Eric Reinhardt 1 / Sasa 0

Du temps de ma prime jeunesse, jamais je ne laissais un livre en plan, non achevé. C’était sacré, tout bouquin entamé méritait d’être fini, quelque soit l’ennui qu’il provoquait en moi (accessoirement, pour une fille de prof de français, c’était complètement tabou).

Au fil du temps, la règle s’est légèrement dégradée. Un poil.

Quand je commençais vraiment à sommeiller systématiquement sur un pensum, au bout de 200 pages par exemple, je m’autorisais un abandon, parfois temporaire, souvent définif.

Ainsi, je n’ai jamais achevé la lecture de la saga SF de Dan Simmons (Hypérion et Endymion). C’est définitif, j’adore Dan Simmons dans ses romans d’anticipation (L’échiquier du mal, excellentissime, mais aussi Les larmes d’Ycare, Les fils des ténèbres), ses policiers (Vengeance, Revanche, Une balle dans la tête, les aventures d’un enquêteur complètement bancal, très très bon). Il fait même des romans d’horreur à la Stephen King plutôt pas mal aussi (Les chiens de l’hiver, Nuit d’été). Mais la SF pure et dure, y’a pas moyen.

De même, alors que je vénère John Irving, j’ai lâché Je te retrouverai au bout de 250 pages. Tout comme La 4ème main, qui a bien failli venir à bout de ma patience.

Parfois, il m’arrive de me faire enfler par des critiques élogieuses. Ce fut le cas du roman post 11 septembre La belle vie, de Jay Mc Inerney, dont j’avais pourtant lu et apprécié 30 ans et des poussières, bien moins connu. Me suis ennuyée. Pas fini non plus, lâché au bout de 170 pages. Amen.

Mais alors là, on a dépassé tout ce que j’ai connu par le passé en termes d’abandon lectoral. Sans doute le fait que je sois maintenant très fatiguée le soir (rapport à l’Héritier et l’énergie vitale qu’il me pompe), que j’aie moins de temps à moi (rapport à l’Héritier, l’Epoux, le boulot, l’entretien du foyer, tout ça, tout ça), mais je deviens de plus intransigeante. Record battu donc avec le Cendrillon d’Eric Reinhardt : 20 pages et j’ai décroché. Incapable de comprendre les phrases, de savoir où il veut en venir, déséspérant.

Je l’ai acheté en poche, je l’offre à celui qui m’en fait la demande poliment par mail (sasa.laloute@gmail.com). Et je suis bien curieuse aussi d’avoir l’avis de ceux qui l’ont lu, et qui l’on trouvé bath. Je me doute que compte tenu des ventes, et des critiques qu’il a eu (quoique sur la Fnac.com, c’est un poil mitigé tout de même), mon ennui n’a pas été partagé.