Soudain le confinement

Jusqu’à il y a peu, j’ai toujours été d’un grand conformisme sociologique et / ou sociétal. Je suis la parfaite ménagère de 50 ans, je suis d’une grande prédictibilité statistique. Cette croyance je l’ai toujours corroboré par les faits, jusqu’à l’âge ma foi peu canonique de 36 ans. Cette année là (2014), le cours de la vie (de la mienne) a vaguement dérapé, puisque j’ai appris que désormais j’allais cohabiter avec un ennemi intime et difficilement dé-logeable, la maladie de Parkinson.

Depuis lors, je ne puis plus guère me prévaloir d’être une personne lambda. C’est pas pour me vanter, et c’est loin d’être toujours évident ou enviable, mais ma vie et mon quotidienne ressemblent souvent / parfois à la boîte de chocolats qu’évoque Forest Gump dans le film éponyme : tu sais jamais dans quoi tu vas croquer. Parfois c’est assez amer. Voire franchement pas bon. Mais c’est ainsi que mon conformisme, mon attachement aux règles et à la norme sous toutes ses formes, à la prévision et à la normalité apprennent un art subtil : le lâcher prise.

A mon sens, le lâcher prise est une forme dégradée de stoïcisme. Lâcher, ce n’est pas de la lâcheté, au contraire. C’est être suffisamment humble pour reconnaître que certaines choses nous dépassent et qu’il est impossible de les contraindre ou les distordre. Dans ce cas, rien ne sert de tempêter, de se braquer ou de faire des moulinets dans les airs en prenant un air pénétré (spoiler : personne n’est dupe). Gardons notre calme et agissons sur ce qui est à notre portée.

Autre « avantage » comparatif que me donne ma pathologie sur mes homologues bien portants, le confinement, pour moi, c’est finalement pas une nouveauté, notamment le côté distanciation sociale. Pas que je sois contagieuse (heureusement pas), mais clairement, de temps à autres, quand les blocages se font trop nombreux (blocages = absence de réponse de certaines de mes capacités motrices, qui me privent de la marche, mais aussi de toute motricité fine), hé bien je me retire du monde des vivants. Pas très longtemps (même si beaucoup trop évidemment à mon goûtà, juste le temps que la médecine moderne fasse effet et que je puise à peu près reprendre le cours de ma vie.

Toutefois, je resterais modeste quant à la relative zénitude que je peux afficher en surface vis à vis de cette pandémie. Parce qu’il me reste au moins deux sujets d’inquiétude majeure, que je partage bien volontiers avec les 3 lecteurs qui restent encore par ici (n’hésitez pas à signaler votre passage ici par un petit signe dans mes comms, histoire que je m’assure que je ne cause pas toute seule).

  1. Combien de jours vont s’écouler avant que je ne commette l’irrémédiable, à savoir balancer un de mes deux enfants (voire les deux) par la fenêtre du 9ème étage ?
  2. Comment vais je survivre d’un point de vue capillaire, avec le confinement sans aller refaire mon blond chez un professionnel ?

Autant de sujets critiques que je laisse ouverts à la discussion et sur lesquels je ne manquerais pas de revenir s’il se confirmait dans les jours à venir qu’on va encore être quelques jours entre nos 4 murs.

Et évidemment, prenez soin de vous !