De mon influence (énhaurme) en littérature

Funaise, pas plus tard que samedi soir, je disais ici (je m’auto-cite sur mon propre blog, je crois que le tour du nombril est bouclé. En même temps un nombril posé sur un ventre de 6 mois de grossesse, ça en impose, vous pouvez me croire) :

[Vincent Cespedes] vient de commettre un essai, “L’homme expliqué aux femmes” (comme je viens de terminer “La carte et le territoire“, et “Apocalypse bébé“, je pense que je vais l’acquérir de ce pas) …

Hé bien qu’apprends-je ce midi, le Renaudot va à Virginie Despentes pour “Apocalypse bébé“ et le Goncout à Michel Houellebecq pour “La carte et le territoire“.

Est ce que vous mesurez le niveau de ma grosse influence ?

Faites péter les bouquins les gens, je vous dirais à coup sûr si c’est du bankable ou pas.

Dans la mesure où il semblerait que ma copine Roselyne – Piggy – Bachelot vise le Ministère de la Culture, on peut rêver nan ?

Parce qu’à vrai dire, pour l’instant, en matière d’influence, les seules propositions que j’ai reçu c’était :

:: pour tester des jeux vidéos (sans manche, donc aucun intérêt),

:: pour participer à une campagne virale pour l’Eurostar (alors que je passe facilement 25% de mes tweets à conchier la SNCF, ça me ferait mal au derrière de faire la femme sandwich pour eux),

:: pour organiser des concours sur mon blog (déjà trop la flemme) pour des trucs érotiques / coquins (comme si j’étais du genre à oindre mon conjoint de chocolat avant nos ébats, sur notre couche entourée de bougies odorantes au bois de santal, non mais ça va pas ou bien ?).

Par contre, à titre complètement gracieux, je peux vous donner mon avis sur les deux opus vainqueurs sus-nommés.

De rien.

Donc s’agissant du Despentes, soyons honnêtes, ce n’est pas son meilleur à mon sens, surtout arrivant après ce que je considère être comme un des 10 bouquins les plus importants des dix dernières années. Le style est toujours enlevé, mordant, et réjouissant : une gonzesse qui crache un peu / beaucoup à la gueule de la phallocratie ambiante, ça n’est jamais du luxe, même dans l’outrance (et moi l’outrance, je suis globalement pour, car comme disait Desproges, « j’exagère oui, mais pas assez« ). Les personnages sont bien brossés, attachants (la Hyène, c’est tout de même un sacré personnage de fiction), et les dialogues toujours aussi bien troussés, un régal à lire. Le sujet est très contemporain (en vrac : les errements d’une jeunesse désenchantée et désoeuvrée, les dérives sectaires et totalitaires des religions dans la vieille Europe, le rance du milieu littéraire actuel, les banlieues, le machisme, …), plutôt bien traité, sauf la fin (la dite apocalypse) qui part un peu en cacahuète.

En tous cas, je pense qu’il aurait été plus judicieux de lui accorder ce prix pour le précédent, « King Kong Théorie« , qui certes n’était pas un roman à proprement parler, mais qui a posé des jalons autrement plus intéressants pour les féministes contemporaines.

Le Houellebecq (sachant que je n’ai pas lu le précédent, « La possibilité d’une île« ) est à mon sens aussi très bon (sans doute meilleur que le Despentes, puisqu’ils étaient concurrents, on peut faire la balance), même si le roman est construit en deux parties, dont une (la seconde) manque à mon sens un peu de souffle. En effet, j’ai trouvé un espèce de côté « sous Fred Vargas » (il serait content tiens, le Goncourt de se faire traiter de sous Vargas) dans la volonté de donner dans l’intrigue policière. Mais bon, la littérature policière et noire, c’est au moins un secteur de la littérature où je me sens presque légitime de ramener ma fraise, au regard du nombre de romans que j’ai lu depuis mes 12 ans dans cette catégorie.

Il reste que comme d’habitude l’écriture est précise, fine, c’est très agréable à lire, et sa vision du monde (en particulier des rapports humains, de la misère affective et sexuelle de l’homme du XXIème siècle) toujours aussi délicieusement sombre (et juste). J’ai été un peu déstabilisée au départ par le parti pris d’auto-fiction (les mauvaises langues parlent de name-dropping, mais c’est tout de même un peu plus que cela), puisque parmi les personnages principaux on retrouve lui-même (faut le faire, écrire un roman où on parle de soi, et dans des propos assez peu amènes, à la 3ème personne), Beigbeder, son éditrice je crois. Toujours est-il qu’il est un des meilleurs auteurs contemporains que j’aie eu l’occasion de lire, et à ce titre, ce n’est sans doute que justice qu’il obtienne une reconnaissance de la part de la profession. Surtout que si j’ai bien suivi les débats, il semblerait que Houellebecq soit largement connu et reconnu dans le monde entier, enseigné dans les facs, et régulièrement conchié en France … mais comme nul n’est prophète en son pays …

Tout ça pour dire qu’après avoir lu par anticipation les deux principaux romans primés de la rentrée, et une fois que j’aurais torché le Cespedes, je me demande bien ce que je vais pouvoir lire ….

Des idées ?

6 réponses sur “De mon influence (énhaurme) en littérature”

  1. Le Humbert qui a décroché le Goncourt de Poche, j’en ai fait tourner des tonnes à sa sortie :
     » L’origine de la violence « , un must.

    Et mon outsider à jamais :
    Marcia Davenport, éditions du promeneur  » Les frères Holt « .

    enjoy.

  2. Bonjour,

    je mixe mes réponses.

    Tout d’abord toutes mes félicitations. Si l’année 2011 sera sphérique cela fera un(e) rond(e) dans l’eau en plus !

    Ca commence à être à la monde mais alors le truc à lire c’est le roman « Kafka sur le rivage » de Murikami. C’est mon bouquin cadeau actuel. Plus de 600 pages mais tu auras peut être le temps très bientôt 🙂
    C’est onirique limite David Lynch (pour moi c’est une qualité,on est d’accord), mais un véritable enchantement.

    Cordialement

    Yann

    Cordialement

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