Quand les journalistes espagnols taclent notre Nabot national

Ben ça fait un peu pan sur le bec, comme ils disent au Canard Enchaîné. Entendu ce matin sur la revue de presse matinale de France Inter, un article intitulé « Sarkozy c’est fini », écrit par un journaliste espagnol dans El Pais, un des quotidiens de référence du pays. Finalement, il ne dit rien de plus que ce que l’on peut entendre par ailleurs ici, mais venu d’ailleurs, ça prend toujours un petit goût de frais. Toutefois, même si les espagnols n’ont pas de leçons à nous donner en termes de personnalités politiques contestables, c’est toujours assez désagréable de se faire mettre le nez dans son caca par des voisins taquins.

Quelques passages, pour la bonne bouche (je vous traduit pas hein, c’est pas du suédois, c’est assez facile à lire pour un francophone) …

La enfermedad que sufre Sarkozy no tiene la gravedad del cáncer de próstata de Mitterrand, pero afecta a un órgano tan vital como es el ego, que sufre de una hipertrofia probablemente irreversible. Siendo una persona tan joven y activa, sobre todo sentimentalmente, la dolencia es seria y de tratamiento difícil.

Alors pour la traduction (sommairement, parce que j’ai un vrai métier moi !) : La maladie dont souffre Sarkozy n’a pas la gravité du cancer de la prostate de Mitterand, mais elle affecte un organe vital, l’égo, qui souffre d’une hypertrophie probablement irréversible. S’agissant d’une personne aussi jeune et active, surtout sentimentalement, l’affection est sévère et le traitement difficile.

El trato que ha proporcionado en público a unos y otros, incluso a sus colaboradores más íntimos, es el propio de un monarca caprichoso y atrabiliario hacia sus lacayos. Vejados e insultados sus asesores por el propio señor del Elíseo, puenteados los ministros por los asesores presidenciales y los parlamentarios por las comisiones especiales a las que se les encargan las grandes tareas de reforma, Sarkozy se dirige hacia un altivo aislamiento personal que sólo puede conducir a la ira o a la melancolía. Incluso su impopularidad es extravagante: no se debe a su inaplicado programa reformista, sino a su comportamiento personal.

Traduction : Le traitement qu’il fait subir en public à tout un chacun, y compris ses collaborateurs les plus proches, est le propre d’un monarque capricieux et atrabilaire envers ses laquais. Entre les conseillers malmenés et insultés par le seigneur de l’Elysée lui-même, les ministres pointés du doigt (mis à l’index ?) par les conseillers présidentiels et les parlementaires tancés par les commissions spéciales auxquelles on confie les grandes réformes, Sarkozy s’oriente vers un isolement hautain qui ne peut que conduire à la colère ou à la mélancolie. Même son impopularité est extravagante : elle n’est pas due à son programme réformiste aujourd’hui inappliqué, mais son comportement personnel.

Este biznieto liberal y proamericano de De Gaulle (después del nieto Chirac y del hijo Pompidou) se ha instalado con poderes acrecentados por su ambición y su idea personalísima de la presidencia. Pero una vez obtenida, se ha dedicado fundamentalmente a sí mismo, como un adolescente narcisista, ocupado en sus sentimientos y placeres. El poder puede proporcionar muchos, pero la prudencia aconseja no hacer mucha gala de ellos. Sarkozy hace lo contrario y se refocila en la temeridad y en la exhibición.

Traduction :

Ce petit-neveu libéral et pro-américain de de Gaulle (après le petit-fils Chirac et le fils Pompidou) a été installé avec des pouvoirs démutipliés par son ambition et son idée très personnelle de la présidence. Mais une fois le pouvoir conquis, il s’est fondamentalement consacré à à lui-même, comme un adolescent narcissique, plus occupé par ses affaires sentimentales et son bon plaisir. Le pouvoir peut permettre beaucoup, mais la prudence conseille de ne pas faire trop montre de ses avantages. Sarkozy fait le contraire et se complaît dans la démonstration et l’exposition.

Ha fracasado como rey taumaturgo, que por su imposición de manos debía incrementar la capacidad de compra de los franceses, hasta verse obligado a pronunciar la frase maldita que rompe los sortilegios: « ¿Qué esperáis de mí? ¿Que vacíe unas arcas que ya están vacías? ». Como rey filósofo, ha suscitado las mayores reservas respecto a las tradiciones republicanas, sobre todo cuando ha expresado con desenvoltura sus simpatías intelectuales por el Papa en Roma. Y sólo ha triunfado plenamente en su papel de sultán en el serrallo, con los ropajes que más interesan al gran público y, por lo que se sabe, también a sus pares, fascinados por su capacidad de seducción, su buen gusto y sobre todo su desparpajo, rayano en la desvergüenza. Pero ahí lo que ha conseguido deprime de nuevo a muchos franceses: ha puesto la República a la altura del Principado de Mónaco.

Traduction :

Il a échoué comme roi taumaturge, qui par son imposition de mains devait augmenter le pouvoir d’achat des français, jusqu’à voir obligé de prononcer la phrase maudite qui a rompu le charme : « Qu’est-ce qu’attendez-vous de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ? ». Comme roi philosophe, il a suscité les plus grandes réserves s’agissant du respect des traditions républicaines, surtout quand il a exprimé avec désinvolture ses sympathies intellectuelles pour le Pape à Rome. Il a seulement triomphé pleinement dans son rôle de sultan dans son sérail, avec les atours qui fascinent le grand public et, pour ce que l’on sait, également ses pairs, fascinés par sa capacité de séduction, son « bon goût » et surtout sa manière décomplexée de l’assumer. Mais qu’il a obtenu déprime surtout beaucoup de français : il a mis la République à la hauteur de la Principauté de Monaco.

Sont forts ces espagnols nan ? Il a mis la République à la hauteur de la Principauté de Monaco … Ca a du l’énerver ce papier, le Nabot, mmmm … J’adore ! et on applaudit bien fort LLUÍS BASSETS.

Et on remercie Sasa pour sa traduction !

7 réponses sur “Quand les journalistes espagnols taclent notre Nabot national”

  1. (premier commentaire et je critique, rha la la)

    bonjour 😀

    j’ai rien compris 🙁 je suis pas plus espagnophone (?) que suédophone (?) ! La version traduite par GoogleTrad est pas méga intelligible mais au moins c’est rigolo 😉

    Sinon, pour dire quanmême un truc gentil, j’aime beaucoup ton blog, voilà c’est dit !

  2. Ben dis donc, faut que je révise mon espagnol moi… Je comprends dans les grandes lignes, mais dans le détail c’est plus dur…
    Hasta la vista, sasa

  3. ouais je veux bien que tu traduises s’il te plait!

    parce que moi, a part "vamos a la zapateria" c’est pas ma langue maternelle l’espagnol.

    en vous remerkiant!

  4. L’article est lisible sur le Courrier Internationnal de cette semaine (n°903).
    Je ne me suis jamais vraiment positionné en tant que "français"; et bien là, j’ai un peu honte de l’être. Un nouvel effet de la Sarkolepsie.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.