Quelques instants(gram) de ma semaine #56

Travaux de printemps, c’est le grand ménage.

(Enfin, le printemps, un jour peut être, là on se croirait le 11 novembre.)

Dans mon quartier, le boboisant Lyon 7ème, ça bouge beaucoup. On détruit des bâtiments industriels, pour construire des logements surtout, des bureaux un peu. Pour habiter le quartier depuis bientôt 10 ans, les changements sont progressifs, mais en nette accélération depuis 2 ou 3 ans. Arrivée du tramway, construction de la gare Jean Macé, développement du quartier Gerland …. Du bon et du moins bon.

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Un peu de déplacements à Paris aussi cette semaine, notamment pour le dernier comité de pilotage d’un client pour lequel je travaillais depuis 8 ans. Coup de vieux, coup de mou. Une page qui se tourne, des souvenirs, et quelques amitiés, aussi.

(A priori le seul client qui connaisse l’existence de ce blog, coucou Lolo :))

(Coeurs avec les collants mon grand.)

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(Derniers plateaux repas Fauchon aussi.)

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Et voici mon mini-me avec ma valise de business woman à la petite semaine.

(Un rang pour l’ordinateur. Un pour la culotte de rechange et la brosse à dents. Très pratique en théorie, calamiteux en pratique dans les couloirs de RER.)

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Petit zoom sur la bibliothèque familiale, pour rassurer Bernard Pivot qui s’inquiétait sur Twitter que les gens n’aient plus de bibliothèques dans leurs salons. Nous ça va, amdullah, si le feu prend dans l’appartement, on fera un beau méchoui.

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Ci dessous la petite fleur chiffonnée que l’Héritier a sorti de sa poche, en larmes, me disant qu’il avait cueilli cette fleur pour moi au parc, parce qu’il l’avait trouvé belle. Je chéris ces moments d’amour pur, en prévision de l’époque à venir où ses attentions se tourneront vers des gourgandines prénommées Lili ou Rachel (pour celles qui circulent déjà aujourd’hui dans le paysage).

(Ca me permet aussi de compenser les nuits où il se réveille et nous réveille à 1h ou 6h du matin pour tenter un plan incruste dans notre lit.)

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Vendredi soir, on a testé le Mama Shelter, ouvert juste en face de chez nous.

Les enfants ont kiffé, nous aussi, la CB a bien bien blêmi par contre. Un avis bien plus critique ici.

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Samedi matin, 9h30 (petit Jésus, 9h30 un samedi matin, qu’est devenue ma vie ….), les enfants, les miens et plein d’autres pas à moi, étaient réunis au Ninkasi pour un pestacle avec une contortionniste, La sieste de Zoé. C’était la 1ère fois que je les emmenais tous les deux. Le grand a scotché grave pendant les 45 minutes, la petite par intermittence (en gros 5 minutes d’attention, 15 minutes de boxon).

Perso, avec le niveau sonore, à environ 10h15, j’avais envie d’une bière.

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Dimanche, sobre, elle décide de reprendre le footing. (Je vais déjà à la piscine hein.)

Ça n’a pas été si difficile mais attendons la 2ème fois pour en reparler …..

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 Bonne semaine les loulous !

Quelques instants(gram) de ma semaine #55

Semaine avec plein de confcalls à l’intérieur.

La salle de réunion. Le téléphone. Le PC. La solitude (même avec 14 autres personnes au bout du fil).

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Mot dièse lassitude, parfois.

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Au rang des bad news de la semaine, la bonne Ville de Lyon m’a renvoyé un gentil courrier pour m’informer que l’Héritier, qui avait une dérogation pour accéder à l’école maternelle, se voyait renvoyé à son école de secteur pour son passage au primaire. Il semblerait que le motif de dérogation (une garde partagée rémunérée, toujours laborieusement et coûteusement en place) ne soit pas recevable au primaire. C’est vrai, à 6 ans, on se garde SEUL après 16h30, c’est connu ….

(Et le fait de poursuivre la scolarité dans le même groupe scolaire que celui où il est intégré depuis 3 ans ne rentre absolument pas en ligne de compte, m’a confirmée la dame des services municipaux. Humanisme et pédagogie.)

Je me lance donc dans une nouvelle démarche de dérogation (youhouuuuuu), pour laquelle je n’aurais pas de retour avant …. juillet prochain ! Pratique pour organiser la logistique familiale, la mienne, celle de l’autre famille, et l’emploi à temps plein d’une personne …. Je ne décolère pas. L’administration municipale, au service du citoyen, mon cul.

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Tout cela ne traumatise guère ma progéniture, je vous rassure. Ce sont juste les parents qui trinquent.

(Enfin, soyons précis, le samedi à 7h du matin, c’est plus souvent MOI qui trinque.)

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Samedi matin, je suis allée à la présentation de l’ouvrage ci dessous, 100 sorties cool avec les enfants à Lyon, très bonne initiative pour faire des activités sortant un peu du tryptique parc / ciné / mac do avec ses nains.

Ca vaut 6€ en librairie, et ça vaut la dépense !

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D’ailleurs on a testé dans la foulée quelques activités.

L’initiation à l’escalade, dans un centre situé dans le centre commercial de la Confluence.

Très chouette à partir de 4 ans, et avec des moniteurs FORT SYMPATHIQUES.

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Et le dimanche, en vrais bobos du 7ème, on a testé le brunch child-friendly du Ninkasi Gerland, que je ne connaissais pas, assez bon rapport qualité prix, avec des occupations pour les enfants, et des bières, soit un bonheur quasi complet.

(Oui de la bière au brunch.)

(Team alcooliques.)

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Dans l’intervalle, samedi soir, chouette soirée dans un restau lyonnais avec des blogueurs de gôooche. L’entre soi, ça a du bon aussi parfois !

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Belle semaine les vilains et les vilaines.

La jeune fille, le prince charmant et le grand méchant loup

Sans être une Bacrijaoui-phile hystérique, j’ai aimé à peu près tout ce que j’ai vu d’eux. Je trouve que c’est un duo d’acteurs et réalisateurs très bons dans leur veine (le conte métaphorique, oui je suis redondante si je veux), et qui me « parlent » toujours (de moi et des autres) quand ils évoquent l’âme humaine et ses travers (notamment sociaux). Je pense que le dernier, « Au bout du conte« , réalisé par Jaoui, m’a parlé encore plus, sans doute en tant que femme. Le pitch est le suivant (synopsis d’Allo Ciné) :

Il était une fois une jeune fille qui croyait au grand amour, aux signes, et au destin ; une femme qui rêvait d’être comédienne et désespérait d’y arriver un jour ; un jeune homme qui croyait en son talent de compositeur mais ne croyait pas beaucoup en lui. Il était une fois une petite fille qui croyait en Dieu. Il était une fois un homme qui ne croyait en rien jusqu’au jour où une voyante lui donna la date de sa mort et que, à son corps défendant, il se mit à y croire.

Agnès Jaoui l’a très bien expliqué dans l’entretien qu’elle a accordé à France Inter / Rebecca Manzoni (je vous aurais bien fait le lien qui va bien mais le site est en carafe depuis hier), elle a fait ce film en pensant à sa vie de femme, ses contradictions et ses ambivalences. Le prisme des contes de fées est idéal pour illustrer ces tiraillements entre notre vie contemporaine (celle de femmes actives, se voulant autonomes et les égales des hommes), et notre vie rêvée, de petite fille ou de plus ou moins jeune fille (celle des contes de fées). Au démarrage, c’est vrai, j’ai eu un peu de mal avec les métaphores de contes de fées (étant assez peu friande de ceux ci). Mais sans avoir à relire son Bruno Bettelheim, il est vrai que les contes permettent d’aborder toutes les phases de la construction et de la vie amoureuse des femmes. Il y a  la jeunesse des illusions, et les miroirs aux alouettes de l’adolescence, incarnée par Agathe Bonitzer (belle rousse diaphane, très à mon goût), qui recherche l’amour pur et romantique, mais qui succombe au piège et à l’attraction pour les mauvais garçons (autant vous dire que Benjamin – hiiiiiiiii – Biolay incarne parfaitement le grand méchant loup). Il y a l’âge de raison, quand on est revenue de ses illusions en général et des hommes en particulier (Agnès Jaoui en femme fraîchement séparée), que l’on se pense forte, libre et autonome, mais que l’on se voit rattrapée par sa dépendance à l’autre, et sa (plus ou moins) grande incapacité à avancer seule. Il y a la maturité et le refus du vieillissement, de la perte de séduction, incarnée par la mère d’Agathe Bonitzer, liftée et tirée de partout, embarquée dans une lutte à fonds perdus contre l’inexorable. Je pense que le film est touchant car bienveillant avec ces personnages féminins, incarnations à divers titres de nos propres petits arrangements avec la vie, dans lesquelles nous nous retrouvons je trouve aisément : le gentil garçon énamouré repoussé au bénéfice du vénéneux et toxique beau gosse, la fraîche divorcée qui veut réapprendre à conduire et retrouver son indépendance, mais appelle son ex pour réparer le chaffeau, l’ordi … Bref, c’est drôle, bien vu, émouvant et touchant, et je pense même que c’est un petit manuel d’usage des femmes pour messieurs parfois en mal (mâle ?) de compréhension de ces dernières ….

Quelques instants(gram) de ma semaine #54

Semaine à la coule aussi. 2ème semaine de congés scolaires.

Les enfants, partout. Leurs jouets aussi …

(Mais je positive, malgré leurs 3 ans d’écart, ils commencent à jouer ensemble, et ça c’est chouette à voir.)

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 Les deux enfants en question, avant l’exorcisme que j’ai commandé …

(François, si tu passes dans les environs …)

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Un petit intermède parisien avec le tonton et la tata ….

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 Une robe de twittas pour faire cui-cui en réunion …..

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 Et des enfants, encore et partout ….

En sortie de bain,

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 En pizza party (et concours de rots, merci les garçons),

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En petit déj au lit (en plastique et à 7h du matin, mais c’est l’intention qui compte hein !)

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 En poulet du dimanche.

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Bref, ils m’ont vannée, vivement la reprise des déplacements que je me repose …

Bonne semaine les vilaines et les vilains !

Quelques instants(gram) de ma semaine #53

(Ahem cette semaine était restée dans les limbes des brouillons, autant dire que c’est de la news pas très fraîche là.)

Deuxième semaine de rang sans déplacement, quelle fête (ça c’est l’effet « vacances scolaires ») !

Autant dire que quand j’ai moins de déplacements antillais, je me rends bien mieux compte que l’hiver est FROID cette année …

#pointmétéo

#captainobvious

(Ici la neige tombant place Jean Macé.)

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Autre point important de focalisation ces temps ci : la chevelure de la Dauphine, AKA ses nouclettes (rappelez vous, quand l’Epoux avait sacrifié celles de l’Héritier, j’avais été déjà très touchée). Je refuse de laisser le bébé grandir (et les nouclettes se faire la malle).

(Mais bon, j’ai assez peu d’inquiétude sur le fait que l’Epoux fasse la boule à Z à la Dauphine.)

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Cette année, j’ai franchi le pas et candidaté au Livre Inter (comme juré). Je diffuserais la lettre après le résultat (début avril), ce n’est pas que j’en sois très fière (j’ai évidemment trouvé ma production très naze), mais je l’ai faite sous la forme d’une note de post, donc ça aura toute sa place ici.

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 Mercredi, j’ai emmené mon petit singe voir le film « Chimpanzés« . C’est très chouette et très émouvant, et assez « mariage pour tous ».

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Pour faire un petit point modeuse (modeste hein), j’ai découvert un nouveau site de vente de vêtements en ligne (sans doute 3 ans après tout le monde), et je l’ai trouvé très bien (= j’ai tout gardé). Ca s’appelle Dorothy Perkins.

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 Alors pas de déplacements, mais des calls (business as usual).

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Le WE j’ai sacrifié mes tympans sur l’autel de l’amusement infantile (dans une espèce d’aire de jeu géante, remplie de châteaux en boudins gonflés sur lesquels sautent des enfants gonflants) . C’est fou comme les enfants sont bruyants. Surtout quand ils sont 300. Surtout ceux des autres.

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En guise de compensation, on a eu le droit ensuite de picoler pendant le WE, entre adultes consentants, les enfants étant auto gérés par cette formidable invention : les jeux et dessins animés sur tablette.

(Et tant pis pour « les yeux carrés », comme dirait Sam-Sam, le plus petit des grands héros.)

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 Après, pour clore en beauté, on les a emmené dans une friterie (la fameuse Frite Alors !), l’extase familiale était TOTALE.

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(Oui je sais mes enfants ont l’air tellement chou, c’est parce que comme leur mère ils sont très photogéniques. Les avoir dans son salon, ou mieux dans son pieu avant 7h du matin, c’est une autre aventure.)

Des bisous !

« Belle et bête » de Marcela Iacub, bestiaire moderne

Lorsque « l’affaire du Sofitel » a éclaté au printemps 2011, j’étais en congés maternité (période bénie des dieux s’il en est), ce qui m’a permis à l’époque de consacrer pas mal de mes lectures et une partie de mon attention à cet évènement proprement sidérant, au sens premier du terme. Comment cet homme (DSK donc), promis à une destinée présidentielle (notre meilleur espoir à gauche de battre Sarkozy à l’époque, rappelez vous), avait pu tomber dans le fait divers sordide, lui qui savait que son point faible était le goût de la gaudriole, immodérée et un poil perverse, et que tout le monde l’attendrait là, au coin du bois, au moindre dérapage, surtout au pays des puritains. Ce ne fut pas un dérapage, ce fut une incroyable débâcle, une sordide plongée pour lui, ses proches, l’image de la gauche en général et la sienne en particulier. On connait la suite. J’en avais parlé et .

Par ailleurs, en tant que féministe au petit pied (un bon 41 tout de même), j’ai aussi pas mal de lectures en la matière, et j’aime découvrir toutes les tribunes et expressions sur ce sujet à mon sens crucial et encore au milieu du gué, n’en déplaise à ceux et celles qui pensent que l’égalité hommes femmes est un acquis et le combat féministe rétrograde. Dans mes lectures, je suis plus du côté des anciennes (Badinter, Giroud et évidemment Groult), mais j’apprécie aussi les modernes, celles qui attaquent en mode uppercut  comme Despentes, Sastre. Dans le paysage encombré, polémique et désordonné du féminisme, Marcela Iacub est un ovni, qui a toujours défendu des thèses border-line, notamment sur la prostitution, et en 2012 s’était illustrée en prenant la « défense » de DSK dans un ouvrage sur la société du viol qui serait la notre.

Alors quand j’ai appris qu’elle avait eu une liaison avec DSK et en avait fait un livre, j’en suis restée ébahie … et piquée de curiosité (comme beaucoup je suppose, vu que le bouquin était épuisé dans toutes les libraires lors de mes recherches lyonnaises). Comment s’était construite cette liaison improbable ? Quelle analyse nouvelle pouvait émerger de DSK suite à ce partage d’intimité ? Twitter, énorme caisse (creuse) de résonance de l’actualité, a bruissé des échos de ce scoop du Nouvel Obs, et rapidement l’opprobre a été jetée sur Iacub et son ouvrage : opportunisme, voyeurisme, exploitation sordide d’un homme à terre, mise à bas de la vie privée, daube pseudo littéraire, etc. L’affaire DSK et ses soubresauts perpétuels n’en finissent pas d’alimenter le fiel public.

Avant d’hurler avec les loups, je préfère me faire mon opinion, et après des visites infructueuses dans quelques libraires, j’ai acquis l’ouvrage au format iBook, et ci dessous quelques morceaux choisis. Et mon avis.

Tout d’abord, ce n’est pas si mal écrit à mon sens. Le style est étrange certes (mais qui a déjà lu Iacub connait déjà le style un peu baroque de la belle argentine), les périphrases sexuelles dérangeantes (et nullement excitantes), l’accumulation et la répétition de la métaphore porcine un peu nauséeuse, mais ça se tient et se lit bien. J’ai lu cela sans déplaisir, et d’une traite. Le Nouvel Obs a un peu méfu la moquette en le traitant de chef d’oeuvre littéraire, mais c’est loin d’être mauvais.

S’agissant de la « thèse » centrale de l’ouvrage, elle est je trouve plutôt classique, c’est l’ambivalence qui cohabite en chaque être humain (sa face sombre et sa face claire), sa part animale qui est en lutte avec sa part humaine, sociale et éduquée. DSK serait un homme-cochon, mi homme (un homme intelligent mais égoïste et pas très intéressant d’ailleurs) et mi cochon (gouverné par sa part lubrique, son envie permanente de baiser à couilles rabattues, avec des belles, des laides, tout le temps et dans tous les sens).

Et la sidération, qu’elle explique très bien dans le début de l’ouvrage (voir les 2 citations ci après), que nous avons tous vécu au moment de l’éclatement de l’affaire du Sofitel, était bien sur cette équation incompréhensible : comme un homme promis à un tel avenir pouvait se laisser dominer par le cochon, l’animal en lui ?

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Suivent ensuite de longues pages pour expliquer quel animal est DSK. Ce sont les plus drôles et les plus caustiques. Elle le rend presque attachant / émouvant dans cette bestialité simpliste : celle d’un animal qui ne demande qu’à assouvir son instinct primaire, sans penser à mal (grouik). C’est l’homme qui est mauvais, pas l’animal.

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Là où l’ouvrage devient plus compliqué, c’est lorsqu’on rentre dans le récit de ses rencontres avec DSK … et sa femme, Anne Sinclair. Au fil de tout le récit, il est difficile d’apprécier la sincérité de Iacub, de savoir pourquoi elle a approché les protagonistes, et à quel moment a émergé l’idée du livre. En tous cas, elle ne porte pas Sinclair dans son coeur ….

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La partie concernant la relation charnelle entre eux, sans doute très métaphorique, est surtout assez dérangeante (petit euphémisme pour assez cracra à franchement beurk, comme disent mes enfants), même si par instants le caractère sincèrement amoureux transparaît. C’est sans doute juste un peu trop tordu pour passer auprès de la majorité. Dont moi.

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Au-delà de la description de la relation amoureuse, ce qui est évidemment difficile à entendre et lire dans ces pages pour une femme (et pas seulement pour une femme sans doute), c’est la dichotomie permanente entre l’homme et l’animal, position de bipolarité bien confortable, qui finit par dédouaner l’homme de sa responsabilité de baiseur violent … ou violeur. Le cochon qu’il faut libérer de temps à autres, c’est un peu facile.

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Ensuite, non seulement DSK est quelque part disculpé en tant que cochon qui ne se maîtrise pas toujours, mais il est aussi dédouané de son ambition politique, qui n’appartiendrait qu’à ….. sa femme. Entre ici le caniche (oui beaucoup de bêtes dans cet ouvrage). Alors on a beaucoup entendu DSK se débattre et tempêter au sujet de l’ouvrage de Iacub, notamment auprès des médias et de la justice. Mais franchement, celle qui s’en prend plein les gencives, c’est Anne Sinclair.

La thèse de Iacub ne paraît pas complètement anachronique, l’histoire de la vie politique bruisse de ces couples où l’épouse a joué un rôle décisif, pour ne pas dire moteur : Bernadette et Chirac, Hillary et Clinton, Cécilia et Sarkozy, des exemples où les femmes-de ont vécu par procuration l’exercice et l’ivresse du pouvoir (Hillary ayant elle transformé l’essai). Mais ici l’impression est laissée que DSK est doublement victime : de ses pulsions porcines d’un côté, des ambitions de sa femme de l’autre. Pour autant, il reste que comme d’autres, j’ai aussi imaginé à l’époque que cette affaire du Sofitel était le dernier sursaut de défense (sursaut criminel) d’un homme qui ne voulait pas y aller (à la course à la présidentielle). Iacub développe largement cette hypothèse, en faisant d’Anne Sinclair une manipulatrice et une intrigante, qui a soumis DSK et l’a placé sous dépendance (argent, vie et filles faciles) pour en faire son pantin, son caniche.

Bref, c’est encore de la faute des femmes …

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Alors dans ce contexte, la rédemption de DSK ne peut intervenir que dans un cadre, celui de la création rédemptrice, pour transformer son « sperme en encre ». C’est follement poétique je trouve (non ?).

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 (D’ailleurs en matière de poésie, ci dessous une scène « amoureuse » assez terrible, qui vous donne une idée assez précise du style Iacub. Ca palpite et ça vit, mais ça pique les yeux.)

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Pour finir, le livre s’achève sur quelques explications un peu brumeuses sur les motivations de l’ouvrage : l’a t elle envisagé suite à sa liaison avec DSK, ou l’ a t elle rencontré et approché pour en faire un écrit,  on arrive pas vraiment à tirer cela au clair, et ça reste un souci quand à la sincérité de sa démarche. Dans l’extrait ci dessous on voit en tous cas qu’elle a bien pensé la question judiciaire et juridique, en bonne avocate.

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Bref, c’est un drôle d’objet, entre fiction porcine hallucinée et fable politique et sociale inspirée de faits réels. Ca n’est ni un chef d’oeuvre littéraire comme les défenseurs essaient de le travestir  ni le torchon voyeuriste qu’on voudrait croire, mais relève de ce genre étrange de l’auto fiction animalière. Du coup, pour démêler la vérité de la fiction, je me suis fait prêter le bouquin de Bacqué et Chemin, un peu de fact checking journalistique pour sortir de la romance cochonesque.