L’inconnu du métro

Je dévore le blog de Marie Dinkle depuis sa création.

Elle mériterait un plus joli design pour son blog, parce qu’elle a vraiment choisi (sans doute par défaut) ce qui se fait de plus vilain chez WP, mais le contenu est vraiment à découvrir.

L’idée de base est toute simple, engager la conversation avec des inconnus dans les rames du métro /RER parisien, le raconter et prendre une photo de cet inconnu dévoilé. Je trouve le principe courageux (parce qu’elle semble se prendre un nombre de râteaux significatif, ce qui ne me surprend pas) et très humain. Il fait écho à un constat personnel dans les transports en commun : les gens ne se regardent pas, ne se parlent pas, alors qu’ils se trouvent dans la plus grande promiscuité. Je ne leur jette pas la pierre, car j’en faisais de même lorsque je vivais à Paris 20ème et travaillais à Rueil Malmaison. La longue heure (ligne 3 + RER A) qui m’était infligée matin et soir, j’essayais à tout prix d’en faire quelque chose, en l’occurrence je bouquinais, beaucoup, compulsivement. L’essentiel était de s’isoler, de faite autre chose que SUBIR les transports, ces heures perdues.

TGV

(Photo d’un autre artiste du transport en commun, l’Héritier, dans le TGV Paris / Lyon hier soir. Il a mis une ambiance fort conviviale dans le wagon de 1ère en lançant, à voix bien haute « tu sais maman, j’ai pas fait caca depuis une semaine« . En fait il voulait dire dans la couche hein.)

Depuis que je vis à Lyon, j’ai 3 stations à faire, j’ai à peine le temps de m’asseoir entre Part-Dieu et Jean Macé, rarement de bouquiner. Surtout, mon rapport aux autres a changé, et quand je prends le métro et le RER à Paris (ce qui m’arrive hélas encore beaucoup), je fais du sous-Marie Dinkle. Je regarde les gens, je les observe, j’écoute leurs conversations, j’espionne leurs lectures (je sais, c’est assez désagréable comme habitude, mais je suis la discrétion faite femme, si si). Sur la base d’un rapport entre-ouvert sur les genoux, d’un mail déchiffré sur l’iPhone (le taux d’équipement parisien me semble particulièrement élévé), j’essaie de m’imaginer qui sont ces personnes, leur métier, leurs soucis, leurs envies, ce qu’elles mangent, avec qui elles elles (ne) font (pas) l’amour. Et quand leur regard croise le mien, je souris. Rarement il m’est retourné, ce sourire.

Ce qui marque dans les témoignages que recueille Marie, c’est la prédominance de jeunes, d’enfants, d’étrangers (ou d’origine étrangère), de touristes, d’artistes. Je suppose que ceux sont les plus ouverts, les plus réceptifs. D’ailleurs, quand au hasard de ses rencontres elle interroge une dame dont l’esprit semble un poil étroit, la manière de décrire de Marie se fait précautionneuse, elle est habile. Très.

Moi, maintenant, je rêve de croiser Marie Dinkle dans les rames du métro.

9 réponses sur “L’inconnu du métro”

  1. Moi aussi j’aimerai la rencontrer tiens. Surtout que j’ai plus ou moins ton profil de voyageuse. Je regarde, j’observe, j’écoute les conversations (j’aime surtout celles entre les gamines, ça me rappelle mon adolescence et la Boum :D)
    Et pareil, je souris souvent aux gens sauf que le sourire m’est souvent rendu (t’as pas le truc on dirait ! huhuhu)

  2. Gros coup de coeur pour ce blog que tu viens de me faire découvrir. J’ai tellement aimé que j’en ai aussi fait un article.
    Merci beaucoup

  3. Je vais aller voir.
    Moi aussi, j’ai toujours fait ça, espionner en douce dans le RER, ce que je préfère ce sont les collègues de boulot qui se retrouvent pour dauber en finissant de se maquiller. Dès que j’en vois une sortir une trousse de maquillage, je fonce dessus !

  4. Moi aussi, j’ai eu un vrai coup de coeur pour son blog ! Et je trouve ces textes joliment tournés. Son idée est à la fois courageuse et humaine…
    J’ai la chance de ne plus avoir à prendre le métro ou le RER depuis quelques années mais lorsque l’occasion se représente, je suis comme toi, à faire du sous-Marie Dinkle (ton expression m’a bien amusée !). Sans doute parce que comme ces trajets ne sont pas routiniers, pesants, mais ponctuels, notre curiosité, notre sens de l’observation sont davantage disponibles. Lorsque je prenais le métro tous les jours, je me plongeais systématiquement dans un journal ou un bouquin…je le reconnais bien volontiers !

  5. Pareil, j’ai découvert son blog il y a quoi, un mois ?
    et je le dévore tous les jours !!!
    et puis, c’est une idée vraiment sympa, et elle le fait vraiment très bien ! Je rêve aussi de tomber sur elle ! 😉

    j’adore aussi quand elle indique ses « refus du jour » !

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