« Pour un jeu de dupes … »

Je me lasse parfois de défendre mes positions et convictions féministes.

D’abord parce qu’elles sont de plus en plus relayées dans le débat public, et ça, c’est (théoriquement) une bonne nouvelle. Partout, et désormais régulièrement, « on » (la presse, les femmes – même non déclarées féministes – et certains hommes de tous bords, les politiques, les professionnels, …) dénonce largement les situations sexistes au quotidien, les violences faites aux femmes, la misogynie dans le monde du travail et en politique, etc. Pour autant, je me sens encore obligée de remonter au créneau régulièrement (doux euphémisme, car étant très 1er degré je monte au créneau en moins de 2), parce que si le message (du traitement non discriminant des femmes par rapport aux hommes) semble mieux passer, il y a parfois des situations qui me hérissent le poil au quotidien. Deux exemples dans les 15 derniers jours pour illustrer ….

Cas pratique 1 / Au boulot

J’étais avec une jeune collaboratrice (enfin elle doit avoir 30 ans environ, c’est encore jeune non ?) pour soutenir un dossier chez un potentiel client. Dans le train, alors que notre chef comatait sur l’Equipe, on parlait chiffons toutes les deux (j’assume donc le caractère tout à fait genré d’une partie de ma vie vous voyez, le chef est un homme et lit l’Equipe, ses équipes féminines discutent modes & travaux), elle me lâche au cours de la conversation « ah mais c’est bien, toi tu assumes de porter des jupes courtes chez les clients, moi j’ose pas, j’ai trop peur que ça ne fasse pas très crédible ».

Ahem.

#ootd la robe trop courte qui nuirait à ma crédibilité pro :B #sexiiiiisme

(Voici la tenue que je portais le jour en question.)

Alors bon, je lui ai (gentiment) expliqué que la crédibilité professionnelle ne se mesurait pas à l’aune de la longueur des jupes. Enfin je crois pas. Je ne porte pas à la base de jupes (et elles ne sont PAS SI courtes que ça, bordel) comme un étendard de ma féminité (il s’avère accessoirement que j’ai un gros cul et que je trouve peu de pantalons où glisser le mien) ou pour mettre en avant des atours sexués et sexuels, et donc assez peu professionnels. Ce sont des vêtements dans lesquels je suis à l’aise (comme je suis plus confortable en talons que sur du plat) et qui me vont bien (et oui, on peut être féministe et attachée à son apparence). Je n’attends pas ni n’espère qu’on me juge professionnellement sur mon apparence et ma vêture (n’étant ni mannequin mode ni vendeuse chez A&F), et je ne vois pas en quoi une tenue féminine serait un indicateur de ma (non) compétence.

J’entends l’argument selon lequel des professionnelles peu expérimentées se réfugient dans des codes vestimentaires stricts (tailleur pantalon / chignon) pour sembler plus âgées qu’elles ne le sont et se « dé-sexualiser » en quelque sorte (et sans doute de même chez certains hommes, j’ai des collaborateurs qui se laissent pousser la barbe !). Mais penser de soi-même qu’être (relativement) jeune ET femme est un  handicap pour un cadre supérieur est bien déprimant je trouve en  2013. Bien sûr, j’ai aussi témoigné ici des situations sexistes et misogyne auxquelles j’ai été confrontée maintes fois dans ma vie professionnelle, et il est indéniable que mes 13 ans de boutique me donnent une assurance et un sens de la répartie que je n’avais pas il y a quelques années. Mais je me désespère (un peu) quand même qu’avec le temps, les mentalités n’évoluent pas, à commencer par celles des jeunes femmes. Si on part perdantes / discriminées d’avance, on est pas sorties de l’ornière mesdames.

Cas pratique 2 / Avec les enfants

Comme vous le savez, j’ai deux enfants, un gars / une fille (le choix du roi, ahahah). Comme tout 2ème enfant, la Dauphine hérite des nanars de son aîné. Fringues (un peu), jouets et bouquins (beaucoup). Elle me demande de plus en plus de livres « de princesse » (et des déguisements de princesse, et un lit rose pour son bébé, et du maquillage, etc.). Bref, je comprends bien qu’elle a envie de « trucs de fille ». D’ailleurs, le matin je la « maquille » avec moi (= je fais semblant de lui mettre du blush, puisque c’est la seule touche de maquillage que j’aie moi même le temps de m’appliquer 9 fois sur 10) et je la mets en jupe (« comme maman ») quand elle me le demande (environ tous les jours, puisqu’elle me voit en robe tous les jours ou presque en semaine).

Ne voulant pas non plus créer trop de frustration autour de mon refus du rose /des princesses et des paillettes (au secours), je me suis donc mise en chasse de livres avec des personnages féminins héroïques. Donc des princesses éventuellement mais pas des gourdasses. Autant te dire camarade que je m’étais lancée en slip mousseline dans la quête de l’edelweiss en plein hiver … Je suis donc allée dans des magasins d’enfants, et voilà sur quoi je suis tombée ….

A tout moment je hurle #sexiiiiisme !! (Putain de magasins pour enfants)

(Franchement, ça donne pas envie de pousser des cris de loup au fond des bois ?)

A la FNAC ensuite j’ai croisé une charmante vendeuse qui avait l’air d’avoir envie de me faire plaisir.

Pauvre femme, je l’ai rendue chèvre.

Pourtant mon cahier des charges était simple :

– pas de rose / pas de paillettes dans l’iconographie

– pas de niaiserie dans l’histoire et le style de narration

– un personnage principal féminin dégourdi (j’ai pas osé dire « émancipé »)

Hé bien camarades : ON A FAIT CHOU BLANC ! Je crois que le *pire* a été quand elle m’a sorti un très beau livre fait à l’aquarelle, certes sans rose et paillettes, mais ….. racontant l’histoire de « la belle au bois dormant« . Raaaaaah très dégourdi et émancipé comme personnage, parfait oui. Je l’ai regardé en mode « mais t’es con ou t’as rien compris ? » Elle m’a regardée en mode « mais tu es hystérique ou juste cruelle ? » BREF, on s’est pas comprises, et j’ai du gagner la palme de la cliente la plus reloue de sa journée.

J’ai quand même pris deux petits livres (avec des personnages de fillettes qui …. font de la danse en tutu), juste parce que je culpabilisais de l’avoir fait tourner en bourrique dans ses rayons pendant 20 minutes.

Bref, si à l’instar de Sophie, qui publie sa liste de cadeaux à faire pour une féministe vous pouviez me trouver des livres pour fille de féministe, j’en aurais l’usage. Merci <3

PS : le titre est évidemment piqué à Souchon qui a tout dit sur les jupes des filles ….

Quelques instants(gram) de ma semaine #55

Semaine avec plein de confcalls à l’intérieur.

La salle de réunion. Le téléphone. Le PC. La solitude (même avec 14 autres personnes au bout du fil).

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Mot dièse lassitude, parfois.

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Au rang des bad news de la semaine, la bonne Ville de Lyon m’a renvoyé un gentil courrier pour m’informer que l’Héritier, qui avait une dérogation pour accéder à l’école maternelle, se voyait renvoyé à son école de secteur pour son passage au primaire. Il semblerait que le motif de dérogation (une garde partagée rémunérée, toujours laborieusement et coûteusement en place) ne soit pas recevable au primaire. C’est vrai, à 6 ans, on se garde SEUL après 16h30, c’est connu ….

(Et le fait de poursuivre la scolarité dans le même groupe scolaire que celui où il est intégré depuis 3 ans ne rentre absolument pas en ligne de compte, m’a confirmée la dame des services municipaux. Humanisme et pédagogie.)

Je me lance donc dans une nouvelle démarche de dérogation (youhouuuuuu), pour laquelle je n’aurais pas de retour avant …. juillet prochain ! Pratique pour organiser la logistique familiale, la mienne, celle de l’autre famille, et l’emploi à temps plein d’une personne …. Je ne décolère pas. L’administration municipale, au service du citoyen, mon cul.

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Tout cela ne traumatise guère ma progéniture, je vous rassure. Ce sont juste les parents qui trinquent.

(Enfin, soyons précis, le samedi à 7h du matin, c’est plus souvent MOI qui trinque.)

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Samedi matin, je suis allée à la présentation de l’ouvrage ci dessous, 100 sorties cool avec les enfants à Lyon, très bonne initiative pour faire des activités sortant un peu du tryptique parc / ciné / mac do avec ses nains.

Ca vaut 6€ en librairie, et ça vaut la dépense !

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D’ailleurs on a testé dans la foulée quelques activités.

L’initiation à l’escalade, dans un centre situé dans le centre commercial de la Confluence.

Très chouette à partir de 4 ans, et avec des moniteurs FORT SYMPATHIQUES.

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Et le dimanche, en vrais bobos du 7ème, on a testé le brunch child-friendly du Ninkasi Gerland, que je ne connaissais pas, assez bon rapport qualité prix, avec des occupations pour les enfants, et des bières, soit un bonheur quasi complet.

(Oui de la bière au brunch.)

(Team alcooliques.)

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Dans l’intervalle, samedi soir, chouette soirée dans un restau lyonnais avec des blogueurs de gôooche. L’entre soi, ça a du bon aussi parfois !

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Belle semaine les vilains et les vilaines.

A un fil (il paraît)

Mardi soir, quand les pompiers sont arrivés dans l’appartement, on a rigolé, UNE FOIS.

Je tenais la Dauphine dans les bras, qui était impressionnée par la présence de 4 pompiers dans son salon à l’heure du dîner (et moi donc, ah ah). Machinalement, elle faisait tourner une mèche de ses cheveux autour de son index gauche, tandis que l’autre index explorait le fond de sa narine droite, tout en fixant d’un oeil mi inquiet mi intéressé un des pompiers qui était tourné vers nous deux. Gentiment j’ai signalé à ma fille que mettre son doigt dans le nez n’était pas la manière la plus habile de procéder pour plaire aux garçons (quoique, en l’occurrence le pompier lui souriait de toutes ses dents). Elle l’a promptement enlevé …. pour le mettre directement dans sa bouche et le sucer énergiquement …

Le pompier était hilare. (Pour l’apprentissage des méthodes de séduction, on repassera en 2de saison.)

A part ça, on s’est donc moyennement marrés mardi.

Suite à une chute de 2 mètres (il attendait son tour de toboggan en haut de l’échelle, il a glissé / est tombé à la renverse, boum), sur la tête, l’Héritier s’est mis à vomir une heure après. Autant dire, pas TRÈS cool. SOS Médecins nous a renvoyé vers le 15 et les pompiers, qui après examen de la bête à notre domicile, ont décidé de l’emmener à l’hôpital mère enfant de Bron (ce n’est jamais que la 2ème fois en 5 ans de vie que l’Héritier part avec les pompiers là bas). Après avoir confié Miss Crotte de Nez 2011 à ses grands parents, j’ai rallié ce lieu merveilleux que sont les urgences pédiatriques. Celles qui a 22 heures te rappellent, avec la preuve par l’exemple, que la vie est une pute, parfois. Car pour ma part, ayant la chance IMMENSE d’avoir des enfants en bonne santé, j’oublie facilement qu’il en existe des malades, que la vie condamne à la galère dès le plus jeune âge. Sans compter les accidents de la vie, ceux qui te rappellent, avec une grande claque dans la gueule, que nos courtes vies ne tiennent qu’à un fil. Et fragile le dit fil, surtout pour des enfants. Les urgences pédiatriques, c’est donc un petit concentré de souffrance et d’injustice. Souffrance de ceux qui subissent la maladie de plein fouet sans vraiment la comprendre (les enfants) et par ricochet et parfois avec une douleur encore plus grande, celle de l’impuissance (les parents). Injustice de la maladie qui frappe sans motif apparent, de l’accident domestique, bête et imprévisible. Une raison de plus de moyen kiffer les hôpitaux en ce qui me concerne, même si le personnel soignant y est autrement plus humain et attentionné que ce que j’ai pu voir dans les hôpitaux « classiques ».

J’aurais passé 24h sans manger (on nourrit et perfuse l’enfant, mais pas ses parents) (alors oui, JE SAIS, je peux vivre sur mes QUELQUES réserves en l’absence de nourriture pendant 24 h), et quasiment sans dormir (on donne un lit aux enfants, et un siège qui ne s’incline pas au parent qui peut rester à ses côtés), à veiller sur la chair de ma chair, avec cette peur animale au fond du ventre (la peur que l’accident vous prive de lui, qu’il lui arrive le pire, forcément le pire), mais le sourire rassurant et enveloppant aux lèvres, car il s’agit de le réconforter lui, et de garder en soi, bien enfouies, ses craintes de louve. Car finalement, l’Héritier, après avoir vomi 3 ou 4 fois sous nos yeux égarés d’inquiétude (commotion cérébrale, me voilà / traumatisme crânien, coucou), s’est endormi du sommeil du juste dans la salle d’examen. Il a passé le scanner cérébral sans moufter, puisque toujours profondément endormi, et s’est à peine réveillé pendant l’installation de la perfusion, ni pour les X contrôles qui ont suivi pendant la nuit (par contre MOI j’ai tout suivi, et même eu le temps d’écouter 2 podcasts de France Inter entre deux check up). Il s’est réveillé à 8h, guilleret et affamé, et même s’il a fait une grosse sieste avec moi l’après midi, il est en pleine forme. Casses noisettes comme souvent.

Heureux les innocents.

Tout est bien qui finit bien donc, comme dans les contes de fées que l’on lit aux enfants, mais *putain* quelle claque que ce rappel (inattendu) à notre mortalité, et surtout celle de notre progéniture (oui je suis une grande optimiste, quand je dis le pire, j’ai bien pensé AU PIRE pour l’Héritier). Il est certain que j’envisage assez peu sereinement mon passage du côté obscur de la force (en gros, j’ai pas une folle envie de décéder, et n’étant que peu croyante, je ne crois pas – HÉLAS – que l’au-delà me réserve quoi que ce soit de vraiment bandant). Mais là, j’ai touché du doigt et très concrètement que j’envisage ABSOLUMENT PAS celui de mes enfants (ce qui est sans doute assez normal, me ferait remarquer Cap’tain Obvious), et que je serais prête à BEAUCOUP pour que cela ne se produise pas. Et que vraiment, j’espère qu’ils m’enterreront, dans très longtemps, ces saligauds.

En attendant le jour où ils se débarrasseront de leur vieille mère pour toucher le pactole, ces ingrats, je compte bien interdire à l’Héritier (et surtout la Dauphine, qui présente la caractéristique quelque peu angoissante d’être bien plus casse cou que son frangin, somme toute assez prudent) de se hisser à plus de 50 centimètres du plancher des vaches.

Non mais oh.

Quelques instants(gram) de ma semaine #25

Amis du jour bonjour.

Au programme de la semaine dernière : du soleil (à Lyon), de la flotte (à Paris) et des culs (au bal du 14 juillet).

Lundi au soleil, à Lyon <3

Et dès le mardi sous la pluie, à Paris.

Ci dessous, mesurez avec moi l’ampleur du désastre, la vue à la sortie de la station de métro, ligne 1. Certes, au loin l’Arc Triomphe, mais là, à la Défonce, quel rollmops mes amis ….

Comme d’habitude, quand je suis rentrée dans mes pénates lyonnaises le mercredi soir, j’ai loué les petits dieux de la météo d’avoir quitté Paris et sa grisaille en 2003.

Dès jeudi matin, je reprenais la route, cette fois direction le sud, enfin le sud de Lyon, la Haute-Loire.

Le jeudi soir, soirée au Puy en Velay avec deux jeunes collaborateurs. Après un dur labeur, nous avons goûté aux joies de la gastronomie locale. Lentilles vertes et saucisses, arrosées d’un condrieu fameux.

(La stagiaire a grignoté du bout des lèvres une salade du jardin. Dieu que les filles minces sont pénibles. Mais au moins on sait pourquoi elles sont minces.)

Après ce léger souper, j’ai entrepris de faire visiter la vieille ville, histoire de sceller dans les vieilles pierres cette fructueuse collaboration. En montée, tout allait bien. C’est quand il a fallu redescendre (voir 2 photos au dessus) que je me suis rendue compte que marcher sur des pavés moyenâgeux avec des talons de 12 n’était pas l’idée du siècle. La chaussure dérapait, la cheville tremblotait, quand le talon ne se fichait pas entre deux pavés.  J’ai fini la promenade pieds nus, les escarpins à la main, comme Cendrillon après minuit. Ma crédibilité managériale s’est légèrement émoussée je pense. Mais la cathédrale est magnifique.

Vendredi soir, c’était le désormais traditionnel bal des pompiers, à la Caserne de la Madeleine, dans mon arrondissement.

C’était comme d’habitude bruyant, alcooleux, festif et cul nu <3 (et légèrement pluvieux, mais pas si pire, les petits dieux de la météo doivent eux aussi apprécier les lisses cul de nos amis pompiers).

 

 

 

 

 

 

Le reste du WE, nous l’avons passé en terres genevoises. Là aussi, grosse bonne surprise, il ne pleuvait pas ! Au contraire, on a passé entre amis une délicieuse fin de journée avec toute la marmaille aux bains des paquis. C’était la Lake Parade (gay pride locale), la vie était douce, et le lac gelé.

La Dauphine m’a une fois de plus prouvé qu’elle se cognait copieusement de mon éducation féministe, en se précipitant sur une cuisine de BARBIE de couleur ROSE. Je suis au désespoir.

Sachant que côté Héritier, la nuit passée avec une troupe de gonzesses a laissé aussi quelques stigmates …..

On s’émerveille avec cette troupe d’amis de longue date de se retrouver désormais avec quelques nouvelles pièces, les enfants (là sur la photo, il  manque les deux derniers nés), nous qui nous sommes connus étudiants, célibataires, libres et sans attaches. C’est ainsi que va la vie, on ne saurait s’en plaindre, reste qu’il est quand même BON, ce moment où on couche enfin les enfants, et qu’on peut picoler au calme, comme si nous étions encore jeunes et fous 🙂

(Par contre le lendemain, gueule de bois + enfants levés à 8h = 15 ans dans la vue.)

Bonne semaine les affreux.

De la bonne gestion des nains en collectivité vacancière

Coucou me revoilou, je vous manque pas trop les vilains ?

C’est que je suis encore en vacances moi les loulous (allez y, détestez moi, j’ai pris UN MOIS de congés cette année, c’est la fête du slaïpe, c’est sûr, je recommencerais).

Pour bien des familles (mon dieu, j’ai UNE FAMILLE A MOI désormais, ce truc là me paraît incroyable), les vacances d’été sont souvent l’occasion de passer plus de temps avec leur progéniture (joie joie joie). Dans notre cas, nous sommes sans doute UN POIL masos, puisque nous nous coltinons notre marmaille (il paraît que les colonies de vacances, avant 6 ans, c’est pas autorisé, comme c’est dommage) ET celle de nos amis avec lesquels nous partons en vacances depuis plusieurs années (2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010). Les veinards d’amis qu’on a.

(Le reportage photo suivra de manière détaillé quand je serais de retour à la maison, ou pas, dans la mesure où j’ose de moins en moins publier de photos de mon entourage sur ce blog, rapport à différentes susceptibilités familiales et amicales que j’ai exposées ici).

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(Photo 1 : conciliabule initial – 1er soir des vacances collectives – pour mettre en place le programme « actif » de la semaine, genre les sorties, restaus, sports collectifs. Se solde généralement par un : on verra en fonction de la météo / des marées / du saint du jour. Et s’achève très rapidement le jour dit par : « oh il fait beau, et si on allait à la plage ?« )

La Reine Mère a un avis tranché sur les vacances entre amis (la Reine Mère a un avis tranché sur pas mal de choses, je vous l’accorde), et nous regarde avec effarement renouveler l’expérience d’année en année. Elle juge que c’est un plan maxi galère, notamment à cause de la présence des nains qui ont envahi le paysage depuis 2005, plus ou moins bien élevés, et plus ou moins relous à gérer au quotidien. Elle a pas tout à fait tort, et je pourrais même en rajouter quelques lignes au niveau des contraintes. Il y a la gestion du quotidien à 15 bien entendu, les repas, les courses, l’incroyable consommation de papier oua-oua des cohabitants, la logistique de masse sous toutes ses formes, et bien entendu l’insupportable inertie de groupe pour toute sortie qui concerne plus de 2 personnes. Mais il s’avère que le groupe concerné se réunit ainsi depuis plusieurs années, et après tout, vivant tous aux quatre coins de la France, on est tous heureux (je crois) de TOUT partager pendant une petite semaine par an.

Cette année donc, 5 couples (dont 2 sans enfants), et 3 avec (2 avec deux modèles et 1 avec un seul) se sont réunis à Ciboure-St Jean de Luz (j’y reviendrais dans une autre note, c’est top ce coin, bien mieux que les Landes à mon sens). L’année dernière, il y en avait juste un de moins (d’enfant), donc ça n’a pas lourdement modifié l’équilibre. Pour autant, en lisant cet article hilarant sur la gestion des nains sur les trajets en voiture, je me suis dit que je pourrais me fendre d’un petit équivalent sur quelques principes et usages pour rendre vivable la présence de nains lors de vacances entre amis.

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(Photo 2 : Tata Marjo et nos 5 nains au petit matin (8h30, oui, c’est le petit matin), en train de participer à « un temps calme » pour préserver le sommeil des couples sans enfants et celui des deux parents qui a eu le droit de rester à ronquer un peu plus longtemps. Ce temps a duré celui de prendre la photo, bien évidemment.)

Le principe de base pour des vacances entre amis réussies, à mon sens, c’est que chaque couple gère ses nains, notamment aux moments stratégiques de la journée (repas, douche, coucher), même si le groupe permet de mutualiser quelques étapes ou moments de vie (la lecture le soir, quelques douches pour les plus grands, des jeux et promenades). C’est d’autant plus crucial que s’il y a bien un sujet sur lequel il est très facile de se mettre sur la tronche entre amis (hors le conflit israélo-palestien, l’entrée de la Turquie dans l’Europe et les vertus comparées de la levrette et de la brouette thaïlandaise, cherchez le fake), c’est l’ELEVAGE des NAINS. Moi la première, je supporte assez mal qu’on vienne me faire la morale (le parent, surtout débutant, est susceptible). Heureusement, dans mon cas, je suis une sale bête arrogante, et avant de me convaincre que je fais quelque chose de MAL avec mes enfants, faut se lever tôt. Mauvaise mère ET persuadée de bien faire. La pire engeance. Mais qui permet d’écouter toute préconisation parentale (y compris parfois celles de la Reine Mère, qui ne s’en prive pas) avec un sourire vaguement sardonique (« cause toujours tu m’intéresse ») mais poli.

Bien sûr, vivant en proximité / promiscuité pendant plusieurs jours lors de vacances entre amis, les principaux « axes éducatifs » (soit quelques principes de survie pour les nourrir, torcher, laver, faire dormir, jouer) de vos amis vous sautent rapidement à la figure. Et là, il faut savoir se mordre l’intérieur des joues pour ne pas mettre son grain de sel ou donner son avis sur telle ou telle pratique éducative (en tous cas, pour ma grande gueule et moi, c’est dur), parce que l’on sait soi même que l’on est pas très friand de la réciproque (voir paragraphe au dessus).

Je vous donne (par ordre décroissant d’importance) le TOP 3 des trucs sur lesquels il faut s’abstenir de polémiquer avec ses potes. Polémiquer signifiant en discuter, mais aussi agir vis à vis de leurs nains dans un sens différent de leurs préceptes.

(Je précise à toutes fins utiles que ce qui suit n’est pas seulement tiré de l’expérience des deux semaines écoulées, mais bien d’observations plus anciennes et globales sur la question. Je tiens aux vacances 2012 => on les a prévues SANS ENFANTS.)

:: l’alimentation des nains et ça à tous les âges (l’usage de petits pots, les produits industriels, le Nutella, le Coca, la junk food versus le Baby Cook, le bio, le fait maison, etc.). Terrain SUPER miné, et qui revient naturellement sur le tapis au moins 4 fois par jour (pour chaque repas quoi).

Principe salvateur : chaque parent gère le repas de son nain, au moins en ce qui concerne la composition des produits à ingérer. Et se DEMERDE pour camoufler les mets qu’il ne veut pas le voir porter en bouche. Après, je souhaite bon courage aux parents qui veulent priver un enfant de gaufre au Nutella pendant que deux autres se baffrent de la dite gaufre. Mais là dessus, chacun sa merde hein.

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(Photo 3 et 4 : en matière alimentaire, je vous laisse constater de quel côté on se place de par chez nous => les laxistes hédonistes. Le grand mange de tout, et surtout ce qu’il aime. La petite a crachouillé mes purées maison, et engloutit donc des petits pots industriels avec joie. Les enfants sont ingrats.)

Un conseil bonus : si tu donnes un aliment prohibé à un nain qui n’est pas le tien, vérifie bien que les parents ne sont pas dans le coin, et que le nain n’a pas encore la maîtrise suffisante du langage pour cafter. Exemple : « tiens loulou, tata Sasa elle te donne 3 chipsters, mais surtout tu diras rien à ton papa hein ? » => vous pouvez être certain que si le nain est doué de parole, il ira mâchouiller son gras de saucisson DEVANT son père en chuintant « c’est tata Sasa qui me l’a donné le bon saucisson« . Saleté de gosse.

Private joke : penser aussi aux allergies de l’enfant avant de lui laisser enfourner les Curly A LA CACAHUETE.

:: l’usage de la répression / punition / fessée sur les nains, et de manière générale de la contrainte sur le nain récalcitrant. Là aussi, autant vous dire que y’a moyen de ne pas s’entendre entre parents maltraitants. Partant du principe ELEMENTAIRE qu’on ne tape JAMAIS sur le nain des autres, même quand on en a TRES ENVIE (et c’est bien connu, on supporte bien mieux sa progéniture que celle des autres, la nature est bien faite). Et on évite aussi de lui crier dessus en présence de ses parents, ces derniers apprécient peu (genre puisque tu ne gères pas ton môme imbuvable, je vais le sermonner moi directement).

Après, c’est un doux plaisir, avouons-le, de voir TOUS les parents galérer avec leur gosse désobéissant, arrogant et insolent, à toute heure du jour et de la nuit. Après il y a plusieurs écoles, qui a mon sens se respectent toutes (les non violentes, les punitives, les humiliantes, les percutantes, les relativement violentes mais sans coup apparent). Toutefois, en collectivité, il faut parfois apprendre à accélérer le processus « connerie observée du nain / avertissement / 2ème avertissement / … / 8ème connerie / gueulante à distance le pastis à la main / 12ème connerie / sanction / hurlements à la mort du nain / bouderie / réconciliation« .

Parce que vous avez l’habitude d’entendre votre rejeton hululer à la mort parce qu’il veut un 3ème dessin animé de Sam Sam (après 8 Barbapapa et 5 Cars). Mais le quotient de tolérance à la nuisance sonore que représente votre gamin est proche du niveau de la mer pour vos amis, et parmi eux ceux n’ayant pas d’enfant carrément au niveau de la cave (là où vont les mioches qui font trop de bruit). Nous par exemple supportons sans broncher (voire sans remarquer) 20 minutes de jérémiades de l’Héritier. C’est un temps infiniment long pour qui n’a pas enfanté, il faut le savoir, et en tirer quelques conséquences en collectivité : on punit finalement plus et plus vite en collectivité, sinon c’est la chienlit, toujours un nain qui réclame un truc, et vous pouvez être certains que les potes célibataires ne reviendront plus (après c’est une méthode d’éviction qui se défend).

Par ailleurs, autre point qui a son importance en matière de sanction en collectivité : la justice. Rien de sert de punir son rejeton suite au constat d’une connerie si son comparse en sort indemne. Sachant que quand les nains sont plus de un, ils s’entraînent mutuellement pour faire encore plus de conneries, c’est une forme de cercle peu vertueux. Donc si le parent d’à côté punit son nain, on en fera de même avec le sien, au lieu de glousser bêtement, parce que la dite connerie nous faisait plutôt marrer en fait (« naaan mon chéri, c’était VRAIMENT pas gentil de réveiller le bébé en hurlant à 3 cm de ses oreilles pour voir s’il entendait bien« ).

Enfin, on évitera toute discussion (forcément polémique) sur les mérites de l’éducation non violente par rapport aux fesseurs rétrogrades, encore un des doux préceptes du maternage et de la parentalité moderne (j’espère qu’aucun community manager ne va donner cette fois cette note en pâture à ses maternantes vagissantes, sinon je réponds de rien).

Perso, je fais partie de la seconde école (la rétrograde qui fesse), partant du principe qu’une fessée peut faire partie de l’arsenal éducatif (au même titre que la punition, le coin, etc.), pour autant qu’elle ne devienne pas systématique (c’est à dire quotidienne) et visant à calmer son propre énervement (95% des fessées données). Rien ne me gonfle plus que ceux qui viennent me chercher là dessus (idem sur la malbouffe avec laquelle j’intoxique mes nains, l’allaitement après 6 mois, les couches lavables, etc.). Qu’on veuille me prouver que les enfants non fessés deviennent prix Nobel m’en touche une sans faire bouger l’autre (je me remettrai bien que mon fils ne le soit pas, par contre qu’il me pourrisse la vie pendant 25 ans est un problème). Et ne parlons pas de l’argument que l’on ne se frappe pas entre adultes. Ulcération assurée.

:: les pratiques liées au sommeil (sieste obligatoire ou pas, tolérance sur l’heure du coucher, gestion des doudous et tétines de tout poil, heure de levé, etc.). Alors là aussi, gros point délicat de cogestion entre amis le sommeil. Parce que veinards nullipares, sachez apprécier et savourer chaque nuit silencieuse, chaque grasse matinée étirée jusqu’à l’après midi. Une fois devenu parent, la denrée la plus rare de ta vie devient  le sexe régulier le sommeil réparateur (pour pas mal de parents, si tu leur donne le choix entre une folle nuit d’amour et une grasse matinée, c’est vite choisi …). Certains sont vernis, et sont équipés du modèle (TRES RARE) de nain qui dort 12 heures la nuit d’affilée, 2 heures après le déjeuner, et ne rechigne pas à aller se coucher le soir après un cérémonial immuable ET interminable (celui de l’Héritier dure 35 minutes en moyenne, c’est horrib’). Pour les autres (95% des familles), c’est la looze. Souvent ceux qui dorment bien la nuit refusent la sieste, certains se réveillent la nuit (pour demander à pisser, boire, qui faisait ce bruit affreux sous son lit, ou juste pour le plaisir de hurler comme un putois au nom d’une terreur nocturne qui pour le coup terrorise toute la maisonnée), peinent à se coucher et / ou se lèvent systématiquement aux aurores, quelque soit l’heure du coucher.

En collectivité, le plus grand risque est donc un alignement sur le plus petit dénominateur commun : pas de sieste ou presque, coucher tardif, lever matutinal, réveil en sursaut la nuit, le cauchemar à tous les étages. Là aussi, après quelques errements (faire dormir tous les nains dans la même piaule, grossière erreur), la règle est là aussi immuable : chaque couple garde ses nains dans sa piaule. Et gère les aléas du sommeil de sa progéniture en direct. Autant dire que partant de ce principe là 1/ tu niques pas 2/ tu ne te reposes pas. Mais en même temps, les vacances entre amis, c’est pas fait pour ça hein.

Forts de notre expérience et de tout ce savoir vivre accumulé au fil des ans, nous avons passé de bonnes vacances entre amis au Pays Basque. A chaque année suffit sa peine, je n’ose penser au futur, quand nos enfants seront devenus des ados imbuvables, à qui il faudra mettre un coup de pied au cul pour leur faire bouger le dit cul plus de 2 heures par jour, tout en veillant à ce qu’ils ne se reproduisent pas entre eux. Car je ne suis pas prête à devenir la belle doche de mes potes. (T’imagines le truc ?)

En attendant, parmi les meilleurs moments de sa vie de nain de presque 4 ans, je pense que l’on se souviendra de l’Héritier au bord de la mer. On lui racontera comment, lorsqu’il avait envie de pisser, au lieu de se camoufler dans l’eau ou derrière un rocher comme un enfant modèle, il se plantait tout au bord de l’eau, tel un Manneken Pis basque (fier et droit), baissait son slip de bain Barbapapa, et pissait dans la mer, les deux jambes bien plantées dans le sable et la bistouquette de compète tenue à deux mains (au cas où il s’envolerait, le zizi). Les autres parents exemplaires roulaient des yeux effarés / consternés, nos potes et nous, ça nous faisait bien marrer.

Pourquoi ?

Dans un de ses posts, Valérie interroge la maternitude et la paternitude. Elle a raison de poser la question. Pourquoi interrogerait on toujours ceux qui ne veulent pas en faire. Pourquoi fait on des enfants ? (car 90% des femmes en font.)

Dans la soirée d’hier, alors que l’Epoux et moi épongions le vomi de l’Héritier (qui est donc vraiment très allergique aux desserts maghrébins plein d’arachides, on l’aura BIEN BIEN compris maintenant), pas certain que la réponse aurait été très avenante. Après, c’est une question difficile, ambivalente, pas évidente du tout. Y’en a même qui en font un blog. Pour ma part, je trouve la question d’autant plus intéressante, que je n’aime pas les enfants, et n’en ai pas voulu, spontanément, ardamment, depuis mes 8 ans. Je connais bien les gnomes. Déjà j’ai une soeur et un frère. J’ai un père prof et une mère instit, ça causait (et cause) souvent éducation et pédagogie à la maison. Et j’ai été animatrice en colonie de vacances, donc je m’en suis cognée des gosses, par wagons de 12. Les bébés, j’ai toujours trouvé ça mignon certes, mais je sais aussi que ce sont surtout des réservoirs infinis à caca et à vomi (et j’en ai eu la confirmation). Bref, aucun gâtisme de ma part, et aucun instinct de reproduction ou maternel. Que dalle de ce côté là. Donc quoi ?

1. Un conformisme

Soyons lucides. Je suis un enfant ainé, je suis donc très souvent dans le conformisme vis-à-vis des attentes de mes parents. Si si, testez sur vous / autour de vous, les enfants ainés sont souvent bien plus soucieux de répondre aux ardentes attentes de leurs parents que les suivants dans la fratrie. J’ai donc accompli un parcours de vie jusqu’à présent très proche de celui que des parents « normalistes » peuvent souhaiter pour leur progéniture : une enfance riante / une adolescence pas trop tapageuse / des études pas trop honteuses et raisonnablement longues / un travail à la sortie / une vie amoureuse accomplie et fructueuse / des enfants (Dieu que ma vie semble CHIANTE décrite comme cela, heureusement qu’on a mis deux ou trois de grains de sable dans les rouages hein). Et j’ai donc conscience que mon parcours de vie correspond en grande partie au souci que j’ai eu de ne pas décevoir ou de satisfaire des parents auxquels je suis très attachée.

Autre forme de conformisme, je suis issue d’une fratrie de 3 enfants, et j’ai vécu des années heureuses dans une famille où les parents étaient visiblement épanouis de vivre une vie de famille (ou alors faisaient bien semblant), et j’ai toujours été contente d’avoir des frères et soeurs, même s’il y a eu des phases de la vie où leur poids / leur présence était plus ou moins important ou encombrant. Alors il est naturel je crois que dans mon chemin de vie, celui de fonder une famille me soit apparu attractif, puisque mon vécu m’a toujours renvoyé une image positive des valeurs, des principes et de la « pratique » de la vie de famille. Je peux donc comprendre que des enfants de couples divorcés (au mieux) ou de parents malheureux ou maltraitants (au pire) aient une toute autre vision de l’enfantement et de la vie qui en suit. Par contre, j’ai eu une mère qui a passé beaucoup d’années au foyer, et qui m’a bien avertie contre les risques de cette configuration, et m’a toujours poussé à me hisser à hauteur d’homme, et me donner les moyens de défendre mon indépendance.

2. Un choix de vie … et un peu de chance

J’ai la grande chance (ou me suis donnée les moyens, on peut voir ça comme ça aussi, en toute modestie) de ne pas subir ma vie. Du moins pas complètement. Ce que je suis et ce que je fais (hors les déterminismes et conformismes que j’ai abordés juste avant) sont le fait de mon action … ou de mon inaction bien entendu. J’ai eu l’occasion de vivre en couple pendant plusieurs années, sans enfant, et sans que cela ne me manque. Ce sont des années que j’ai vécues avec bonheur (autonomie financière, sorties, démarrage d’une vie professionnelle avec salaire confortable, vacances, amis, …), et j’aurais pu continuer ainsi. MAIS, quand on commence à avancer dans la vie, dans un parcours personnel, qu’on commence à prendre la mesure du temps, et du temps qui passe (personnellement, j’ai vraiment pris conscience du temps, de la rapidité de son écoulement, et de ma propre finitude à 23 ans), on fait inévitablement le point sur les expériences que l’on veut vivre, et celles que l’on va laisser de côté, abandonner ou éviter. Pour ma part, à 23 ans, j’avais fini mes études, je commençais à travailler, j’avais un amoureux depuis déjà 5 ans, je vivais bien (matériellement et affectivement) mais j’ai eu un vrai questionnement sur ce qu’est une vie et ce que l’on peut / veut en faire. La première décision a été de quitter Paris. D’autres décisions ont découlé, plus ou moins conscientes ou volontaires, car je ne suis pas seule, et j’ai eu aussi la chance d’être avec quelqu’un qui partageait une vision / des valeurs proches des miennes. Faire des enfants a donc été une étape de ce chemin que l’on faisait ensemble, des expériences que l’on voulait avoir de cette vie terrestre. C’est pas tout de penser que l’enfantement et la famille font partie des expériences dont on a envie de goûter. Faut il encore trouver celui avec qui on la partagera. J’ai cette chance infinie.

3. Un épanouissement narcissique

J’ai donc fait le choix, et j’ai pu le réaliser sans trop de difficulté (techniquement parlant), d’avoir un enfant. Et puis deux maintenant. Pour autant, ça n’a pas modifié ma vision : je n’aime pas les enfants, de manière générique. J’aime les miens, ceux des autres sont toujours aussi relous et inintéressants à mes yeux (à quelques exceptions près). Par contre, je découvre dans le fait d’avoir des enfants un épanouissement très particulier, que je n’ai pas expérimenté ailleurs. Je ne sais pas si le qualifier de narcissique est approprié (dans le billet de Valérie, certains parlent d’effet miroir, ça doit être le plus approchant), mais en tous cas, fonder sa famille, avoir des enfants à soi, c’est construire une entité collective à façon (au sens façonnée). Et ça c’est cool. C’est donc assez narcissique, car cela permet de partager ta vie avec des personnes que tu as choisies (ton mec) et d’autres qui t’aiment et te ressemblent (tes enfants) (oui ton mec aussi t’aime). Et si on s’enrichit des différences, quand on a un minimum de narcissisme en soi (au sens positif du terme : confiance en soi et ce que l’on est), on a beaucoup de plaisir à vivre cette expérience unique, celle de fabriquer et faire grandir des petits d’hommes en les accompagnant et redécouvrant avec eux les menus plaisirs et aventures de nos vies humaines.

Qui un jour se barreront en  claquant la porte en vous traitant de vieille peau. Les petits cons.

Ambiance à l’africaine

Non, l’ambiance est pas vraiment à l’africaine à la maison.

Avec un nourrisson qui passe à dormir les heures où il n’est pas en train de manger, c’est plutôt cocon feutré au niveau de la musicalité. J’aime bien à vrai dire. Déjà je suis chez moi, après 3 mois de travaux, et même s’il reste encore (beaucoup un peu) de rangement à faire, c’est déjà cool d’être chez soi. Enfin en l’occurrence un chez soi qui a pas mal évolué (faudra que je fasse une séance photo avant après à la Valérie Damidot tiens …), et dans lequel il faut trouver ses marques. La découverte du nourrisson, si elle est totalement inintéressante d’un point de vue narratif pour qui n’est pas un minimum concerné par la chose, est un vrai régal pour moi. Je me repais de ma fille, à observer ses traits (fins), ses mimiques d’éveil et de sommeil, de plénitude (après avoir mangé) et de mécontentement (avant d’avoir mangé), à caresser ses joues rondes et lisses, à renifler son cou, ses plis, ses cheveux (abondants, comme vous l’aurez remarqué). Je retrouve les émerveillements béats et gâteux d’il y a trois ans, notamment ce plaisir de la voir chaque jour changer et grandir, être un peu plus éveillée au monde. Là, le truc TROP CHOU du moment, c’est de voir sa trombine spéciale Christophe Lambert. A savoir un air pénétré, sourcils froncés, oeil sombre, étrangement ressemblant avec les meilleures mimiques simiesques du mec à Sophie Marceau période Greystoke, et qu’elle adopte systématiquement … quand elle est en train de couler un bronze ….

(Oui j’illustre mon billet avec une photo de Lambert plutôt que de la Dauphine en situation, c’est au cas où elle me ferait un procès dans 15 / 20 ans. Par contre, si vous voulez voir de belles photos d’elle, enfin au moins une, Hélène a encore sévi récemment … :))

Le truc moins chou, c’est la gestion de l’aîné, qui a désormais quelques signes latents et bien pénibles à gérer de jalousie (caprices, crises de larmes, mauvaise humeur, insolence et désobéissance, j’en passe). Il faut que de mon côté je sois capable de faire la part des choses. Car certes il y a l’émerveillement lié au nouveau bébé, à côté duquel le « vieux » bébé perd en charme et en mignonitude, mais que je ne dois pas lui faire payer non plus. Pas évident à vrai dire de gérer au quotidien ces contrastes et contraintes, que nous soyons en période de vacances scolaires n’a pas aidé non plus. Il est plus souvent à la maison, et il voit que sa sa mère (malgré ses efforts) s’occupe moins de lui, a des regards énamourés pour une autre que lui. Ca l’énerve, ça doit sans doute le chagriner. Je suis donc partagée en permanence entre exaspération (face à ses gestes brutaux, ses colères et caprices) et l’attendrissement (avec l’envie de le prendre dans les bras et de lui murmurer tout bas qu’il sera toujours mon premier bébé, ce que je fais quand je vais le voir la nuit).

Voilà pour la note d’ambiance familiale et maternante.

Entre les gagateries à la seconde et les sanctions éducatives au premier (« tu ne verras pas de dessins animés, fallait pas enfoncer tes doigts (sales) dans les orbites (fragiles) de la petite soeur« ), tout doucement, le « reste » de la vie reprend ses droits. Je repense au boulot (enfin plus précisément aux solutions pour y retourner le plus tard possible), aux fringues (puisque dès que je n’allaiterais plus je pourrais m’habiller à peu près normalement, rapport au fait qu’il semblerait que mes 10 kilos pris pendant la grossesse se soient déjà évaporés), aux copines (j’ai réussi à faire une 1ère sortie nocturne avec la petite en écharpe), aux vacances (de printemps, d’été, j’en VEUX plein). Et quand au détour d’un zapping un peu mou je tombe sur la dernière chanson de Magic System, je me prends à rêver et me souvenir de cette (autre) vie où je bois des mojitos en secouant mon derrière (d’africaine) sur des musiques syncopées. Pour bientôt. Mais pas trop vite.

Carpe Diem.


Magic System – Ambiance à l’africaine par EMI_Music

Un tartare de Benjamin Biolay pour la 13 !

Les enfants, quand ils se mettent à prendre la parole (et qu’ils savent VRAIMENT parler), c’est à la fois un régal et un pensum.

Un régal parce qu’après 2 ans de « areuuh / adadada / bleuuuh bleuuuh bleuuuuuh », tu peux enfin avoir une conversation quasi civilisée avec ton gnôme. Ca change beaucoup de choses. Déjà, tu peux essayer de lui soutirer quelques infos sur les journées qu’il passe sans toi (bon, c’est souvent peine perdue, mais au moins y’a interaction). Mais surtout, c’est alors que tu réalises que ce petit être, au-delà de la ressemblance physique (qui dans notre cas, m’a je pense beaucoup aidée à devenir SA mère, vu qu’à la base j’ai un peu l’instinct maternel d’un écrou), et même avant 3 ans, prend aussi tes traits de caractère (bon, avouons que ce n’est pas qu’une bonne nouvelle, qu’il aie le même caractère entier de merde que moi).

Un pensum, parce qu’il faut le savoir, un enfant qui cause, c’est surtout un enfant qui TE POSE DES QUESTIONS. Plein. Tout le temps. Et souvent les mêmes.Parce qu’il a une mémoire de poisson rouge, le saligaud. Ou plus précisement, c’est un être extrêmement routinier, qui adore répéter les choses, les refaire avec le plaisir qu’elles se déroulent à chaque fois selon le même RITUEL.

Des domestiques. « On mange quoi ? » / ‘Il est où mon livre Star Wars » / « Est ce que je peux mettre mon pull Star Wars ? » / « Est ce que tu peux me réparer mon vaisseau Star Wars ? »

Des relous. « C’est quand que tu seras mort ? » (elle revient souvent celle là) / « Et pourquoi elle est moche / vieille Untelle ? » (la teuhon)

Des compliquées.  « Et pourquoi l’hiver c’est avant le printemps ? » (1/4 d’heure merdique à lui expliquer le cycle des saisons) / « Et quand le soleil se couche il va où ? » (la tentation est grande de répondre « dans ton cul », mais c’est mal) / « Et la lune pourquoi elle est toute petite et des fois très grosse ? » (je vous raconte pas comment je galère avec tous les cycles, les histoires de planètes, satellites et consorts).

Et puis beaucoup de questions sur le vocabulaire, le sens des mots. Je mets un point d’honneur à répondre correctement à toutes celles là, parce que je me dis que c’est comme ça qu’il va enrichir sa langue, et si possible d’autre chose que les noms des droïdes et autres personnages hirsutes de Star Wars (non, j’en veux pas DU TOUT à l’Epoux de lui avoir bourré le crâne avec ça …). C’est ainsi que l’autre jour il me demande « Maman, c’est quoi du tartare ?« . Et moi de me lancer sur une explication sur le double sens de tartare, la viande crue préparée, et la sauce pour manger la viande, celle qu’il aime bien, avec des morceaux de cornichon dedans. Il a l’air satisfait de l’explication.Bien bien.

Quelques temps après, dans la voiture, il me demande si je peux lui mettre « la chanson du tartare« . Gros moment de solitude. Quelle chanson du tartare mon chéri ? Dans la mesure où dans la voiture tourne en boucle l’album de Benjamin Biolay, La Superbe, je vois pas trop où il est question de tartare, en sauce ou mi cuit …

Las, on a fini par la retrouver, « la chanson du tartare« .

Benjamin BIOLAY – La superbe – Si tu suis mon regard (la n6)

Effectivement. A la 48ème seconde, Benjamin dit « des gens qui partent TARD TARD au bord de la route« . Et le couplet est répété plusieurs fois dans la chanson.

Bordel à queues. Quand j’ai compris la méprise, je me suis d’abord pissée de rire dessus.

Mais maintenant, comment je rattrape le coup pour lui expliquer que non, les tartares ne se croisent habituellement pas en bord de route ?

Phallocratie ordinaire (2)

Bordel de couille, moi qui veut élever l’Héritier en féministe, je sens que je ne suis pas au bout de mes peines.

La preuve par l’exemple ce soir.

Entre la poire et le fromage (entre le petit filou et le biberon pour être précis), il me demande : « Dis Maman, pourquoi Barpapa il est rose ? » (sachant que 30 minutes avant il m’avait demandé comment son père l’avons fabriqué, ce qui était autrement plus simple comme question, ah ah. 3 ans le saligaud, j’vous jure).

GROS BLANC.

(Pour ceux qui sont nés après 1980 et qui n’ont pas la CHANCE d’avoir d’enfants, Barbapapa c’est le GROS ROSE à gauche donc.)

Me voyant désemparée, il évoque une piste « Peut être parce que c’est une fille ? »

Là, je tique. « Et pourquoi ça serait une fille ? Puisque c’est un BarbaPAPA. »

Et lui, avant de me tourner les talons, méprisant « Ben parce que le rose, c’est pour les filles, pffff. »

Voilà, 3 années d’éducation féministe foulées au pied en 2 minutes.

BLASEE.

Fils d’alcoolique.

Après le coup des poils de couilles assortis à ma cascadante chevelure brune, je crains que tout espoir de vous faire encore rire cette semaine soit d’avance voué à l’échec. Quoique.

Et puis après tout, comme j’ai déjà perdu quasiment 1.000 places au classement Wikio (3.068ème place au général ce mois ci contre 2.224ème en juillet, 831ème au « Divers »), sans que mes statistiques de fréquentation aient bougé d’un poil (de couille ?) manquerait plus que je gratte pour l’audience tiens.

L’histoire du jour donc.

Hier, j’ai testé un nouveau trajet (en bus) pour ramener l’Héritier de chez la nounou. Faut dire qu’à 18 h 30, essayer de faire marcher sur 1 km un gosse de 3 ans, ça relève tout de même de la gageure. Il est généralement crevé de sa journée (et toi aussi, mais ça il s’en cogne assez gravement), et il n’a qu’une envie, se faire porter. Vazy ma grande, trimbale donc à bout de bras le streumon de 16 kg sur 1 km de long. D’où l’idée lumineuse du bus.

On trottine donc gentiment jusqu’à l’arrêt du bus, en essayant vaguement de se faire raconter la journée qui vient de s’écouler (fume, c ‘est du belge). Evidemment, le nain qui vous sert de fils ayant de toutes petites jambes (malgré un bon 28 de pointure !), le dit bus te passe sous le nez. Qu’à cela ne tienne, on attend le suivant, posés sous l’abribus. Qui tout doucement, se remplit.

On doit bien être une demi-douzaine à patienter là dessous (principalement des mémères à chien-chien, qui ont tout comme toi la flemme de marcher 1/4 d’heure) quand l’Héritier avise les panneaux publicitaires qui se déroulent sous l’abribus.

1. Une affiche pour rouge à lèvres avec Vanessa Paradis.

2. Une affiche avec une executive woman, pour une marque de fringues quelconque.

3. Une affiche pour la promotion d’un rhum, avec en photo la bouteille + un verre de ce qui pourrait être un mojito.

L’Héritier commente les images qui défilent, histoire de passer le temps. « Oh on dirait maman » (affiche 2, pas la 1, hein), il est mignon ce petit (un peu bigleux, mais mignon, je dois peser environ le double du mannequin famélique qui pose sur la photo). Désignant le verre de rhum, il me demande « c’est quoi ça ? », et moi de lui répondre « c’est de l’alcool, c’est pas pour les enfants« , et lui d’acquieser « oui, c’est pas bon l’alcool, pouah » (moi aussi, j’ai du dire ça, au même âge, sûrement). Les mamies réunies avec moi sous l’abribus opinent du chef, cet enfant est un outil d’intégration sociale formidable, me dis-je alors.

Las, alors que l’affiche pour le rhum défile pour la énième fois, cette saleté de gosse se tourne vers moi (et la brochette de mamies gâteau), comme s’il venait d’être soudainement illuminé par une pensée sublime. Il balance alors, en montrant du doigt le verre de mojito « ah oui, ça je connais, c’est l’apéro que maman elle aime beaucoup ».

Ouin.

(C’est pas faux.)

Je viens de perdre 40 points de crédibilité maternelle auprès des mémés. Blacklistés pour le bus 47 nous sommes (pourtant, il est bien pratique).

Autant vous dire que dorénavant, le kilomètre de retour, il va se le manger à pied le môme, avec sa mère alcoolo à ses côtés. Non mais.