ZAPA & moi

Ceux qui me connaissent savent (et subissent parfois) mon addiction aux fringues. Et aux chaussures. Quand on a mon format (taille 44 / pointure 41), on est toujours à la lisière de la « normalité » niveau prêt à porter. Il suffit que tu prennes quelques kilos (tellement rare) ou que le vêtement soit plus ou moins bien coupé, pour que tu bascules du côté obscur de la sape. Celui où tu passes aux vêtements spécialisés, ascendant sac à patates et cache misère, même si ces marques évoluent doucement.

Depuis pas mal d’années (on va dire 15 à 20 ans), j’ai découvert une marque qui fait de belles choses, bien taillées, et allant jusqu’au 46, ZAPA. Ma mère et ma soeur portaient du ZAPA lors de mon mariage, et moi même, je porte beaucoup de choses d’eux, notamment cette robe bleue avec laquelle j’ai fait quelques mariages. Je suis même bénéficiaire d’un programme de fidélisation assez up gradé, qui me donne accès en théorie à pas mal d’avantages. Cependant, si mon auguste boule ne rentre pas dans les modèles proposés, celà paraît bien illusoire.

Il y a quelques semaines, dans la  perspective de ma participation à un mariage, j’ai fait une expédition dans une boutique sur la presque ile lyonnaise au cours de laquelle j’ai donc appris à mes dépends que plusieurs modèles, dont certains que je convoitais, n’étaient plus produits au delà du 42. Et selon la vendeuse, pour cause de « rajeunissement de la marque ». Cette histoire m’a fait vaguement tousser, et je l’ai raconté ici (sur mon compte twitter).

Déterminée à ne pas rester en là, je décide de poser tout de même directement la question à la marque, sur  sa page Facebook, au cas où quelqu’un soit bloqué.  Je fais cela avant de partir en vacances, et j’oublie. Quand je retourne il y a quelques jours sur la dite page, je me rends compte que non seulement personne n’a daigné me répondre, mais que le commentaire a été carrément supprimé. Comme je suis un peu persévérante et vaguement agacée par les actes de « grossophobie », quelque soit la forme (callipyge) qu’ils prennent, je profite pour remettre la question sur le tapis :

Alors ZAPA, dis moi, pourquoi arrêter de produire du 44 et 46 sur certains modèles ?

(Comme sur cette charmante combinaison, existant que jusqu’au 42)

Que je sache pourquoi, très bientôt, je ne m’habillerais plus chez vous, à l’insu de mon plein gré ?

Grand merci <3

(et merci à ceux qui le peuvent / le veulent, de relayer cette note le plus largement possible, notamment sur la page FB de ZAPA, twitter etc.)

La robe bleue

Il y a quelques semaines, j’ai procédé au tri bi annuel de ma garde robe, cet antre de 9 m² vaguement partagé avec l’Epoux, et dont j’élague les branches mortes régulièrement (comprendre : virer les fringues dans lesquelles je ne rentre plus, où dont je me suis lassée, le cas 1 étant tout aussi courant que le cas 2, si si).

En dehors de me permettre de réaliser que je me lasse vite de mes nippes, ça me donner l’occasion de faire remonter au 1er plan quelques pièces oubliées. Cette fois, je suis tombée sur une robe bleue, dont j’avais fait l’acquisition pour un mariage, en 2009. Le genre d’achat un peu dispendieux, évidemment fait hors soldes (maudissons les mariages au mois de juin), mais qui fait copieusement baver toute gonzesse vaguement intéressée par la mode. J’ai donc cassé ma tirelire (+ de 400€ de mémoire, soit facilement le double du budget que j’avais coutume de mettre pour une robe) pour cette beauté en soie de chez ZAPA, dont je savais qu’elle avait avoir un effet boeuf. Ce fut le cas, puisque plusieurs minettes me demandèrent les références de la dite robe pendant l’apéro suivant la cérémonie.

(Pour l’anecdote, j’ai eu la présence d’esprit de me changer pour la soirée, ce qui a sans doute sauvé la robe, puisque je me suis ensuite exercée à mon sport favori lors de n’importe quel mariage : boire trop et vomir beaucoup.

(Je suis allée repêcher cette photo sur FB, et je sais, j’ai l’air d’un sacré loukoum à côté des autres minettes). 
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Et puis la robe est partie chez le teinturier, avant de ressortir pour un 2d mariage (oui, on A LE DROIT de recycler les robes d’un mariage à l’autre, la même année ou les suivantes, si les cercles amicaux ne sont pas les mêmes).

(Là on jouait à domicile, mariage à la mairie de Lyon 7, coucou Pierre & Branwen, le temps file camarades ….)

(On avait décroché le portrait du Président de l’époque, histoire de lui faire passer la cérémonie au frais, et promis après on l’a remis en place.)

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(Je me souviens avoir payé une somme faramineuse pour le chignon savamment sauvageon que je portais ce jour là. J’ai juré mes grands dieux qu’on m’y reprendrait plus. Au regard de ma coupe actuelle, on respire.)

Depuis lors, pénurie de mariages (les gens ne se marient plus, c’est scandaleux, ça diminue d’autant les occasions de se payer des belles robes, et de vomir à l’arrière des berlines), et la robe est restée au placard … jusque l’année dernière.

J’ai eu donc l’opportunité de la ressortir pour les épousailles 2014 de Tomi.

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Ce sont donc toutes ces maigres occasions de porter cette petite merveille que je me suis remémorée en l’exhumant de mon placard.

Dans mon for intérieur, je me suis dit (comme cela m’arrive assez souvent somme toute, je suis très dans l’auto flagellation) que j’étais très con (en dehors d’avoir des revirements capillaires assez réguliers).

Je me suis également souvenue d’un récit (si quelqu’un retrouve son auteur et l’ouvrage, c’est un mojito offert par la patronne) où le narrateur évoquait une frustration de son enfance, focalisée sur l’achat (et la consommation) du pain quotidien. Il expliquait que son père, tous les jours, ramenait du pain frais, sur lequel tous les enfants lorgnaient. Mais que systématiquement, la mère obligeait les membres de la famille à finir LE PAIN DE LA VEILLE, avant d’attaquer le pain frais (on notera au passage la dichotomie classique entre l’homme hédoniste et la femme castratrice :)). En conséquence de quoi, 80% du temps, la fratrie n’avait jamais accès à du pain frais.

(J’adore ce genre de récits, qui nous ramènent à une certaine altérité : qui n’a pas été blasé de grignoter du pain à moitié rassi, en sachant qu’une baguette fraîche allait à son tour se rassir dans un coin de la cuisine …)

Toutes choses ramenées à leurs proportions, je me suis demandée à quel titre je me privais de porter – hors occasion festive – cette robe, dont je suis clairement fan. Evidemment, je connais (trop bien) la réponse. Parce que ça ne se fait pas. Une robe de ce prix, ça doit rester pour les « grandes occasions ».

Alors je me suis faite violence (un truc fou), et je me suis dit « profite donc des belles choses tant qu’elles sont à ta portée, meuf ».

(Oui je m’interpelle souvent en mon fort intérieur, et je m’appelle « meuf ».)

Et voilà. Je l’ai fait.

Portée un jour de rien, au boulot, le soir sur les berges du Rhône.

Tranquille et sans pression.

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Alors bien sûr je vais pas forcément la mettre toutes les semaines (parce que c’est tout de même pas lavable en machine cette affaire), mais j’ai aimé cette idée, pour la rentrée 2015 (je suis très « bonne élève », j’aime les résolutions de rentrée des classes), qu’il fallait arrêter de se mettre des barrières morales absurdes, des contraintes que toi seule estimes légitimes. Et croquer la banane par les deux bouts (à peu près).

Je vous souhaite à tous et toutes une belle rentrée 2015 avec votre robe bleue personnelle <3