Comment je suis féministe ?

Parce qu’on me pose encore et souvent cette (étrange à mon sens) question, « mais comment tu peux être féministe, toi, là, en 2014 ? », je me suis dit que ça vaudrait le coup de faire partager mon expérience de femme « sensible » (tendance chatouilleuse) à la cause des femmes, en ces temps où cette dernière (la cause) prête souvent à la controverse (à commencer par les féministes entre elles, qui s’occupent bien entre elles de saborder leur combat à coups de luttes intestines, je sors le pop corn 3 fois par semaine en moyenne sur twitter, et encore j’ai fait du tri).

(Même si je me rends compte que j’ai répondu à peu près à la même question il y a pile 2 ans et que je reviens souvent sur ces questions ici, à croire que ça me travaille. Je radote, CERTES, mais le sujet me semble le mériter.)

Je supporte toujours assez mal les arguments m’opposant que la question de l’égalité homme femme serait dépassée (car toute revendication valide – à commencer par l’égalité des droits – aurait été conquise) ou secondaire dans nos pays civilisés (bonjour la hiérarchisation arbitraire des priorités sociales, sociétales ou simplement humaines). Je suis et reste fille de féministe (coucou maman, je sais que tu me lis EN CACHETTE), élevée et attachée à ces valeurs et essayant désormais aussi de les perpétuer et retrouver chez mes enfants (plus compliqué, j’y reviendrais).

Alors petit warning, je ne suis pas là pour dire que la manière dont j’agis est LA BONNE. Je dis juste qu’en tant que femme urbaine / active / avec des enfants / mariée / de 35 ans, c’est ce qui me paraît naturel de mettre en oeuvre. Si j’étais au foyer / célibataire / vivant en Algérie (je ne stigmatise pas ce pays, il s’avère juste que j’en suis originaire) / prostituée / femme battue ou en situation irrégulière, je ferais ou penserais très probablement autrement. Je ne vis pas le féminisme comme une doctrine universelle, mais comme un mode de faire / d’être personnel avant tout. Et si ça permet de renouveler la vision de certains / certaines, tant mieux.

  • Comment je suis féministe en France ? en milieu « urbain » ?

Rien ne m’énerve plus que les discours sur l’obsolescence du combat féministe en France. J’y reviendrai concernant le monde de travail et l’éducation des enfants en particulier, mais je vois et je vis tous les jours des exemples s’agissant de l’absence d’égalité entre les hommes et les femmes, de discrimination par le sexe, d’accès fortement inégal aux fonctions électives, et de sexisme au quotidien, dans les comportements des « dominants » (=> les hommes blancs de + de 50 ans) qui dirigent et régentent encore largement notre beau pays. J’utilise le terme de domination à dessein, sachant que ça agace souvent certains (à commencer par les hommes blancs de – de 50 ans) que l’on assimile lutte pour l’égalité et domination, ça tourne vite au pugilat sur la lutte des classes. Il reste je trouve le parallèle valide : nos sociétés modernes sont encore largement gouvernées et dominées par une catégorie de personnes (les hommes blancs de + de 50 ans). La discrimination prend ensuite bien des formes, plus ou moins graves (certes), mais elles appellent toutes à être désignées comme telles et bannies. Deux exemples très concrets et au ras du bitume.

Les blagues sexistes. Comment en 2014 peut on voir (par exemple) des pubs télés (au hasard celle de Cuir Center avec des hyènes assimilées à des femmes) sexistes ? Personne ne se permet plus (hors public averti) des blagues racistes ou antisémites, mais rire des femmes et de leurs « caractéristiques » est le lot commun et gare à toi espèce de gonzesse aigrie si tu ne fais pas preuve d’HUMOUR. Personnellement, dans mon quotidien, dès qu’il y a une blague sexiste dans mon environnement direct, la réplique est simple : je sors une blague sur les petites bites. En général ça calme bien les esprits et je me rends compte que je ne suis pas la seule à manquer d’humour parfois, dis donc.

Le harcèlement de rue. Récemment sur les réseaux sociaux il y a eu des témoignages / articles relayés concernant les situations de harcèlement au quotidien que subissent les femmes dans la rue de la part des hommes. Il y a même eu des initiatives pour renverser le paradigme (montrer ce que serait la vie d’un homme harcelé, je trouve ce clip glaçant à souhait) et faire comprendre ce que l’on vit régulièrement en tant que femme lorsque l’on se déplace isolée / le soir. D’autres initiatives (très débattues) ont essayé de donner des conseils aux hommes pour essayer de ne pas faire peur ou se rendre menaçant dans certaines situations quotidiennes. Il a été assez fou de voir les réactions des hommes outrés, genre « faut pas pousser les gonzesses, on n’est pas tous des violeurs en puissance ». Certes (et encore heureux), il n’empêche que beaucoup de femmes vivent dans cette peur. Je n’ai pas (ou rarement) peur, et je ne considère pas les hommes comme mes ennemis. Mais je mesure 1,76 m et pèse plus de 80 kg (ahem), et je suis 90% de mon temps en robe et talons. Je marche la tête haute, parce que je m’assume et que je ne pense provoquer personne de par mon comportement. MAIS je le sais, c’est au prix d’une certaine inconscience du danger, du refus de le voir me coller à la peau. Et je sais que je dirais à ma fille de se méfier de certaines situations, parce que le pire n’est pas toujours évitable. Un des combats féministe doit être le recul de la peur, de la culture du viol.

  • Comment je suis féministe au travail  ?

Pour ceux qui suivent ce blog et mon compte twitter, l’égalité hommes / femmes dans le monde du travail est mon principal cheval de bataille. Je souhaite gagner autant qu’un homme à compétence et expérience équivalente (je suis engagée socialement et collectivement dans mon entreprise à cet effet), je considère que la parentalité (des hommes et des femmes) n’est pas (ne doit pas être) un frein à une carrière accomplie, et je veux que les équipes soient gérées de la même manière qu’on soit un homme ou une femme. Je supporte mal par exemple que les femmes soient stigmatisées / signalées comme « plus empathiques » dans leur management (on est des connasses comme les autres). Le travail doit être le lieu emblématique d’une stricte égalité, c’est là que je crois que la valeur d’exemple est la plus forte (après l’école). L’exigence doit se porter tant vis à vis des hommes qui doivent proscrire comportements sexistes, paternalistes et discriminants (pas de surnoms « affectueux », pas de harcèlement moral ou sexuel évidemment), que des femmes, qui doivent éviter d’utiliser certains ressorts sexistes / sexués dans le cadre professionnel. On s’abstiendra donc de pleurer quand on est en échec, ou de minauder (montrer ses seins / coucher) pour arriver à ses fins. S’agissant des postes à responsabilité / de direction, je suis en faveur d’une politique de quotas, parce que sinon le monde de l’entreprise sera encore régenté par des hommes (blancs de + de 50 ans) pendant encore 200 ans (et de même en politique).

Je suis très à cheval sur ces sujets, et je reprends méthodiquement toutes les situations / comportements sexistes et misogynes, je ne laisse rien passer. C’est très fatigant et décourageant, surtout quand on bosse dans des milieux masculins ET malins, c’est à dire qui savent jeter un peu de poudre aux yeux sur l’égalité et la parentalité avec quelques « mesurettes ». Je décortique TOUS les plans proposés et au quotidien je ne tolère aucun comportement misogyne ou ambigu. Par exemple, le chef qui m’appelle en tout paternalisme « ma puce », je lui réponds « oui papa ». C’est dans le cadre professionnel que je me rends le plus compte du chemin restant à parcourir concernant l’égalité, et pourtant je travaille dans le tertiaire supérieur, où la situation est loin d’être la plus critique.

  • Comment je suis féministe avec des enfants ?

C’est un rôle relativement neuf (3 ans pour la fille / 6 ans pour le gars) pour moi, mais auquel je tiens évidemment particulièrement. C’est assez kiffant (et parfois hautement décéptif) d’avoir un terrain vierge sur lequel exercer ses théories en mode « travaux pratiques de l’anti sexisme ». J’ai la chance d’avoir un représentant de chaque sexe, et je m’applique à élever les deux dans le strict respect de l’égalité entre filles et garçons. Les débats actuels sur la « théorie du genre » seraient presque drôles s’ils n’étaient si délétères et révélateurs des préjugés et stéréotypes de notre société. Cette brave Simone (de Beauvoir) l’avait dit clairement (avant Judith Butler et ses travaux sur le genre) « on ne naît pas femme, on le devient » (et c’est valable pour les hommes). Nous naissons mâles et femelles (sauf autres cas plus rares) et nous construisons socialement et culturellement hommes et femmes (ou pas), dans nos sociétés « genrées ». A partir de cela, on peut juger (c’est mon cas) que les constructions / stéréotypes sur lesquels nos vies se basent sont critiquables / inégalitaires. En bref je veux que mon garçon puisse être sensible et / ou devenir coiffeur sans se faire traiter de sale pédé et que ma fille puisse être camionneuse et autoritaire sans être assimilée à une gouine aigrie. Et bien entendu qu’ils soient des homosexuels épanouis si c’est là que leurs préférences vont.

Alors oui, je refuse d’acheter PAR PRINCIPE des nippes roses / à paillettes à ma fille (mais accepte que d’autres lui en offrent) et quand je lui offre une poupée, j’en offre aussi une à son frère. J’essaie de leur lire des histoires non stéréotypées, de même pour les dessins animés que nous filtrons sérieusement. J’insiste aussi pour inviter autant de filles que de gars aux anniversaires (même si j’ai été mise en échec pour les 6 ans). Au quotidien je reprends toute discussion où l’un dirait « ça c’est pour les filles … », et je donne toujours des contre exemples à des situations sexistes. Ca n’empêche pas à ma fille d’adorer le rose et les princesses, tout en jouant sans se poser de questions avec son frère à des jeux de construction et des voitures.

  • Comment je suis féministe avec mon conjoint ?

C’est évidemment central, la question de mon intimité et de ma vie conjugale / amoureuse / parentale avec un homme sur ces sujets de féminisme. C’est toutefois difficile d’en parler ici dans la mesure où j’ai un gentleman’s agreement avec l’Epoux qui ne souhaite se voir exposer d’aucune manière ici. Disons qu’être en couple avec un homme non féministe ne serait pas possible pour moi, car tu construis pas ta vie avec un gusse avec lequel tu ne partages pas un socle de valeurs minimal (encore plus quand tu te reproduis avec) (ou alors c’est l’échec garanti). Car j’attends que dans mon couple on partage les tâches parentales, domestiques et quotidiennes en égaux, d’abord parce que je travaille et lui aussi, mais fondamentalement parce que nous sommes deux et que les choses doivent s’équilibrer. L’un emmène les enfants à l’école le matin, l’autre le soir. Tout le monde est susceptible de faire des courses et de préparer les repas. Certaines tâches sont réparties, c’est inévitable, et bien entendu on a des zones de frottement (je ne parle pas là de notre vie sexuelle, bande de quiches :p), car fondamentalement, homme ou femme, PERSONNE n’aime descendre les poubelles.

Au-delà du partage d’un quotidien, je crois aussi qu’on partage une vision commune des choses (à commencer par vivre dans une société où les hommes et les femmes sont égaux) et qu’on entrecroise pas mal les regards de par nos caractères respectif. Il a une sensibilité féminine (= comprendre c’est un métrosexuel) et travaille dans des environnements très féminisés, tout en restant un viril – et poilu – descendant d’ibères. Alors que je travaille avec 80% d’hommes et reste aussi attachée à des marqueurs féminins (jupes / talons / maquillage). Mon mari n’est pas une serpillière sur laquelle je passe mes aspirations féministes (ce que pensent beaucoup de mecs des féministes en couples). On s’engueule rarement sur ces sujets parce que nous sommes d’accord (alors qu’on arrive que rarement à se mettre d’accord pour voir un film au ciné).

Donc voilà comment je suis féministe. Ca ne me prend pas la tête en permanence (c’est plutôt une tâche de fond), mais c’est tout de même une attention régulière, car je suis intimement persuadée que ça rend la société, les hommes et les femmes, MEILLEURS.

Instants(gram) moi fort !

Tiens ! un petit questionnaire de feignasse que j’ai découvert en lisant l’article de Paingout(où  j’ai vu que j’étais citée par Violette sur l’utilisation d’IG, coucou la belle) (je suis une grande likeuse sur IG) (fin du name dropping, j’ai le droit entre vieux blogueurs et twittos).

1) Ton compte Instagram ?

@sasatouitte comme sur Twitter

2. Tu as Instagram depuis quand ?

Depuis environ la naissance de la Dauphine, soit bientôt 3 ans …

3. Quelle a été ta première photo postée ?

Une photo de la Dauphine 🙂

1ère photo sur IG poke @superbulles (il y a 146 semaines), je passe le mistigri à mes 2 premiers likeurs @coulmont et @slicesoflife

4. Vas-tu souvent sur Instagram ?

Moins que sur Twitter, une ou deux fois par jour en « passif » (pour voir et liker les photos de mes camarades) et parfois plus les périodes où je suis très active, c’est à dire en déplacement ou en vacances. Dans ces cas là je poste en moyenne 4 ou 5 photos par jour, une sorte de version moderne et 2.0 de la séance diapo reloue et en léger différé des jolis endroits que je vois.

5. Quelle est ta pire photo sur Instagram ?

Ah je vais me la péter un peu, mais j’essaie de soigner mes photos sur IG, de prendre que des paysages chouettes ou insolites, mes jambes en collants ou mes enfants (et par essence y’a pas de photo moche de mes enfants, soyons lucides). Si je ne les aime pas je les publie pas.

Bon y’a bien celle de mon arrivée après une course de 10 bornes, qui a bien cassé mon sex appeal ….

La gueule de la fatigue à l'arrivée, merci les photos officielles  #runinlyon :]

6. Quelle est la photo qui a eu le + de succès ?

Ni ma gueule, ni mes jambes, ni mes gosses. Un ARC en CIEL.

(Mais un beau.)

7. Combien as-tu d’abonnés / Combien suis-tu de personnes ?

J’ai 625 abonnés (dont 1/4 de fétichistes de collants !) et je suis 236 personnes.

8. Qui est la dernière personne a avoir aimé une de tes photos ?

C’est Hervé Resse, @herveresse, camarade bloggueur & twittos sur la photo de mes Louboutin.

Ma vie en louboutins (à 2km/h dans les couloirs en roulant du cul) #instagambettes

9. Une personnalité ou une marque que tu suis.

Pas grand monde en dehors de François Sagat, @francoissagat, acteur gay au fessier rebondi et grand poseur sur IG.

C’est pas toujours très SFW (Safe For Work) mais je me rince bien l’oeil !

10. Montre nous une à trois de tes photos préférées sur ton compte Instagram.

Alors si on suit mes 3 axes éditoriaux et dans les photos récentes  :

1 – mes enfants

Les poseurs <3 (oui les enfants de leur mèrel, aussi) #lush #bain #pingouin

2 – mes collants

Plus près des étoiles  #aglagla #instagambettes

3 – mes voyages

La Tamise #londonchildfree

11. Quelle est la dernière photo qui apparaît sur la page d’accueil de ton Instagram actuellement ?

Une photo du Musée des Confluences en construction, devant lequel je passe régulièrement pendant mes séances de #running et dont je suis avec grand intérêt l’avancement.

Ça pousse #confluence #running #8km

Bon, il paraît que c’est has been les chaînes dont prend qui veut !