veulent partir en vacances avec leur aimée mais néanmoins encombrante progéniture.

:: Gare aux doudous ! On en avait emmené moults, les favoris, on a trouvé le moyen d’en perdre, un français et son remplaçant amérloque, acheté sur place pour suppléer le précédent. Heureusement c’était la Dauphine, encore peu attachée à un doudou particulier, si ça avait été l’Héritier, ça eut été le drame du siècle.

:: S’il y a un moment de looze inévitable dans les vacances en mode road trip (6 hôtels en 14 jours, 2.500 km avalés), ce sont les départs le matin. En bref, quitter l’hôtel est laborieux : il faut faire et défaire, refaire les valises, en sachant qu’on fait les siennes plus celles des charmants bambins (fou ces gamins pas autonomes qui ne savent pas faire leur valoche seuls), qui pendant ce temps s’ennuient, donc vous emmerdent, se disputent, ou trouvent des conneries à faire (généralement grimper sur les chaises et meubles quand ils ont 14 mois).

:: En vrai, y’a aussi un autre petit moment critique à organiser en vacances avec enfants, à mon sens, ce sont les repas : ou tu leur fait manger des burgers / du poulet frit et des frites midi et soir, ou tu fais chauffer des pots. Mais dans tous les cas tu manges froid, car tu passes ton temps à courir après la petite qui ne supporte pas de passer plus de 15 minutes dans une chaise haute. Par contre, l’avantage, aux US, c’est que quasi tous les restaus sont child-friendly : ils leur donnent des jeux, des coloriages, ont des chaises hautes, des menus pas chers et en petits formats (à base de frites, burgers et diverses fritures, mais des menus quand même). Sans compter que dans notre cas, la Dauphine, avec sa bouille d’écureuil, c’était notre sésame magique : « she’s soooooo cuuuuuuute », que disaient les serveurs et serveuses, les clients, la voyant circuler dans la salle à la recherche de bouffe à piquer sur les tables ou dans les arrière cuisines. Franchement, le touriste avec enfant semble attendrir le local. En tous cas les enfants kiffants comme les nôtres (beaux et rigolos, à défaut d’être sages et silencieux) 🙂

:: Après, il faut aussi avouer que s’agissant des soirées tu ne vis pas VRAIMENT la vibe de la night. Certes, quand tu es à Miami Beach, tu peux penser que c’est un peu dommage. De toutes manières tu bois une bière ou un mojito à table (en dînant à l’américaine, autour de 19 h), il te casse comme il faut et te permet de t’endormir claqué à 22h en même temps que les enfants ou presque (des fois tu as le temps de faire un bisou sur le front de ton conjoint avant de t’écrouler).

:: Autre cas particulier à gérer en Floride, quand tu es dans les parcs de la petite souris, c’est la difficulté de gérer l’excitation du nain en milieu mercantile propice (au hasard, le shop Disney, après chaque attraction). En vrai, je pense que ça peut rendre FOU ton gosse. Il faut gérer l’excitation, ne pas trop le frustrer non plus (ça fait de la peine à ton coeur de mère de lui refuser tout achat), mais essayer de ne pas te fâcher avec ton banquier pour les 3 prochaines années en lui achetant une bricole après chaque attraction (car chez Mickey c’est organisé ainsi). Difficile équilibre.

:: Dernier point critique à mon sens, les trajets en voiture (puisque qu’on en a quand même bouffé du mile, c’est le principe du road trip hein). Ces trajets doivent être séquencés avec soin : moins d’une heure ils n’ont pas le temps de s’endormir qu’il faut les réveiller (ça les énerve), et plus de 2 heures faire des pauses sinon ils s’énervent aussi. Dans tous cas, il y a une solution miracle, je vous la délivre : LA BOUFFE. Hop un biberon de lait au chocolat, un paquet de chips, des bonbecs, et roule ma poule. Oui c’est pas sain. Pour le corps. Mais pour ta santé mentale de parent à patience limitée, c’est parfaitement indiqué.

Alors, ce petit préambule spécial chiards en folie (mais J’AVOUE, les miens sont particulièrement cools, j’ai juste dit, une fois, « Chéri, le jour où je demande un 3ème enfant, rappelle moi ce 11 avril 2012« ) étant torché, passons aux choses sérieuses.

Qu’est ce qu’on a bricolé en 14 jours en Floride, 2.500 km, 6 hôtels ? Plein de trucs, avec un trajet, des stops et durées qu’on avait tous choisis. Pour l’organiser, on avait 3 guides

:: le Guide Voir Hachette, il est A CHIER celui là, vous pouvez l’oublier,

:: le Guide du Routard, qui reste pour moi LA référence. Les hôtels et restaux préconisés sont vraiment jaugés et jugés, actualisés, jamais de surprises, et ils donnent de vrais avis engagés …

:: à la différence du Lonely Planet, bien moins complet et surtout moins bien actualisé et moins engagé (moins français, quoi).

Notre parcours 

Démarrage : 3 jours à Miami Beach

Arrivés à Miami, nous nous sommes posés 3 jours à Miami Beach. C’était cool, mais avec des enfants, c’est pas très intéressant en fait, si c’était à refaire j’aurais passé un jour de plus dans les Keys, les plages sont plus belles et calmes. Miami est chouette, mais surtout à creuser pour sa vie nocturne, ses restaus, son shopping, ses boîtes de nuit. Nous étions à l’hôtel The Albion (bel hôtel avec très chouette piscine et bon petit dej), bien placé (pas sur l’avenue donnant directement sur la mer, assez chère et bruyante) dans le quartier Art Déco.

 

Sur les 3 jours, nous avons passé une journée au Parc des Everglades avec plein de crocodiles et autres alligators, et avons fait un peu plus de voiture pour aller prendre le bateau et voir les dauphins à Flamingo, au bout du parc.

2 jours dans les Keys

La route pour les Keys, si tu vas jusqu’à Key West, est longue, mais vaut le coup, c’est vraiment magnifique.  On a fait un stop déjeuner à Islamorada au bord de l’eau (chez Lazy days) très chouette adresse du Routard, et nous sommes installés dans un B&B proche de Duval Street mais au calme, à Key West. La ville est chouette, festive, décalée, belles plages, bons restaux cubains, ambiance à la fois familiale et jeune. Il faut faire le coucher de soleil sur Mallory Square ou sur un bateau, c’est magique. Ma ville favorite au cours de ce beau voyage.

Au retour nous nous sommes arrêtés au parc naturel de Bahia Honda (magnifique plage) et avons fait un stop déjeuner à Marathon pour déjeuner au bord de l’eau.

2 jours à Fort Myers Beach

Nous nous sommes posés dans cette vilaine station balnéaire, mais avec un beau front de mer sur le golfe du Mexique. De là, c’était surtout pratique pour rayonner dans les environs, en particulier l’île et le parc naturel de Sanibel Island (plage de Bowman’s Beach), avant de rejoindre la folie des parcs à Orlando (un peu de route en bagnole).

3 jours dans les parcs à Orlando 

Evidemment, avec trois, pardon deux enfants, pas possible d’échapper aux parcs.

On a fait un parc hors Disney, Legoland, où les attractions sont sympas pour les moins de 10 ans, mais bon, quand tu es pas passionné de Lego, hein. Bref, j’ai visité le parc Lego !

Ensuite on a passé deux jours chez Disney, logés dans un chalet en rondins de bois dans la forêt, très chouette (et très cher). On a fait une journée à Disney World Magic Kingdom, il paraît que ça ressemble à Disneyland Paris, en plus vieux. Bon, on a fait des attractions à tour de rôle, l’Epoux et moi, avec l’Héritier, et quelques unes à 4. Par contre on a pas du tout fait de manèges à sensation, l’attraction la plus émotionnante que j’ai faite étant les tasses, c’est dire. Donc le principe Disney est quand même un peu usant (et coûteux) : 30 minutes de queue / 5 minutes d’attraction / 10 minutes de merchandising … Crevant mais efficace (pour Disney). On a fait la 2ème journée à Disney Animal Kingdom, carrément différent, plutôt animalier (Safari en Afrique, thème Asie, Dinosaures …), et bien plus chouette à mon sens.

2 jours à St Augustine 

St Augustine, le plus vieux village des us, en bon état hein, est un havre de paix en bord de mer, bien reposant après la folie et la démesure d’Orlando. St Augustine, je ne t’oublierais jamais, c’est là où une serveuse m’a demandé mon ID pour me permettre de boire une bière. Quelques jours après avoir fêté mes 34 ans, bonjour la cure de jouvence <3

2 jours à Boca Raton

C’est une station balnéaire rupine au dessus de Miami, qui nous a permis de passer deux jours à la cool avant le départ, à profiter de la plage, tranquilles. Une bonne option pour ne pas se cogner trop de route, avant de reprendre l’avion ….

Voilou ! Si vous avez des questions, dites moi en commentaire ou en mail ….

Une autre fois, faites moi penser, il faut que je vous cause de TIC et TAC. Si si. J’insiste. Là je suis fatiguée. Bisou.

Quelques instants(gram) de ma semaine – en vacances

Mes chers camarades et néanmoins lecteurs bien aimés, je suis partie avec armes, bagages et enfants, pour 15 jours de vacances. Je prends quelques instagram, ils apparaissent dans la colonne de droite de ce blog.

Quand je rentre promis je raconte combien c’est reposant les vacances à l’étranger avec des enfants en bas âge …

Prenez soin de vous, et jalousez moi au moins pour une chose : ici personne ne parle de la campagne présidentielle (en tous cas pas la française !) … De vraies vacances quoi \o/

Séance copinage – les charmes du Brésil à votre portée

Liliane, une amie que j’aime d’amour, m’a dit, « je t’ai ramené des trucs du Brésil. »

Parce qu’elle même est brésilienne. Moi tu me dis Brésil, je pense :

:: Michel Teloooo,

(Un petit coup de Michel pour la route ?)

:: Mannequins masculins à croquer,

:: Pompes sympas (les Melissa, pas les tongs hein).

Que nenni.

Elle m’a présenté des produits cosmétiques brésiliens. Bio. Que s’appelorio NATURA.

Donc après, elle m’a menacé physiquement pour gentiment demandé que je lui fasse de la pub. Bicoz Lili, elle organise des réunions de vente (comme celles pour acheter des boîtes en plastique ou des énormes godes ceinture), où elle présente, fait essayer et vend les produits NATURA.

Avec des trémolos dans la voix, elle m’a dit, si tu m’aides pas, mes enfants boufferont des pâtes à l’eau sans beurre du 15 à la fin du mois.
Bon j’exagère, en fait elle m’a juste dit que c’était une marque qui, non content de préserver les baleines et l’anus des lapins, s’engage en faveur du commerce équitable et du développement durable. Elle travaille en partenariat avec l’association “La Voix de l’Enfant”.
Alors vous pouvez jeter un coup d’oeil au catalogue du mois, par ici. Et surtout, si voulez passer commande ou obtenir quelques informations (genre pour organiser une vente à domicile, ou sur votre lieu de travail), vous pouvez la contacter directement : liliane.natura92@gmail.com. Dites que vous venez de ma part, un double dong vous sera offert.
(C’est évidemment une plaisanterie, je sais que Liliane est une âme pure, et ne sait pas ce qu’est un double dong, amen).

Sexisme & police de la pensée

Ce matin, à l’heure où les yeux encore bouffis de la nuit tu ouvres tes outils de travail …. et Twitter (de quoi gréver assez lourdement la productivité française du secteur tertiaire, cette affaire), je découvre un tweet primesautier d’Eolas (avocat blogueur et exerçant aussi sur la twittosphère), « Ce qu’il y a de bien avec le retour des beaux jours, c’est que désormais, c’est dans la rue qu’on croise des jolies courbes. »

(Oui, y’avait une blague avec les courbes qu’on croise, j’ai VU hein.)

Je vois ensuite passer une remarque de Caroline (Pensées de Ronde), qui lui signale, sans être particulièrement agressive, « Mouais, vous êtes capables de bons mots meilleurs que celui-ci qui fleure un poil le sexisme… »

Pouf pouf (copy right Pierre Desprosges).

C’est ainsi que s’enclenche ce que l’on appelle communément sur Twitter un tweet-clash, exercice de style un peu brouillon, souvent agressif et toujours frustrant, qui consiste à défendre une position / un avis en 140 caractères (autant dire que c’est perdu d’avance). Là c’était un cas d’école, c’est parti très vite dans les tours, puisque dans les 2 minutes qui ont suivi la réponse de Caroline, les grands mots ont été lâchés, « troll » / « féministe » / « police de la pensée ». Au-delà du clash, dans lequel je suis partisane (car Caroline est une personne que je suis sur son blog et twitter depuis de longues années, plutôt tempérée, difficilement taxable de troll), j’ai forcément été interpellée par la discussion dans son ensemble (dont Valérie donne sa propre lecture ici) (je tiens à dire que Valérie est très courageuse, elle répond patiemment à tout le monde dans ses commentaires, j’ai cru comprendre que c’était aussi un peu son métier, mais je suis admirative quand même. Moi dès qu’on m’emmerde de trop, j’ai tendance à claquer la porte. Ou gueuler.)

Fondamentalement, ça m’exaspère au premier degré, qu’une femme soit encore désignée de manière dépréciative comme féministe, et donc associée à un troll, corollaire de mal baisée, frustrée et aigrie (c’est écrit nulle part, certes, mais je fais bien les sous titres). Le point de Godwin du féminisme étant l’injonction faite à se cantonner aux « vrais » sujets (ceux admissibles) des femmes (la lutte contre le viol, l’excision, l’égalité salariale à la rigueur et basta).

(Allez voir les « mentions » des soutiens d’Eloas dans twitter, c’est éloquent et lamentable, j’en étais désolée pour Caroline.)

Mais surtout, ce qui m’a interpellé, c’est cette question de « police de la pensée« , invoquée par Eolas, au sujet de l’interpellation (ah ah), somme toute modérée pourtant, de Caroline. Je comprends bien cet agacement que l’on peut avoir parfois concernant une tendance très contemporaine (et anglo saxonne) à devoir policer et lisser l’expression publique concernant certains sujets (le fameux politiquement correct). C’est vrai, ceux qui ont plus de 30 ans s’en rendent compte, la liberté d’expression aujourd’hui est bordée (policée) de tous côtés. On ne peut plus se gausser des handicapés, des noirs, des homosexuels, des arabes, des juifs, des vieux, et DES FEMMES, parce que ce sont des comportements discriminants, et en l’espèce SEXISTES. Car même si les courbes que citait Eloas pouvaient s’entendre pour les deux sexes, à ma connaissance, aucune femme ne se retourne dans la rue sur les courbes d’une bedaine masculine bien rebondie (je ne vois pas d’autre courbe masculine remarquable, à part la légère courbure d’un pénis en érection, plutôt porteuse de grandes promesses, hélas rarement visible dans les rues, mais je m’égare).

On peut regretter que les esprits, le langage, l’expression se policent. Ce n’est pas mon cas, pas en l’espèce, s’agissant des comportements sexistes, dont je peux être la visée (forcément, si j’étais juive, et handicapé, il en serait de même pour les remarques de cet ordre, mais je suis juste femme et arabe, je peux pas non plus cumuler toutes les tares). Je suis la PREMIÈRE à reluquer (des hommes, des femmes aussi, parce que c’est souvent autrement plus joli à regarder, je partage cet avis), et voire à diffuser des photos de ces messieurs (ce fut longtemps le fonds de commerce de ce blog). Pour autant, je suis soulagée que ces comportements, attitudes, remarques soient de plus en plus censurées dans l’espace public. Car elles sont pesantes, quand elles ne sont pas insultantes (voire pire).

Le meilleur exemple à mes yeux est celui de la vie professionnelle. Quand j’ai commencé à travailler il y a 12 ans, dans un secteur d’activité très (et encore) masculin – et je m’en fais encore de temps en temps l’écho ici – j’ai essuyé des remarques sexistes, phallocrates, plus ou moins désagréables, souvent insignifiantes, bêtement flatteuses, parfois insultantes. Bien souvent elles étaient émises par des messieurs d’âge mûr à très mûr (ce qui me laisse à penser qu’Eolas est plus âgé que ce que je pensais), pour qui complimenter une femme sur sa tenue / ses jambes / son rouge à lèvres dans le cadre d’une réunion de travail n’avait rien de sexiste ou de déplacé.

C’est pourtant simple : une remarque sexuée, qu’elle soit laudative ou dépréciative, n’a strictement rien à faire dans une conversation professionnelle, ni même dans la vie courante, par extension. Elles doivent être réservées, je crois et je crois que c’est ce que la majorité des femmes appellent de leurs voeux (et même si c’est moins dramatique que l’excision), à l’intimité (de nos pensées par exemple) ou dans des situations qui s’y prêtent. Jamais je ne me suis sentie insultée par une remarque sur mes courbes quand elles venaient d’une personne avec qui j’entretenais / développais des rapports de séduction. Parce que faut il le préciser, se faire héler dans la rue à la volée (le « Hey Pssst Madame t’es bonne« , classique), ou se faire reluquer la croupe d’un air torve dans le métro, ça ne rentre pas dans les catégories « rapport de séduction consenti ». Non, je vous assure.

Alors certes, Eolas ne laissait aucunement entendre qu’il allait tâter du croupion féminin à la volée dans les rues de Paris. Mais en dénonçant « la police de la pensée » / le « trollage » s’agissant de la remarque faite sur l’aspect sexiste de son tweet, il (me) prouve qu’aujourd’hui encore, le sexisme reste encore un tort peu considéré. Comme si ça n’était finalement qu’un paravent réactionnaire déployé par des femmes (les féministes, ces mochetés aigries qui ne s’épilent pas) pour emmerder ces salauds de mecs. Si un gars correctement neuroné pense cela, je me dis qu’on est pas sortis de l’ornière.

Quelques instants(gram) de ma semaine #13

Semaine #13, la semaine qui porte bonheur alors ? (ça serait chouette, je peux trop rien en dire pour le moment, mais ça serait fort chouette oui)

Pour changer cette semaine, un peu de Paris.

Bon, ça peut paraître relou vu de l’extérieur (et vu de l’intérieur, ça l’est aussi, parfois), mais il y a plein de petites choses que j’apprécie dans cette vie de nomadisme. L’une d’elle étant de traverser la ville de lumière, seule, tard le soir, ou très tôt le matin. Oui, finalement, j’apprécie Paris quand elle est vidée des parisiens …

Ou encore me perdre dans ces pxxxxx de couloirs du Ministère, sans JAMAIS tomber sur le bureau, au hasard Balthazard, de François Barroin. Oui c’est vachement chouette, ça aussi.

En parallèle de mes activités diurnes et rémunérées, je continue de préparer activement notre départ en vacances (6 jours avant la quille, youhou). Notamment en rééquipant la famille en tenues balnéaires. Car nous devons faire honneur au chic français sur les plages de Miami, j’en ai décidé ainsi !

(Maillot de bain Monoprix, y’avait rien de mettable chez H&M.)

Par contre chez H&M j’ai déniché une kyrielle de jolies petites robes (à moins de 8 euros la robe, je me suis lâchée). En rentrant, je les ai étalées sur le lit, et j’ai fait venir la Dauphine. Elle s’est comportée en vraie gonzesse, digne fille de sa mère : elle a sauté sur le tas de fringues en poussant des petits cris de joie sur aigus 😉

Pour les petits gars aussi il y a des choses sympas, même s’il faut bien avouer une chose, habiller un gars, c’est quand même beaucoup moins rigolo qu’habiller une fille (même sans rose, c’est juste un défi de plus). Faut jouer sur de petites touches humoristiques (tee shirts, accessoires, …), mais globalement c’est un peu tristouille la mode enfantine masculine. Sans compter le drame des pantalons aux genoux déchirés : avec les jeux dans la cour bitumée de l’école, ou la terre du parc, pas un futal qui fasse plus de 3 mois. Que ce soit du H&M ou du Sergent Major. Autant rester côté suédois.

C’est l’autre avantage des gonzesses. Avec leurs robes, elles se râpent directement les genoux, ça fait des économies de fringues.

(Là c’est pas du suédois, mais du Catimini. Marque honteusement chère, mais très jolie il est vrai.)

La fin de semaine a été très family business. C’était bien bien chouette.

J’ai montré Instagram à mon cher papa. Il a été très impressionné (mais ça se voit pas, mon père est le flegme fait homme. La seule fois de sa vie où j’ai réussi à le surprendre, c’est quand je lui ai collé sous le nez une échographie de l’Héritier. Il a mis des semaines à s’en remettre. En fait il s’en remet pas. C’est le fan n°1 de mes nains. Qui le lui rendent bien.)

Nous sommes allé voir « Two days in NY », le dernier film de Julie Delpy. Ceux qui me lisent le savent, je suis une inconditionnelle de Delpy. Son humour, son sens de l’auto dérision et l’exhibition, son sens bien particulier de la famille me ravissent. « Two days in Paris » était surtout drôle, la version NY est drôle et émouvante, avec l’ombre de la mère (décédée dans la vie et dans le film) qui plane doucement. Albert Delpy est toujours aussi perché, je suis grande fan.

(Si vous voulez entendre Julie Delpy, elle est passée deux fois sur France Inter la semaine dernière, chez Pascale Clarke et chez François Busnel, vous pouvez podcaster sur le site (l’appli est toujours en carafe)).

Samedi soir, je suis passée récupérer la frangine dans une fête de d’jeunes (si si, la fille fêtait ses trente ans, c’est jeune non ?). Quand je suis arrivée, ils étaient en train de refaire une flash mob que j’avais vu chez Pingoo, hé bien IRL c’était pas mal du tout, même si dans un salon lyonnais on était moins nombreux. Mais on avait plus chaud ….

Ensuite, nous avons privilégié « l’entre nous », et avons réuni la fratrie, autour … de mojitos.

… et de planteurs.

(Oui nous sommes une famille d’alcooliques. Enfin surtout mes frères et soeurs.)

Dimanche midi, on a fait le premier barbecue en plein air.

Gros succès des pilons de poulet chez les carnivores.

Bref, on a bien enterré le mois de mars, et ce matin, on a entamé avril avec le sourire, grâce à Monsieur Avril, le pompier de NY du mois du dit mois.

Raymond c’est son petit prénom.

Avec Raymond, on vous souhaite une bonne semaine <3