Un petit pas pour lui, un gros spleen pour moi

3 septembre 2013

C’était dans l’ordre des choses, après l’entrée en maternelle en septembre 2010, il fallait bien que cette année se fasse l’entrée au primaire. Depuis ce matin c’est chose faite. L’Héritier a 6 ans dans un mois et il rentre au CP. FOUFOU hein.

Cette acception toute simple – voire simplette – ouvre sous les pieds de tous les parents anonymes qui s’y sont collés ce matin le gouffre du « temps-qui-passe« . Je ne sais pas qui a énoncé cette évidence malheureuse mais naturelle, mais il avait raison cet enfoiré, c’est en voyant tes enfants grandir que tu te vois vieillir. J’ai pas fait la fière ce matin, en serrant la main du petit prince sur le chemin de l’école. En montant vers sa classe les 1ères marches, quelques larmes ont glissé, et quand je l’ai installé, avec son cartable et ses petites affaires soigneusement préparées et étiquetées (des heures de travail parental non rémunérées, merci l’Education Nationale), j’ai mordu très fort l’intérieur de mes joues pour ne pas pleurer devant lui, tout à la fois vaillant et intimidé qu’il était en s’asseyant parmi les siens. En sortant, c’était les grandes eaux … pour moi.

(Et devine qui chouine encore en écrivant ….)

Je ne me fais pas de souci pour sa rentrée, objectivement. L’école est celle qui jouxtait sa maternelle, un certain nombre de ses vieux potes sont là, dans cette classe lumineuse et accueillante même si un peu désuète,  où officie Delphine, sa maîtresse blonde, jeune et souriante. Ils ne sont plus 32 comme en maternelle dans sa classe, mais 24 (ce qui est tout de même LA bonne surprise de cette rentrée), la grève de cantine est levée (2ème miracle), la réforme des rythmes scolaires n’aura pas lieu cette année (3ème soupir de soulagement), et surtout je le sais, l’Héritier est un animal social et sociable. Il aime à être avec les autres congénères de son âge, et il a très envie d’apprendre à lire, pour pouvoir dévorer seul ces livres qu’il adore nous faire lire.

Mais subjectivement c’était tout un autre sketch qui se tournait dans mon cerveau (malade) ce matin, bien naturellement. Je pense que ma plus grande crainte, une fois démêlés les écheveaux des angoisses passagères (> j’ai plus de bébé, il va se faire racketter par les CM2, et si sa maîtresse est une vieille bique acariâtre ….), c’est qu’il n’aime pas l’école. Qu’il s’y ennuie, qu’il ne sente pas à la hauteur, qu’il ne comprenne pas ce qui s’y joue, que ça ne l’intéresse pas, on le dira comme on veut. Je sais qu’en THÉORIE ce n’est pas probable (il n’a pas montré de signe précurseur en maternelle, bien au contraire), et que l’on peut réussir / s’en sortir par d’autres voies, moins conventionnelles, si besoin. Mais j’ai encore le souvenir de ce formidable essai de Daniel PENNAC, Chagrin d’école, et je voudrais éviter à mon enfant cette douleur là. Qu’on le veuille ou non, l’école est un passage obligé (au moins jusqu’à 16 ans), autant y aller avec un minimum d’entrain et de joie au coeur le matin. Je suis très sensible aux premières fois, aux premières impressions, et c’est pour cela aussi que j’étais inquiète de ce 1er contact pour lui avec l’école primaire ce matin.

Enfin, je pense que cette rentrée m’a particulièrement émue parce que j’étais (carrément) moins dans le contrôle. Lors de la rentrée 2010, j’ai rejoint l’Héritier devant l’école en sortant d’une amniocentèse de la Dauphine (qui elle, malgré son autonomie et ses 2,5 ans n’ira pas elle à l’école faute de place, mais c’est une autre histoire). J’avais décrit rétrospectivement cette expérience … pénible. Clairement, je n’étais pas au mieux de ma forme (doux euphémisme), et c’est là que je re-découvre l’exercice parfois pudico-faux cul du blog (on peut pas toujours TOUT se dire ici hein mes chéris). J’ai tiré de cette rentrée 2010 un petit récit léger, alors que j’étais réellement mortifiée et tétanisée par l’enjeu de cet examen médical (avoir un bébé « normal » ou ne pas en avoir), au point d’être anesthésiée devant l’école maternelle (ben oui, j’ai même pas versé UNE larme). Ce matin, c’est donc sans pudeur (et sans polichinelle dans le tiroir accessoirement … et pas si accessoirement peut être …ahah) que j’ai pu vivre cette rentrée en bonne mère juive et abusive, pleurant la disparition de mon bébé chéri au profit de ce petit d’homme.

Bonne rentrée à toi et à tes petits copains, mon Gaspard <3

PhotoInformation

PS : oui il a un Tan’s (et pas une mocheté avec des super héros agressifs et revanchards), et c’est sous mon habile influence :D

PS2 : et puisque c’est la rentrée pour moi également (joie des retrouvailles avec la vie de bureau …), c’est aussi l’heure les bonnes RÉSOLUTIONS ! Je m’engage à moins négliger ce blog, resté sans activité depuis le 23 juillet dernier. Entre temps, 5 semaines de congés sont passées par là … Et c’était BON. La bonne nouvelle, c’est que j’ai envie de réécrire, et non plus  seulement de vous arroser benoîtement de photos de ma placide vie de famille et professionnelle.

(Bande de veinards.)

6 Réponses En laisser une →
  1. septembre 3, 2013

    Tu chouineras aussi à l’entrée en 6ème ? (elle arrivera vite t’inquiète !) :D

  2. Ann permalien
    septembre 4, 2013

    Raymond : good job !

    Sasa : ça fait deux ans et dix mois que je la redoute cette fichue rentrée. Mes copines m’avaient fortement conseillé ta technique, se remplir le ventre tandis qu’on rempli l’école. Las, las ce ne fût pas possible pour de multiples raisons ce qui donne à cette rentrée un goût doublement doux amer (oui doux quand même parce que troquer les nausées, vertiges, fatigue et cie contre des verres avec les copines, sorties, projets pro, sport et cie c’est quand même bien doux aussi).

    C’est bon de te voir de retour et constater que tu sais toujours aussi bien évoquer ces sentiments mêlés et délicats. Notamment cette schizo de la maman qui est inquiète mais pas inquiète. On stresse mais au fond du fond on sait que ça va rouler. Au moins pas trop mal.

    Et tant qu’on en est au parallélismes de nos vies, hier matin je serrai sa petite main dans la cour de la maternelle et hier soir j’angoissais pour le rdv médical de son papa qui s’annonçait (et s’est révélé) nettement moins funky. Une bonne journée pour distinguer l’angoisse schizophrène de la maman et l’angoisse, la vraie.

  3. Ann permalien
    septembre 4, 2013

    Vaness : chouineuse un jour chouineuse toujours, non? :-D :-D :-D :-D

  4. Raymond permalien
    septembre 4, 2013

    Et le premier jour chez les Scouts… En louveteau… Avec son petit uniforme, son foulard et son béret… Tu le regarde monter dans le bus, sous le regard bienveillant d’Akéla… La dauphine trépignant déjà pour intégrer les jeanettes…

  5. septembre 4, 2013

    Je suis passée deux fois par la case CP déjà, je ne me rappelle pas avoir été émue outre mesure (mais la mémoire sélective fait sans doute bien les choses). J’ai pleuré comme une madeleine l’an dernier, pour la première rentrée de ma numéro trois (en MS – on fait la PS buissonnière ici, rep a sa la mère juive), vu que j’avais accouché la veille et que j’étais coincée entre quatre murs roses – les boules.

    Je pense que la rentrée qui m’a le plus émue (mais je suis restée digne pour pas lui foutre la teuhon comme ils disent) c’est celle de mon aînée en 6ème (en 2011). J’ai pris direct une ride dans la face.

  6. septembre 13, 2013

    Pour ma fille, c’était la rentrée en 6ème, changement d’établissement, changement de copains ,de copines. Bref au final beaucoup de stress pour rien, ça c’est super bien passé et ma fille est super contente pour le moment (Il n’y a pas encore eu les devoirs ;- ) )

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