Le mal des transports

Combien de fois j’ai entendu des interlocuteurs s’extasier sur ce qui fait (un) des particularismes de mon métier, à savoir l’inutilité crasse de mes recommandations la mobilité, la bougeotte, le globe trotting corporate.

Hélas, comme souvent, ce qui fait l’exotisme et le charme bien particulier d’une fonction pendant les premières années d’exercice devient au fil du temps une contrainte logistique majeure, donc on cherche par tous moyens à s’extraire au mieux, à minimiser les impacts au pire.

 

Je suis donc une voyageuse professionnelle chiante. Et assumée. Autant pour mes vacances persos je suis prête à admettre les aléas du voyage avec une certaine dose de patience, autant quand ça touche aux voyages pros, je saute très vite toutes dents dehors à la jugulaire des pauvres hères que je considère comme responsables, au moins partiellement, des couilles dans le potage de la merveilleuse gestion de mes déplacements. Il faut dire qu’avec en moyenne 10 à 15 heures par semaine dans les transports, c’est normal d’avoir un niveau d’exigence exponentiel.

 

Malheureusement, c’est statistique, plus tu voyages, plus tu accumules les situations merdiques et les plans pourris, soumise aux aléas climatologiques, grévistiques, et autres contre-temps souvent indépendants de ta volonté. En faisant une requête de « plans pourris en déplacement » sur ce blog on tombe, je n’en doute pas, sur 1000 et 1 récits de mes petites aventures à travers le monde, et la France profonde. Et il faut le dire, pouvoir hurler à la face du monde sa haine des transporteurs du monde entier, ça fait du bien.

 

Les aventures de ces dernières 48 heures ne dérogent pas à cette règle immuable : plus tu te déplaces, plus tu t’emmerdes.

 

J’étais donc à Casablanca pour 2 jours, le temps de 2 audits, en pleine période de Ramadan. J’avais conspué le service voyages de ma société (une grosse bande de quiches, avec lequel je suis en conflit permanent) qui m’avait proposé de passer par Paris … pour redescendre sur Casa … et ce pour la modique de 1.000 euros l’aller simple.

En cliquant 3 pages, je tombe sur un aller retour direct Lyon / Casa, par une compagnie inconnue des services : Jet4you. J’ai bien l’intention de devenir 1ère référence Google sur « est ce que Jet4you sont des charlots », donc retenez bien ce nom.

Ze feurme ne nous oblige pas à voyager au moindre coût. C’est donc toute seule, en employée zélée soucieuse d’économie, que je me suis fourvoyée toute seule dans un magnifique traquenard : le vol low cost.

 

A l’aller : quasiment une heure de retard.

Au retour : CINQ HEURES de retard.

 

Je suis donc arrivée à deux heures du matin à Lyon (au lieu de 21 h), alors que j’avais un train ce matin à 7 h (trois heures de sommeil, à quelques heures d’un RDV dans un Ministère, la fête du slip). Cinq longues heures d’attentes pendant lesquelles la compagnie n’a pas daigné mandater un seul représentant pour nous expliquer la situation.

Lors de l’enregistrement on nous a prévenu que le vol avait 2 heures de retard. Ensuite, c’est par les panneaux qu’on a appris la réalité du retard. Cinq longues heures dans ce no man’s land que sont les salles d’embarquement, où une fois que tu as éclusé les boutiques duty free plus chères que ton Shopi de quartier, tu te fais chier comme un rat perdu sur la banquise. Ma principale occupation était de regarder ma cheville droite gonfler à vue d’œil, suite à une chute que j’avais faite le matin même dans une rue mal pavée de Casa (toutes les rues de Casa sont très mal pavées). Bien entendu, pas d’infirmerie. Ma cheville, c’est Elephant Man (et toujours pas soignée à l’heure où je vous cause).

 

Autant dire que ce matin, quand le TGV Lyon / Paris a affiché 20 minutes de retard, j’ai vu rouge. En sortant Gare de Lyon, je suis tombée dans la file d’attente des taxis, riche de plus 40 personnes en attente, et avec 0 voiture en vue. J’ai du mon sauvetage à un gentil motard qui m’a proposé ses services (payants hein) pour rallier mon RDV. Alors la moto taxi, avec une mini robe relevée jusqu’en haut des cuisses et la cheville en vrac, en théorie, c’est pas extra. Mais en pratique, c’était bonheur.

 

Alors le prochain qui me dit « comme t’as trop de la chance de voyager tout le teeeeeeemps », je le ligote cinq heures dans une salle d’attente crasseuse de Jet4you, et on voit s’il fait encore le malin.

 

Sinon, pour remplir tout de même mon rôle de tour operator, Sasa Travel Tour ne vous recommande pas trop Casa pour y faire du tourisme, c’est loin d’être la plus belle ville du Maroc, elle est surtout industrielle et moderne. La medina est pas extraordinaire, tout le bord de mer est en chantier, trône juste la Grande Mosquée Mohammed V. Par contre, on mange très très bien au Maroc, et Casa ne fait pas exception. Je me suis bouloté une pastilla poulet amandes épices, trop trop de la balle.

 

Sinon, si un jour je récupére le moral, je vous raconterai comment sont traités les patients aux urgences, ça fait rêver.

 

Peggy

Ce soir, en tapotant mon compte-rendu de la journée, je découvre Peggy je-veux-être-une-star, suivie par Confessions Intimes.

AU SECOURS. (L’Epoux m’interdit de regarder cette émission fort instructive quand je suis à la maison. En fait il a raison, mais c’est plus fort que moi. J’hallucine. Où c’est qu’ils les trouvent les zoizeaux pour participer à cette affaire, sans blague.)

Gégé, mon gars, bon courage avec ta courge, vraiment.

Contrebande

Je suis en salle d’embarquement pour Casablanca (i luv la carte 3G).

Bicoz of Ramadan (toujours une bonne excuse, z’avez remarqué) j’ai fait l’acquisition à la boutique de l’aéroport d’un paquet de 32 Kinder Bueno (oui 32, ça paraît fou, non ?), pour la modique somme de 6,50 euros. C’était ça ou une tranche de brie bien emballée.

Reste à savoir maintenant comment je vais pouvoir me restaurer discrètement pour ne pas attenter au jeûne des collaborateurs pendant mes deux jours de présence sur site (déjà qu’ils subissent deux jours d’audit par le méchant consultant, manquerait plus que je grignote un club sandwich sous leurs yeux affamés).

J’hésite entre les toilettes de l’entreprise, ou l’arrière de la voiture.

J’ai déjà dit que j’adorais mon job ?

Calendrier des rugbymen 2009

C’est un des rares aspects positifs de la rentrée des classes, la sortie des calendriers à oualpé de nos amis les sportifs. Mon favori étant bien entendu celui des rugbymen.

Il sort le 18 septembre cette année, avec des photos prises par  Peter Lindbergh pour la caution artistique (alors que franchement, elles pourraient être prises par Raoul Dugenou qu’elles nous feraient le même effet).

Pour vos commandes, c’est par là.

Anti-thèse

Ce matin, en préparant le biberon de l’Héritier réveillé depuis 6 h 56, j’ai entendu une chanson que j’adorais étant petite. Sunny Afternoon des Kinks.

Ils chantent un peu l’anti-thèse de ce que je vis ce matin.

Puisque le jour est loin d’être sunny. Et qu’il est à peine 7 heures.

Faites des gosses qu’ils disaient ….

Supernatural

Avant d’avoir des enfants, tu daubais sur tes amis déjà parents qui te filaient la gerbe en racontant jusqu’à plus soif leurs immondes histoires de pipi / caca infantiles.

Depuis lors, tu es toi aussi passé à ton tour par les joies des couches de ta propre engeance, et leur merveilleux contenu. Et les histoires de pipi / caca, depuis, même plus peur. Voire pire, ça t’émeut parce que ça te rappelle le tien (pas de caca, d’enfant).

Du coup, face à certaines pubs, tu ricanes bêtement, parce que ça sent le vécu.

(Mais je continuerai à acheter des Pampers, parce que c’est ça que l’Héritier il préfère.)

Mentir c’est crès crès vilain.

21 h : coup de fil à la Reine mère, qui s’occupe de l’Héritier en l’absence de l’Epoux et moi-même. Voui, nous sommes des parents indignes, pas du tout à la hauteur, complètement bordéliques, et incapables de nous organiser pour qu’au moins UN des DEUX s’occupe de sa progéniture le soir venu.

Je lui raconte que je suis à l’hôtel, seuuuule au monde, comme une âaaaame en peine, et que n’ayant aucune envie de socialiser avec mes frères humains (non je suis pas asociale, j’ai pas d’amis, c’est pas pareil), je me suis commandé un room-service. A manger devant la tévé, l’ordi sur les genoux, le bonheur sur Terre pour décompresser (dommage que j’ai pas pensé à prendre un p’tit joujou pour me tenir compagnie).

« Et qu’est ce que tu as commandé ? » me demande la Reine mère, perfide (la Reine mère est très concernée par ma surcharge pondérale …. depuis trente ans).

« Une salade de crudités » que je réponds.

« Eeeet ? » qu’elle tend la perche.

« Une salade de fruits, et une Badoit » que je réponds un peu précipitamment.

Petit silence, un ange passe.

« C’est bien ma fille. » Amen.

Bien entendu, c’est avec le rouge au front, la culpabilité me tenaillant le ventre que je suis maintenant en train de siroter le verre de chardonnay assorti au foie gras maison qui accompagne la dite salade de crudités ….

Je ne suis qu’une sale menteuse. Amoureuse d’une tranche de foie gras (non, je parle pas de l’Epoux.)

(1982, de Dieu, encore un truc qui nous rajeunit pas ….).
PS : je m’essaie aux tags, pour l’instant je vois même pas à quoi ça sert mais je suis disciplinée et bien élevée alors ….

Mon bel été – à picoler

Je ricane doucement à chaque approche de saison estivale, quand les magazines féminins partent dans leurs habituelles élucubrations sur « c’est l’été, maigrissez facilement » …. Soit disant que l’été serait la saison idéale pour la diète amincissante, genre « fait chaud, fait beau, t’as pas faim, tu passes ton temps à croquer des brugnons entre deux parties de beach volley, tout en buvant de temps en temps une petite citronnade« .

Ahem.

Ca c’est valable A LA RIGUEUR pour l’équipe féminine de beach volley brésilienne, dont on a vu les postérieurs arrogants (et effectivement parfaitement galbés) sur les diaporamas des meilleurs athlètes des Jeux Olympiques. Oui parce que le beach volley c’est sport olympique …. (Quand je pense qu’on se paie ma fiole quand je raconte qu’au bac, en sport, j’avais pris badminton, ping pong … et bowling. Tout ça pour avoir 11 / 20).

Non parce qu’en ce qui me concerne, en vacances, l’été, c’est plutôt là où je me livre aux plus grandes et meilleures libations de l’année, et pas tant gastronomiques qu’alcoolisées. Faut dire que y’a de quoi faire.

L’apéro.

Les cocktails.

Le vin à table.

Le digestif.

Tout cela étant en fin de compte moyennement compatible avec la pratique du beach volley.

Cet été donc, comme d’habitude, plusieurs parcours fléchés sur ma route de l’hédonisme.

En vacances avec les copaings, des grands classiques.

Côté apéro : la mauresque (mi pastis / mi sirop d’orgeat pour les ignorants).

Côté cocktails : le mojito.

Côté vin, l’année dernière, ça avait été la frustration totale. J’étais alors enceinte de 8 mois, et nous avions loué une maison dans la Drôme provençale. Conclusion, je véhiculais mes petits camarades de cave en cave, réjouis et avinés, pendant que moi je rongeais mon frein (c’est une image, les freins de la 307 sont intacts). Du coup, cette année j’ai eu le droit à une bonne séance de rattrapage, grâce à l’intervention opportune et fort gracieuse du CIVA, via Fred de Mai. On a donc pu s’offrir à domicile une route des blancs pas triste du tout.

Alors les vins d’Alsace, je connaissais déjà en alcoolique assidue ayant résidé 3 ans à Strasbourg. La route des vins, c’est une très belle ballade à faire en traversant l’Alsace, pleins de petits villages accueillants, à égréner au rythme des visites de caves. Colmar, qu’on appelle la petite Venise, mérite particulièrement le détour à mon humble avis.

Là, j’ai donc joué l’Alsace à la maison, il ne me manquait que les fameux verres à pied vert et la flamkuche (tarte flambée). J’avais donc reçu une belle caisse contenant une bouteille de sept cépages : un Sylvaner, un Pinot Blanc, un Pinot Gris, un Pinot Noir, un Riesling, un Muscat d’Alsace et un Gewurztraminer. Plus un Gewurztraminer vendanges tardives et un Crémant d’Alsace.

Alors pour le crémant, point de dégustation. On lui a juste mis une grosse claque avec ma soeur lors d’une séance Nouvelle Star. Très très bon produit. Ca vaut presque un autre vin pétillant que j’aime beaucoup, le Vouvray (servi par litres lors de notre mariage à l’Epoux & moi il y a 4 ans, y’en a qui m’en causent encore).

Le muscat, pareil, bonne surprise dégustée entre filles, l’a pas fait long feu non plus. Doux et sucré.

Les Gewurztraminer, surtout celui vendages tardives, ça aussi, gros succès auprès des gonzesses (et de beau papa).

Ces trois là donc, crémant, muscat, gewurtz, c’est plaisant, c’est doux et frais, moelleux comme disent les connaisseurs, un peu sucré pour certains, c’est normal que l’on aie remporté un franc succès auprès de la gente féminine (comment ça c’est normal avec les pochardes qui constituent le 1er cercle de mes fréquentations ?).

Ensuite, j’ai organisé une session « dégustation » pour les autres vins, Sylvaner, les Pinot, et Riesling, avec des morceaux de messieurs. Et là aussi, ils ont été plutôt bien accueillis, alors que dans la petite troupe, nous sommes majoritairement lyonnais et attachés à nos côtes du Rhône et vin du beaujolais (car oui, il y a de très bons beaujolais blancs, parfaitement).

Conclusion : avec tout ça, c’est pas demain que je me sculpte des fesses de joueuse brésilienne de beach volley. Mais qu’est ce que j’ai bien bu ….

Mon Parrain chez les Mexicains, épisode 4

Voir les épisodes précédents (1, 2 et 3).

Hola todos !!

Quelques nouvelles après ce  long silence (note de l’Editeur : oui c’est vrai ça, on s’est inquiétés nous). Il faut dire que l’école ne m’a pas facilité la tâche. Et ouais, une fois de plus (après le pseudo succès du français au Mexique), je me suis fait rouler. Et dire que chez le coiffeur à Lyon me demandait : « Alors, tu pars en vacances…..au Mexique … Génial, combien de temps…un an ?????? »

Et oui, crédule El Padrino, je me vantais, convaincu que je n’allais vraiment pas en foutre une à Leon. Queudal, 12 heures de cours (note de l’Editeur : on suppute que c’est 12 h par semaine, mais on se demande bien dans ce cas pourquoi il trouve ça aussi énorme …), auxquels s’ajoutent deux cours en ligne (les joies du web) qui me prennent autant de temps !!!  Et  pour me faciliter la tâche, en espagnol. Bref, c’est la merde. Deux heures pour comprendre un texte de quatre pages, je retombe au CP, sans même pouvoir écrire une phrase correctement.
Heureusement, je peux compter sur Nacho (généreux et gentil comme je vous le présentais), on me traduit, m’assiste, bref, un(e) amour. Je suis aussi un peu rassuré pas les réactions de mes compatriotes,  tout le monde se plaint du rythme, on en peut plus, Mathieu et Kevin, deux jeunes gars de l’ESC XXX se lèvent chaque matin avec  l’envie de prendre leur sac y adios, vamos a la playa .
Enfin, heureusement qu’il y a les « super week end », je finis les cours jeudi à 13 heures et reprend lundi à 10 heures (note de l’Editeur : ah oué d’accord, et ça trouve le moyen de se plaindre).

J’ai entamé ma première excursion le 16 août 2008 : Guanajuato, ville état à 100km à l’est de Léon, ancienne productrice au 19ème siècle  de plus de 20% de l’or extrait sur terre, considérée par « Lonely Planet » comme une « des plus belles villes du pays ».  Construite à même  la roche, à plus de 2.100 mètres d’altitude, ses toits et  les façades des maisons  multicolores ne vous font pas regretter le bus tape cul rempli de poules et d’indiens. Enfin, une très belle ville, je vous laisse découvrir les photos ci-jointes (note de l’Editeur : y’avait point de pièces amigo !).
Ensuite, retour à Leon pour 4 jours de boulot, d’aller retour à l’immigration pour nous enregistrer et hop, re-super week end : direction cette foi-ci la côte sauvage du Michoacan.

« Michoacan m’avez vous dit ? » un chauffeur de taxi nous met en garde : c’est la saison des pluies… Ignare, j’ai mon Lonely Planet et mon Routard qui m’informent bien mieux que ce rustre, ben en août, la pluie, c’est fini. Bref, je ne l’écoute pas plus que cela.
Jeudi, après avoir copieusement fêté l’anniversaire d’une de mes colocataires, Pulchery (oui  oui, c’est son vrai prénom), on a tous pris le bus direction un petit port du Michoacan, Lazaro Caldenas (nom d’un ancien président ). Arrivée au petit matin, l’aventure commence maintenant…. Un vieux village (pourri) typique, aux couleurs (dégueulasses) surprenantes, peuplé d’habitants (pas tibulaires mais presque) très accueillant. Ouf, le prochain bus direction le paradis part dans une heure, nous prenons notre mal en patience, quelques tacos SIN chile pour moi, et petite balade dans ce bled. On décolle,  et c’est quelques minutes plus tard qu’on me réveille «  El Padrino, Le Pacifique », géant ! Le tout entouré d’une végétation tropicale, le temps est lourd et le ciel menaçant, et merde…il Pleut, oui oui, avec un grand P, cet abruti de taxi avait donc raison, nous sommes en pleine saison des pluies.  A coté de nous, toujours dans le bus qui longe cette splendide côte ouest du Pacifique (une première pour moi, c’est vraiment impressionnant), dort un jeune homme qui ne ressemble pour pas un pesos à un Nacho. Le contact se fait, ce monsieur rédige une thèse sur la littérature mexicaine à Trinity College. Il nous parle d’un endroit sur le chemin  vers Majuata, une plage peu connue, spot de surf caché où il va passer la nuit, c’est un peu le « Zipolite » d’il y a trente ans. Qu’a cela ne tienne, on le suit, vamos a Nexpa, et là, l’aventure commence vraiment.

C’est Koh Lanta. Des huttes en paille le long d’une plage avec des rouleaux énormes, pas d’électricité, la douche ? un tuyau. Forcément, je râle, putain mais où est l’hôtel, le distributeur, c’est quoi cette jungle ? (Note de l’Editeur : vous constatez donc que le gène de l’embourgeoisement est bien présent au sein de la fratrie.) C’est une blague Fiacre (oui, c’est bien le nom de  cet irlandais qui  nous a trainés au bout du monde) bref, j’attends de voir …
Deux heures après avoir évité les crocs des chiens errants du village, et les attaques répétées des coqs et poules qui zonent partout, me voilà dans un hamac que je viens d’acheter 100 pesos (t’inquiète pas la Reine Mère j’ai négocié sec, pas se la jouer avec moi nacho, j’ai fait diviser le prix par trois), une bière à la main, face au Pacifique…On se baigne, l’eau est chaude, vraiment, un bain ! Le tout sous une pluie torrentielle, un vrai remake de la pub Sprite (avec la chanson de Chico Buarque, les bombasses en moins, évidemment), quand, discrètement, un invité sort de l’eau, et se dirige vers nous, pas à pas, ou plutôt palme à palme, una tortuga de mar !! Elle vient se poser sur la plage, creuse et pond, sur nos yeux de touristes, et dire que je réclamais une chambre, un bain et un lit, me voilà, content, au bord du Pacifique !!

La nuit fut fraiche, il faut le dire, heureusement que les moustiques me chauffaient les jambes et les chiens errants me léchaient le cul. C’est au petit matin que je fus réveillé par le soleil levant (bon c’est pas vrai, ces crétins de coqs ont bien fait leur taff…avant même le lever du soleil), après avoir passé une bonne nuit (oui oui, j’ai bien dormi)  hop, on dit au revoir aux surfer californiens qui nous avaient accueillis, on s’en va attendre le bus… Hey hey , pas de bol, on a raté el ultimo bus de la journée… Et merde. Là,  me vient une idée de génie (motivés par l’envie de plus me faire attaquer par le zoo local), je dois le dire, je vais voir un Nacho local et lui demande de nous conduire a Majuata … en pick up !! A 12, quatre dedans (note de l’Editeur : je comprends donc qu’ils sont partis à douze en WE, c’est beau le sens du collectif), et les autres à l’arrière, cheveux au vent. Nacho, après quelques négo (note pour la Reine Mère, 100 pesos par pax pour  deux heures et demi de voitures, c’est bonheur). Et la, je dois avouer que j’ai rarement été aussi content, petite route le long des côtes, à l’arrière d’un Pick up, tous ensemble, contre vent, soleil et pluie, c’était géant.
A oui, j’oubliais de vous dire, j’avais rapidement prévenu Vincent et Romain, mes deux potes qui sont a Mexico DF, de venir avec nous a Maruata (sans leur préciser qu’il s’agissait d’une des plus belle baies du Mexique mais aussi de la plus sauvage), je les ai eus un peu avant notre départ pour la plage au téléphone, «  Mehdi Merde t’es ou ? C’est le trou du cul du monde ici, on est bloqués, pas de distributeur, on peut même pas prendre une bière ou seulement repartir ! ». Peu de temps après, je n’avais plus de réseau, pas moyen de les rappeler, ni de les trouver sur place,  je ne les ai toujours pas vus depuis.

Bref, on arrive après ce putain de voyage en voiture, a Maruata…c’est encore pire que Nexpa, les même poules et chiens (c’est une habitude ici) avec des indien en plus, lieu d’habitation de la tribu des nahualts, avec par contre, une plage merveilleuse,  une baie géante, entourée de montagne verte : el paraiso ! (paradis pour les boulets qui no hablan la langue de Cervantés). Le soir, on mange chez des habitants, dans leur propre hutte (papas), oui oui, à 12, crevettes, pescados, langoustes géantes, le tout pour 6 euros par personne !! Bonheur !! Puis, en guise de digestif, un pti bain de minuit, encore une première pour moi ! On retourne se coucher, toujours chez l’habitant, enfin sous espèce de toit en paille pour attacher notre hamac. Dormir devant le Pacifique, le pied !

Le lendemain, on part avec Mathieu à 9h (encore un coup des coqs) faire une petite randonnée sur le sentier côtier, on prend un peu d’altitude, la vue est merveilleuse, entre ciel, océan et sierra verde, le tout sous le soleil (une première pour nous tous depuis notre arrivée), on découvre trois autres plages après une bonne marche, le pied, encore, l’eau est chaude, je trouve un nacho chiquito à qui je gratte sa board (body board bien sur, j’allais pas faire le kéké avec une vraie planche). Mauvais idée, je m’éclate méchamment sur le sable avec une vague sympa qui s’est dérobée sous mes pieds, on appelle cela « je sais plus comment », mais en tout cas le bilan est le même. J’ai pris très cher, épaule démontée et zizi circoncis écrasé (je précise circoncis pour la fragilité de l’objet fac à la grosseur des grains de sables locaux) et surtout, rempli de sable et de cailloux … (Note de l’Editeur : je ne peux que déplorer cette contre-publicité à l’égard de la circoncision, encore un argument de plus qui va braquer l’Epoux. Surtout si l’Héritier est aussi mauvais surfeur que son géniteur, hé hé hé.)
C’est donc l’âme en peine, marchant en canard, que je me dirige vers le bus, 9 heures en tout et on rentre a casa, un peu triste, mais on reviendra !

Par ailleurs,  la maison prend forme, je suis de mieux en mieux installé, machine à laver etc.. Toujours autant entouré de femmes, ça me change pas beaucoup de la famille ! Aussi, j’ai organisé ma première boum à la casa. J’ai repris mes bonnes habitudes strasbourgeoises avec l’organisation du premier trophée de la bière : Montpellier VS Strasbourg et Strasbourg VS Leon. Tout naturellement, l’Alsace a vaincu et autre bonne habitude, les flics sont venus à 5h du matin, j’ai envoyé un Nacho discuter, pas d’amende.

La rubrique à brac :

Météo : pluie, pluie et repluie. Ce jusqu’à fin septembre
Ce qui me manque : ma famille et notamment mon neveu et fillot !! Je regarde tous les jours une jolie photo de lui et de sa maman sur les plages des Landes, sur mon fond d’écran ; Kho Lanta ; l’Ile de la tentation (note de l’Editeur : t’inquiète frérot, c’est fini, et c’était naze cette année) ; Secret story, dur de toujours devoir se tenir au courant sur you tube ( «  C’est la maison de l’amour mais c’est pas la fête à la maison »…avis aux connaisseurs) ;la Ligue 1 de foot ; (note de l’Editeur : des fois je me demande si on fait le bon choix en matière de parrain) ( et oui Sasa ! Ca me manque, tout comme une bonne lecture du Figaro !) (note de l’Editeur : en fait je crois que ce garçon ne peut pas avoir été élevé dans le même foyer que moi) ; la gastronomie ; et un transit intestinal normal (je vais pas rentrer dans les détails).
Transit intestinal (et ben si, je rentre dans les détails) (note de l’Editeur : je m’en serais doutée, cette timidité passagère sur la vie de la flore intestinale d’El Padrino me surprenait au plus au haut point) :  anticyclone violent et  grosse pression sur hémisphère sud après gros festin de coquillages et crustacés au bord du Pacifique,  tempête se calme, retour du beau temps (enfin, si on peut encore considérer cela comme du beau temps).
Les insectes : je prends du grade, je côtoie papillon, cucaracha sans même broncher, je deviens grand les sœurs, encore que, il m’est arrivé un truc de fou. Je viens pour  prendre mon linge qui séchait dans le jardin, et là PAF, le drame, une armée de papillon  s’était installée dans mes poches et t-shirt, un vrai scandale. Mais c’est pas tout, alors que le lendemain, j’ouvre mon tiroir pour sortir un caleçon, c’est le drame…un gros papillon, sûrement la reine (Note de l’Editeur : je crois qu’El Padrino confuse légèrement avec les abeilles, toussa, mais face à l’émoi de cette rencontre, c’est ma foi bien compréhensible), me saute dessus pour me blesser (Note de l’Editeur : vi, c’est vrai, on a toujours sous estimé le potentiel d’agression des papillons, c’est vraiment des enculés), je me barre en courant dégouté, j’ai en fin de compte, trois gros papillons dans ma chambre…. Pas grave, même plus peur, je les laisse tranquille et cohabite gentillement avec ces insectes poilus (Note de l’Editeur : frérot, dorénavant, tu es notre Dieu. Amen).
La colocation : « incompatibilité d’humeur », ce sont les termes utilisés par Pulchery ce matin, réveillée cette nuit à 5h alors que nous rentrions de boite. Elle nous a même menacés de quitter la maison, mais l’histoire s’est arrangée, d’autant qu’en plus c’est ma préférée. Quant aux deux autres « Elsa » (oui oui, elles s’appellent toutes les deux Elsa) sont un peu relou. Elles vivent dans la même chambre (Note de l’Editeur : as tu pensé au fait que si ça se trouve, se sont des lesbiennes, comme dans Secret Story ?), partagent le même étage de frigo, sont toutes les deux aussi radines (affolant, j’ai jamais vu ça, des vraies névrosées du portefeuille), et toutes les deux lunatiques, deux chieuses pour le prix d’un, bien envie de foutre des baffes dans le tas des fois, mais sinon, quand elles sont bien lunées, grosses fêtardes et on rigole bien.
Niveau d’espagnol : pas facile, je suis entouré de français et c’est vrai que ça rentre doucement cette langue. Par contre, Lolita, une gentille Nacho m’a dit que le peu de choses que je savais dire ben j’étais le seul à avoir un accent mexicain ! Et toc ! la forme sans le fond, c’est déjà un début. Ah oui aussi, j’oubliais, cette morue m’a aussi dit que je ressemblais à un mexicain… Comment voulez vous que je fasse effet si je ressemble à un Nacho, je perds toute ma valeur ajoutée, la tchatche en moins, alors sur la plage, c’est crème protectrice indice max, pas moyen que je bronze.
Actualisation du bilan relationnel concernant les mexicains. L’autochtone …

  • est un coquin, et nous propose toujours de nous emmener rencontrer des filles de joie dans des grandes « boites » prévues pour. Pour qui ils prennent les français, on mange pas de ce pain  nous autres.
  • est joueur, m’a foutu deux petits (mais alors costauds) piments dans mes tacos pendant que je pissais, l’enc*****, j’en ai chié, mon transit a pris cher et j’ai bu du lait toute la nuit. Humour local …
  • conduit  vraiment comme un Fangio, je voulais m’acheter un scooter (pas cher) mais j’ai abandonné le projet.
  • m’invite partout tout le temps dans toutes les soirées. Je suis trop sociable et on m’adore ? Non, j’ai plein de françaises avec moi !
  • fout du sel dans sa bière, des michaladas qu’ils appellent ça, dé-gueux ! Faire ça à un alsacien d’adoption, pffff, n’importe quoi.
  • consacre les trois de quart de sa vie à bouffer, faire à bouffer, rebouffer, repréparer à bouffer, le pied !

Au programme pour les prochains épisodes : première « soirée Stiffler » dans une grosse maison avec piscine vendredi, week end peinard à Leon, semaine de partiels et après, Mexico City pour la crémaillère de mes deux potes de DF.

A suivre ….