Quelques instants(gram) de ma semaine #39

Petite semaine tranquille, avec deux journées parisiennes bien remplies, de bien beaux collants (comme d’habitude j’ai envie de dire), un pestacle rigolo, un anniversaire et deux (toujours) beaux enfants …

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(Ui, je sais, semaine minimaliste en termes de commentaires de ma part, mais qui sait, cette semaine je réussirais peut être à écrire un ARTICLE entier ! Fête !)

Bonne semaine les affreux !

La mère de Jamel Debbouze me semble être une personne clairvoyante (elle).

Jamel Debbouze donne une très chouette interview dans le Télérama de cette semaine.

Comme souvent, il parle de ses origines, familiales, amicales, de sa jeunesse en banlieue, les galères (manque de thune, discrimination …) et aujourd’hui du décalage qu’il vit entre cette extraction modeste et les milieux auxquels le succès, la célébrité et le mariage l’ont fait accéder.

Dans son précédent spectacle, que j’avais vu il y a quelques années (7 ans, la vache, déjà), il y parlait déjà beaucoup de sa mère. Sa mère qui me paraît être une personne clairvoyante. Notamment concernant Sarkozy.

Ma mère a une idée intéressante sur lui (Sarkozy) : selon elle, tous ses tics physiques viennent de ce que son corps, lui, connait la vérité ….

(Pertinente théorie, effectivement.)

A l’instar de ce que je peux vivre dans ma propre famille (dans une version nettement plus argentée), je suis toujours frappée de constater dans ces familles issues de l’immigration maghrébine le poids et l’importance des mères dans l’éducation et la construction sociale des enfants. Ce modèle est très prégnant chez moi (de par mon héritage), même si j’essaie de le battre en brèche au fur et à mesure que je construis ma propre famille. C’est à dire que j’essaie de me convaincre que la réussite de l’éducation de mon enfant ne dépend pas essentiellement de moi. Oué je sais, je suis d’une grande prétention …

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(L’Héritier – toujours en mode casses burnes ascendant capricieux ces temps ci – nous a inventé un nouveau rituel du soir. C’est un homme de rituels, d’habitudes chronométrées et incontournables, c’est assez affreux au quotidien, car si tu es dans l’incapacité matérielle d’assurer l’un des éléments du rituel, c’est le drame. Donc maintenant, après le dessin animé du soir assorti du biberon « que c’est toi qui donne » et avant d’aller se laver les dents / faire pipi / raconter l’histoire / se mettre au lit / remonter la boîte à musique / allumer la veilleuse / donner à boire / mettre le biberon d’eau à la tête du lit / faire un bisou ET une caresse, il faut qu’on se prenne en photo tous les deux. Entre la fin du dessin animé et le moment où je quitte définitivement sa piaule, il se passe facilement 15 à 20 minutes.)

Il y a quelques semaines, il y avait un débat radio sur le sexisme, auquel participait Vincent Cespedes (coucou toi), Clémentine Autain (que j’aime beaucoup) et Natacha Polony (que je ne connaissais pas, mais que j’ai trouvée assez désagréable pendant la discussion). Comme d’habitude, les gonzesses se foutaient sur la tronche, donnant une fois encore une belle image du féminisme rassemblé 🙂 A un moment, l’une des deux se fait conspuer par l’autre parce qu’elle laisse entendre qu’en gros, si les mecs sont toujours aussi sexistes, c’est parce qu’ils sont mal éduqués …. par leurs mères. En gros, nous les mères, introduisons nous mêmes le ver dans le fruit (de nos entrailles), en éduquant mal nos garçons aux préceptes de l’égalité entre les hommes et les femmes, car nous sommes conditionnées (par nos propres mères, c’est sans fin). Sa contradictrice lui répliquait « mais quid de la place du père dans l’éducation de l’enfant, garçon ou fille ? ».

C’est à ce stade du débat que je me suis trouvée mise face à mes propres contradictions. J’ai beau m’affirmer comme féministe, vouloir et réclamer bruyamment l’égalité entre les hommes et les femmes, MOI AUSSI, j’ai cette croyance profondément enfouie en moi, que dans l’éducation, la mère compte plus que le père, notamment dans les premières années de l’enfant (on va dire les 15 premières années, par référence à mon propre héritage et ma propre perception de leur influence respective sur la personne adulte que je suis devenue). Je ne dis pas que le père ne joue pas un rôle éducatif, qu’il est absent, et je ne le veux pas non plus. Je reste juste persuadée (de manière assez irrationnelle) que c’est de la mère dont dépend l’équilibre psychique et affectif de l’enfant, et pour grande partie son éducation et sa socialisation. C’est évidemment d’une grande vanité, j’en ai conscience, et plutôt réducteur pour le père (et c’est à ce titre là que je lutte contre ce penchant) mais aussi, comme dans la situation actuelle où l’enfant passe par des phases plus difficiles (où il est relou grave quoi), un grand sentiment de culpabilité, assez difficile à gérer.

Si vous ajoutez au tableau le poids des mes hormones en folie, ma disponibilité temporelle et intellectuelle subséquente au congé maternité, je vous laisse imaginer quelle mère affreuse je dois être actuellement.

Au foyer.

Voilà, c’est ça le souci.

Pour l’équilibre de mon / mes enfant(s), mieux vaut que je n’aie pas TOUT mon temps à leur consacrer, ça ne réussit à personne.

(En même temps, c’est pas comme si c’était la première fois que ce constat m’effleurait.)