La mère pas calme en moi

Hier soir, j’ai vu le spectacle de Florence Foresti, “Madame Foresti”, que j’ai trouvé formidable (comment je TE TUE le suspense d’entrée de jeu), comme bien souvent ce qu’elle fait (hors son dernier show à l’américaine à Bercy, que j’avais trouvé un peu raté, trop mégalo). Foresti met en scène et en sketchs sa vie, ses plans looze, ses atermoiements de femme, de mère, de professionnelle, et ça me parle, depuis toujours. C’est une vraie féministe, qui le revendique et l’explique, et rien que pour cela, on la remercie de ses efforts de pédagogie auprès du grand public (“non le féminisme ça n’est PAS SALE”). Elle est devenue mère à peu près en même temps que moi (sa fille a 7 ans aujourd’hui) et elle en avait tiré un spectacle très réussi sur les affres de la maternité, Mother Fucker, qui mettait déjà les pendules à l’heure sur pas mal de sujets.

Cette fois elle s’attaque à  la crise du “milieu de la vie” comme on dit, avoir 40 ans, le vieillissement, le passé qui rend nostalgique et le futur peu riant, et encore et toujours la parentalité, la difficulté d’être une bonne mère. Ca me parle, forcément, beaucoup. Le spectacle démarre d’ailleurs un peu en mode déprime, on s’est fait un peu peur, mais en cela elle est assez révélatrice d’une morosité (pour ne pas dire déprime) ambiante, qu’elle restitue assez finement. Sur la parentalité, elle prend à parti les “mères calmes” (un peu comme “le père blond” dans les premiers spectacles de Gad Elmaleh), celles qui ont l’air parfaites, assumant les enfants sans s’énerver, propres et maquillées de bon matin, et performantes jusqu’au coucher, quand le commun des mauvaises mères sont entre “la course et les cris”. C’est très bien croqué, très bien vu. Notamment sur l’illustration de l’adage “petits enfants, petits problèmes, grands enfants ….” Car il faut se rendre à l’évidence, plus les enfants grandissent, plus ça devient compliqué de les élever, de les éduquer.

Je ne connaissais pas le théâtre du Châtelet, je l'ai trouvé très beau, et Florence Foresti y occupe parfaitement l'espace #lategram

Dans la salle du Châtelet c’était la franche hilarité lors de ces passages sur les “mères calmes”, on sentait le soulagement et l’altérite de toutes celles (et ceux) qui ne se sentent pas à la hauteur dans leur rôle de parent. Nous sommes tous des enfants cachés dans des costumes d’adultes comme le dit Foresti, avec ce sentiment d’imposture qui nous poursuit, cette impression d’être un passager clandestin dans un jeu qui nous dépasse. Et c’est bien souvent nos enfants qui nous ramènent à notre crasse incompétence, et nous poussent par la même à en sortir. Oui parce que sinon, le matin, plutôt que de courir pour les emmener à l’école avant que la cloche sonne et les portes ne se referment, on resterait couchés en boule sous la couette à mater des séries en bouffant du Nutella.

Ce regard bienveillant et déculpabilisant sur la parentalité et la maternité est une sacrée bouffée d’oxygène, car il existe une vraie pression à la réussite du métier de parent, on la subit en permanence. En écho à cela, encore ce matin, une note pleine de franchise et éclairante de Lucie sur les MILK, les Mother I’d Like to Kill, ces mères un peu niaises et expansives sur leur maternité dont on se gausse sur les réseaux sociaux. On a pas trop trop le droit de se plaindre, c’est vrai, que la parentalité soit un chemin de croix (ben oui, personne ne t’a obligé à faire des gosses non ?), ou alors il faut le faire dans les règles de la bienséance : beaucoup d’auto dérision et d’auto flagellation, et pas trop de chouinerie et de pipi caca, sinon c’est dégueulasse, merde.

Personnellement, et en toute modestie, je suis comme Foresti, la quarantaine approchant (si si, approchant, dangereusement, et avec plein de pathologies associées, je vous le garantis), je ne fais que peu de cas des jugements de valeur s’agissant de mes considérations baveuses sur ma progéniture. J’assume totalement d’être MILF et MILK. Mais je comprends celles et ceux qui auraient besoin d’une oreille, d’une épaule compatissante, quand face aux difficultés de la vie de parents, on est systématiquement renvoyés à nos choix et notre capacité à les assumer (en silence s’il te plaît).

D’ailleurs, parlons de cette rentrée 2014, au passage. Car après le grand saut de l’Héritier en CP l’année dernière, cette année la Dauphine a fait son entrée en petite section maternelle. A 3,5 ans, je la croyais plus que prête la donzelle, genre je piaffe d’impatience le matin devant la grille de l’école. Hélas non, ça a été un poil difficile, et ça le reste encore, un mois après la rentrée. Heureusement que 9 fois sur 10 c’est son père qui l’accompagne, car moi je supporte assez mal les petits regards mouillés et suppliants, “reste avec moaaaa mamaaaan”. Sans compte qu’évidemment, le soir venu, c’est le trou noir, impossible de savoir si in fine la journée s’est bien passée ou pas. A cela il faut ajouter la fatigue collective et familiale générée par les nouveaux rythmes scolaires, clairement la respiration du mercredi matin manquant à tous, et nous obligeant, 5 jours de rang, à courir comme des poulets sans tête pour respecter les plages horaires de l’école.

(Insérer ici la musique de “Un jour sans fin”, de Ramis, quand le réveil se déclenche sur le jour de la marmotte.)

On dit merci @thomassebal pour #larentree en van's :B

Mais bon, globalement le bilan est positif comme disait Georges Marchais. Bien sûr il faut courir après l’Héritier pour qu’il n’expédie pas trop vite ses devoirs (au prix d’une écriture digne d’un médecin généraliste sous acides) et se soumette à des règles d’hygiène de base (c’est fou ce désintérêt total pour la propreté à cet âge). Evidemment il faut négocier TOUS LES MATINS avec la Dauphine sa tenue car elle veut “une robe qui tourne”, et non pas de couette, mais “deux tresses, comme la reine des neizes”. Après c’est une routine comme une autre, et elle ne me déplaît pas, dans la mesure où dans mon cas elle est régulièrement interrompue par mes déplacements divers et variés. Du coup j’en viens à apprécier ces jours où je dois respecter les horaires de mes enfants, qui comme tous les enfants sont TRES à cheval sur le respect de leurs habitudes et coutumes. Je ne suis pas une mère très calme toutefois.

> Je braille comme un sourd quand s’approche l’heure de partir : “bordeeeeeel y’a Guetat qui a commencé sa chronique, on est à la bourre !”

> Je trottine sur mes escarpins le long du chemin en motivant les troupes, la frange en bataille (un vrai drame) et le PC en bandoulière “aaaaallez, aaaaaaaaaaalleez on allonge le pas les enfants !”

> Je tourne comme une toupie le soir pour assurer le coucher à l’heure prévue, au prix de négociations serrées : “si tu n’as pas fini ton repas à 20h10, y’aura pas le temps pour les schtroumpfs, je te préviens !”, et après je m’écroule comme une merde à 21h, un quart d’heure après eux.

La course et les cris dit Foresti. C’est tellement ça.

Je ne suis pas une mère calme, mais je me soigne. Généralement, je plonge mon nez dans les cheveux (même pas très propres) de mes enfants, et je m’enivre de leur odeur de presque bébés. Meilleure thérapie du monde, fonctionne sur un tas de pathologies.

Ta mère sur ChatRoulette

J’étais passée à côté de ce nouveau fleuron de la poésie française, interprété par Max Boulbil.

Et qui nous prouve que Zofie Favier a aussi de l’humour (ou besoin d’argent, on sait pas) (et des gros roploplos, de Dieu).

Où rencontrer une MILF dans son milieu naturel ?

L’ami Romain Blachier organise la version lyonnaise (et donc nécessairement conviviale et détendue du tanga) de la République des Blogs. La prochaine aura lieu le mardi 16 novembre, au Cooking Jack, dans le 7ème arrondissement.

Via Twitter il me demande  “peux tu me faire de la pub, les MILF attirent le chaland ?“. Ce garçon est charmant 😉

(Pour ceux qui ne savent toujours pas ce qu’est une MILF.)

Cet événement présente (en dehors l’avantage non négligeable de se dérouler à moins de deux pâtés de maison de chez moi) trois avantages :

:: on peut y boire (et ça, c’est bien),

:: on peut ne pas y parler de politique (et ça c’est très bien),

:: on peut m’y rencontrer (à condition de respecter les deux premiers points ci-dessus, boire et ne pas m’emmerder avec des débats politiques vaseux, j’ai des opinions bien arrêtées sur un tas de choses, et je m’en satisfais plutôt. Oui MILF et un peu vieille conne réac aux entournures).

La dernière fois que j’y étais allée, j’y avais passé un bon moment, donc n’hésitez pas à venir passer une tête. Cette fois encore, j’essaierai encore d’y être (à priori c’est bien jouable dans mon emploi du temps de ministre).

Sinon, petit aparté sans lien avec ce qui précède, je voulais partager avec vous une  découverte, celle des deux égéries mâles de Brice, marque de prêt à porter masculin. Les nippes ont l’air cheapos, mais alors les deux mannequins, c’est tout à fait mon genre.

Le brun barbu aux yeux clairs surtout.

Mais le blondinet au sourire malicieux aussi.

(Sont choux non ?)

Choisir sa case. MILF. Puma. Cougar.

Mon statut (trèèès récent, ce cher ange a juste deux ans et des caouètes) de jeune mère de famille (oui bordel je suis jeune, j’ai 31 ans, pour encore 3 mois) semble m’avoir fait doucement, mais fermement, glissé d’une catégorie à une autre, tout au moins dans l’imaginaire (complètement tordu) masculin.

Jusqu’à présent, j’avais appris à me contenter de différents qualificatifs plus ou moins flatteurs, combinant avec plus ou moins de bienveillance ma double caractéristique :

=> avoir des fesses bien rebondies (c’est un euphémisme, je sais)

=> aimer la bonne chère, et notamment quand elle mesure plus d’un mètre quatre-vingt, joue au rugby, est très poilue, et a des mains comme des battoirs.

(Non, pas cochonne lubrique le qualificatif générique).

Ces derniers temps, le sujet est revenu plusieurs fois sur le tapis, notamment sur touitteur (le paillasson de la blogosphère) et sur formspring, il semblerait que désormais je sois étiquetée comme MILF (Mother I’d Like to Fuck, pour ceux qui seraient passés à côté).

Parce que je suis un peu désalée (si peu), et parce que j’ai des gnômes (enfin, pas de panique, un seul à ma connaissance). J’avoue que ça me chagrine un peu. Je connais mes classiques, et pour moi, une MILF, à l’origine, c’est la maman de Stiffler dans American Pie. Elle a largement plus de 40 balais (ah, on me dit qu’elle avait 35 ans au moment du film), et ses enfants sont des ados (les blondes ça vieillit mal non ? par contre ça prend des seins avec l’âge, c’est assez étonnant).

Dans l’intervalle, suite à une enquête particulièrement poussée, j’ai appris qu’avant de passer dans la case de Cougars (ce sont les vieilles peaux de plus de 50 berges qui essaient d’accrocher des petits jeunes, les coquines, comme les deux alcooliques indignes des Abfab), j’avais peut être une planche de salut, un intermédiaire, le statut de Puma. Bien que dans les deux cas, ce qui me gène, c’est l’intérêt de ces femmes pour des hommes plus jeunes.

C’est ce point qui me fait dire que je ne suis pas encore dans la cible : pour l’instant, je trouve les hommes de mon âge tout à fait séduisants et à mon goût (dans la tranche 35 / 45 ans on va dire), là où en dessous de 26 / 27 ans je les trouve un poil immatures (et manquant de poils, qué je radote ?). Pour autant, il faut bien le reconnaître, parmi mes copines célibataires, elles sont plusieurs, parfois un peu honteuses (faut assumer les filles), à nous présenter des petits copains sensiblement plus jeunes, notamment celles qui ont une petite trentaine, séparées et avec des enfants jeunes.

De leur point de vue, l’avantage premier d’un “petit jeune” (voir Demi et Aston), c’est son enthousiasme. En dessous de 30 ans, il semblerait que ces messieurs aient un peu plus de fraîcheur dans leur approche de la séduction : moins de calcul, moins d’esbrouffe et moins d’artifice, moins blasés, pas effrayés par la présence alternée de gnômes dont ils ne sont pas les géniteurs, pas inquiets par la perspective éventuelle d’en produire d’autres, des gnômes, et surtout, une grosse énergie au pieu.

Je les comprends, finalement, ces MILF, pumas et autres cougars. Ce n’est qu’un mimétisme par rapport à ce que pratiquent ces messieurs depuis des siècles et des siècles : remplacer bobonne après le kilo de trop / le gosse de trop, pour une plus jeune, plus fraîche dans sa tête et dans sa culotte. Objectivement, je ne peux que me réjouir que la réciproque soit aujourd’hui possible (avec ou sans intervention du dieu botox).

En tous cas, si un jour je suis une vraie MILF (ce qui impliquerait, petit point de détail, que je sois en remplacement de l’Epoux), j’ai déjà mon modèle. Et en plus elle pose dans une baignoire.

Marie Louise Parker, AKA Nancy dans Weeds. Elle est top (bien trop maigre, mais top).

(Au passage, si quelqu’un peut me dire où je peux trouver les saisons les plus récentes, je serais très reconnaissante. Très)

Bon, que les MILFS lèvent le doigt maintenant.