Touche pas à mon zguègue

Lorsque tu choisis en toute conscience inconscience de fabriquer un enfant, il existe des questions existentielles que tu n’abordes pas avec ta douce moitié parce qu’elles t’échappent complètement, ou qu’elles te paraissent réglées par le bon sens. En bonne névrosée, je croyais toutefois avoir posé et anticipé pas mal de ces grands principes éducatifs : il ne serai pas enfant unique, il serai éduqué dans le système scolaire public, il serai poli et obéissant …. Bref dans les grandes lignes, je ne me faisais pas de souci à priori sur la manière dont nous allons l’éduquer l’Héritier. D’abord parce que je connais l’Epoux depuis 11 ans, et que je sais exactement quels sont ses principes de vie et ses valeurs, que je les partage ou les accepte. Ensuite parce que je sais que nous ferons tous deux de notre mieux. Et last but not least, j’ai bien conscience que quoi nous fassions, l’Héritier aura forcément des choses à nous reprocher, c’est intrinsèque à la relation parent / enfant.

Pourtant, il est une question que nous n’avions jamais abordé avec l’Epoux, et qui nous a plongé dans des débats houleux (et c’est un euphémysme) : la circoncision. Incroyable le cataclysme conjugal et parental que ça a déclenché cette histoire dans notre jeune parcours de parents (j’en avais vaguement causé, ).

Pour ma part, je suis issue d’une mère algérienne, de confession musulmane, et d’un père breton, agnostique, mais qui a accepté que mon frère soit circoncis. Je m’en souviens très bien, c’était un été lors de vacances chez ma grand-mère à Alger, j’avais 8 ans, Mehdi en avait donc environ 3. Il a été emmené à l’hôpital pour l’intervention, pendant une matinée, et puis ramené à la maison, sans plus de cérémonie. Il se souvient pour sa part d’avoir eu mal pendant quelques jours. Moi je me souviens surtout qu’il avait eu gras de kadals ce petit salopiot pour l’occase.

Ca n’a jamais fait débat chez nous, les garçons sont circoncis, pour des raisons traditionnelles et d’hygiène. Connaissant le rejet massif de mon père à l’égard du fait religieux, de la foi et de ses différentes dérives, je n’ai jamais pu penser que la circoncision puisse être motivée uniquement dans ma famille par celle-ci. Surtout que nous n’avons pas reçu d’éducation religieuse. Notre mère vit sa foi de manière personnelle, suit les rites et préceptes de l’islam, sans nous en imposer les conséquences. Par exemple, en période de jêune pendant le ramadan, quand nous étions petits, elle nous faisait à manger (pour ceux qui l’ignorent, il est théoriquement interdit de toucher les aliments et de les cuisiner pendant la journée).

Pour moi, il était donc évident que si un jour j’avais un enfant, et que c’était un garçon, il serait circoncis. Tu parles Charles.

Je ne me souviens plus comment, au cours d’une conversation pendant ma grossesse, le sujet est arrivé sur le tapis, mais autant vous dire que j’aurais parlé de lui arracher les ongles un à un avec une pince à épiler qu’il n’aurait pas réagi différemment, mon cher mari. Lui que je connais par coeur, et que j’admire, pour ses capacités intellectuelles, sa finesse d’analyse, ses capacités de compréhension, ben dès qu’on aborde le thème de la circoncision, il se transforme en passionaria hystérique et bornée (je sais, il va apprécier). Toute discussion devient proprement impossible, et très vite, rentrent dans le champ lexical des mots très durs (barbarie, torture inutile, tradition rétrograde … ) et des comparaisons (mutilation, excision) que je trouve intolérables. Ca me fait un peu de peine, parce que c’est typiquement le genre de polémiques dont on sort rarement avec une image grandie de l’autre. Et je ne parle même pas du fait que j’ai du coup complètement renoncé à une tradition familiale à laquelle je suis attachée.

Je n’arrive pas à comprendre comment on peut porter un jugement aussi sévère et peu nuancé sur cette pratique. Pourquoi on fait l’amalgame aussi souvent avec la question religieuse, alors même que la circoncision est pratiquée dans certains pays (notamment les Etats-Unis) à titre préventif, et comme politique d’hygiène. Je comprends que ça puisse hérisser les poils des gars qui ne l’ont pas fait, au nom de « touche pas à mon zguègue« . Mais par contre, ce qui me choque profondément, c’est le parallélisme vis-à-vis de l’excision. Non mais sans blague. La circoncision prive l’homme d’un petit bout de peau, qui ne l’empêchera en aucune manière de bien vivre sa sexualité. L’excision est un acte barbare, de soumission de la femme à par l’homme, qui en la mutilant la prive définitivement de l’accès au plaisir charnel. Ca fait une petite différence non ? Je suis entrée dans le féminisme en lisant Benoite Groult, et Ainsi soit-elle, dont un des thèmes de défense de la femme est justement l’excision. Je trouve ça inadmissible que l’on puisse mettre les deux choses au même niveau, et face à la mauvaise foi et au dogmatisme de ceux qui viennent te faire des leçons de civilisation (et je ne parle pas de l’Epoux en l’état), les bras m’en tombent. Il suffit de voir ces témoignages (relayé via SLG).

(PS 1 : Rappel pour ceux qui arriveraient ici par requête google, ce blog est MON lieu d’expression à moi que j’ai, et tout commentaire haineux sera supprimé sans sommation.)

(PS 2 : Ne me demandez pas pourquoi toute la colonne de droite est en bas, je n’en sais RIEN, mais ça me rend dingue !)

J’ai 10 secondes pour vous dire ….

…. que le choix de diffuser la Nouvelle Star le mercredi est proprement scandaleux.

C’est la 2ème semaine que je loupe le programme, sans compter que cela nous prive de Docteur House. Et j’aime beaucoup Docteur House. Des fois je me dis que dans 20 ans, j’aurais toute la légitimité pour traiter de la même manière mes subordonnés, et que cela me fera beaucoup de bien (alors qu’aujourd’hui je me berce encore de la douce illusion que je peux faire mieux que mes aînés, et concilier des pratiques managériales humanistes dans des métiers d’esclavagistes). A savoir, comme de la merde.

A part ça, mes journées ressemblent actuellement à un looooong (très looooooooong) chemin d’emmerdes. Je pense bien que tout cela va culminer le 12 avril 2008, jour MAUDIT où j’aurais 30 ans, et que je me rendrais compte que ma jeunesse est définitivement derrière moi. Après un ventre ferme et des seins qui pointent haut vers le ciel, ça fait beaucoup de renoncements en peu de temps.

Il ne me reste plus qu’à trouver une idée de cadeau particulièrement onéreux pour essayer de noyer mon chagrin dans un accès consumériste à tendance hystérique. Des suggestions peut être ?

(Pour les vrais amis de la vraie vie qui lisent ce blog, j’ai enfin une info valable à communiquer ici : Nous fêterons nos 30 printemps le jour de l’été. Je répète, nous fêterons nos 30 printemps le jour de l’été. Samedi 21 juin quoi. La suite bientôt ….)

Le Comoedia restera le Comoedia

Sujet très lyonnais, mais qui me tient particulièrement à coeur (et pas seulement parce que c’est le seul cinéma a moins de 10 minutes de chez moi), mais parce que je trouve qu’un travail remarquable de restauration et de reprise a été fait avec ce vieux ciné (1924), lâchement abandonné par le groupe UGC, pour être remis à neuf par des passionnés.

Une bataille juridique s’était engagée entre les nouveaux propriétaires et les anciens (UGC), et une fois n’est pas coutume, c’est les petits qui ont eu raison du gros. Vu sur LibéLyon. J’avais signé la pétition de soutien au cinéma, mais je suis contente que la justice leur ait directement donné raison.

Le Comoedia, c’est là. Un des plus beaux cinémas d’art et essai lyonnais.

Des fois …

… le matin, tu prends un soin certain à choisir ta tenue, dans ta garde-robe, pour choisir celle dans laquelle tu te sentiras bien, élégante / confortable, parce que tu sais que la journée sera longue et un poil pénible. Ca te coûte un précieux quart d’heure, mais c’est pas grave, tu es satisfaite du résultat. A peu près, parce que tu n’as pas encore eu le temps de te maquiller. Et tu n’auras sans doute pas le temps. Parce que ce matin, tu as choisi de prendre un vrai petit déjeuner. Tout est une question de hiérarchisation.

Tu donnes le biberon à l’Héritier, en le prenant avec tout l’amour du monde dans tes bras, et lui aussi à l’air satisfait de son sort.

Et puis sans préavis, il te lâche un GROS RENARD des bois, qui retapisse sans nuance ta jolie tenue. Tu retiens un mouvement d’exaspération, puisque l’enfant lui semble plutôt soulagé de cette évacuation, car il te fait un grand sourire. Conclusion, tu lui retourne son grand sourire, et tu prends 20 secondes pour t’habiller à l’arrache, avec ce qui te tombe sous la main.

Essaie donc d’être mère ET élégante avant de rire, petit padawan.