Big up Lizzie.

Vu chez The Sartorialist.

Glamour US a donc fait mieux que ELLE (sont forts ces américains).

The Sartorialist, je le suis régulièrement, et je “m’étonne” toujours de n’y découvrir que des belles filles filiformes, soit disant shootées au hasard dans la rue. A croire que seules les lianes savent s’habiller (mais c’est évident qu’à certains égards c’est plus aisé de se vêtir avec goût quand on fait du 34 plutôt que du 46).

Dans cet article il dit (en guise de dédouanement à première vue) :

When I am shooting on the street ,older women and larger size women often say “no” to my request to shoot them. Actually, much more than any other category of people I shoot. I think they have a deep but real suspicion about how the image will be used. I also think there continues to be a growing disconnect between the fashion community and “average” women in general.

(Je traduis approximativement : Quand je photographie dans les rues, les femmes plus âgées et celles plus enveloppées / plus larges refusent que je les shoote. D’ailleurs, c’est cette catégorie de personnes qui m’opposent le plus un refus. Je pense qu’elles ont une profonde mais bien réelle suspicion sur la manière dont leur image sera utilisée. Je pense aussi qu’il continue d’exister une déconnexion de plus en plus profonde entre la communauté de la mode et les femmes “dans la moyenne”.)

Sur le dernier point, c’est un euphémisme. La mode et la vraie vie sont complètement déconnectés, c’est bien pour ça qu’on peste aussi régulièrement sur les magazines féminins (tout en continuant à en faire une référence, bien entendu).

L’autre problème qu’il évoque, le refus de ces femmes de se faire prendre en photo parce qu’elles craignent de ne pas être mises en valeur, est bien plus grave à mon sens. Si elles ont cette crainte là (et je m’y associe en partie, mais en partie seulement), c’est parce que simplement le pli (comme celui que l’on voit très distinctement sur cette photo de Lizzie) n’est pas acceptable dans l’esthétique contemporaine, n’est pas jugé beau.

Et souvent, quand on essaie de rappeller à l’abruti moyen que les plis / les formes / la rondeur ont été jugés par le passé esthétiques, on est obligé d’évoquer de très vieilles sources, genre les odalisques (parce que non, Botero, c’est pas beau). Et que c’est beau / émouvant / touchant / désirable, pas seulement parce que ça évoque la bonne santé, la mère nourricière, mais parce que ça l’est, point.

Mais j’espère bien avoir l’occasion très bientôt de prouver cela.

(Je vous raconterai aussi Rock en Seine, mais quand ça sera fini, là j’y retourne …)

Edit de lundi : un post de Maïa que je trouve en résonance avec celui-ci. J’essaie de répondre aux commentaires dans la journée (je suis pas d’accord.)