Vis ma vie de festivalière bretonne, ou comment je n’ai pas vu Elmer Foot Beat en concert (part 2)

Day 3 : de Jean-Louis à Trust, en passant par Dick, sous le signe de l’éclectisme

Je reprends donc mon récit au lendemain de la soirée achevée nus dans la boue avec Didier Wampas (nan chéri, pas moi, les autres, moi j’ai bien gardé ma cape de pluie). Autant dire que l’on émerge avec difficultés, autour de 12h30, comme dirait ma bonne mère, on peut pas être et avoir été. On a plus 20 ans bordel.

Après restauration et courses en ville (si vous ne connaissez pas les conserves de la Belle Iloise, je vous les recommande chaudement), nous voilà repartis pour Bobital. Alors justement, en matière de restauration, j’ai fait une formidable découverte (en bonne néophyte que je suis) sur le Festival : les galettes saucisses ! En fait une bête et grasse saucisse grillée, enroulée dans une galette de sarrazin. Le bon compromis, avec une bière pour faire passer tout ça, pour parachever mon non-régime d’été, hé hé hé …

Sur ce, la journée de concerts démarre pour nous avec Jean-Louis Auber, que pour ma part je n’avais jamais vu sur scène. Marco est tout excité, c’est sa grande idole (et c’est grâce à sa présence qu’il a bien voulu m’accompagner ces quelques jours en Bretagne, ce brave garçon). Son dynamisme, son réel et visible plaisir à être sur scène, et le charme bouclé de son bassiste, m’ont pour ma part bien convaincue. Ce dernier mériterait bien un petit séjour dans ma baignoire, n’est il pas ?

Ensuite, on enchaîne avec Mickey 3D, que j’ai déjà vu en concert, et qui est toujours aussi bon. Dans l’intervalle, on loupe le passage de Thiéfaine, mais c’est le propre des Festivals avec plusieurs scènes, on a parfois du mal à voir tous ceux que l’on aime bien, c’est un peu frustrant.

Pendant ce temps, sur la grande scène, les 3 papys du rock se produisent avec un certain succès : Chuck Berry (que je croyais qu’il était mort), Jerry Lee Lewis (ça fait tout drôle d’entendre live « Great balls of fire »), et Little Richard (qui a une moumoute incroyable sur la tête, difficile de croire que tout ça est à lui, et qui fait sa star en arrivant avec 30 minutes de retard, il paraît qu’il était au Mc Do de Quévert, refusant d’en partir …).

Cependant, nous délaissons les amérloques pour se reporter sur la plus petite scène, sur laquelle se produit Dick Rivers, en remplacement donc de mes idoles, Elmer Foot Beat. Je suis frappée lors de son arrivée sur scène de sa ressemblance avec … Johnny Cash. Le public est au démarrage un peu goguenard, moqueur, les jeunes (cons) hurlant Diiiiick. Mais le vieux routard ne se laisse pas démonter. Il explique donc que ses potes d’Elmer (mon dieu, Dick est pote avec Elmer) lui ont demandé de les remplacer au pied levé, l’un des membres du groupe ayant eu une attaque cérébrale. Sic. Pour moi, c’est complètement impossible que des gars qui chantent « quand je vais secouer la grosse Jocelyne, je suis sur de tout lui mettre dedans, dans son petit volcan, oh la la que c’est bon » aient des attaques cérébrales. Où va le monde ?

Bref, Dick se lance, et en 3 chansons, appuyé par un groupe de musiciens très bons, emballe son monde. On reprend en coeur ses tubes (je n’en connaissais aucun), et tout le monde est vraiment à fond ! Et ma foi, franchement, mis à part les vieux réflexes du genre « je secoue mes hanches comme un petit Elvis de Prisu » et « je passe ma main dans ma banane comme si j’avais un peu de wax à étaler », sur scène, le Dick il dégage.

Et de fait, lorsque l’on va au dernier concert de la soirée, très attendu car marquant la première reformation de Trust depuis des siècles, hé ben on est déçus. La magie n’est plus vraiment là. Ce qui ne m’empêche pas de m’acheter un petit débardeur souvenir, histoire d’honorer le groupe grâce auquel j’ai hurlé « anti social » pendant mes folles soirée BDE à Sciences Po, quand j’étais jeune et rebelle.

Day 4 : de Cancale à la Finale

Notre 4ème jour en Bretagne se lève encore sous un soleil impressionant (et surtout créant un contraste un peu incroyable par rapport à notre 1er jour sous la pluie / dans la boue). On en profite donc pour aller au bord de la mer, se taper un monstrueux plateau de fruits de mer (putain qu’est ce que j’aime les huîtres et les araignées), à Cancale, puis se baigner à Port Mer. Oui, je me suis baignée, incroyable mais vrai, dans une eau à moins de 20°.

Bref, à trop se faire dorer la couenne, on loupe le concert de Bernard Lavilliers (je m’en remettrait), et je me traîne à celui des Hurlements d’Léo, que je trouve justement un peu braillards. De toutes manières, tout le monde est dans l’attente de la retransmission de la Finale de la Coupe du Monde de Foot, pendant laquelle tous les concerts sont suspendus. Autour de l’écran géant qui retransmet habituellement les concerts, environ 6.000 personnes s’installent, assises bien sagement. L’ambiance est globalement hyper concentrée, et pour cause.


public foot bobital
Vidéo envoyée par sasalaloute

Peu après la mi-temps, pour la 1ère fois depuis le début du Festival (c’est pas trop tôt !), je me fais brancher par un gars assis à côté de moi. Précisons ici que le public masculin est globalement assez peu à mon goût : une majorité de « petits jeunes » de moins de 20 ans, acnéiques, imbibés de bière, avec déjà une brioche qui ne laisse rien présager de bon. Quelques uns sont en chasse affichée (voir photo de gauche), et je les entend faire à des donzelles des propositions plus qu’explicites (« ça te dit pas d’aller baiser une heure ou deux sous ma tente ?« , que j’ai entendu au détour d’un concert … la classe internationale). D’autres (assez nombreux), ne sont plus en état de quoi que ce soit, ronflant le nez dans la terre et la paille (rapport à la boue en dessous), définitivement mis KO par la KRO (voir photo de droite). Belle jeunesse 🙂

Bref, mon voisin de gauche sort de sa poche une petite boulette, qu’il commence à préparer consciencieusement. Il a au moins 18 ans, le physique encore ingrat qu’on les garçons à cet âge, un peu gringalet (je dois faire 10 cm et 20 kg de plus que lui). Une fois qu’il a roulé un espèce de truc énorme (je parle du joint), il se tourne vers moi, les yeux plein de concupiscence (et je ne parle pas que du joint), et me dit « ça te dit qu’on le fume ensemble ?« . Roooh. La déclaration d’amour de l’année, je suis toute émue. Dans la mesure où je me suis sifflée déjà pas mal de bière, et que je ne veux pas essuyer une tentative de roulage (de pelle, puisque le joint, c’est fait), je décline gentiment.

A l’issue de la pénible séance de tirs aux buts, un tiers du public s’effondre, et les deux autres tiers (auquels je m’associe) se demandent quand est ce que les concerts reprennent. On enchaîne rapidement avec les Rasmus, finlandais bruyants, et on ne s’attarde pas, préférant aller voir Anaïs, ce qui du coup ne nous permet pas de voir Lordi, les hard rockeurs vainqueurs de l’Eurovision (pas grave). Je suis contente de voir Anaïs sur scène, même si le set est un peu court, elle met une très bonne ambiance.

Le dernier concert, celui de Dyonisos, nous permet de finir ce festival en beauté. Le groupe et notamment son leader ont une pêche incroyable sur scène, et permettent de bien remonter le niveau sonore et la chaleur humaine du festival, un peu retombée à cause du foot. Du coup, on zappe les Saian Super Crew, pour rester sur une bonne note de musique qui met la pêche.

Sur la photo de droite, le chanteur revient de son périple, porté à travers toute la foule du festival, un beau moment de communion …

Day 5 : back home

Le retour à nos pénates lyonnaises a été plus que laborieux, rapport à la fatigue accumulée, et à la chaleur dans la bagnole non climatisée. Toujours est il que je suis CONDAMNEE à retourner à Bobital l’année prochaine, puisque les programmateurs ont promis qu’Elmer serait programmé prioritairement ….. yeeeeeeeeeees.

3 réponses sur “Vis ma vie de festivalière bretonne, ou comment je n’ai pas vu Elmer Foot Beat en concert (part 2)”

  1. Incroyable, Mina !!!!

    Ton ami Marco est le SO-SIE de Bernard Butler, guitariste anglais (notamment ex-membre de Suede), un type absolument génial que j’idolâtre… j’ai cru que tu avais bu une bière avec… Il faudra le lui dire… et je précise que Bernard est joli garçon… encore plus que Dick (c’est dire)…

    Bises

    Jean

  2. le tee shirt : une autre vision de trust ! En tout cas, j’espère que tu gardes un bon souvenir de la Bretagne. T’inquiète, elle t’attend toute l’année, y’a tant de trucs à voir. Si t’as besoin d’un guide sur Nantes… ou si tu décides de larguer l’Epoux et que tu passes aux petits jeunes (non pas acnéïques pourquoi ?)… ok, je me calme. Allez, kénavo (et oui je sais, je pond ce commentaire 3 plombes après le post, mais j’étais pas venu depuis 2 semaines…)

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