Maslow fait sa rentrée.

(Un post le 1er septembre, voilà qui est de bonne augure. Coucou les gens, je ne vous ai pas trop manqué ?)

Parmi mes résolutions de rentrée (oui moi je suis plus résolutions de septembre que du 1er janvier, c’est mon côté fille de prof / élève modèle), il y a celle de reprendre une activité sportive. Enfin, me bouger le gras, regagner un peu de ce tonus qui s’est fait la malle pendant 9 mois de grossesse + 5 mois d’allaitement. Comme mon dos (en marmelade) ne me permet pas le footing ou autre activité violente susceptible d’aggraver la situation, sur les conseils de mon kiné d’amour (Maurice, tu es le meilleur), depuis le début de l’été, je nage.

J’ai nagé pendant 15 jours au Pays Basque, avec les copines, 20 / 30 minutes dans une eau à 20°, en refaisant le monde / daubant, c’était bien cool. Dans la baie de St Jean de Luz, c’était magnifique, pas de vagues, l’impression de se baigner dans un lac salé, et tout autour un paysage magnifique, apaisant.

Genre ça.

ciboure

Après j’ai continué à nager, pendant ma semaine à La Rochelle. Flotte toujours aussi froide, et ce coup ci j’étais seule (des fois je croisais d’autres nageurs, mais le nageur est moyennement causant). Je me suis dit qu’en fait, comme activité sportive, la nage, j’allais vite me faire chier. J’ai un souvenir encore bien chloré de mes années de natation au collège, des heures à m’emmerder dans un bassin, j’avais arrêté en fin de 4ème, profitant d’un déménagement et de l’entrée à l’internat, pour mettre fin à cette torture. C’était déjà un peu tard, j’avais eu le temps de choper les épaules de Laure Manaudou, et j’espérais encore à l’époque que mes seins pousseraient encore un peu si j’arrêtais fissa de faire le triton. Las, on connaît la suite.

Contre toute attente, je ne m’emmerde pas tant que cela. Depuis mon retour à Lyon, j’essaie de continuer à nager. Pour l’instant, la seule piscine en centre ville ouverte est celle du Rhône, en extérieur. L’avantage c’est que désormais je peux compter les longueurs de bassin (joie). Au bout d’un mois de pratique désormais, je nage 1 km en 40 minutes (1,1 km hier). Je commence à en sortir légèrement fourbue, comme après un jogging de la même durée, je me dis donc que je tiens le bon bout. J’ai de bonnes lunettes de piscine (de vue), et je fais mes longueurs sans me presser, en essayant de délier mes mouvements. Les trois premières minutes je suis généralement concentrée sur mon souffle, ma respiration, les gestes, le matériel, repérer et adopter la ligne d’eau où y’a pas un casses-couilles qui pourrait t’assommer au fil de son papillon désordonné. Ensuite je vogue et je divague.

rhone

(La piscine du Rhône, très chouette emplacement en bord de Rhône, mais très mal entretenue, une vraie honte Monsieur Collomb.)

Cette rentrée 2011 est un peu paradoxale. Il y a bien sûr toujours des nouveautés. La Dauphine (presque 7 mois !) est prise en charge par une nouvelle nounou, en garde partagée, il va falloir à nouveau roder le système, entre quatre enfants, deux familles, l’école. Ca va être le dawa, nécessairement, la course, tout le temps. Mais on a l’habitude. On a déjà eu un enfant, le deuxième présente forcément des différences, et s’ajoute au premier, mais il n’y a plus ce côté padawan du parent affolé. C’est plus cool et en même temps moins rigolo. Parce que globalement on sait comment ça va se passer.

Je reprends le chemin du boulot. 11 ans que je suis là. A tenir les murs presque j’ai l’impression parfois. Je ne fais pas du tout la même chose qu’il y a 11 ans. J’ai évolué, dans mes missions, dans mes fonctions, mes responsabilités, pas de souci. Mais l’ambiance n’est plus du tout la même, les équipes changent, mes homologues et camarades de chambrée en quelque sorte se sont barrés, EUX, et je commence à être fatiguée de recruter, former, faire grandir les petits jeunes.

Je suis contente de retrouver mon appartement (refait et presque terminé, ah ah), mes habitudes, ma famille avec mes enfants et mon époux, mes parents, mon quartier, mes restaus. La famille s’agrandit, les enfants poussent, les parents vieillissent, tout se régénère, mais on retrouve ses repères.

Je reconstitue au fil de mes brassées ma pyramide de Maslow. Les questions qui affleurent à la surface de l’eau, elles arrivent sans doute parce que la base de ma pyramide est solide, et qu’elles me permettent de traiter le haut, le plus complexe aussi, mais pas l’accessoire pour autant. Je me souviens de cet enseignant qui avait utilisé l’image du bocal, où l’on doit d’abord faire rentrer les grosses pierres (l’essentiel) avant de faire couler le sable (l’accessoire). Le caillou dans la chaussure, le sable dans le rouage, etc. Je n’ai jamais trop cru en fait à la pyramide de Maslow et à l’allégorie des grosses pierres. Il est évident que si ton conjoint est en phase terminale d’un cancer, que tu n’as plus de boulot, un oncle qui te poursuit de ses assiduités et un enfant drogué (je prends des exemples éloignés de ma vie, au cas où je me porterais la poisse seule), ta priorité n’est pas de repeindre le salon en mauve ou d’organiser des vacances à la coule.

Je suis persuadée que des éléments du haut de la pyramide peuvent venir largement pourrir le reste, et même passer avant des éléments jugés « de base », pour autant qu’ils soient suffisamment porteurs de sens et de valeur pour la personne concernée. J’y ai notamment repensé récemment concernant les nouveaux cas de suicide au travail qui sont survenus dans de grandes entreprises (Société Générale, filiale de la Poste, dans les derniers cas), car je travaille régulièrement sur les questions des conditions de travail (hygiène et sécurité) et le bien être au travail (prévention des troubles psycho sociaux). Souvent, on va relativiser l’importance des problèmes au travail du suicidé au regard de sa situation personnelle. Comme si l’absence de reconnaissance par la hiérarchie, les ordres contradictoires, le manque de sens ou de valeur dans l’exécution d’une tâche / mission ne pouvaient pas être des raisons suffisantes pour pousser un individu au suicide. Il faut forcément lui trouver d’autres failles (une vie de famille chaotique, un fond dépressif), ça rassure.

Mais je m’égare. Faut peut être que j’arrête la natation en fait ? Tout ça pour dire que je cogite pas mal sur ma petite pyramide personnelle. L’importante, le nécessaire, l’accessoire, le ludique, le plaisant. Ce qui doit se poursuivre, avancer, grandir / ce qui doit changer, arrêter / la nouveauté, le changement dont j’ai besoin.

Pour commencer, j’ai déjà trouvé un truc concernant le ludique. Le leisure diving. Complètement inutile. Donc indispensable


Bonne rentrée les vilains et les vilaines.

9 réponses sur “Maslow fait sa rentrée.”

  1. Ah et puis contente de te lire, et puis moi aussi je cherche à me mettre au sport!! Les salles de sport, c’est du vol!!!!

  2. Trop belle cette piscine le long du Rhone. Elle n’existait pas du tps de mon bref sejour lyonnais. Tiens, je retournerai bien a Lyon plutot que de m’emmerder a DC.
    Moi aussi faut que je fasse de la piscine pour cause de dos en vrac apres accouchement…
    Confirme tes doutes sur l’analyse que fait Maslow, je sacrifierai bien mon confort materiel a ce qui me permettrait un accomplissement perso (avoir un boulot, creer qq chose)

  3. J’aime bien ce post. Ce que tu dis sur la gestion du 2e enfant est absolument vrai. Dans 2 jours, number Two entre en crèche (yes, un an de lutte !) et… je suis impatiente ! Et depuis quelques temps je ressens un micro changement dans ma façon d’appréhender les situations et les gens. J’ai décidé d’être un peu plus confiante en l’avenir et j’ai l’impression que ça pourrait changer pas mal de choses.

  4. et quand t’as fini de remplir le bocal avec le sable, tu prends une bouteille de bière et tu la verses dans le Bocal.
    Morale : Il reste toujours de la place pour une bonne bière, mais c’est pas à toi que je vais apprendre ça 🙂

  5. tu t’égares (juste un peu) mais c’est beau…

    (euh sinon j’irai bien faire de la piscine avec toi, c’est sur mon chemin) ^^

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