« Dur à avaler » par Virginie Despentes

Ci après le texte publié par Virginie Despentes à propos de l’ouvrage de Iacub. Je suis toujours impressionnée par la capacité de Despentes à penser et dire les choses de manière frappante et juste (le parallèle avec Banon est bien vu notamment je trouve).
Après, à titre personnel et comme souvent, je compte bien me faire ma propre opinion sur le dit ouvrage. A suivre …
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Dur à avaler

LE MONDE DES LIVRES | 28.02.2013 à 16h06
Par Virginie Despentes, écrivain

Qu’il y ait des meufs dans le 6earrondissement de Paris qui s’agitent volontiers sur les queues qui peuvent leur rapporter de l’argent : rien de neuf. S’il ne s’agissait que de désir, elles sortiraient de leur quartier. Qu’on vienne demander encore un effort aux citoyens, la classe moyenne aura bien quelques euros à débourser pour l’Obs, pour Libé et pour Stock – le gogo, on le sait, s’attrape bien par la libido : rien de neuf. On ne donne jamais assez aux riches. La sensation pénible d’assister à la débâcle d’une cour en folie, toujours rien de neuf. L’ironie du sort, qui veut que l’homme mis en scène soit celui qui dirigea longtemps l’organisation qui a orchestré la dette, ce trait qu’on veut tirer sur toute utopie en hypothéquant nos futurs, n’a rien de neuf non plus.

Du côté de l’Obs, rien de bien neuf non plus, cette gauche-là tutoie les sommets. Et quand Joffrin consacre la « une » de son journal au livre de Iacub, ce n’est pas qu’il vient de découvrir les vertus de la presse façon Closer, c’est la littérature qui l’appelle. Il s’explique dans son petit édito : « Les qualités littéraires du livre étaient indiscutables. » Joffrin, on ne savait pas qu’il avait la faculté de trier ce qui entre en bibliothèque de ce qui part à la poubelle. On devrait faire appel à lui plus souvent, on s’épargnerait un tas de discussions oiseuses.

La littérature, pas la peine de s’en faire pour elle, en a vu d’autres, elle a toujours aussi servi les intérêts des boutiquiers et, si elle doit continuer d’avoir un sens, elle s’en remettra. Puisque le propre de la littérature, justement, est de prendre avec le temps une force que les plus calamiteuses entreprises de négoce ne devraient pouvoir saccager.

GARDES-CHIOURMES

Un parallèle, cependant, m’intrigue : qu’on se souvienne du silence pour le moins poli qui suivit quasi unanimement la publication du texte de Tristane Banon Le Bal des hypocrites (Au Diable Vauvert, 2011). A cette époque, les critiques littéraires se drapaient dans la dignité la plus offensée : ah non, ça, ce n’était pas de la littérature. Elle, ils l’ont vue venir et ils nous ont prévenus : voyeurisme, volonté pathétique de faire parler d’elle, petit texte sans importance. Les gardes-chiourmes étaient là, la pudeur brandie en bandoulière, pour s’assurer que la jeune auteure ne tirerait aucun bénéfice critique de son entreprise d’écriture. Mais, quand il s’agit des errements érotico-neuneus d’une bourgeoise mollement masochiste, on fait le tour des plateaux télé pour ameuter le chaland. Quand je lis dans Libé, sous la plume de Lançon, que Iacub, c’est un peu Sade qui rencontre Guibert, je demande quand même à ce qu’on m’explique pourquoi Banon n’a été pour personne Bret Easton Ellis qui rencontrait Joan Didion. Son texte à elle posait pourtant quelques questions intéressantes.

Par exemple, ce refus atypique du droit de cuissage, cette histoire de petite fille qui se débat quand on veut la prendre de force. Qui non seulement se sauve, mais encore décide de ne pas se taire, contre les conseils avisés de son milieu. Il y avait une petite transgression, là-dedans, un joli refus de se laisser faire, par deux fois. Ce courage-là, hors de question de le saluer. Banon, c’était le texte anecdotique d’une pauvre fille. Alors pourquoi Iacub est l’égérie féministe de la presse de gauche d’aujourd’hui ? De l’oeuvre de Iacub, on avait peine à retenir grand-chose, jusqu’alors, si ce n’est une obsession du genre : le viol ne serait qu’une vue de l’esprit, une confusion mentale, une soumission à la propagande féministe.

On sait que, vu du côté des hommes, les auteures ne sont jamais aussi intéressantes que quand elles décrivent ce qui leur passe entre les cuisses. On découvre aujourd’hui que c’est encore mieux si elles se soumettent aux diktats patriarcaux les plus éculés. Tant il est vrai que, vu d’une certaine gauche, qualifier l’immigrée de laide et de vulgaire, on ne s’en lassera jamais. Comme rappeler qu’une femme de pouvoir, telle Sinclair, émascule toujours l’homme qu’elle épouse. La gauche, elle aussi, est en passe de se décomplexer. Iacub est bien utile pour redire aux femmes quelle est leur place légitime : sous les reins des puissants, et aux pauvres, dans le même mouvement : la main au portefeuille, pour assister de loin aux partouzes des élites.

Ça aurait été plus direct et marrant, les gars, si vous vous étiez fait imprimer des tee-shirts « on est tous des trousseurs de domestiques » puisqu’au final c’est là que vous paraissez vouloir en venir, à tout prix. Une femme de chambre, ça ne devrait pas coûter aussi cher, le fond du problème c’est ça. La parole des pauvres, la gueulante des opprimés, même entendues de loin, visiblement vous gênent pour dîner entre vous, tranquilles. L’enthousiasme avec lequel vous venez nous dire qu’on devrait trouver tout ça formidable est quand même dur à avaler. Vous êtes peut-être tous des trousseurs de domestiques, mais vous devriez vous méfier du pénible arrière-goût que nous laisse, à la longue, l’impression d’être toutes vos femmes de ménage.

Quelques instants(gram) de ma semaine #52

Semaine magique, semaine garantie sans déplacement <3

Lundi je me prends pour une blogueuse mode, je déjeune chez Angelina et goûte leur fameux dessert, le Mont Blanc. A 8,5 euros la blagounette tout de même …. (pas très digeste la petite affaire, mais si on aime la crème de marron, c’est bon)

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 Mardi c’est conf call by night, j’avais donc fait péter les collants de soirée …

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 Mercredi c’était conf call aussi, mais de jour, donc collants rayés.k

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 (Petit intermède spécial gnomes dans la semaine : le gang des suceurs de pouces sévit tous les soirs pendant la séance dessin animé pré coucher. La gauchère. Le droitier. Et qui pour l’instant s’entendent comme les deux doigts de la main. Sauf quand elle lui détruit ses constructions Lego. Ou qu’elle lui pique ses bouquins qu’il lit sur le trône.)

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 Jeudi c’est violet. Point barre.

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Vendredi, vautrage télévisuel devant les César 2013. Globalement, quand c’est terminé, on se dit qu’on s’est un poil emmerdés (sans compter les moments de gros malaises liés aux vannes lamentables de nos humoristes nationaux), mais on ne peut pas s’empêcher de scotcher (et de dauber sur les robes des actrices).

Un peu déçue pour « Camille redouble », qui m’avait touché (et je suis de toutes manières très fan de Noémie Lvovsky – même si j’écorche sans doute son nom de famille). Et carrément sur cul de cet hommage à Keuuwin Costner pour l’ensemble de son oeuvre, qui en dehors de 3 films (Danse avec les loups / Robin des Bois / Un monde parfait) n’a pas vraiment brillé par ses choix cinématographiques ni par sa propre production.

Par contre, je remercie vivement l’apport de la Belgique en la présence graouesque de Matthias Schoenaerts et François Damiens (deux styles très différents, je vous l’accorde, mais très complémentaires somme toute).

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 (Un petit intermède « Amour », offert par la Dauphine et sa mère. Enfin sa mère était dans l’amour. La Dauphine était plutôt dans la tentative de spoliation de ses perlouzes.)

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Samedi on avait les 40 ans d’un camarade de longue date de l’Epoux. Parmi les thèmes de déguisement proposés, j’avais retenu Mad Men, un peu à l’aveugle, car je ne connais pas la série. J’ai emmerdé Twitter et Instagram toute la semaine avec des essais divers et variés. Il paraît qu’au final j’étais plus Joan (la rouquine à gros flotteurs) que Peggy (la brune à frange), comme je ne connais pas trop la psychologie des personnages, on va dire que c’était flatteur (la rouquine étant quand même la + bonnasse).

Pour la tenue, jupe crayon et twin set.

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 Côté coiffure chignon bas et accessoires perlouzes en collier et B-O.

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 Et côté collants, des résilles évidemment.

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Sur la photo de groupe, à droite vous avez la proue du Titanic, c’était le déguisement de l’Epoux, qui avait choisi « Oui mais si on danse … »

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 … et dans la même veine y’avait les bougies, qui ont entouré l’heureux jeune quarantenaire !

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Cette chouette fête d’anniversaire m’a utilement rappelé que dans quelques semaines je fêterai mes 35 ans (MON DIEU QUE JE SUIS JEUNE ET BELLE – méthode Coué inside). Et qu’il faut que je brainstrome à mort pour trouver un chouette thème de déguisement (pour mes 30 printemps, c’était « le bal des dégoûtantes« ).

La meilleure idée ouvrira droit à une invitation personnalisée (en juin sans doute, à Lyon).

A vos idées !

Quelques instants(gram) de ma semaine #51

Retour sur les routes pour cette semaine 51 ! (Pas que je les aie vraiment délaissées précédemment, mais bon …)

Lundi c’est conf call et collants rouges.

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Mardi c’est collants gris et vernis assorti, en harmonie avec mon TGV pour Paris ….

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On a trinqué avec Kika et Sofskaia à Sophie Tith (seule survivante féminine de la Nouvelle Star) ET à Christiane Taubira pour l’adoption par l’Assemblée Nationale de son texte en faveur du mariage pour tous.

Girls rules \o/

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Mercredi, aller retour dans le grand Est rugueux.

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Jeudi je retrouve la progéniture très excitée mais recoiffée en mode « enfants sages » par la grand-mère.

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Samedi nous nous rassemblons tous autour de la Dauphine, qui fête donc ses deux printemps. J’ai l’impression qu’hier encore elle sortait de mon ventre …

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Bonne semaine les affreux <3

Quelques instants(gram) de ma semaine #50

Petite semaine pour cette 50ème, il y a parfois des épisodes de la vie qui ne se prêtent pas beaucoup à la photographie …

Mais tout de même.

Lundi, c’était mini. Nouvel achat ? Point. Robe très comme il faut qui m’arrivait au genou, passée machine à laver à 40° + sèche linge, et hop. Une robe couvrant à peine mon auguste fessier désormais …

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Mardi c’est Nouvelle Star, plaisir solitaire et vaguement coupable.

LT à suivre sur Touitteur pour les aficionados.

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Mercredi, après une journée de RDV dans Paris, petite halte 100% féminine au Montmartre des Blogs, dans un bar …. juste en face de mon monument parisien préféré, la Tour Saint Jacques. De chouettes rencontres et des discussions féminines enrichissantes (je suis même sur l’aquarelle dites donc).

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Et vendredi, me revoilà dans un train, pour un WE particulier, aller faire des adieux ….

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Prenez soin de vous et des vôtres.

Épouse moi Christiane !

Je ne serais sans doute pas très originale en disant cela, mais sans avoir suivi de long en large et en travers les débats sur le « mariage pour tous » à l’assemblée (par contre, j’en ai bouffé sur touitteur), j’ai été impressionnée, charmée et emballée par notre Ministre de la Justice, Christiane Taubira. Au fil des débats elle a été lyrique, pugnace, insolente, pertinente, charmeuse, compétente, et là où ne s’y attendrait pas (en tous cas pas moi), émouvante.

Elle a surtout à mon sens prouvé – à mes yeux et ceux de la France entière – que l’on peut être une femme en politique tout en le restant (femme). Parce que finalement, souvent, face à des milieux très masculins (en politique, dans la vie professionnelle en particulier), les femmes, pour se faire respecter et admettre dans ces cénacles, à se comporter comme des hommes. Taubira a su elle garder son identité sexuée, et en a même joué à plusieurs reprises, sans tomber dans l’écueil de la minauderie, et j’ai trouvé ça très fort, surtout dans un cadre aussi tendu et difficile que le débat sur le mariage pour tous. J’aimerais avoir cette capacité là.

Bref, Christiane, je te kiffe <3

Pour ceux qui vivent dans un igloo …

> L’allocution d’aujourd’hui

Taubira accueille le mariage pour tous avec… par lemondefr

> Un best of troussé par Libé

> Son discours inaugural


Mariage homo : le discours d’ouverture de… par LeNouvelObservateur

Quelques instants(gram) de ma semaine #49

2ème semaine martiniquaise du mois de janvier. 2013 sera antillaise.

Lundi, départ  pour Fort de France avec transit par Paris. L’occasion de se frotter aux charmantes injonctions de nos amis les taxis parisiens.

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En vrai, je ne profite pas vraiment beaucoup de la Martinique lors de mes déplacements, mais bon, au moins quand j’ouvre mes rideaux, j’ai la baie de Fort de France face à moi. Et c’est tout de même ce que je connais de plus apaisant, regarder la mer.
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La même, au couchant.
(Entre les deux, des salles de réunion climatisées, beaucoup moins photogéniques.)
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Dans le centre de Fort de France, la Préfecture de Martinique, avec ses airs de Maison Blanche post coloniale.
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Dans la semaine, j’ai eu le droit à une séance de travail avec ma chef. Au bord de la piscine (les femmes savent aménager leur espace de travail). Moi j’ai bien aimé, le PC moins.
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Juste derrière la piscine, il y en a une autre de piscine, naturelle.
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Dans les Antilles, ce sont les femmes qui portent la culotte (comme partout ailleurs, me direz vous). Mais elles s’occupent aussi de ce qui se passe DANS la culotte de leurs messieurs.
(On est jamais mieux servis que par soi même.)
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Le WE venu j’ai retrouvé mes petits artistes, dont la Dauphine, qui se passionne ces jours ci pour la photographie. Voici en exclusivité deux de ses oeuvres originales.
1. Autoportrait hébété.
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2. Les mains de ma mère
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Bonne semaine (dit elle un dimanche à 18h …) les vilaines et les vilains.