« Pour un jeu de dupes … »

2 décembre 2013

Je me lasse parfois de défendre mes positions et convictions féministes.

D’abord parce qu’elles sont de plus en plus relayées dans le débat public, et ça, c’est (théoriquement) une bonne nouvelle. Partout, et désormais régulièrement, « on » (la presse, les femmes – même non déclarées féministes – et certains hommes de tous bords, les politiques, les professionnels, …) dénonce largement les situations sexistes au quotidien, les violences faites aux femmes, la misogynie dans le monde du travail et en politique, etc. Pour autant, je me sens encore obligée de remonter au créneau régulièrement (doux euphémisme, car étant très 1er degré je monte au créneau en moins de 2), parce que si le message (du traitement non discriminant des femmes par rapport aux hommes) semble mieux passer, il y a parfois des situations qui me hérissent le poil au quotidien. Deux exemples dans les 15 derniers jours pour illustrer ….

Cas pratique 1 / Au boulot

J’étais avec une jeune collaboratrice (enfin elle doit avoir 30 ans environ, c’est encore jeune non ?) pour soutenir un dossier chez un potentiel client. Dans le train, alors que notre chef comatait sur l’Equipe, on parlait chiffons toutes les deux (j’assume donc le caractère tout à fait genré d’une partie de ma vie vous voyez, le chef est un homme et lit l’Equipe, ses équipes féminines discutent modes & travaux), elle me lâche au cours de la conversation « ah mais c’est bien, toi tu assumes de porter des jupes courtes chez les clients, moi j’ose pas, j’ai trop peur que ça ne fasse pas très crédible ».

Ahem.

#ootd la robe trop courte qui nuirait à ma crédibilité pro :B #sexiiiiisme

(Voici la tenue que je portais le jour en question.)

Alors bon, je lui ai (gentiment) expliqué que la crédibilité professionnelle ne se mesurait pas à l’aune de la longueur des jupes. Enfin je crois pas. Je ne porte pas à la base de jupes (et elles ne sont PAS SI courtes que ça, bordel) comme un étendard de ma féminité (il s’avère accessoirement que j’ai un gros cul et que je trouve peu de pantalons où glisser le mien) ou pour mettre en avant des atours sexués et sexuels, et donc assez peu professionnels. Ce sont des vêtements dans lesquels je suis à l’aise (comme je suis plus confortable en talons que sur du plat) et qui me vont bien (et oui, on peut être féministe et attachée à son apparence). Je n’attends pas ni n’espère qu’on me juge professionnellement sur mon apparence et ma vêture (n’étant ni mannequin mode ni vendeuse chez A&F), et je ne vois pas en quoi une tenue féminine serait un indicateur de ma (non) compétence.

J’entends l’argument selon lequel des professionnelles peu expérimentées se réfugient dans des codes vestimentaires stricts (tailleur pantalon / chignon) pour sembler plus âgées qu’elles ne le sont et se « dé-sexualiser » en quelque sorte (et sans doute de même chez certains hommes, j’ai des collaborateurs qui se laissent pousser la barbe !). Mais penser de soi-même qu’être (relativement) jeune ET femme est un  handicap pour un cadre supérieur est bien déprimant je trouve en  2013. Bien sûr, j’ai aussi témoigné ici des situations sexistes et misogyne auxquelles j’ai été confrontée maintes fois dans ma vie professionnelle, et il est indéniable que mes 13 ans de boutique me donnent une assurance et un sens de la répartie que je n’avais pas il y a quelques années. Mais je me désespère (un peu) quand même qu’avec le temps, les mentalités n’évoluent pas, à commencer par celles des jeunes femmes. Si on part perdantes / discriminées d’avance, on est pas sorties de l’ornière mesdames.

Cas pratique 2 / Avec les enfants

Comme vous le savez, j’ai deux enfants, un gars / une fille (le choix du roi, ahahah). Comme tout 2ème enfant, la Dauphine hérite des nanars de son aîné. Fringues (un peu), jouets et bouquins (beaucoup). Elle me demande de plus en plus de livres « de princesse » (et des déguisements de princesse, et un lit rose pour son bébé, et du maquillage, etc.). Bref, je comprends bien qu’elle a envie de « trucs de fille ». D’ailleurs, le matin je la « maquille » avec moi (= je fais semblant de lui mettre du blush, puisque c’est la seule touche de maquillage que j’aie moi même le temps de m’appliquer 9 fois sur 10) et je la mets en jupe (« comme maman ») quand elle me le demande (environ tous les jours, puisqu’elle me voit en robe tous les jours ou presque en semaine).

Ne voulant pas non plus créer trop de frustration autour de mon refus du rose /des princesses et des paillettes (au secours), je me suis donc mise en chasse de livres avec des personnages féminins héroïques. Donc des princesses éventuellement mais pas des gourdasses. Autant te dire camarade que je m’étais lancée en slip mousseline dans la quête de l’edelweiss en plein hiver … Je suis donc allée dans des magasins d’enfants, et voilà sur quoi je suis tombée ….

A tout moment je hurle #sexiiiiisme !! (Putain de magasins pour enfants)

(Franchement, ça donne pas envie de pousser des cris de loup au fond des bois ?)

A la FNAC ensuite j’ai croisé une charmante vendeuse qui avait l’air d’avoir envie de me faire plaisir.

Pauvre femme, je l’ai rendue chèvre.

Pourtant mon cahier des charges était simple :

– pas de rose / pas de paillettes dans l’iconographie

– pas de niaiserie dans l’histoire et le style de narration

– un personnage principal féminin dégourdi (j’ai pas osé dire « émancipé »)

Hé bien camarades : ON A FAIT CHOU BLANC ! Je crois que le *pire* a été quand elle m’a sorti un très beau livre fait à l’aquarelle, certes sans rose et paillettes, mais ….. racontant l’histoire de « la belle au bois dormant« . Raaaaaah très dégourdi et émancipé comme personnage, parfait oui. Je l’ai regardé en mode « mais t’es con ou t’as rien compris ? » Elle m’a regardée en mode « mais tu es hystérique ou juste cruelle ? » BREF, on s’est pas comprises, et j’ai du gagner la palme de la cliente la plus reloue de sa journée.

J’ai quand même pris deux petits livres (avec des personnages de fillettes qui …. font de la danse en tutu), juste parce que je culpabilisais de l’avoir fait tourner en bourrique dans ses rayons pendant 20 minutes.

Bref, si à l’instar de Sophie, qui publie sa liste de cadeaux à faire pour une féministe vous pouviez me trouver des livres pour fille de féministe, j’en aurais l’usage. Merci <3

PS : le titre est évidemment piqué à Souchon qui a tout dit sur les jupes des filles ….

29 Réponses En laisser une →
  1. Absinthe permalien
    décembre 2, 2013

    Le livre brave en référence au pixar doit être sorti !
    Pour le coup c’est l’histoire d’une fille qui n’est pas une gourdasse

  2. Absinthe permalien
    décembre 2, 2013

    Excellent article sur le sujet des livres sexués.
    À la fin de l’article il y a des idées de livres qui sortent des sentiers battus :
    http://culturesgenre.wordpress.com/2013/05/28/de-linconvenient-detre-feministe-en-librairie-jeunesse/

  3. Zap Pow permalien
    décembre 2, 2013

    Des livres pour les filles et les garçons (unisexes) :
    http://www.talentshauts.fr/
    La librairie des filles et des garçons manqués :
    http://www.violetteandco.com/catalogue/?fond=rubrique&id_rubrique=5
    Littérature de jeunesse antisexiste et féministe :
    http://www.mix-cite.org/education/index.php3?RefArticle=315

  4. Kyrieleve permalien
    décembre 2, 2013

    Bonsoir,

    Si ça peut aider je te conseille le livre « la pire des princesses », acheté pour mon fils ainé de 3 ans et demi, le livre est vraiment bien : http://livre.fnac.com/a5279601/Anna-Kemp-La-pire-des-princesses

  5. ISABELLE permalien
    décembre 2, 2013

    Bonjour !
    je commente pour la premiere fois bien que lectrice depuis longtemps ma foi !
    pour ta fille , je te conseille  » on n’est pas des poupées  » de Cantais et Beauvois
    bien d’accord avec toi , y a encore du boulot …
    bien à toi

  6. Claire permalien
    décembre 3, 2013

    Attends qu’elle grandisse un peu, vers 6-7 ans on trouve quand même une littérature plus variée. Fifi Brindacier est sacrément dégourdie et la série des « Caroline »est certes d’une autre époque, mais efficace je trouve. Caroline c’est l’anti-Martine, elle sait tout faire et n’a besoin de personne ! Choisis des livres dont les héros sont des animaux, elle est encore petite la Dauphine…
    Chez Disney, Rebelle et Raiponce sont quand même plus moderne, ça évolue ;)

  7. décembre 3, 2013

    Pour se frayer un chemin hors des clichés dans la production de livres jeunesse, tu connais peut-être mais voici Lab-elle:
    http://www.lab-elle.org/

    Bises

  8. décembre 3, 2013

    J’ai lu un « Belles histoires » qui correspond à ton cahier des charges, je pense : http://www.belleshistoires.com/Accueil/Zelie-princesse-rebelle
    Il y a peut-être moyen de le commander, ou de le lire en bibliothèque ?
    (A lire aussi aux garçons, pour qu’ils ne s’imaginent pas forcément les filles en princesses passives !)

  9. décembre 3, 2013

    Merci pour le lien vers mon billet, j’avais justement prévu un post bientôt sur les livres non-sexistes pour enfants!
    Il y a « marre du rose » et « on n’est pas des poupées » qui me viennent en tête spontanément, très jolis graphiquement et avec un texte qui tient la route.

  10. Béné permalien
    décembre 3, 2013

    tout le monde parle du cas pratique n°2, je vais parler du cas pratique n°1 : le tailleur pantalon (ou le pantalon tout court) permet d’adopter un look « boyish » et de conserver l’attention de ces Messieurs sur l’essentiel de l’ordre du jour de la réunion… Il n’y a rien de pire que de les sentir s’émoustiller sur ton physique, ta tenue, ta coiffure, ton parfum… C’est dur d’être une femme dans un milieu d’hommes, même si, avec l’age, j’ai développé mon sens de la répartie, je suis aussi plus à l’aise avec mon corps et le regard des autres. Adopter un dress code strict ce n’est pas, à mon avis, partir perdante, mais permet au contraire focaliser l’attention des autres (et des hommes en particulier) sur l’essentiel : tes compétences.
    Et je ne parle même pas de l’attitude de certaines vieilles peaux qui, par jalousie/envie ?, te matent/scannent de la tête aux pieds et vont te critiquer pce que tu leur fais de l’ombre avec tes 10kg/10ans de moins qu’elles…
    Au boulot, le sexisme et la violence du « paraître » vient autant des hommes que des femmes

  11. décembre 3, 2013

    @tous : merci pour vos liens ! je vais explorer tout ça !

    @béné : je comprends ton raisonnement. Mais tu exclus un paramètre : est ce que tu te sens bien en pantalon ? Moi non, pas du tout, moins confortable, moins séduisante aussi. Et je considère que me plaire est important.
    Après, en poussant un cran + loin, je trouve important de résister à « la tentation du passe murailles » et éduquer hommes (et femmes tu as raison) à la différence sexuée. Ce n’est pas parce que tu portes un jupe / un décolleté que tu es un bout de viande. Et chacun devrait pouvoir se vêtir sans jugement à l’emporte pièces. Non ?

  12. décembre 3, 2013

    J’allais te conseiller talents-hauts, (on me l’a recommandé il y a peu) mais cela a déjà été mentionné.

    Par contre, je ne suis pas contre voir le résultat de tes explorations, j’ai deux filles que mes beaux parents appellent ‘les princesses’ et je cherche des histoires de filles pas gourdasses.

  13. Raymond permalien
    décembre 3, 2013

    Décidément… C’est plus ce que c’était ici… Avant on parlait de cul…
    Maintenant c’est le royaume du politiquement correct… Avec du « gourdasse » en prime pour mieux faire passer des idées aussi dépassées que tordues.
    Vous êtes bien toutes les mêmes tiens.

  14. Ann permalien
    décembre 3, 2013

    Commence par les films avant de passer aux livres. On l’a mentionné plus haut mais ma demi portion masculine est un fan de Rebelle (et sa mère aussi) et je pense qu’il va assez vite passer à Shrek.

    Le mien me réclame des chouchous dans les cheveux, a deux barbies (la fameuse Merrida et sa mère, bonjour l’œdipe) et colle des bisous sur la bouche de tout le monde (sauf sa mère et son père qui hurlent « non merci »).
    Le top du top étant le fou-rire collectif qu’on s’est tapé, quand, sur un cheval à bascule et en chemise à carreaux de cow-boy, il a collé un gros bisou à un copain également en chemise à carreaux, nous offrant un remake moins de 3 ans de Brokback Mountain.

    Tu vois Raymond, tout mène au cochon !

  15. Fanny permalien
    décembre 4, 2013

    Bonjour,

    Je vous lis depuis…bien des années (que ca fait mal à écrire), nous étions voisines pendant un moment et nous partageons toujours la même ville, à défaut du même quartier.
    Vous pouvez offrir à votre petite un joli livre que j’ai offert à la mienne (bien trop petite pour encore le comprendre, mais comme l’héroine porte son prénom, la tentation était trop forte) « Léontine, princesse en salopette » ou comment démonter les contes de fée et remettre du bon sens dans les rapports garçon fille.
    J’espère vous avoir aidé et que ce livre vous plaira à toutes les deux (et même son frère, y’a pas de raison!)
    Bonne journée

  16. décembre 4, 2013

    La librairie des femmes vend en ligne et a un rayon jeunesse bien fourni :)
    http://www.librairie-des-femmes.fr/17-jeunesse

  17. décembre 4, 2013

    Quand on me dit « princesse pas gourdasse », je pense : La princesse Finemouche de Babette Cole (et tous les livres de Babette Cole) : ses parents sont bien décidés à la marier, et elle est bien décidée à se débarasser de ses prétendants.

    Mais il y en a plein d’autres :
    La petite princesse nulle de Nadja (bon, il y a un peu de rose sur la couverture…)
    La fée sorcière de Brigitte Mime et Karl Kneut (Les fées doivent toujours être gentilles, propres et douces. Marine, qui est une fée, trouve tout ceci bien ennuyeux. Elle aurait préféré être une sorcière…)
    La princesse aux longs cheveux d’Annemarie van Haeringen (Une princesse doit préserver sa chevelure qui est son plus précieux trésor décrète le roi. Ils sont désormais si longs qu’elle ne peut bouger, jouer et qu’un homme fort doit porter les valises qui les renferment. Elle s’enfuit avec l’homme et ses cheveux les réchauffent la nuit. L’homme fort les lui coupe un peu afin qu’elle puisse les porter seule et prendre son envol, devenue trapéziste de cirque.)
    Contes d’un autre genre de Gael Aymon (les contes traditionnels revisités de manière à donner un vrai rôle aux princesses).

    J’aime moins mais ça peut répondre au cahier des charges :
    La princesse, le dragon et le chevalier intrépide de Pennart (La princesse-maîtresse d’école, loin d’être celle qu’il faut sauver et épouser, ne s’en laisse pas compter. Elle devra même gérer à distance le dragon et le chevalier, ces deux nigauds qui veulent la secourir alors qu’elle n’en a pas besoin.)
    La princesse et le dragon de Robert Munsch & Michaël Martchenko (c’est la princesse qui sauve le prince du dragon, mais celui-ci est vexé)

    Et il n’est pas question de princesses mais ils sont vraiment bien :
    Le tunnel d’Anthony Browne (le grand frère se moque de sa petite soeur, qui passe son temps à lire à l’intérieur. Mais quand il s’aventure dans un tunnel sans réfléchir, c’est elle qui finit par le sauver)
    Marre du rose déjà cité plus haut
    Rose bonbon d’Adela Turin (une petite éléphante rose préfère aller s’amuser avec les garçons plutôt que de rester toute sage à manger les fleurs immondes qui lui donnent sa belle couleur rose)

    Et ma bibliographie préférée sur le sujet, c’est celle-ci : http://www.mairie-le-teil.fr/IMG/pdf/biblioegalite.pdf

  18. décembre 6, 2013

    Quand elle sera plus grande : Yoko Tsuno !

    Ce noël j’aurai fini d’offrir l’intégrale à mon aînée, elle adore, même sans être portée plus que ça sur la science fiction (elle est + Harry Potter et fantasy).

    Nous ne sommes pas du tout dans le refus du rose / princesses de notre coté (ce qui avec la deuxième serait vite du conflit ouvert), mais… on complète avec d’autres choses.

    Et je n’ai pas l’impression qu’il y ait une majorité de rose / princesse au final dans leurs bibliothèques…

  19. Lola Sur La Toile permalien
    décembre 6, 2013

    En lisant ton récit de recherche d’héroïne pas cul-cul, j’ai pensé à Péronille Chevalière http://www.amazon.fr/P%C3%A9ronnille-chevali%C3%A8re-Marie-Darieussecq/dp/2226189408
    C’est la chevalière qui sauve le prince et quand il lui propose de l’épouser, elle se demande ce qu’il peut lui apporter et vu qu’il n’a strictement rien fait d’autre qu’être prince, elle s’en va.

  20. Angélique permalien
    décembre 9, 2013

    Des pistes ici :
    http://lamareauxmots.com/blog/
    Et là :
    http://maman-baobab.blogspot.fr/

    Des sites qui ont agrandis mes horizons en terme de littérature jeunesse !

  21. Angélique permalien
    décembre 9, 2013

    agrandi*
    ?

  22. Clotilde permalien
    décembre 10, 2013

    Mais TELLEMENT pour les 2!
    En revanche, ma petite niece L. a demandé un livre qui EXPLIQUE les princesses et chevaliers… Balèze..

  23. décembre 11, 2013

    Bien d’accord sur la tenue vestimentaire au boulot, j’ai toujours porté ce que je jugeais confortable, souvent un pantalon, mais une jupe quand j’en avais envie, point.
    Pour les bouquins le blog Super Chouette fait une sélection très bien inspirée : http://www.super-chouette.net/search/label/Livres%20tr%C3%A8s%20chouettes
    (pour parler d’un autre extrême, ma fille (un peu plus grande que la tienne) déteste les jupes, robes, collants, barrettes, et n’est jamais aussi heureuse qu’en pantalon !)

  24. Math. permalien
    décembre 13, 2013

    Antoine Guilloppé a écrit toute une série de petits livres autour d’une héroïne qui s’appelle « Akiko ». Le dessin et la mise en page sont splendides (comme dans tous les livres de cet auteur/illustrateur)et le texte toujours juste. À la maison, coup de cœur particulier pour « Akiko la curieuse ».

    J’aime beaucoup l’équilibre délicat qu’il y a dans ces livres entre une petite fille dont on n’appuie pas le genre avec force dégoulinades de rose, mais que l’auteur ne s’est pas senti obligé non plus de transformer en furie distributrice de mandales* opposé aux « garçons qui sont vraiment trop nuls ».
    Construire son identité avec des repères multiples est extrêmement enrichissant et, puisque les livres nous parlent de nous et du monde, il est appréciable de trouver des auteurs qui ne promènent pas les enfants d’une caricature à une autre…
    Cerise sur le gâteau : si la Dauphine fait un jaloux, Antoine Guilloppé a sorti en 2011 « Takiji l’audacieux ».

    Dans une même idée de livres autour desquels le frère et la sœur peuvent échanger et qui ne sont pas tartes : chez Hélium (fantastique maison d’édition) il existe 2 livres « dont tu es le héros ou l’héroïne »
    – le chevalier Courage
    – la princesse Attaque (qui dans ce livre doit aller libérer son compagnon, le fameux chevalier courage).
    Les illustrations de Delphine Chedru sont géniales !

    Dans ces livres il y a du rose… juste ce qu’il faut ! ( Rrose Sélavy;)**

    Bonne lecture…

    * je l’ai été parfois, enfant, mais je me doutais déjà qu’être une fille ça n’était pas que ça…
    ** non les lecteurs de ce blog ne s’éloignent pas tant que ça des sujets les plus importants :)

  25. décembre 17, 2013

    Super cet article ! (merci à la personne qui a mis mon lien ça m’a permis de le lire)
    J’ai parlé des livres antisexiste à la radio l’autre jour (c’est là : http://lamareauxmots.com/blog/chroniques-radio/)
    Et on a une fiche thématique sur le sujet là : http://lamareauxmots.com/blog/fiche-thematique-les-livres-qui-luttent-contre-les-cliches-sexistes/
    Avec notamment une chronique que j’adore là : http://lamareauxmots.com/blog/princesse-un-jour-et-boniche-pour-toujours (si si j’adore certaines de mes chroniques, j’ai le droit)

    Sur la mare on est très anti-sexisme et on défends ce genre de littérature.

    M’en vais relayer cette chronique !
    Gabriel

  26. janvier 5, 2014

    J’arrive un peu après la bataille, et je constate avec plaisir que Superchouette a déjà été mentionné dans les coms’, mais j’en profite pour repasser une couche : On est super sensibles à la question du sexisme en littérature jeunesse (avec trois filles à la maison y’avait pas le choix) et du coup la sélection Superchouette s’en ressent, donc voici un best-off de livres spéciaux Girl Powa (dont beaucoup déjà cités plus haut, les grands esprits se rencontrent) :
    – On n’est pas des poupées, mon premier manifeste féministe : http://www.super-chouette.net/2013/10/on-nest-pas-des-poupees.html
    – Caroline : http://www.super-chouette.net/2013/05/caroline.html
    – Ronya fille de Brigands : http://www.super-chouette.net/2013/04/ronya-fille-de-brigand.html
    – Fifi Brindacier : http://www.super-chouette.net/2013/02/fifi-brindacier.html
    – Péronille la chevalière : http://www.super-chouette.net/2011/09/peronnille-la-chevaliere.html
    – Le monstre poilu : http://www.super-chouette.net/2011/06/le-monstre-poilu.html
    – La princesse finemouche : http://www.super-chouette.net/2011/04/la-princesse-finemouche.html
    – Dahlia : http://www.super-chouette.net/2010/07/dahlia.html (album peu connu et vraiment top)
    – Petite princesse : http://www.super-chouette.net/2010/05/petite-princesse.html
    – Sally Lockhart : http://www.super-chouette.net/2010/02/sally-lockhart.html

    Il y en a pour tous les ages, dans le tas il y a des classiques et du moins connu, mais la conclusion c’est quand même que ta vendeuse de la Fnouc connaît sacrément mal son boulot….

  27. Camille permalien
    février 12, 2014

    Il y a l’excellent Je suis pas une princesse, qui explique aux petites filles qu’elles peuvent faire ceux qu’elles veulent. Je viens de l’offrir à ma nièce qui a 3 semaines de moins que la dauphine. Il est en rayon à la super librairie de voyage rue du Plat. Sinon pour avoir de bons conseils sur les livres d’enfants faut fuir la fnac comme la peste. Une fois je cherchais du Judy Blume, la  » libraire jeunesse » m’a demandé si c’était en dvd. ( Judy Blume est juste la plus grande écrivaine pour enfants et adolescentes du monde ) ( pour le coup ses bouquins parlent d’adolescentes, de leur règles, de leurs premières fois… pas sûre que ça intéresserait un ado. Je comprends tout à fait, à 13 ans j’aurais pas eu envie de lire un livre sur les érections matinales d’un boutonneux de mon âge) Moi je vais à la librairie jeunesse de la rue Palais Grillet, c’est la petite rue juste derrière l’ancien bar américain. Ils connaissent tous leurs bouquins et trouveront des super trucs pas niais du tout pour la dauphine. Je me suis jamais trompée, et quand je leur ai commandé du Judy Blume, ils savaient qui c’était. Sinon ce week end c’est pas le salon de la littérature jeunesse de Bron ? Je suis sûres que tes enfants adoreront.

  28. Marie permalien
    février 14, 2014

    Je réagis avec des mois de retard, mais la grande histoire de Belles Histoires de février a pour titre “Rolande la brigande”, et est un peu du même genre que la princesse Zélie dont Anna parlait plus haut. Une brigande, donc, qui tombe amoureuse du prince qu’elle cambriole mais qui ne sait pas faire les trucs de princesse (danser, etc.).

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