Une année dans la peau d’une blonde

Il y a pile un an, j’assouvissais un de mes plus vieux fantasmes capillaires : devenir blonde. A 40 piges donc, il était temps (ou pas). L’aboutissement laborieux de longues années de tergiversations personnelles (ça t’ira pas), familiales (ça t’ira pas), et conjugales (ça t’ira pas), couplées à des refus d’obtempérer de la part de la corporation des artisans coiffeurs (ça vous ira pas, ça va vous bousiller les cheveux, et ça va vous coûter un œil, parce que ça va nous prendre des plombes à faire).

(J’ai retrouvé une de mes dernières photos en brune, que j’ai confronté à une photo « réaliste » de ma blonditude : avé les racines et le frisottis facile quand je ne prends pas le temps de faire un brushing)

Sur le 1er point, je n’épiloguerais pas, moi je trouve que ça me va, ou tout au moins ça me change de 40 années de brun, et pourquoi se priver de cette capacité à changer (même si ce n’est qu’en surface, en apparence) quand on peut le faire. Finalement la difficulté est d’ordre technique : quel type de blond choisir et comment l’entretenir dans la durée ? Parce que finalement, il n’y a pas un blond, mais plein d’options et variantes possibles, même si toutes ne te sont pas ouvertes quand tu es très brune.
Enfin petit changement, c’est un euphémisme. Entrer du côté de la blondeur, même en mode faussaire comme moi, c’est basculer dans un autre monde, où les relations sociales, le rapport à l’autre, qu’il soit mâle ou femelle, est profondément altéré. Si si si, je vous assure.

(Mes blonds favoris, à peu près)
(finalement j’aime bien les racines, j’avoue)

La vie d’une blonde n’est pas celle d’une brune, je vous le promets. Je ne suis pas érotomane (enfin pas tout le temps), et je n’ai pas la croyance que les hommes préfèrent les blondes (et il est fort probable que je sois mieux en brune). Mais c’est un fait, être blonde, c’est attirer plus de regards (parce que simplement les blondes sont plus rares dans l’espace public), et essuyer des comportements stéréotypés. Parce que c’est ainsi, une blonde, ça paraît plus doux, plus fragile, et on s’adresse à vous avec bien plus de précautions, quand ce n’est pas de la condescendance. Je l’ai observé 100 fois sur une année complète, dans plein d’environnements différents.

Pour ma part, j’ai surtout du adapter ma garde robe et la cosmétique. Avec mon gabarit, mes heures de vol et la décoloration par-dessus, l’effet « Styfler’s mom » (la mère de Styfler dans « American Pie ») est vite là, et ce fut clairement ma ligne de flottaison, mon point Godwin : éviter de basculer dans le vulgaire. Blonde oui, mais pas trop tapée si possible.

Il reste que si parfois mon propre reflet me fait encore sursauter dans le miroir, j’ai sensiblement modifié ma garde robe (fini le rose, les motifs et en particulier ceux fleuris, et tous les ornements un peu bling bling) et renouvelé le maquillage. En bref, le blond exige une certaine sophistication et finalement sobriété, ce qui n’est pas forcément mon penchant naturel … A titre d’illustration, moi qui adore les imprimés panthère, je n’y ai pas renoncé, mais j’y vais mollo quand même, parce que la parenté avec Amanda Lear est vite atteinte ^^

Last but not least, et là-dessus c’est la partie qui fait mal (mais les coiffeurs m’avaient largement avertie) : être blonde (et pas trop moche), c’est une putain de rente. Ça te coûte du temps ET de l’argent. Je donne quelques fourchettes (temps et prix), à ne pas prendre au pied de la lettre, parce que je privilégie et me permets de bons produits (donc onéreux) et de bons professionnels (donc très onéreux) mais je ne pense pas être loin de la vérité.

  1. La première fois, tu comptes 4 à 5 heures de taff, entre les deux décolorations (deux quand tu es très brune), les patines, et soins divers. Compter autour de 200 euros en moyenne (et ce à renouveler tous les deux ou trois mois, partant du principe que j’ai renoncé au blond parfait et intégral, qui me demanderait d’être chez le coiffeur toutes les 3 semaines).
  2. L’entretien quotidien est assez contraignant aussi. Un shampoing bleu une fois par semaine (pour éviter de jaunir), des masques pour hydrater, des soins après shampoing, un spray protecteur avant d’utiliser un sèche cheveux, une huile quand tu les exposes au soleil …. Comme ta crinière a bien ramassé avec les décolorations, il faut éviter l’effet paille, et y’a pas de miracle. Du temps pour les soins, et environ 80 euros de produits (de qualité) pour les dits soins.

Au final, je ne sais pas combien de temps je resterais blonde, mais je suis contente de l’avoir fait. Sur le chemin du retour au brun, il est fort possible que je me laisse tenter par une phase transitionnelle rouquine, dont je me réjouis par avance (oui j’ai des joies simples).

PS : je fournis toutes mes adresses (lyonnaises et parisiennes) et marques sur demande.