Mon parrain chez les Mexicains, épisode 5

Voir les épisodes précédents (1, 2, 3 et 4).

C’est qu’on était presque inquiets, voici un bon mois qu’El Padrino ne nous avait pas entretenu de ses délicieux récits 100 %  nachos, et 150 % tequila.

Hola !

 

à 9547,14 km porte à porte de ma maison lyonnaise (merci Google Earth), les dernières nouvelles fraiches du Mexique, et plus particulièrement Leon.

Je n’ai eu en effet que très peu de temps pour bouger (Note de l’Editeur : en même temps, qui a dit que tu étais au Mexique pour faire du touriisme), j’ai pu profiter de la ville, ses attractions, son cuir, ses centres commerciaux et autres boites de nuit.

J’ai même vu mon premier film au cinéma : « Arrancame la vida », adapté d’un roman hyper populaire ici. Bilan des courses et des mots que j’ai compris : « pendejo, pinche cabron, puto, puta, cabrona, golfa, zorra, …. ». Non, les mexicains ne sont pas grossiers, c’est mon niveau d’espagnol qu’il l’est. Bref, ce n’est pas gagné. Enfin, je ne me laisse pas abattre. J’ai décidé d’investir (merci à mes business angels) dans des cours intensifs, un mois à 20 h de cours avec un prof particulier.

L’objectif : me faire comprendre dans les situations les plus périlleuses, exemple : j’ai testé mon premier coiffeur local. Et en tant que consommateur soucieux de mon bien être capillaire, j’ai mené mon enquête et atterri chez Top Hair, THE coiffeur fachon de la ville ! Bilan, aussi cher qu’en France, (soit le prix de 44 tacos). Au début ils m’ont pris pour un fou quand j’ai sorti l’Macbook avec 5 photos en guise d’explications , (profil, face, cotés, ¾) de mi cara guapa. Et ben j’étais super content ! je me suis fait dessu 3-4fois , mais heureux, j’reviendrai ! (Photo bordel, frérot, photo !)

Bon, en ce qui concerne les dernières infos :

  • Je peux passer mon permis pour 400 pesos (soit 27 Euros), 20 questions de code, 10 minutes d’examen de conduite (vraiment je sais pas si je vais rentrer en France moi),
  • J’ai pris 12 sur 100 à mon premier examen semestriel, et ça, ça fait mal. Disons nous que c’est le début, en que cela fait partie des aléas de l’intercambio (je rassure bien évidemment toute le staff bancaire et familial qui ont tant investit dans cette aventure) et leur promet une rapide amélioration de la situation (Note de l’Editeur : clair que t’as intérêt à t’arracher les poils du derrière …).
  • Tennis : je suis chaud, je joue toujours et encore 3 à 4 fois par semaine, je me transforme, les stigmates de ma vie strasbourgeoise disparaissent, la Tequila est paraît-il un des alcools le moins calorique (j’ai pas vérifié, je veux pas vérifier), bref autant de facteur réunis qui me mènent droit à la victoire.
  • Fuite de gaz au Circuito Del Moral (chez moi quoi), toute la colonie évacuée pour pas grand chose.
  • Fusillade le vendredi 19 septembre dans les rues de Leon entre narcotrafiquants et policiers. Aucun mort, une première dans cette ville plus ou moins épargnée par les narcos. Ville en état de siège, lieux publics et fréquentés évacués. Ben nous, même pas peur dans notre colonie ultra protégée. Bon on à quand même pris l’apéro pour se détendre.
  • Au fait, Sabrina ne va surement pas me croire, ben ya 10 jours, j’ai bouffé un criquet ! Un vrai ! Grillé, bilan, y’a pas à dire, les insectes c’est vraiment dégueux ! Bon, je m’explique, une copine a ramené tout ça de DF, un gros sachet rempli de trucs grillés assez petits. Bref, un pote à insisté, j’ai pris celui qui avait le moins l’aspect d’un insecte, et je l’ai bouffé bordel ! Moi, je l’ai mangé ! La je suis en train de prendre du gallon (oui, je sais, pas du gallion), je me mets à manger mon pire ennemi. Et bizarrement, je ne peux pas m’empêcher de sauter quand je croise un truc qui vole (Note de l’Editeur : hé oui, on ne se refait pas).

Evènements :

  • El dia del grito , soit le jour de l’indépendance du Mexique. Le 16 septembre 1810, Hidalgo, prêtre de la ville de Dolores, à 100 km de chez moi se prend une soudaine envie de révolution et en pleine nuit pousse son fameux cri ; réveille la population et marche en direction de DF pour virer touts les conquistadores du pays. Nous avons passé la fête nationale a Dolores Hidalgo, entouré de plus de 8.000 personnes dans le centre.
  • Concert de Manu Chao : on a loué une voiture pour aller a Guadalajara, 3 heure et ya, on y était. On devait être 2.000, très proche de Manu, par contre, je pense que les mecs ici ont confondu Mano Negra avec un concert de trash, trop violent ! C’est parti en cacahuète, torse nu, des vrais fous, à part ça c’était vraiment bon, un mezcla de ses anciens tubes avec son nouveau groupe Radio Bamba.
  • Mon week end à DF fut des plus originaux ! J’ai payé mon premier flic ! Je m’explique, Mexico City, 5 heures du mat, sortie de boîte avec mes deux potes de l’université d’Anahuac. Nous marchons sur la Reforma (dixit les Champs locaux) et soudain, Romain se prend une soudaine envie de grimper sur L’Ange de l’Indépendance (comparatif français : je monte sur l’Arc), bref, à peine 40 secondes de varap, des GRANDS coups de sifflets retentissent, deux policiers se ramènent et nous informent du tarif en vigueur : « tu grimpes sur le patrimoine local, c’est 10 heures de retenue civile … ou… 800 pesos… ». Romain, vaillant, courageux, un ami quoi, me dit : « ben putain, je préfére aller en garde à vue ». Inconscient ce jeune homme, on décide Vincent et moi de ne pas le laisser nous jouer un remake de Midnight Express à Mexico City, on entame les négociations. JE commence à négocier sec façon Négociale (un concours de négo national que j’ai fait l’année dernière), et en toute modestie, on s’en est tirés…pour 100 pesos ! C’est vraiment des morts de faim les policiers ici !

La rubrique à brac :

  • Mes amis à Mexico, il y a beaucoup à raconter. En deux mots : ils ont passé dix heures de prison militaire à Cancun, Romain s’est volé son blouson en cuir, son portable et 250 pesos sous la menace d’un couteau militaire sous la gorge, et le meilleur, après leur crémaillère, TOUS leurs voisins ont débarqué le lendemain pour nous sermonner et nous dicter les règles de la vie en communauté ! Suis content d’habiter avec mes copines à Leon !
  • Météo : fait crè crè beau ! C’est l’été, il fait très chaud et on a pas eu de pluie depuis plus d’un mois.
  • Ce qui me manque : les infos, le vélo, la cuisine alsacienne, les vins de Bourgogne, les Galeries Lafayette, les journaux, le tennis avec mon papa, les wech wech dans le metro, mon Gaspacho (Note de l’Editeur : ceci est le surnom poucrave que le Parrain a attribué à l’Héritier), des mails de ma « petite » soeur, la webcam de La Reine Mère sur skype (Note de l’Editeur : ayé, l’Epoux l’a réparée normalement. Et te plains pas, c’est déjà assez inespérée qu’elle sache allumer Skype).
  • Transit intestinal (Note de l’Editeur : aaaaah je trouvais que ça nous manquait l’intermède caca dans ce joli récit) je me suis tapé ma première intoxication, j’ai pris TRES cher, deux jours cloués au lit à gerber totues les dix minutes. Bilan je ne bouffe plus de tacos.
  • Les insectes : pffff, m’en fous je les bouffe maintenant ! Enfin, mas o menos, l’autre jour un espéce de papillon chauve souris est rentré dans la maison, il était énorme !! Elsa qui était dans ma chambe n’a pas osé bouger de la nuit (il l’attendait dehors) et pis je me suis encore fait insulter et traiter de mauviette, étant le seul gars de la collocation, elles ont vraiment cru que j’allais le tuer. Et ben non ! J’ai appelé un ami, il est venu le matin et l’a défoncé, merci Mathieu ! (Note de l’Editeur : je crois bien qu’effectivement mon frère est une tafiole ! mais bon, si c’était le cousin à Batman, je compatis.)
  • La colocation : ca va super bien, on s’entend de mieux en mieux, on s’organise avec le ménage. Il y a juste Pulchérie qui en fout pas une (Note de l’Editeur : on fait tous un petit coucou à Pulchérie, au cas où elle passe dans le coin) mais sinon ca va, on sort ensemble, on organise un repas commun par semaine, je m’occupe bien d’elles, leur fais à bouffer, vérifie les arrivages de garcons (sacré turn over ici, z’ont la santé mes colocatrices !) (Note de l’Editeur : je sens une certaine jalousie poindre au travers de cette remarque perfide …)
  • Niveau d’espagnol : toujours entouré de français, c’est pour ça que je vais prendre des cours. Sinon, je comprends de plus en plus, peut converser mais j’ai encore du mal quand je suis qu’avec des locaux, ils parlent très vite entre eux mais il y a quand eu de l’amélioration, en meme temps je pars de rien donc encore heureux qu’il y ai progression.
  • Moi et les localEs : bon, finalement, on ne m’a pas menti, les français sont des stars à Leon, il faut dire qu’on est douze pour toute la ville, et quelle ville ! Une population étrangère de l’ordre de 2%. C’est le monde à l’envers, « Dans la peau d’une blonde », les sexes sont inversés.

Actualisation du bilan relationnel concernant les mexicains. L’autochtone

  • Est toujours aussi lent, j’en peux plus.
  • Parle fort, rit fort. Pulchérie en peut plus quand on rentre un peu émméchés dans la nuit, alors à partir de minuit, couvre feu, ils ont plus le droit d’ouvir la bouche chez moi !
  • Me laisse conduire ses voitures ! J’en suis à une Nissan, un 4×4 Ford et une Passat.
  • Sont feignants, comme les ricains, on fait TOUTES nos courses en voiture, en drive, du lait en passant par les médicaments et l’apéro !
  • Est vraiment demasiado caballero (Note de l’Editeur : un homme ne sera jamais trop galant) : les locales sont vraiment habituées à énormément de tacte de la part de la gente masculine.

Programme :

  • Achat d’une table de ping pong pour le salon. Oui oui, le salon, tellement grand et vide qu’il faut meubler, et puis, aprés le match de ping, on enlève le filet, et ça fait une très belle table !
  • Festival à Guanjuato  » El Cerventino », nationalement réputé, version mexicaine de notre fête de la musique, concentrée dans une seule ville.
  • Semaine suivante : 6 jours à la découverte de l’Etat du Guerrero (capitale: ACAPULCO) et fête des 25 ans de Vincent de DF en basse Californie, Nord du Méxique (Note de l’Editeur : ah ben je vois que l’emploi du temps s’allège un peu ….).

A suivre ….

Mon Parrain chez les Mexicains, la photo

Voir les épisodes précédents (1, 2, 3 et 4).

Pour tous ceux qui étaient soucieux de découvrir l’homme (et quel homme) derrière le narrateur, voici El Padrino, AKA Le Parrain de l’Héritier :

Autant dire, avec une telle prestation, même à l’insu de son plein gré (puisque ce sont ses gentils colocataires qui lui ont collé ce MONSTRE – mort certes mais tout de même – sur le visage alors qu’il dormait du sommeil du juste suite à une soirée légèrement trop arrosée), le Parrain a gagné le respect et l’admiration de TOUTE sa famille. Même la Reine Mère a eu les j’tons.

Frérot, finalement, cette petite visite au Mexique, j’me tâte ….