Running (gag)

8 octobre 2013

Ceux qui me connaissent IRL savent que j’ai autant de goût pour le sport et la compétition que Loana en a pour la physique nucléaire. A peu près.

J’ai JAMAIS aimé ça – ou jamais trouvé le sport / activité qui me motive suffisamment. Par atavisme familial je me suis traînée mollement pendant de nombreuses (et stériles) années sur des cours de tennis, et j’ai fait pas mal de natation. Au bac j’ai pris ping pong ET bowling, fait d’armes dont j’aime à me vanter quand les conversations mondaines dérivent sur la pratique sportive. Après le bac et depuis lors, au gré des nombreux régimes qui ont émaillé ma vie de callipyge (oui je préfère à « gros tas » merci), j’ai souvent associé pratique sportive et régime. J’ai tout fait dans le cadre du complément à mes régimes : de la natation, du footing, du step, de la muscu, et même de l’aquabiking. Une constante : l’ennui. Un constat : l’échec, comprendre l’arrêt de la pratique, entre quelques semaines et quelques mois en fonction du ratio culpabilité / perte de poids réelle / coût de l’activité. Mais bon, je suis un peu con-con, et continue de croire qu’il faut garder une activité physique quelconque au fil de sa vie, histoire de rester tonique (tu veux que je te cause tonus musculaire après 2 enfants …), et ne pas souffler comme un phoque à la première volée d’escaliers.

Depuis la naissance de la Dauphine, entre la prise de poids et la patte folle qui me sert de main droite, j’avais décidé de faire de la natation. A raison d’un km deux fois par semaine, et même avec un mp3 amphibie, le constat était simple et sans appel  : on s’emmerde / on pue le chlore / ça pèle en hiver. Forte de constat, j’ai repris en mars dernier l’activité la plus souple et la moins onéreuse que je connaisse : le running (oui moi aussi en 1995 je disais le footing ou le jogging, mais je vis avec mon temps ma couille). Là aussi j’ai essayé de maintenir un petit rythme régulier (deux fois par semaine aussi), et avec des séances de plus en plus longues (de 20 minutes au démarrage à 50 minutes ou une heure aujourd’hui). Et a émergé l’idée de faire une course chronométrée, lancée avec des collègues de travail (un soir où on buvait – trop – de mojitos). Après avoir raté une opportunité en mai (c’est qu’il y a tellement de fadas qui s’inscrivent que les courses sont souvent pleines ! un truc de fous) j’ai choisi de m »inscrire aux 10 km du RunInLyon, ce dimanche 6 octobre. ET JE L’AI FAIT.

De mai à septembre (et surtout cet été), je me suis préparée à cette course, avec l’aide d’un twittos marathonien (coucou Wally), qui m’a fait un programme de travail et prodigué quelques conseils à la néophyte que je suis. Je ne pourrais pas dire que j’ai kiffé la vibe (j’ai toujours du mal à prendre du plaisir à souffrir) mais je me suis prise au jeu, c’est certain. Le fait d’être inscrite à une course, qui plus est dans le cadre du travail (t’imagines la teuhon à la machine à café si tu finis pas la dite course) a créé une réelle motivation (orgueil quand tu me tiens …). Je me suis achetée de bonnes chaussures, une appli de running (Runkepper) avec une connasse qui te donne tes temps et tes distances toutes les 5 minutes (on y reviendra), et j’ai été assidue. Et le jour J est arrivé.

Nous étions donc 20.000 pékins rassemblés place Bellecour pour un départ à 9 heures du marathon, semi marathon et 10 km. Dès le métro à 8 heures, tous ces gens en tenues collantes et colorées, guillerets à l’idée d’aller courir dans le froid matutinal, m’ont collé le brin. Il y en a donc qui aiment vraiment beaucoup ça. Heureusement, sous la queue du cheval (statue sous laquelle te donnera rdv tout lyonnais digne de ce nom) il y avait les filles du boulot. Toutes sauf une qui est arrivée à l’arrache à 9h10 (elle croyait qu’un de ses 3 gamins la réveillerait). Entre celle qui avait envie de se griller une clope et celle qui avait peur d’avoir envie de faire caca pendant la course, je me suis détendue. A 9 heures moins 10, nous avons donc rejoint notre sas rose (à Tataouine), celui des pessimistes et des débutants, prévoyant de finir la course en + de 1h10. Sachez que l’histoire m’a donnée raison !

Fatigue :] #10km #runinlyon

Cette partie a été pénible : attendre que tous les 20.000 coureurs s’élancent,sas par sas, ça a pris tout de même 40 minutes environ. Du coup à force de piétiner, tu es contente quand tu commences à courir. Quand j’ai passé le portique de départ j’ai lancé ma playlist et mon appli, celle me donnant temps et distance toutes les 5 minutes. Les 5 premières minutes, tout s’est bien passé. Je courais comme prévu à petite allure (ne pas démarrer trop fort / trop vite qu’on m’avait dit et ne pas s’aligner sur des rythmes au dessus du sien

), la foule était désormais dispersée (coucou mon agoraphobie) et j’étais contente de courir les longs des quais de Saône, avec les fêtards qui sortaient de boite et nous encourageaient …. en nous tendant leurs fonds de vodka. Ensuite j’ai essayé de mieux prendre conscience de mon rythme et de mon allure. C’est là que j’ai réalisé que deux chansons venaient de se dérouler sans que la connasse de l’appli ne me dise mes temps.

Ça va bientôt être à moi ! #runinlyon #10km

SA MERE L’APPLI. Elle qui a fonctionné plusieurs mois sans souci, le jour de la course, elle me plante. Grrrrr. J’ai sorti le téléphone de la pochette à scratch passée autour de mon bras, et regardé les données directement (tout cela sans m’arrêter de courir, évidemment). Juste à ce moment, on passait un panneau kilométrique de la course. Kilomètre 3. Ne me demandez pas pourquoi, mais j’ai été persuadée que ce panneau indiquait le début du 3ème kilomètre. Et non sa fin, comme je le découvris à l’arrivée (c’est important pour la suite). J’ai pas réussi à comprendre quel était le souci avec cette connasse d’appli, qui semblait tourner mais ne voulait donc plus me causer dans le casque, et j’ai renoncé … à m’en servir. Je me suis contentée des repérages kilométriques, sans savoir à quelle allure j’allais. Quand on a analysé les données par la suite, il s’est avéré que globalement j’ai couru n’importe comment. Doucement au démarrage, pic d’allure entre le 4 et le 6ème kilomètre, et dégringolade ensuite. Pour finir sur les dents. Mais revenons à la course.

Entre le 4 et 5ème kilomètre, j’étais donc bien, car quittant les quais de Saône, un ravitaillement nous attendait place des Terreaux, avec force bananes, sucres et eau, et ça ce fut très cool car j’avais soif depuis le démarrage (je n’avais pas voulu m’encombrer avec de la flotte, bu modérément pour éviter d’avoir envie de pisser en courant, l’engrenage fatal). On a traversé la Presqu’île pour rallier les quais de Rhône, et là j’ai commencé à me faire littéralement envahir … par mes émotions. Alors j’étais certes en pleine période pour un syndrome prémenstruel, ou c’est les hormones que tu sécrètes quand tu cours, mais en bref j’avais envie de pleurer. Pas de douleur (je n’avais encore mal nulle part, faut attendre le kilomètre 9), mais vraiment d’émotion. Les gens m’encourageaient sur la route, me souriant, me lançant des « aaaaaaallez », et ça me filait la chiale (je ne suis pas folle vous savez). Le truc de dingue (rien que d’y repenser, j’en chiale encore). Mais c’est ensuite que c’est devenu plus difficile, sur les quais de Rhône. Car c’est un de mes parcours de course en entraînement, et dans le sens où on le faisait (allant de Terreaux vers Perrache), il y a un faux plat crevant, je le savais et je l’ai fait en soufflant (alors que sur les quais côté Saône j’étais toute contente de découvrir un nouveau paysage de course, et donc moins perméable à la difficulté du parcours). Quand on a fait demi-tour un peu après le niveau du pont de Perrache, j’avais de plus en plus de mal à avancer. De fait le plus dur était derrière moi, il restait 2 bornes, mais avec mon interprétation foireuse des panneaux, je croyais 3. C’est là que tu comprends le poids (de ta graisse oui aussi) du psychologique dans ce genre d’épreuve. J’étais au bout du rouleau émotionnellement. C’est con hein !

Quand on est remontés des quais du Rhône pour repasser en Presqu’île c’est simple, mes jambes ne voulaient plus me porter, littéralement, la démission. La place Bellecour (lieu d’arrivée) était toute proche, mais ça me paraissait très loin. Cerise sur le gâteau, ces enfoirés d’organisateurs, au lieu de nous faire passer SUR le pont face la place Antonin Poncet (là où trône le bouquet de fleurs géant), nous ont fait passer DESSOUS. Quand j’ai vu ça de loin, nouveau coup de mou. Dans ce qui étaient donc les derniers 500 m de la course, hop une descente puis une méchante côte. Je ne pouvais presque pas courir, mais je serrais les dents. Passant devant la Grande Poste, des badauds (à qui j’avais du inspirer pitié) m’ont crié « allez courage, dans 200 m c’est fini ! ». AAAAAH je m’étais donc trompée sur ces panneaux ! Je les ai remerciés (en leur confiant que j’étais au bout du rouleau, tant qu’à faire un peu d’épanchement …), et j’ai passé ENFIN la ligne d’arrivée, sous les yeux de l’Epoux, beau papa et les enfants, venus m’encourager, après 1h19 de course. Soit en moyenne autour de 7,5 km, moi qui étais plutôt à 8 en entraînement … Déception de ce côté-là mais satisfaction d’avoir terminé et lutté contre l’abandon. Putain de 9ème (et donc en fait 10ème kilomètre).

Juste avant la ligne d'arrivée o// #runinlyon #10km

(Ca c’est donc moi qui arrive place Bellecour et salue la foule en délire les petits et l’Epoux.)

(J’ai beaucoup utilisé le mot putain je crois. Pardon.)

Lorsque j’ai retrouvé l’Epoux, j’ai éclaté en sanglots dans ses bras, façon gros bouillons. Au moins j’espère avoir été digne sur la photo prise à l’arrivée J Cet aspect « émotionnel » de la course, personne ne m’y avait préparée (en dehors des avertissements sur les coups de mou que je connaissais déjà autour de la 20ème et de la 40ème minutes, et des risques de se faire entraîner par la foule au démarrage). Sur le coup ce fut très éprouvant nerveusement,mais au fonal  j’en suis ressortie requinquée et comme ressourcée. Enfin surtout après les 2 heures de sieste l’après-midi. Et suffisamment pour que je remette ça, sûrement … le 17 novembre prochain (histoire d’améliorer un peu ce temps minable) \o/

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10 Réponses En laisser une →
  1. octobre 8, 2013

    Félicitations !
    Je l’ai fait l’année dernière avec madame (elle enceinte de quelques semaines). Plus habitué a courir, ce fut seulement le départ qui fut éprouvant pour moi. L’attente (long, trop). Le départ en petite foulée a cause du monde. Les dépassements continuels jusqu’aux Terreaux puis les quais interminables. J’avais moi aussi fait un moins bon temps qu’aux entraînements. On perd pas mal nos repères sur ce genre de course ! Ça devient vite « addictif » finalement. 10Km ça reste accessible a « tous » et on se retrouve inscrit a d’autres courses sans le voir venir :)

  2. octobre 8, 2013

    Attends, c’est pas minable du tout, TU L’AS FAIT ! Bravo, sans déconner ! (et oui, la tête ça fait quasi tout quand on court)
    C’est marrant ce que tu dis sur le côté émotionnel, j’avais complètement oublié/occulté ça, mais moi aussi, pour ma première course, j’ai eu la chiale tout du long ! Bon, c’était la Vannetaise, on était toutes en rose, les filles avaient des dossards de soutien pour leurs copines ou proches malades, c’est sûr ça n’a pas du aider, mais quand même ! Pour ma 2nde course, en revanche, je ne sais pas si c’est d’avoir couru avec mes copines, mais je n’ai pas du tout ressenti la même chose, au contraire, j’étais hyper euphorique, même 2 jours après ! Alors je te souhaite de bien t’éclater le 17 nov !

  3. octobre 8, 2013

    Félicitations !! Ce n’est jamais évident une première course, le stress de la foule, des autres concurrents, un terrain inconnu, etc… et en plus sans ton appli dont tu as l’habitude !!

    Tu verras, pour ta prochaine course, ça ira mieux, tu seras plus à l’aise.

    Le 17 novembre, si tu fais référence au Beaujolais (qui est fait le 19), sache que le 12km (et oui, c’est pas 10 mais 12, désolé…) est déjà complet. Mais tu peux peut-être trouver un dossard à racheter d’occasion… C’est une course vraiment super sympa, très bonne organisation, très bonne ambiance, très chouettes paysages, etc.. je la recommande vraiment, et je suis déçu de ne pas pouvoir y participer cette année.

    Bref, ce n’est qu’un début :-)

  4. Yannick permalien
    octobre 8, 2013

    Ma femme vient justement de m’envoyer le lien de votre article !
    Dlle a participé à Odyssea…alors déjà, je suis arrivé en retard avec les 2 bambins mais surtout je l’ai trouvé dans un état pitoyable !! A cause de l’appli ui ui madame ! Et les pleurs et tout ça…bon le repos (sieste aussi de 2 heures) de la guerrière lui a remonté le moral et elle a recommencé à sourire en regardant ses temps de parcours!
    Merci merci merci de m’avoir fait vivre l’expérience de ma femme à travers la votre… je me sens à présent un peu con :(

  5. octobre 8, 2013

    Comme d’habitude j’ai ri et me suis régalée de ce billet. Mais surtout, je suis ravie de lire que « ça (me) filait la chiale », parce que personne n’en parle jamais ! Lors de mon (seul et unique) semi, je ne pouvais pas regarder le public qui m’encourageait tant j’avais envie de pleurer, et quand j’ai vu L’homme et les enfants venus me soutenir, je me suis mise à siffler et à ne plus pouvoir respirer telle une crise d’asthme tant j’étais émue.
    Bravo pour cette course, bravo pour ce blog sans langue de bois dont je me délecte toujours.
    Isa, ex-Lyonnaise qui fixait ses rdv sous la queue du cheval

  6. Pycou permalien
    octobre 9, 2013

    Allez, après avoir lu pendant années ce blog de façon « silencieuse », c’est à dire sans faire de commentaire, cette fois-ci, je craque : merci à vous, Madame Laloute, de nous avoir fait partager aussi joliment cette course !
    Personnellement, j’ai pratiqué la course à pied à mon petit niveau il y a quelques années (moins de 2 heures au semi-marathon), et après un bébé (même si ce n’est pas moi qui l’ai porté, j’ai pris presque autant de poids que madame) me laissant peu de temps pour m’entrainer et pas mal de kilos en plus , c’est avec difficulté que j’ai repris la course à pied.
    Et c’est maintenant que je comprends vos efforts pour vous entrainer à cette course !
    ET je suis 100% d’accord avec vous sur les émotions qui traversent la tête d’un coureur quand il s’agit, malgré la fatigue et les douleurs, d’aller au bout, encouragé par la foule massée au bord des routes.
    Encore bravo à vous, à la fois pour avoir fini ce 10 kilomètres et pour nous l’avoir si bien fait vivre.
    Et merci au magazine « parents » ou « infos bébé » (je ne sais plus lequel) de m’avoir fait découvrir il y a environ 2 ou 3 ans ce blog.
    Pierre-Yves

  7. Gattino permalien
    octobre 9, 2013

    Le sport, c’est mal ! :)

  8. Béné Le B permalien
    octobre 10, 2013

    Chapeau bas ! Bravo ! Perso, je n’en suis qu’au premier stade: sport en salle et (bientôt) piscine… l’arrivée du 3ème enfant + l’age qui ne recule toujours pas = physique en berne, flasque et le moral qui plonge avec. Bon courage pour la prochaine course, bises !

  9. Ann permalien
    octobre 20, 2013

    Give me five, Gattino.

    Sasa qui court ! Et même pas après le calendrier des dieux du stade ! Tout se perd ! vais m’coucher…

    Blague à part, chapeau bas Sasa. moi je me contente du 10m maison-école, le matin en talon, avec cartable et bambin. Oui oui c’est technique, pointu… Attention le talon qui se coince ou la carte de cantine oubliée (oui oui chez, nous ils font pointer les gamins de maternelle) et c’est une pénalité ! Touchy quand même. Mais bon quand on maîtrise la technique, ça se fait.

  10. Ray, Ray, Raaaaay! Ohhh Raaaaay. permalien
    novembre 1, 2013

    Rhoo punaise…
    Non seulement on se marre plus, mais en plus faut se taper du sport maintenant… +

    Et pour en revenir à ton post précédent sur les fondamentaux, t’as courru… Mais avec ou sans plug?

    Groink.

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