Le mal des transports

Combien de fois j’ai entendu des interlocuteurs s’extasier sur ce qui fait (un) des particularismes de mon métier, à savoir l’inutilité crasse de mes recommandations la mobilité, la bougeotte, le globe trotting corporate.

Hélas, comme souvent, ce qui fait l’exotisme et le charme bien particulier d’une fonction pendant les premières années d’exercice devient au fil du temps une contrainte logistique majeure, donc on cherche par tous moyens à s’extraire au mieux, à minimiser les impacts au pire.

 

Je suis donc une voyageuse professionnelle chiante. Et assumée. Autant pour mes vacances persos je suis prête à admettre les aléas du voyage avec une certaine dose de patience, autant quand ça touche aux voyages pros, je saute très vite toutes dents dehors à la jugulaire des pauvres hères que je considère comme responsables, au moins partiellement, des couilles dans le potage de la merveilleuse gestion de mes déplacements. Il faut dire qu’avec en moyenne 10 à 15 heures par semaine dans les transports, c’est normal d’avoir un niveau d’exigence exponentiel.

 

Malheureusement, c’est statistique, plus tu voyages, plus tu accumules les situations merdiques et les plans pourris, soumise aux aléas climatologiques, grévistiques, et autres contre-temps souvent indépendants de ta volonté. En faisant une requête de « plans pourris en déplacement » sur ce blog on tombe, je n’en doute pas, sur 1000 et 1 récits de mes petites aventures à travers le monde, et la France profonde. Et il faut le dire, pouvoir hurler à la face du monde sa haine des transporteurs du monde entier, ça fait du bien.

 

Les aventures de ces dernières 48 heures ne dérogent pas à cette règle immuable : plus tu te déplaces, plus tu t’emmerdes.

 

J’étais donc à Casablanca pour 2 jours, le temps de 2 audits, en pleine période de Ramadan. J’avais conspué le service voyages de ma société (une grosse bande de quiches, avec lequel je suis en conflit permanent) qui m’avait proposé de passer par Paris … pour redescendre sur Casa … et ce pour la modique de 1.000 euros l’aller simple.

En cliquant 3 pages, je tombe sur un aller retour direct Lyon / Casa, par une compagnie inconnue des services : Jet4you. J’ai bien l’intention de devenir 1ère référence Google sur « est ce que Jet4you sont des charlots », donc retenez bien ce nom.

Ze feurme ne nous oblige pas à voyager au moindre coût. C’est donc toute seule, en employée zélée soucieuse d’économie, que je me suis fourvoyée toute seule dans un magnifique traquenard : le vol low cost.

 

A l’aller : quasiment une heure de retard.

Au retour : CINQ HEURES de retard.

 

Je suis donc arrivée à deux heures du matin à Lyon (au lieu de 21 h), alors que j’avais un train ce matin à 7 h (trois heures de sommeil, à quelques heures d’un RDV dans un Ministère, la fête du slip). Cinq longues heures d’attentes pendant lesquelles la compagnie n’a pas daigné mandater un seul représentant pour nous expliquer la situation.

Lors de l’enregistrement on nous a prévenu que le vol avait 2 heures de retard. Ensuite, c’est par les panneaux qu’on a appris la réalité du retard. Cinq longues heures dans ce no man’s land que sont les salles d’embarquement, où une fois que tu as éclusé les boutiques duty free plus chères que ton Shopi de quartier, tu te fais chier comme un rat perdu sur la banquise. Ma principale occupation était de regarder ma cheville droite gonfler à vue d’œil, suite à une chute que j’avais faite le matin même dans une rue mal pavée de Casa (toutes les rues de Casa sont très mal pavées). Bien entendu, pas d’infirmerie. Ma cheville, c’est Elephant Man (et toujours pas soignée à l’heure où je vous cause).

 

Autant dire que ce matin, quand le TGV Lyon / Paris a affiché 20 minutes de retard, j’ai vu rouge. En sortant Gare de Lyon, je suis tombée dans la file d’attente des taxis, riche de plus 40 personnes en attente, et avec 0 voiture en vue. J’ai du mon sauvetage à un gentil motard qui m’a proposé ses services (payants hein) pour rallier mon RDV. Alors la moto taxi, avec une mini robe relevée jusqu’en haut des cuisses et la cheville en vrac, en théorie, c’est pas extra. Mais en pratique, c’était bonheur.

 

Alors le prochain qui me dit « comme t’as trop de la chance de voyager tout le teeeeeeemps », je le ligote cinq heures dans une salle d’attente crasseuse de Jet4you, et on voit s’il fait encore le malin.

 

Sinon, pour remplir tout de même mon rôle de tour operator, Sasa Travel Tour ne vous recommande pas trop Casa pour y faire du tourisme, c’est loin d’être la plus belle ville du Maroc, elle est surtout industrielle et moderne. La medina est pas extraordinaire, tout le bord de mer est en chantier, trône juste la Grande Mosquée Mohammed V. Par contre, on mange très très bien au Maroc, et Casa ne fait pas exception. Je me suis bouloté une pastilla poulet amandes épices, trop trop de la balle.

 

Sinon, si un jour je récupére le moral, je vous raconterai comment sont traités les patients aux urgences, ça fait rêver.

 

6 réponses sur “Le mal des transports”

  1. tu es à Paris ce week-end ?
    Sinon préviens moi la prochaine fois que tu passes par Paris, ça me ferais plaisir de te voir, Marie aussi je crois !

  2. Ping : Mon premier …
  3. Fais gaffe, une entorse, oui, oui, c’est bénin, mais ça ne se répare pas aussi vite qu’on le croit, et les attelles, ça ne vaut pas un plâtre.
    Bon, j’te dis ça comme ça, mais je me suis cassé la g… il y a bientôt 11 ans, on ne m’a pas plâtré, et j’en souffre encore par instants.
    J’espère que ça se passera mieux pour toi !

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