Des sioux, à l’ARC*

(* Copyright Alain Chabat, période Les Nuls.)

Mon tonton Didou est donc mort en pleine Semaine nationale de lutte contre le cancer, mise en place par l’ARC, cruelle ironie.

Depuis quelques semaines que sa situation s’était aggravée, les slogans de l’ARC sonnaient un peu comme une provocation, notamment l’angle « anticipation », demain tout ira mieux, pourvu qu’on aie un peu plus de thune pour la recherche contre le cancer. A la radio, la campagne se présente de la manière suivante : tu entends un homme téléphoner à sa mère, il la prévient qu’il sera un peu en retard, gna gna gna, mais qu’est ce que tu as mon chéri, non rien de grave maman, juste un cancer, ah bon d’accord c’est bien je te vois pour déjeuner.

Et le slogan claque « Ca serait formidable d’en arriver là ».

Certes.

Ils sont forts les pubeux.

Mais quand tu es au coeur de la spirale, et que tu vois un peu de près la (sale) gueule du cancer, et dans quelles conditions tu finis ta vie – dans un centre anti cancéreux de pointe certes (à Lyon, Léon Bérard), mais impuissant face à la progression de la maladie et de ses symptômes, amaigri et jaune / gris au point de faire peur à tes enfants (et pas qu’aux enfants d’ailleurs), le souffle rauque et court, cette souffrance inscrite dans les yeux et dans le corps, celle qui te fait souhaiter que tout cela se termine, et vite, parce que même la morphine n’y fait plus rien – ben les campagnes de l’ARC, et celle-là en particulier, elles te foutent les boules.

Alors oui, donnons des sioux, à l’ARC, quand même. Mais un peu de pudeur bordel.

Et comme me l’a dit Vali chérie, « aimons-nous vivants, n’attendons pas que la mort nous trouve du talent« **

(** François Valéry ET Alain Chabat dans la même note, c’est du niveau, la preuve que le moral va remonter, forcément …)

8 réponses sur “Des sioux, à l’ARC*”

  1. Je ne te connais pas (quoiqu’un peu a force de te lire) et tu ne me connais pas, mais je me permet de m’associer à ta peine et à ta révolte (mais combien elle à couté cette pub ??? car l’espace plublicitaire n’a pas été géneureusement offert par les TV).

  2. Je suis passée par là aussi, mon tonton à Léon Bérard qui a perdu contre cette belle merde. Qui ne passe pas par là en même temps !
    Bon courage.

  3. On ne se connait pas non plus mais moi aussi cette sale bête m’a pris ma grand-mère et un ami qui allait avoir 25 ans. Tout comme toi je suis révoltée. Je trouve qu’on ne parle pas assez du cancer qui pourtant nous touche de plus en plus. Aimons-nous vivants c’est le plus important!

  4. Personnellement, j’ai un peu de mal avec l’ARC. Je me souviens de la copine de ma grand-mère qui avait légué à cette association sa maison et tous ses biens. Le « professeur » Crozemarie est mort en 2006 après avoir fait deux ans de tôle. Seuls 25% des dons arrivaient dans les labos de recherche. Depuis plus de 10 ans, j’ose croire que l’ARC a redressé la barre. Mais le malaise de la cause de santé publique financée (en partie) par le privé persiste. Questionnement typiquement français. En Amérique du Nord, la question ne se pose même pas. Alors donner, oui, mais pas sur la seule bonne foi d’un spot culpabilisant.

  5. Bon courage, Sabrina… à toi et à ta famille.
    Continue à te révolter contre ce genre de truc. Moi je n’ai jamais donné à l’Arc, à cause du coupe-crosé Croze Marie, car à l’époque, ma grand-mère donnait ses maigres économies de retraite, 50 francs tous les mois à l’ARC… je sais c’est con de garder cette histoire en mémoire, ils auraient du renommer cette association, car elle doit certainement être mieux contrôlée aujourd’hui, mais c’est mon côté la mouche qui pète.

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