Le roi King

17 septembre 2013

Avant (2007), je lisais (beaucoup). Depuis j’ai des enfants et je lis (beaucoup) moins. J’abandonne même des livres (tabou ultime) quand ils sont soporifiques ou décevants (coucou Eric Reinhardt). Cet été, pourtant encore mal remise de mon échec au jury du Livre Inter (oui je suis mauvaise perdante), j’ai quand même replongé dans la lecture (entre deux crispantes parties de Candy Crush, je suis bloquée au niveau 65 depuis, j’en peux plus, je devrais être envoyée en désintox). Et dans un nouveau Stephen King, sorti au printemps dernier, 22/11/63.

Je n’avais pas remis le nez dans un de ses romans depuis des lustres. Pas seulement parce que je lis moins, mais aussi parce que je favorise des romans plus courts, qui ne m’engagent pas sur des semaines. Depuis mes premiers émois adolescents avec « Shining« , j’avais avalé / dévoré des dizaines de ses récits pendant des années, jusqu’à arriver à saturation. King est un grand conteur, mais comme Irving (dans un tout autre genre, et que je vénère tout autant), il tourne autour de quelques marottes et obsessions qui reviennent à longueur de temps dans ses histoires (en dehors de la constante fantastique, horrifique). En vrac on pourrait citer :

:: le Maine et la campagne américaine, vivier de rednecks bercés un peu trop près du mur,

:: la famille comme cellule de violence et de traumatisme originel,

:: l’enfance comme paradis perdu, bafoué et violé par l’impureté des adultes (voir item précédent),

:: les tourments de la vie d’écrivain,

:: l’alcoolisme comme vice absolu, etc.

King ne fait pas que dans l’horreur. Il raconte avant tout des histoires, dont certaines sont effectivement horrifiques, mais il a aussi donné dans le fantastique et la fantasy (j’ai moyennement accroché), la SF et même quelques (très bons) polars, dont certains sous pseudo (Richard Bachman). Autant vous dire que le voir affiché dans le rayon bit lit (photo ci dessous prise au Decitre de Lyon Part Dieu), lui qui n’a jamais écrit une histoire de vampires, et qui a un talent d’une toute autre envergure, ça fait un peu mal à ma littérature (aussi populaire soit elle).

PhotoInformation

Du coup ça m’a donné envie de vous donner envie de lire le King. S’il fallait proposer un Top 10, je dirais (par ordre chronologique) :

:: Salem (une histoire de vampires, évidemment)

:: Shining (s’il faut n’en retenir qu’un, c’est évidemment celui ci)

:: Running Man (sous le nom de Richard Bachman, thriller haletant sur un monde totalitaire)

:: Simetierre (vous n’enterrerez plus vos animaux domestiques au fond du jardin après ce bouquin)

:: Ca (le fameux clown qui fait TRES peur, un grand classique parmi les classiques d’horreur)

:: Misery (le seul qui aie bénéficié d’une adaptation ciné à la hauteur, l’histoire d’un écrivain séquestré  par une fan refusant que l’auteur fasse mourir un de ses personnages, vraiment terrifiant)

:: La part des ténèbres (également une histoire d’écrivain dont une supercherie éditoriale – et ensuite fantastique – se retourne contre lui)

:: La ligne verte (j’avais suivi en mode feuilleton à sa sortie, c’était insoutenable, raconte l’histoire d’un homme dans le couloir de la mort)

:: Sac d’os (une histoire de fantômes très efficace)

:: 22/11/63 (dernier en date, qui est donc un récit historique où un homme remonte dans le temps pour essayer d’empêcher l’assassinat de Kennedy et changer ainsi l’avenir de l’Amérique, terrible fable sur l’effet papillon)

Dans quelques jours sort « Doctor Sleep« , la suite de « Shining », autant dire que je ne suis qu’impatience !

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5 Réponses En laisser une →
  1. VodkaSoleil permalien
    septembre 18, 2013

    A ce top bien achalandé, je rajouterai pour ma part :
    - le cycle de la Tour Sombre (au moins les 4 premiers tomes, puisque les 3 derniers partent progressivement en sucette. Je pense surtout à une mégalomanie galopante et à un syndrome « toutestlié » mettant en scène une dizaine d’autres de ses récits -notamment Salem – qui peut être agaçant)
    - le Fléau
    - Dôme (le seul King « récent » que j’ai beaucoup aimé avec 22/11/63)

  2. Ann permalien
    septembre 18, 2013

    Oseras tu nous avouer le « Britney Spears » de ta bibliothèque ?

  3. septembre 19, 2013

    @vodkasoleil : j’ai acheté le tome 1 de Dôme pour l’avion. La tour sombre j’ai pas accroché.

    @Ann : ah ben les 50 nuances de grey :D

  4. septembre 20, 2013

    Je rajouterais aussi les recueils de nouvelles comme Danse Macabre et Marche ou crève. Après je ne vais pas épiloguer car tout cve que vous avez dit est exact pour l’essentiel :)

    Sinon, je tiens à vous prévenir au sujet de 22/11/63. La traduction faite par Nadine Gassie est juste mauvaise. Non, en fait elle est très mauvaise, et qui plus est, bourrée de fautes d’orthographe. L’histoire en elle-même est vraiment belle car, tout le monde s’accordera là-dessus je pense, c’est un retour dans les années 60 vraiment attrayante et attachante, après, sur l’histoire en elle-même, oui, j’ai aimé en effet, mais je n’entrerai pas dans le monde politique de King. :)

    Bonne lecture en tout cas, il est prenant !

  5. Ann permalien
    septembre 24, 2013

    Comment ai-je pu oublié les 50 nuances…

    Quoi que ! Ça ne compte pas parce que Britney tu l’aimes bien, elle, c’est un peu comme un petit plaisir inavouable, alors que j’ai l’impression que les 50 nuances t’ont plus affligées qu’autre chose.

    D’ailleurs il vont en faire un film. J’ai peur d’avance.

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