J’emmerde la médecine du travail (un peu).

Hier, j’étais convoquée pour la visite routinière de la médecine du travai. C’est le même organisme, et le même médecin qui me suivent depuis 10 ans, date d’entrée dans la feurme (mondieu …. 10 ans).

Le rituel est immuable.

Questions intrusives. Oui je fais toujours la même chose, et oui ça me plaît toujours. Oui j’ai toujours beaucoup de déplacements. Oui j’ai toujours un métier stressant. Oui en plus j’ai un enfant. Non, pas de 2ème (de quoi que je me mèle). Oui je suis respectée, en tant que salariée et en tant que femme (enfin dans 90% des cas dirons nous).

Contrôle anti dopage (tu pisses dans un flacon). Non, je ne me drogue (toujours) pas. (On a dit que l’alcool ça comptait pas, c’est ça ?).

Test de vision. Oui, je suis toujours complètement myope.

Pesée de la bête. C’est là qu’intervient le dérapage. Le médecin compulse mon dossier papier (je suis toujours un peu marrie de voir que l’on conserve ainsi et sur une aussi longue période des données intimes me concernant), et elle me signale, l’air de rien, que ça fait 10 ans que je travaille (oui, je sais), et tiens, que c’est intéressant, en 10 ans, j’ai pris 10 kilos.

Mais putain, tu crois que je ne suis pas au courant !

Que j’ai besoin de la visite médicale du travail pour m’en rendre compte. Que sait-elle de mes kilos ? Ah vous aviez maigri en 2004. Oui, je me suis mariée, j’avais fait un régime, hyper protéiné, une vraie merde, j’ai tout repris. Et vous aviez de nouveau pris du poids, en 2007. Oui, quelle blague, j’ai eu un enfant !

Alors c’est vrai, je suis sans doute très lâche. Depuis une certaine visite à une nutrionniste, il y a tout juste 2 ans, je n’ai plus consulté pour mon poids (en fait, j’avais pris un rdv récemment, et il sauté). Oui j’ai pris 5 kilos en travaillant. Et puis 5 kilos de grossesse sont restés accrochés. Non, je sais bien, c’est pas idéal. Mais si je ne consulte pas, ne fais pas de régime, c’est aussi parce que, oserais je le dire, je suis bien. Et j’ai d’autres priorités que de me focaliser sur un régime alimentaire restrictif. Car c’est bien ça le problème majeur des régimes / du suivi alimentaire, ça m’obssède, ça me monopolise.

Bien sûr je préfererais rentrer dans un 40 plutôt que de dénicher un trop rare 44 dans les boutiques. Mais j’ai fait tellement de régimes, j’ai perdu et repris tellement de kilos, que je n’ai qu’une trouille, bien ancrée, que mon organisme se venge si jamais je me remets à le priver comme je l’ai fait (d’ailleurs, je suis avec grand intérêt le travail de Caroline, je croise les doigts pour qu’elle se stabilise). Même ma relative stabilité actuelle à un prix. Il faut tout de même que je me surveille, que je fasse de l’exercice, un minimum, pour ne pas reprendre du poids.

Je me doute que cette brave médecin du travail est dans son rôle, quand elle me tance (même poliment) sur mon poids. Si je prends encore un kilo par an pendant les 10 prochaines années, à n’en pas douter, on va à la cata. Mais je suis tout de même profondément navrée qu’à aucun moment, et compte tenu du fait que par ailleurs j’ai une santé de fer (bilans sanguins satisfaisants, bonne tension, souffle endurant) , elle ne me demande pas comment je me sens. Bien ou mal, avec ces kilos, en trop, en plus.

(Photo prise chez Violet. Moi je saute pas aussi haut que les dames, mais voilà, je suis plus dans la partie droite de l’écran, si besoin était de me positionner. Accesoiremment j’aime beaucoup cette photo.)

Est ce que l’on peut être en surpoids (non morbide, entendons nous bien, je vais pas faire l’apologie de l’obésité, ne tombons pas dans les caricatures, on sait bien que fat est loin d’être toujours bioutifulle) et bien dans sa peau ? dans sa tête ? Parce que si elle avait daigné s’y intéresser vraiment, à mon adipeuse personne, je lui aurais dit que je suis mieux avec moi même aujourd’hui qu’il y a 5 ou 10 ans. Sans aucun doute.

6 réponses sur “J’emmerde la médecine du travail (un peu).”

  1. En lisant ton histoire, je vois presque des éclairs assassins jaillissant de tes yeux pour foudroyer la médecin! Tu n’aurais pas eu envie de la mordre des fois? 🙂

  2. @ galstar : oui je suis un peu agressive de nature (il parait que c’est comme ça les béliers) mais je n’ai jamais mordu un membre du corps médical. Même pas l’Interne qui m’a raté la péridurale …

  3. Les béliers ne sont pas agressifs, ils sont sanguins! Nous faisons simplement corps avec nos émotions, un point c’est tout. 😉

  4. Bah, savent dire que ça les médecins du travail ! Et te demander si tu fumes. Et si tu prends la pilule. Une d’entre elles à qui j’avais répondu « non » à la dernière question m’a regardée avec des yeux effarés, je n’ai toujours pas compris pourquoi, ni quel rapport cela pouvait bien avoir avec ma capacité à occuper mon poste (suis pas péripatéticienne, ni adepte de la promotion canapé !).

  5. Finalement, entre se faire engueuler parce qu’on n’a rien fait et se faire engueuler parce que l’on a essayé de faire son métier de médecin (oui dans « médecin du travail », il n’y a pas que « travail »…), je crois que c’est plus reposant dans le premier cas. Le problème c’est qu’il vaudrait mieux qu’il n’y en ait pas … de problème. Ben oui, parce qu’alors qui c’est qui va se les faire briser menu dans ce cas ?
    Est-qu’il vient à l’esprit de trouver à redire à un flic qui vient de nous arrêter en nous signifiant qu’on roulait trop vite, alors que justement, on le sait bien, on roulait trop vite…
    Mais ça c’est la France. Si la canicule tue les plus âgés c’est la faute du Gouvernement. Si on a trop exagéré la pandémie de grippe A c’est parce que ça profite aux labos, etc…
    Y’a quand même des jours c’est pas la peine de bosser pour France Telecom pour avoir envie de se faire sauter le caisson !

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