Le jour où j’ai voulu divorcer

Franchement, les enfants, on est passés à un poil de cul du psychodrame familial, laissez moi vous raconter (c’est une licence poétique là aussi, parce que je ne vous laisse pas vraiment le choix en fait, z’avez juste à lire religieusement).

Il était 16 h 30 environ ce jeudi 25 octobre. J’étais dans la chambre de l’Héritier, occupée à une de mes activités favorites depuis quatre semaines :
tricoter de la layette bleue
briquer mes sex-toys pour le jour où je serais à nouveau praticable
allaiter l’Héritier
changer la couche sale dudit Héritier.

En priant pour qu’il ne me pisse pas dessus. Ou pire, parce que oui, ces ingrats d’enfants sont capables de littéralement chier sur leurs parents. J’en ai déjà eu la preuve. J’ai été forte dans ma tête, j’ai pas vomi. Je lui ai souri, et je lui ai dit que je l’aimais, et parce que je l’aimais, j’aimais son caca aussi. Note pour plus tard : penser à vérifier chez Dolto ou ailleurs que c’est bien ça qu’il faut dire à propos du caca de ses enfants. Ca me paraît un peu coprophile comme démarche, j’adhère pas trop.

Mais je m’égare. Plongée dans le caca de mon fils, j’entends la porte d’entrée sonner. Tiens ? Qui cela peut-il être en pleine journée ? Comme nous recevons pas mal de colis actuellement (des kadals pour l’Héritier, moi je me contente d’adorer son caca jaune et vert), je me dis que c’est peut être un nouveau colissimo. L’Epoux va ouvrir. Alors que j’ai encore les mains pleines de caca, j’entends un dialogue s’amorcer. Mais je n’entends que l’Epoux, qui farfouille pour finir par dénicher 7 euros, qu’il donne à son visiteur.

Après avoir refermé la porte, je mène l’enquête (ben oui, quand t’es au foyer, le moindre micro évènement est une fête de socialisation).

Sasa : C’était qui ?

L’Epoux, indolent : Ah oué, non rien, c’était les pompiers, pour le calendrier, j’avais pas grand chose je leur ai laissé 7 euros.

Sasa, avec les yeux qui lui sortent des orbites, façon Tex Avery : SA MERE LA TRAVAILLEUSE DU SEXE. Ce sont les pompiers qui sonnent (mais quelle idée aussi de vendre les calendriers en octobre, sans blague, c’est hyper trop tôt), à MA PORTE A MOI QUE J’AI. Si ça se trouve ils sont douze, chauds comme une baraque à frites, prêts à se désapper d’un claquement de doigt, en uniforme, et tout, et toi, tu me laisses les mains DANS LA MERDE DE TON FILS, et tu m’appelles pas ????

L’Epoux (qui commence à prendre la mesure de sa tragique erreur) : Oh hé, ils étaient UN, alors du calme …

Sasa : Oui mais il était en uniforme je parie ? Tu sais combien j’aime les uniformes. Surtout ceux de pompiers, avec des rangers et un pull bleu marine moulant avec la bande rouge et tout et tout …

L’Epoux, conciliateur : Ah ben oui, il était en uniforme (je manque de défaillir), mais tu sais il était pas très beau.

Sasa, pointilliste : Attends, attends, qu’est ce que t’appelles pas très beau ?? Précise, précise.

L’Epoux, qui s’enfonce : Grand, baraqué, cheveux poivre et sel, yeux clairs. (Un silence éloquent, on entend passer un ange. Et l’Héritier gueuler, parce que pendant ce temps, il est toujours le cul à l’air, enduit de crème pour son erythème, attendant que je daigne lui cacher la religion). Oué en fait il était pas mal …

(Photo non contractuelle, faut pas rêver non plus …)

Sasa, étouffant un sanglot de dépit : T’ain t’es vraiment un gros salaud. Tu sais combien ça m’aurait fait plaisir d’en voir un, juste pour le plaisir des yeux. Et pour une fois que j’avais des gros seins. Enfoiré va. Je divorce si c’est comme ça, et t’inquiètes, je te laisse la garde de l’Héritier hein. Je m’encombrerai moins avec du caca vert et jaune grumeleux, tiens.

Mais quelle idée aussi eux, de vendre leurs calendriers en octobre, sans déc’, y’a plus de saison. Et le premier qui me dit que j’ai qu’à attendre que les éboueurs passent, je lui envoie une couche (sale) de l’Héritier à la face.

Le soir venu, l’Epoux a essayé de se racheter et de me consoler, il m’a trouvé une vidéo de pimpons, des suisses. Différente de celle que j’avais déjà diffusée. Mais franchement, la seule réflexion que ça m’a inspirée, c’est que jamais de ma vie je prendrais l’avion de Genève. Les pompiers là bas, ils se mettent à 15 pour sauter sur une aile d’avion en chantant en lipdub « Fous ta cagoule ». Bonjour les conditions de sécurité …

Edit de 23 h 40 : Je suis desolée les jeunes, j’ai des soucis techniques avé le blog, du coup y’a les commentaires pour la note qui ont sauté. Mes excuses toutes plates à Ricardo, l’Epoux et Dorée (c’est étrange ce pseudo).

3 réponses sur “Le jour où j’ai voulu divorcer”

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