La mémoire et l’oubli

Dans « Un roman français » (que je vous recommande, il est vraiment très bien), Frédéric Beigbeder évoque beaucoup ses pertes de mémoires, son absence de souvenirs anciens, notamment liés à son enfance. C’est un drame que je partage, et qui me navre, car j’ai moi-même très peu de souvenirs « spontanés » de mon enfance. J’ai des souvenirs évoqués, liés à des anecdotes POURRIES que ma mère a raconté 1.001 fois (et que je suppute être à peu près vraies, à 15% + ou – d’exagération maternelle toute  maghrébine), surtout dans la perspective de me foutre la honte en public, ou liés à des photos de famille, qu’à force de voir j’associe à des souvenirs. Je suis incapable de vous donner le nom de ma maîtresse de CP, la couleur de mon premier cartable, le prénom de mon premier amoureux (la Reine Mère cite volontiers un certain Pablo, dont je n’ai aucune souvenance) et mes premiers vrais souvenirs, en gros, remontent au CM1 / CM2. La misère.

Las, avec l’arrivée de la Dauphine dans nos vies, je réalise que c’est également ma mémoire à court et moyen terme qui présente quelques lacunes. Doux euphémisme. J’AI TOUT OUBLIé OUI ! en trois ans seulement, ça fout un peu les jetons pour la suite (je vais finir comme Annie Girardot, RIP, c’est couru.)

:: Comment on fait les soins du cordon (il est tombé y’a deux jours, ouf).

:: Combien un nourrisson passe d’heures au sein (ENORMEMENT, et encore plus la nuit, snif).

:: Comment il est censé grossir, se nourrir, faire caca / pipi (un peu comme il a envie en fait).

:: Etc.

Dans le cas présent, la situation est d’autant plus « complexe », que la Dauphine est à la fois (dans mes impressions) très ressemblante (par le physique, les mimiques) et très différente de son aîné (dans ses comportements, ses « habitudes »). Même si de fait je ne suis pas vraiment capable de faire la différence entre ce que je crois être les ressemblances et les différences, et … la réalité (y’en a deux qui suivent là, je le sens). Par exemple, l’Epoux a l’impression qu’elle se réveille beaucoup la nuit (ah ah, la blague). Là où j’ai l’impression que c’est exactement comme son frère (une fois vers 2 h du matin, une autre fois vers 6 h du matin, bien que cela soit à géométrie variable, elle a quinze jours hein …). Du coup, je lis les archives d’octobre 2007, et je suis confortée dans certaines de mes impressions, on dit merci le blog. Bref, on peut donc dire qu’on ne part pas de zéro, car tout de même quelques réflexes reviennent et qu’on prend vite le pli du rythme du nourrisson – à savoir être corvéable H 24, en particulier vis à vis de l’allaitement – mais que tout cela reste teinté de surprises et d’étonnements salutaires (par exemple, j’avais oublié que les bébés ADORENT redécorer leur couche, celle de 3 heures du matin, juste quand tu viens de la changer).

L’avantage du deuxième, c’est que l’on est quand même moins angoissés, moins surpris, (un peu) plus à la coule. Et de toutes manières, dans la mesure où y’a déjà un n°1 à gérer, il faut savoir relativiser, et laisser chacun prendre sa place.

frere et soeur

Quant au susmentionné n°1, il est pour l’instant plutôt chouette avec sa frangine. Evidemment, il est bien trop brusque dans ses élans fraternels, à vouloir l’embrasser à pleine bouche et la serrer bien trop fort (mais peut on le reprocher à un enfant de 3 ans ?), mais par ailleurs très mignon et attentif, l’intégrant dans sa journée, ses rituels, c’est mignon. Pour le moment, je suis assez heureusement surprise à vrai dire. Je lui donne quinze jours encore pour qu’il fasse comme une certaine Helena D. de ma connaissance, et qu’il me demande « quand est ces qu’on la ramène à l’hôpital, la p’tite soeur ? »

(Sur cette photo on ne voit pas la seule différence frappante entre les deux nains, à savoir la couleur des yeux. Ceux de l’Héritier sont très noirs, depuis sa naissance, alors que la Dauphine a des billes d’un gris bleu qui reste à confirmer. A part ça, c’est copier / coller.)

5 ans de blog – vos notes préférées

Merci pour ces souvenirs, je ne relis quasiment jamais mes notes, c’était chouette de revenir sur mes pas (et les vôtres).

1. Bien entendu, vous gardez tous (et toutes !) des souvenirs (visiblement émus) des posts où vous avez pu découvrir mon … anatomie.

Celles du Safari Urbain, en 2006 (que même des filles ont aimé, et qui reste un chouette souvenir, malgré les « à côtés » relous).

En 2007, la série de photos où je promettais d’enlever le haut, puis le bas.

Je m’étais engagée,

J’ai tenu mes promesses, mais ce sont d’autres qui n’ont pas tenu les leurs.

Et puis j’ai participé à un concours de Mry (feu les chouettes concours d’Emery).

Y’a eu la photo du Bal des blogueuses, et puis les photos avec Pingoo.  

(En bref, je suis à poil en moyenne une fois par an sur mon blog, et chez les autres, ça me paraît une bonne moyenne.)

(D’ailleurs, j’aimerais refaire la bannière de ce blog, avec moi dans une baignoire, s’il y a des photographes volontaires, (a)mateurs, se signaler auprès de la taulière.)

2. Arrivent en bonne place mes diatribes notes féministes. Ce qui tend à prouver que mon lectorat est tout aussi féminin que masculin (oui je sais, il y a aussi des hommes féministes …).

(Ce qui me fait penser que j’ai quasi achevé la lecture du Badinter, faut il encore que je trouve le temps d’en faire une note.)

Celle-ci par exemple, où je m’énerve contre ELLE, capable du meilleur comme du pire s’agissant de la cause des femmes.

Ma culpabilité de mauvaise mère. Posts qui font écho je pense à toutes celles qui ont parfois l’impression de ne pas être à la hauteur de l’aventure maternelle et de ses exigences ….

Une note plus récente sur les questions épilatoires.

Et puis ensuite, en vrac, vous m’avez cité :

=> les baignoires (of course),

=> les notes où je raconte mes déplacements, mes vacances (bande de masos),

=> celles où je parle de ma famille, de la Reine Mère, …

Mais bon, trêve de nostalgie, le meilleur post, c’est comme la meilleure baise, la suivante, toujours la suivante.