L’épaule qui sort de la baignoire

Ce weekend se tenait le salon mondial du tatouage, alors que je recevais les photos réalisées avec Laurence Bosc pour immortaliser mon épaule avant évolution.

Merci encore à elle pour le (bon) boulot !

Comme toujours souvent dans ma vie je suis d’une grande conformité sociologique et statistique, j’ai commencé à me tatouer ou plutôt me faire tatouer assez tardivement, mais au moment où c’est devenu une banalité en France ou presque.
La première idée concrète de tatouage et à la symbolique forte est le lettrage du titre de l’essai de Benoite Groult, qui me permet de faire « un peu » de prosélytisme féministe. Ensuite, comme il est ordinaire mais réel de le dire, le pli est pris et l’addiction effective, avec des idées à la minute ou  presque) pour les 25 prochaines années.

Je ne sais pas où je je m’arrêterai, mais j’aime l’idée de ce bras gauche qui se couvre progressivement d’une espèce d’estampe japonaise.

Team geishas #apeuprès #7ans
(On est très japonisantes ces temps ci …)
C’est cette progression que j’ai voulu immortaliser avec Laurence, et qui me donne du coup l’opportunité de nettoyer un petit peu ce blog, et de le rendre plus conforme à mon image  (et en même temps déjà obsolète, puisque le bras a bien évolué). Celle qui me tatoue est toujours Alison, qui a désormais sa propre boutique boulevard des Brotteaux, l’Atelier Tattoo.

On m’a souvent demandé comment j’assumais d’être tatouée dans une profession où je suis prestataire de services, avec des clients qui peuvent apprécier diversement ce type d’ornement. Très pragmatiquement, je suis toujours en capacité de soustraire à la vue l’ensemble de mes tatouages. Si aucun ne doit être vu c’est possible, et je conseille aux collaborateurs qui me posent la question d’en faire de même : ce n’est pas seulement par bien-pensance ou peur du jugement, il s’agit simplement d’éviter de donner prise à des considérations qui sortent du cadre professionnel. Ensuite, une fois que le rapport de confiance est établi, il est alors possible de les dévoiler (de mon point de vue).

Mais la vérité, c’est que finalement assez peu de personnes vous questionnent frontalement sur le sujet, à croire que les gens sont plus respectueux et pudiques qu’on ne le pense.

Heureusement que j’ai un blog du coup, comme ça je réponds aux questions que l’on ne me pose pas : )

Tomber 7 fois, se relever 8

Ce blog est comme Labro (oui rien que ça) (à qui j’ai donc piqué le titre de cette note), plein de fois il a trébuché, est tombé, et je l’ai toujours fait se relever. A quelques encablures de son 10ème anniversaire (mars 2015 !), franchement,  je ne pouvais décemment pas y mettre fin. Il paraît que les blogs sont morts, que c’est hazbeen, mercantile, blablabla, et pourquoi tu n’ouvres pas un tumblr, etc.

Pour la petite histoire, mon vieux blog édenté (= comprendre vérolé par une version trop ancienne de WP, entre autres) a été désactivé par son hébergeur (OVH), dans l’attente du nettoyage de quelques lignes de code (je vous passe les détails, qui m’ont également largement échappé). D’où cet assourdissant silence ici, qui s’est prolongé quelques semaines. Il a fallu tout de même l’intervention de pas moins de 3 personnes (de sexe masculin et  à qui désormais je dois BEAUCOUP de gratifications symboliques, et pas que) pour venir à bout des bugs et autres fichiers corrompus. Je ne vous cache pas que quand il est réapparu, ça a été une petite émotion pour moi. 10 ans qu’il m’accompagne, et quelques temps que je le néglige aussi (au bénéfice de Twitter), c’est comme d’habitude quand on est face à la perte des choses que l’on réalise qu’elles vont vous manquer.

Du coup, le revoilà et me revoilà, avec l’envie de réécrire, de (me) raconter ici (bande de veinards). Il y a bientôt 5 ans, j’avais justement fêté les 5 ans du blog, j’avais fait un digest de vos notes favorites, et certains m’avaient fait de petits cadeaux (textes, photos d’eux dans des baignoires, …). Presque 5 ans après, ma « ligne éditoriale » (les 3 marottes qui m’occupent le temps de cerveau disponible) reste la même : le cul, le cul, le cul, le féminisme, les rapports homme / femme, la parentalité, la vie de VRP, etc. Presque 5 ans après, même si Twitter a partiellement remplacé le blog dans cette vocation (parce que c’est bien plus rapide et bien plus interactif que les blogs, il faut lui reconnaître ce mérite), la participation des réseaux sociaux au développement et à l’entretien de ma vie sociale est toujours vivace. J’ai fait plein de chouettes rencontres, dont je suis persuadée qu’elles n’auraient pas eu lieu dans mon écosystème habituel. Surtout, point important, ce ne sont pas que des rencontres virtuelles, et il y a encore bien des essais à transformer, des visages et des voix que j’ai envie de mettre sur des textes, des échanges, du partage, des altérités et des confrontations. Cet enrichissement, c’est toujours ce que j’essaie de valoriser face aux pourfendeurs des réseaux sociaux (y’a encore Adjani qui a tapé dessus pas plus tard que là).

Le hasard faisant (parfois) bien les choses, j’ai rencontré une lectrice de ce blog de la 1ère heure, lors du concert d’Etienne Daho au Transbordeur vendredi. J’étais doublement ravie, de rencontrer Laurie (coucou !), avec qui tout a été simple et fluide d’entrée de jeu (et qui est tellement adorable <3), et évidemment de revoir (pour la 4ème fois) Daho sur scène, impeccable et magique.

Rencontre au sommet avec Laurie, fidèle lectrice <3 #teamdaho #transbo #lyon

J’ai fini la soirée à deux grammes, dans l’euphorie des bulles (de champagne) partagées avec de chouettes gens (là je donne ici le signal du petit clin d’oeil aux vieux potes de la vraie vie qui étaient là aussi, et qui vont me pourrir si je fais comme s’ils n’avaient pas été là) et galvanisée par les chansons de Daho, qui m’ont toujours beaucoup parlé, au coeur et aux tripes.

La vieillerie aidant, je me suis réveillée (aux aurores) avec une bonne gueule de bois des familles, que je me suis gentiment traînée jusqu’en milieu d’après midi. La vieillesse est un naufrage 😀

Pour la peine, et pour finir, je vous donne mon best of du moment des chansons de Daho.

1. Celle pour pleurer, toujours, à n’importe quelle écoute « le premier jour du reste de ta vie »

2. Celle qui me parle beaucoup en ce moment, ‘En surface »

3. Celle qui me donne envie de danser jusqu’au bout de la nuit, « Sortir ce soir »

(Je vais encore sortir ce soir, je le regretterais peut être !)

4. Celle que je ne connaissais pas (et que j’ai adoré), « Soleil de minuit »

Tout ça pour annoncer le retour du blog, pas en grande pompe (j’aimerais lui refaire un peu son design, thème et bannière, toussa), mais avec plein d’envie(s).

Prenez soin de vous les vilains et les vilaines <3