Sexisme ordinaire au travail

J’en ai parlé ici à demi mot cette semaine, j’ai subi cette semaine un moment professionnel assez difficile. Encore une fois, je ne peux en raconter grand chose sans réveler des aspects de mon travail que je ne souhaite pas exposer. Il faut juste savoir que l’intégrité et l’objectivité d’un audit que j’ai réalisé (avec une équipe autour de moi) ont été remis en cause, devant une assemblée partiellement partisane, et qui a utilisé des moyens détournés pour essayer de déstabiliser mon équipe et son travail. Les méthodes employées m’ont révulsé, mais j’étais tenue à un droit de réserve devant la dite assemblée. J’ai serré les dents, courbé l’échine, laissé passé l’orage, mais il a fallu que je quitte à un moment la séance pour décompresser (petit euphémisme pour dire que j’ai lâché les vannes grave).

Bref, à la suite de quoi mon chef, ainsi que d’autres personnes présentes dans l’assemblée, m’ont rassuré sur mon intégrité, la qualité du travail de mon équipe, et gna gna gna, mais j’étais tout de même assez destabilisée. Même si en l’occurrence ce n’était pas moi qui était remise en cause personnellement, j’ai mal vécu toute cette histoire. Je suis une bestiole susceptible et parfois je prends un peu trop les choses à coeur.

Hier, j’ai reçu un mail de ma secrétaire, qui m’a informée qu’un des chefs d’entreprise présent lors de cette pénible séance m’avait envoyé un MAAAAAAGNIFIQUE bouquet de fleurs par porteur au bureau à Lyon. Bien entendu, en bonne midinette, j’ai d’abord rougi jusqu’aux oreilles. Et après, je me suis sentie quelque peu mal à l’aise.

A première approche, c’est une attention délicate. Il a bien compris que j’avais mal vécu cette séance, que ça avait été un moment difficile, et a marqué par son geste sa solidarité, sa compréhension. Mais voilà, il m’a envoyé des fleurs. J’aurais été un homme, il m’aurait passé une bourrade dans le dos, payé un coup à boire, et basta. Et des fleurs, là, ben ça me gêne. Parce qu’on offre pas des fleurs à une relation de travail. On offre des fleurs à une femme. Et moi, ça me gonfle d’être considérée comme une femme dans mon travail. Mais c’est de ma faute, parce qu’en montrant ma sensibilité (toute féminine bordel), que je prenais à coeur une question qui aurait du rester professionnelle, hé bien c’est moi qui ait ouvert la porte à un traitement sexiste de ma personne.

Fait chier quoi.

Je préfère boire des bières plutôt que recevoir des fleurs. D’une relation de travail, et non d’un homme (oui parce que si l’Epoux me paye une bière pour la St Valentin, je risque de le prendre assez mal).