A un fil (il paraît)
Mardi soir, quand les pompiers sont arrivés dans l’appartement, on a rigolé, UNE FOIS.
Je tenais la Dauphine dans les bras, qui était impressionnée par la présence de 4 pompiers dans son salon à l’heure du dîner (et moi donc, ah ah). Machinalement, elle faisait tourner une mèche de ses cheveux autour de son index gauche, tandis que l’autre index explorait le fond de sa narine droite, tout en fixant d’un oeil mi inquiet mi intéressé un des pompiers qui était tourné vers nous deux. Gentiment j’ai signalé à ma fille que mettre son doigt dans le nez n’était pas la manière la plus habile de procéder pour plaire aux garçons (quoique, en l’occurrence le pompier lui souriait de toutes ses dents). Elle l’a promptement enlevé …. pour le mettre directement dans sa bouche et le sucer énergiquement …
Le pompier était hilare. (Pour l’apprentissage des méthodes de séduction, on repassera en 2de saison.)
A part ça, on s’est donc moyennement marrés mardi.
Suite à une chute de 2 mètres (il attendait son tour de toboggan en haut de l’échelle, il a glissé / est tombé à la renverse, boum), sur la tête, l’Héritier s’est mis à vomir une heure après. Autant dire, pas TRÈS cool. SOS Médecins nous a renvoyé vers le 15 et les pompiers, qui après examen de la bête à notre domicile, ont décidé de l’emmener à l’hôpital mère enfant de Bron (ce n’est jamais que la 2ème fois en 5 ans de vie que l’Héritier part avec les pompiers là bas). Après avoir confié Miss Crotte de Nez 2011 à ses grands parents, j’ai rallié ce lieu merveilleux que sont les urgences pédiatriques. Celles qui a 22 heures te rappellent, avec la preuve par l’exemple, que la vie est une pute, parfois. Car pour ma part, ayant la chance IMMENSE d’avoir des enfants en bonne santé, j’oublie facilement qu’il en existe des malades, que la vie condamne à la galère dès le plus jeune âge. Sans compter les accidents de la vie, ceux qui te rappellent, avec une grande claque dans la gueule, que nos courtes vies ne tiennent qu’à un fil. Et fragile le dit fil, surtout pour des enfants. Les urgences pédiatriques, c’est donc un petit concentré de souffrance et d’injustice. Souffrance de ceux qui subissent la maladie de plein fouet sans vraiment la comprendre (les enfants) et par ricochet et parfois avec une douleur encore plus grande, celle de l’impuissance (les parents). Injustice de la maladie qui frappe sans motif apparent, de l’accident domestique, bête et imprévisible. Une raison de plus de moyen kiffer les hôpitaux en ce qui me concerne, même si le personnel soignant y est autrement plus humain et attentionné que ce que j’ai pu voir dans les hôpitaux « classiques ».
J’aurais passé 24h sans manger (on nourrit et perfuse l’enfant, mais pas ses parents) (alors oui, JE SAIS, je peux vivre sur mes QUELQUES réserves en l’absence de nourriture pendant 24 h), et quasiment sans dormir (on donne un lit aux enfants, et un siège qui ne s’incline pas au parent qui peut rester à ses côtés), à veiller sur la chair de ma chair, avec cette peur animale au fond du ventre (la peur que l’accident vous prive de lui, qu’il lui arrive le pire, forcément le pire), mais le sourire rassurant et enveloppant aux lèvres, car il s’agit de le réconforter lui, et de garder en soi, bien enfouies, ses craintes de louve. Car finalement, l’Héritier, après avoir vomi 3 ou 4 fois sous nos yeux égarés d’inquiétude (commotion cérébrale, me voilà / traumatisme crânien, coucou), s’est endormi du sommeil du juste dans la salle d’examen. Il a passé le scanner cérébral sans moufter, puisque toujours profondément endormi, et s’est à peine réveillé pendant l’installation de la perfusion, ni pour les X contrôles qui ont suivi pendant la nuit (par contre MOI j’ai tout suivi, et même eu le temps d’écouter 2 podcasts de France Inter entre deux check up). Il s’est réveillé à 8h, guilleret et affamé, et même s’il a fait une grosse sieste avec moi l’après midi, il est en pleine forme. Casses noisettes comme souvent.
Heureux les innocents.
Tout est bien qui finit bien donc, comme dans les contes de fées que l’on lit aux enfants, mais *putain* quelle claque que ce rappel (inattendu) à notre mortalité, et surtout celle de notre progéniture (oui je suis une grande optimiste, quand je dis le pire, j’ai bien pensé AU PIRE pour l’Héritier). Il est certain que j’envisage assez peu sereinement mon passage du côté obscur de la force (en gros, j’ai pas une folle envie de décéder, et n’étant que peu croyante, je ne crois pas - HÉLAS - que l’au-delà me réserve quoi que ce soit de vraiment bandant). Mais là, j’ai touché du doigt et très concrètement que j’envisage ABSOLUMENT PAS celui de mes enfants (ce qui est sans doute assez normal, me ferait remarquer Cap’tain Obvious), et que je serais prête à BEAUCOUP pour que cela ne se produise pas. Et que vraiment, j’espère qu’ils m’enterreront, dans très longtemps, ces saligauds.
En attendant le jour où ils se débarrasseront de leur vieille mère pour toucher le pactole, ces ingrats, je compte bien interdire à l’Héritier (et surtout la Dauphine, qui présente la caractéristique quelque peu angoissante d’être bien plus casse cou que son frangin, somme toute assez prudent) de se hisser à plus de 50 centimètres du plancher des vaches.
Non mais oh.




















Un post sur nos courtes vies qui ne tiennent qu’à un fil le 24 janvier. 3 ans jour pour jour après qu’un accident con nous ait privé d’un ami très cher. Petite piqure de rappel avec tes lignes: la vie est belle, profitons-en!
Wow ! l’horreur.
Interdit le toboggan maintenant sauf avec un casque !
et oui du vécu ici aussi. Pour l’homme tout d’abord puis pour le petit d’homme qui a failli disparaitre au moment où il apparaissait. Mais tu le sais déjà (je spamm suffisamment pour ça).
Juste pour dire que dans mon cas, mon instinct de louve me porte bien plus qu’il ne me plonge dans l’angoisse. C’est le monde réelle qui m’angoisse (le monito, la maladie, etc…) et ma part femelle (celle qui lèche son petit et montre les crocs) qui m’aide à tenir dans ce genre de situation.
Et n’oublie pas de prendre soin de ta main (puisqu’on parle de peur et de gouffre sous nos pieds).
Pfff… Tout ça pour avoir des vrais pompiers dans ton salon… Le calendrier ne te suffit plus ?
(à lire en mode troll bien entendu)
les pompiers c’est tout pourri d’abord. Ils sont pas là ils nous manquent et quand ils sont là, on peut même pas en profiter. Tout ça pour en plus se faire souffler la palme de la drague par sa propre fille.
Bad trip pompier.
Je suis très très heureuse que tout se soit bien terminé et que ton loulou ait retrouvé son sourire..
comme tu le dis, la vie peut basculer en quelques secondes. Mais on l’oublie, parce que le quotidien reprend vite le dessus. Parce que l’on se sent invincibles, parce que sinon on vivrait dans l’angoisse permanente. Pour se protéger aussi.
Il y a quelques années, nous avons été ces parents aux services des urgences pédiatriques, avec le couperet qui tombe, avec le diagnostic impitoyable…et ensuite, plus d’un an à aider notre enfant à lutter à l’hôpital.
Après le combat, la vie reprend ses droits. Et on oublie (presque) de nouveau que la vie est fragile…
Même si elle l’est. Souvent cruellement.
Moi, je voudrais saluer tous ceux et celles qui travaillent dans les hôpitaux et qui, le plus souvent, sont dévoués et remarquables, malgré des conditions de travail souvent bien difficiles.
C’était mon petit commentaire émotion et remerciements !